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Interview exclusive du Washington Times avec Maryam Radjavi sur l’avenir démocratique de l’Iran

Interview exclusive du Washington Times avec Maryam Radjavi sur l'avenir démocratique de l'Iran
La présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, s’entretient avec le présentateur du Washington Times, Tim Constantine, Mai 2026

Dans une interview exclusive accordée au Washington Times et menée par le présentateur Tim Constantine, la présidente élue du CNRI, Mme Maryam Radjavi, a affirmé que le régime iranien se trouve actuellement à son point de plus grande faiblesse depuis 48 ans. Elle a noté que la récente recrudescence des exécutions — incluant celle de 23 prisonniers politiques au cours du mois écoulé — reflète la profonde crainte du gouvernement face à une jeunesse insoumise et à l’influence croissante des « Unités de résistance ». Rejetant les allégations quant à la résilience du régime iranien, Mme Radjavi a souligné que la stratégie visant au renversement de la dictature religieuse repose sur la fusion des soulèvements populaires avec une résistance organisée sur le terrain.

La présidente élue du CNRI a détaillé une feuille de route claire pour la transition politique, expliquant qu’après l’effondrement du régime, un gouvernement provisoire organiserait des élections libres et équitables dans un délai de six mois afin d’établir une Assemblée constituante. Cette transition est guidée par le « Plan en dix points » de la Résistance, qui prône une république démocratique, l’égalité des sexes, la séparation de la religion et de l’État, ainsi que l’autonomie interne pour les nationalités opprimées. Soulignant le rôle central des femmes, elle a fait remarquer que le leadership féminin est profondément institutionnalisé au sein du mouvement, les femmes représentant 52 % des membres du CNRI. Enfin, Mme Radjavi a appelé la communauté internationale à reconnaître la résistance organisée du peuple iranien et à tenir les dirigeants du régime responsables de leurs crimes contre l’humanité.

“We don’t want power”: Maryam Rajavi Reveals Her Blueprint for Post-Regime Iran

Le texte de l’interview du Washington Times avec Maryam Radjavi figure ci-après :

« Nous ne voulons pas du pouvoir » : Maryam Radjavi dévoile son plan pour l’Iran post-régime
1. Vous savez, les analystes et les experts observent le conflit entre les États-Unis et l’Iran, et ils constatent les succès remportés par les États-Unis. Sur le plan militaire, ces derniers ont infligé des dommages considérables. Vous avez observé l’évolution des relations dans le Golfe : celles avec les États-Unis semblent s’être encore renforcées, tandis que l’Iran paraît désormais isolé. La direction du pays a été purgée — non seulement le Guide suprême, mais aussi bon nombre des plus hauts dirigeants ont été écartés —, et pourtant, le régime est toujours en place. Certains analystes soutiendraient même qu’il en est sorti renforcé, que sa résilience est telle qu’il pourrait se trouver dans une position plus solide encore qu’avant le 28 février. Cette analyse est-elle fondée ?

À mon sens, cette évaluation est erronée, car le régime traverse actuellement sa période de plus grande fragilité depuis 48 ans. Les crises majeures qui ont déclenché le soulèvement de janvier n’ont pas seulement perduré sans être résolues ; elles se sont, en réalité, intensifiées au lendemain de la guerre. Cette analyse fait l’impasse sur deux réalités fondamentales :

Premièrement, les exécutions perpétrées ces dernières semaines témoignent de la profonde inquiétude du régime face à la jeunesse insoumise et aux unités de résistance. Ce phénomène reflète, d’une part, la force de la résistance et, d’autre part, la faiblesse du régime. Comme vous le savez, au cours du seul mois écoulé, au moins 23 prisonniers politiques ont été exécutés : huit membres de l’OMPI ou MEK — dont des commandants d’unités de résistance — ainsi que 15 autres individus ayant pris part au soulèvement. Certains proches de ces martyrs, venus réclamer les dépouilles de leurs êtres chers, ont eux-mêmes été arrêtés.

Enfin, l’analyse que vous avez évoquée sous-estime l’état d’extrême tension qui règne au sein de la société iranienne, ainsi que l’accumulation du mécontentement populaire. Le régime ne dispose d’aucune issue pour sortir de ces crises.

N’oublions pas qu’à peine un an avant la chute de la dictature du Shah, certains la qualifiaient encore d’« îlot de stabilité », tandis que d’autres prétendaient que l’Iran n’était même pas entré dans une phase pré-révolutionnaire. Or, nous avons pu constater que, contrairement à ces prédictions, la dictature du Shah a été renversée avec une rapidité foudroyante.

