
Alors que le régime terroriste iranien tente de se remettre de la guerre, de multiples pressions internes s’intensifient simultanément. Des rapports provenant de médias proches du régime et de sources de défense des droits humains révèlent un cocktail explosif de répression sectaire, de luttes intestines au sein de l’élite, d’effondrement économique et de paralysie stratégique face au conflit d’Ormuz.
Répression contre les Arabes sunnites
Des observateurs des droits humains signalent une nouvelle vague d’arrestations visant des citoyens arabes sunnites à Ahvaz et Kut Abdullah, dans la province du Khouzistan. Les détentions ont commencé dans les jours qui ont suivi l’Aïd el-Fitr, les services de renseignement des Gardiens de la révolution islamique arrêtant des individus pour avoir tenu des prières collectives selon la tradition sunnite et organisé les célébrations de l’Aïd. Les personnes arrêtées ont d’abord été placées à l’isolement dans des centres de détention des Gardiens de la révolution, soumises à des pressions physiques et psychologiques, et privées de visites familiales.
Après interrogatoire, elles ont été transférées à la prison centrale de Sheiban à Ahvaz, où elles étaient toujours détenues plus d’un mois plus tard. Parmi les personnes détenues figurent Abdulmajid Silavi, Mohammad Hezbavi, Faris Abu Mohammad, Mohammad Samiri, Karim Samiri, Saeed Samiri, Abu Masoud Badavi, Abu Yasser