2- Vous avez évoqué les exécutions qui ont eu lieu récemment ; les organisations de défense des droits de l’homme font état de plusieurs dizaines de victimes, et vous avez précisé que huit d’entre elles étaient membres du MEK. Selon vous, pour quelles raisons le régime iranien — tel qu’il se présente aujourd’hui — procède-t-il à de telles exécutions ? Mais, plus important encore : quel message cela envoie-t-il au reste du monde ? Vous soutenez depuis longtemps que le renversement du régime passe nécessairement par une résistance active sur le terrain. Vous avez toujours affirmé avec clarté que cette action devait être menée par des acteurs présents sur le terrain. L’objectif du régime, en procédant à ces exécutions, est de prévenir un soulèvement et, par la même occasion, d’instiller la peur au sein de la population qui s’est soulevée en janvier pour la liberté et le renversement du régime. Il sait que la guerre finira par prendre fin et que les tensions sociales, déjà explosives, s’intensifieront davantage encore, laissant présager des soulèvements de plus grande envergure à l’horizon. Par conséquent, il cherche — selon ses propres calculs — à semer la peur et la terreur au sein de l’opinion publique, et plus particulièrement chez les jeunes, afin de les dissuader de poursuivre leur mouvement de contestation et de rébellion.

D’autre part, il vise à empêcher les jeunes de rejoindre les unités de résistance et à freiner leur expansion, car ces unités jouent un rôle déterminant dans l’organisation, la propagation et le maintien des soulèvements.

Cependant, ce que le régime ne parvient pas à saisir, c’est qu’il se trouve face à une génération qui n’est en aucun cas disposée à tolérer la répression et l’oppression exercées par les mollahs. C’est une génération qui a trouvé sa voie au sein de la résistance organisée et qui est prête à en payer le prix, quel qu’il soit.

Comme l’a dit Thomas Paine : « Nous avons le pouvoir de recommencer le monde à neuf. »

3- À quoi cela ressemblerait-il concrètement ? Comment cela se déroulerait-il de manière réaliste ? Et quelle alternative crédible existerait-il si cette tentative de renversement venait à réussir ?

L’alternative évidente — et la solution éprouvée à la question iranienne — réside dans un changement opéré par le peuple iranien lui-même, par le biais de la résistance organisée et des unités de résistance.

Notre stratégie spécifique pour renverser ce régime repose sur la fusion de deux éléments : le soulèvement populaire et la résistance organisée, y compris les unités de résistance. Ces deux éléments ont fait leurs preuves et sont observables.
D’une part, les conditions sociales sont bien plus explosives que lors du soulèvement de janvier, et il ne fait aucun doute que des soulèvements de plus grande envergure se profilent à l’horizon.

D’autre part, la résistance organisée est bien mieux préparée que par le passé. Les unités de résistance — rien que durant le soulèvement de janvier — ont mené 630 opérations contre des centres de répression afin de protéger les manifestants. Le 23 février, 250 combattants des Moudjahidine du peuple (OMPI ou MEK) ont lancé un assaut contre le quartier général de Khamenei, pourtant placé sous haute surveillance. Par leur expansion tant quantitative que qualitative, les unités de résistance ont évolué pour devenir les unités organisées d’une armée de libération.

Outre les unités de résistance, il existe un vaste réseau social organisé de sympathisants du MEK à travers tout le pays, jouant un rôle efficace lors des soulèvements. Leur lutte dans les villes et leur résistance dans les prisons ont eu un impact profond sur la société. Par exemple, les membres d’une cellule du MEK composée de six personnes — commandée par Vahid Bani-Amerian — ont entonné un hymne collectif au sein de leur prison, quelques jours seulement avant leur exécution. Ces images, d’une émotion profonde, circulent désormais très largement. Les chaînes de télévision internationales les ont diffusées à maintes reprises ; la télévision française, en les diffusant, les a qualifiées de symbole puissant de la résistance et de la dignité du peuple iranien — un symbole d’une force saisissante.

Voici leurs portraits. Cette image immortalise la scène où, debout dans leur prison, ils chantaient tous ensemble.

Comme je l’ai maintes fois répété, un véritable changement en Iran exige la présence sur le terrain d’une force organisée et prête au combat. Les « fausses alternatives » — façonnées par une ingénierie des réseaux sociaux et des émissions de télévision au vernis trompeur — sont totalement dépourvues de tout rôle réel ou de la moindre pertinence. Elles ne représentent que les vestiges de l’ancienne dictature, aspirant à ramener l’Iran vers le passé. Or, un peuple qui sacrifie sa vie ne le fait pas pour un retour en arrière, mais pour un avenir démocratique.

Il ne faut jamais perdre de vue le fait que la promotion d’une alternative artificielle — bâtie autour du fils du Shah et des reliquats de l’ancienne dictature — constitue l’un des leviers stratégiques du régime clérical pour contrer et endiguer le soulèvement ainsi que la Résistance organisée.

4- Le régime actuel est tristement célèbre pour son oppression des femmes ; et pourtant, depuis 2017, ce sont précisément les femmes qui semblent se trouver en première ligne des manifestations sur le terrain, en Iran. Parallèlement, lorsque j’observe votre mouvement, je constate que non seulement vous-même, mais aussi — et surtout — l’ensemble de la direction de votre organisation est composé de femmes. S’agit-il d’une simple coïncidence ? Et comment expliquer que les femmes jouent un rôle si prépondérant dans un pays qui s’est efforcé, par tous les moyens, de les asservir ?

Nous, la Résistance iranienne, avons présenté une feuille de route politique claire pour la période qui suivra le renversement du régime actuel. Conformément au plan officiel du Conseil, une fois le régime renversé, un gouvernement provisoire désigné par ce même Conseil organisera — dans un délai maximal de six mois — des élections libres et équitables en vue de constituer une assemblée constituante et législative nationale, transférant ainsi la souveraineté au peuple. Le gouvernement provisoire démissionnera alors, au bout de six mois, permettant à l’Assemblée constituante de désigner un gouvernement chargé d’administrer le pays.

Le fondement politique de cette transition est exposé dans le Plan en dix points de la Résistance : une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État, le pluralisme, la liberté des partis et des médias, l’abolition de la peine de mort, l’égalité des sexes, une justice indépendante, l’autonomie des nationalités opprimées et un Iran non nucléaire.

Par conséquent, nous mettons l’accent sur une république fondée sur la liberté et la démocratie. Et comme l’a dit Abraham Lincoln dans votre propre histoire, le principe fondamental est que le gouvernement doit être « du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

5- À la suite du décès du Guide suprême du régime iranien, Ali Khamenei, vous avez annoncé la formation d’un gouvernement provisoire. Et pour être tout à fait franc, certaines voix critiques ont affirmé que cette démarche était prématurée.

Je dois affirmer clairement que cette coïncidence temporelle n’a absolument rien d’accidentel. La réalité est que le rôle éminent et actif joué par les femmes iraniennes dans les soulèvements nationaux de ces dernières années ne fut ni spontané, ni improvisé du jour au lendemain. Il s’enracine plutôt dans 48 années de lutte menée par les femmes iraniennes sur les scènes politique et sociale, ainsi que sur les champs de bataille militaires, où les femmes de l’OMPI ont joué un rôle de premier plan et de pionnières. Sous le règne de ce régime, des milliers de militantes courageuses et de membres de l’OMPI ont été arrêtées, torturées et exécutées.

Et aujourd’hui, un millier de femmes héroïques siègent au Conseil central de l’OMPI, assumant des responsabilités de direction et d’orientation à tous les échelons de ce mouvement. De plus, les femmes constituent 52 % des quelque 450 membres du Conseil national de la Résistance iranienne. De cette manière, le leadership féminin a été institutionnalisé au sein de la résistance et sert de tremplin pour la réalisation d’une véritable égalité des sexes. C’est une source d’inspiration et de motivation pour les femmes à travers tout l’Iran.

Conformément au programme du Conseil et à son Plan en dix points, l’égalité des femmes — ainsi que leur pleine participation à toutes les sphères de la société, et tout particulièrement aux instances dirigeantes politiques — garantiront la démocratie et le développement dans l’Iran de demain. 6- Pourquoi avez-vous jugé important de faire cette annonce et de former ce gouvernement à ce moment précis ? Et qu’est-ce qui confère sa légitimité à ce gouvernement provisoire ?

Le gouvernement provisoire s’inscrit dans le cadre d’un plan préétabli par le CNRI (Conseil national de la Résistance iranienne) pour la période de transition. Son annonce, à un moment où le régime traverse une phase de fragilité et de faiblesse extrêmes, met en lumière l’existence d’une alternative crédible — une alternative capable d’assurer le transfert du pouvoir au peuple iranien, de manière ordonnée, pacifique et démocratique, une fois le régime renversé.

En ce qui concerne la légitimité du gouvernement provisoire, je tiens à souligner que, dans un contexte de répression — où l’organisation d’élections libres est impossible —, le critère de légitimité pour toute force politique réside dans son niveau de participation active à la résistance et dans son engagement concret et avéré envers les principes démocratiques. La légitimité de ce gouvernement provisoire puise ses racines dans quarante-cinq années de lutte inlassable contre la tyrannie religieuse, ainsi que dans le sacrifice de plus de 100 000 martyrs.

Ce gouvernement repose sur un programme politique clair et publiquement déclaré, fondé sur des principes tels que la tenue d’élections libres, l’État de droit, la séparation de la religion et de l’État, ainsi que l’égalité entre les femmes et les hommes.

Je me dois d’ajouter que le gouvernement provisoire n’a nullement pour vocation de se substituer à la volonté du peuple ; il vise, au contraire, à en faciliter la concrétisation. Nous avons toujours affirmé, de manière constante, que nous ne briguons pas le pouvoir pour nous-mêmes, mais que notre intention est de le restituer au peuple iranien.

Le mandat du gouvernement provisoire consiste à organiser des élections libres — dans un délai maximal de six mois — en vue de la formation d’une Assemblée constituante. Immédiatement après, le gouvernement provisoire remettra sa démission, afin que les représentants élus par le peuple au sein de l’Assemblée constituante puissent constituer un nouveau gouvernement chargé d’assurer la gestion des affaires du pays.

7- Dans un passé récent, nous avons assisté à l’effondrement de dirigeants oppressifs — en Libye, par exemple ; ou encore, pour citer un exemple peut-être plus marquant, en Irak, avec Saddam Hussein. L’effondrement de ces régimes a débouché sur le chaos et une instabilité généralisée. Si un changement de régime venait à se produire en Iran, serait-il possible d’emprunter une voie différente ? Cette instabilité pourrait-elle être évitée ?

Une telle menace n’existe pas en Iran. Ni les expériences de l’Irak et de la Libye ne sont transposables au cas iranien ; ni un scénario de type « Chalabi » n’est envisageable ; ni, enfin, un retour à une dictature monarchique. Et ce, pour plusieurs raisons :

Tout d’abord, il existe en Iran une aspiration sociétale profonde et puissante au changement de régime, ainsi qu’à l’avènement de la liberté et de la démocratie. Au cours des 45 dernières années, une résistance ininterrompue a eu pour objectif le renversement du régime. Cette lutte prolongée agit comme une force unificatrice au sein des diverses composantes de la société iranienne.

Il convient de noter qu’en Irak et en Libye, aucune alternative crédible n’existait. La chute de ces régimes est survenue, pour l’essentiel, à la suite de l’effondrement soudain des structures étatiques. En revanche, le changement en Iran repose fondamentalement sur le peuple et sur une résistance organisée, étayée par une alternative politique et un gouvernement provisoire.

En Iran, il existe une force d’opposition dotée d’une structure, d’un programme et de réseaux bien définis, et qui dispose d’une feuille de route claire pour « l’après » renversement du régime. De plus, comme je l’ai mentionné, un gouvernement provisoire à durée déterminée a été proposé, avec pour mandat explicite d’organiser des élections libres. En d’autres termes, un mécanisme a été conçu pour prévenir tout vide de pouvoir.

Il ne faut pas perdre de vue que l’Iran possède une identité nationale séculaire ainsi qu’une structure sociale profondément enracinée et cohérente ; il ne s’agit pas d’un État né des découpages territoriaux mondiaux de l’après-guerre, consécutifs aux grands conflits.

8-Vos détracteurs affirment que, bien que vous jouissiez d’une forte présence et que votre organisation bénéficie d’un large soutien à l’étranger, ils s’interrogent sur l’ampleur réelle de votre base de soutien à l’intérieur même des frontières de l’Iran. Existe-t-il des preuves concrètes ? Pourriez-vous citer des exemples attestant de la présence et du soutien dont bénéficie le CNRI sur le terrain ?

Commençons par les exécutions quotidiennes perpétrées par le régime lui-même : si les Moudjahidine du peuple (OMPI) ne possédaient pas — et ne possèdent toujours pas — une base de soutien sociale, pourquoi les dirigeants cléricaux s’obstinent-ils à exécuter ses membres ? Comme je l’ai indiqué, huit membres de l’OMPI ont été exécutés tout récemment, au cours des trois dernières semaines seulement. Au total, plus de 100 000 membres de la résistance ont été exécutés par ce régime. Dans le livre que vous avez sous les yeux, les noms de 20 000 d’entre eux ont été recensés — noms et portraits confondus — et ce, dans un contexte de répression féroce.

Par conséquent, si la résistance ne disposait d’aucune base en Iran, elle n’aurait pas perduré soixante ans ; à vrai dire, elle n’aurait même pas survécu six ans.

Les « Unités de résistance » ont mené plus de 4 000 opérations contre la répression au cours de la seule année écoulée. Est-il concevable qu’une telle ampleur d’opérations puisse être atteinte sans l’appui d’une large base sociale ? Rien que lors du soulèvement de janvier, 2 000 membres du MEK ont disparu — tués ou emprisonnés. Pourtant, dans le même temps, nous assistons à un nombre croissant de femmes et de jeunes rejoignant les rangs des « Unités de résistance ».

De hauts responsables du régime — y compris Ali Khamenei — ont reconnu à maintes reprises que la principale menace à l’intérieur de l’Iran est le MEK et que ce dernier joue un rôle central dans l’incitation aux soulèvements. Depuis 45 ans, le slogan « Mort au MEK » est un incontournable des cérémonies officielles et religieuses du régime.

Au cours des deux dernières années, le régime a organisé à Téhéran un soi-disant procès par contumace — convoqué toutes les deux semaines — ciblant 104 membres de la résistance. Son objectif est de formuler des accusations dans le but d’enrayer la tendance croissante des jeunes à rejoindre le mouvement. Au cours de ce même soi-disant « procès », des condamnations à mort ont été prononcées à mon encontre ainsi qu’à celle d’autres membres.

Je dois également rappeler que, s’appuyant sur son réseau populaire, cette résistance a été la première à révéler le programme nucléaire secret du régime en 2002, et a effectué plus de 130 révélations de ce type depuis lors.

Parallèlement, c’est précisément cette base sociale interne qui a permis à la résistance de préserver son indépendance financière jusqu’à ce jour.

9-Je ne suis pas certain que certains, en Occident, réalisent l’ampleur de la diversité ethnique en Iran. Or, la diversité peut constituer un atout majeur, mais elle engendre également certains défis. Vous avez évoqué plus tôt votre plan en 10 points. Ce plan contient-il des mesures spécifiques pour répondre aux diverses revendications ou aux différents besoins de tous ces groupes ethniques distincts au sein d’une même nation ?

Préserver l’intégrité territoriale et l’unité nationale de l’Iran est possible précisément en garantissant les droits de tous les peuples et composantes qui le constituent. C’est pourquoi nous prônons une autonomie interne pour les nationalités opprimées, telles que les Baloutches, les Kurdes, les Arabes et les Turkmènes.

Depuis de nombreuses années, le CNRI a adopté un plan global d’autonomie pour le Kurdistan iranien. Ce plan constitue un modèle avancé d’autogouvernance démocratique pour le Kurdistan iranien.

À l’inverse, ceux qui refusent de reconnaître les droits des nationalités opprimées empruntent, dans la pratique, la voie de la division et de la fragmentation du pays — une voie que le peuple iranien rejette fermement.

10- Nous avons évoqué le CNRI, nous avons parlé de votre organisation et de sa composition, nous avons abordé l’action sur le terrain. Il reste une question : qu’attendez-vous de la communauté internationale pour soutenir vos efforts ?

Comme je l’ai récemment déclaré lors d’une réunion au Parlement européen : le peuple iranien attend de la communauté internationale qu’elle conditionne tout engagement diplomatique ou accord à l’arrêt des exécutions et à la libération des prisonniers politiques.
De plus, le dossier des violations des droits humains commises par le régime doit être soumis au Conseil de sécurité des Nations unies, afin que ses dirigeants puissent être tenus responsables de crimes contre l’humanité.

Les ambassades du régime devraient être fermées, et les agents et opérateurs du ministère du Renseignement ainsi que des Gardiens de la révolution doivent être expulsés de tous les pays.

Par ailleurs, l’infrastructure technique nécessaire doit également être fournie pour garantir au peuple iranien un accès à un Internet libre et sans restriction.

Enfin, il est essentiel que le changement de régime, opéré par le peuple iranien et sa Résistance organisée, soit reconnu, de même que le gouvernement provisoire annoncé par le CNRI.

Je vous remercie. Permettez-moi de dire quelques mots et de rappeler que, il y a quatre décennies, la Résistance iranienne — forte de sa profonde compréhension de la nature de la dictature religieuse en Iran — a souligné que ce régime est incapable de se réformer et que la seule solution réside dans le renversement de cette dictature brutale.

Notre programme se résume ainsi : Liberté, Égalité et séparation de la religion et de l’État.

Notre lutte et nos sacrifices ne visent pas la conquête du pouvoir ; nous ne cherchons pas non plus à obtenir une part de celui-ci. Notre seul objectif est d’instaurer la souveraineté populaire et la démocratie.

Je vous remercie encore.

https://www.washingtontimes.com/news/2026/may/20/maryam-Radjavi-irans-regime-weakest-point-decades/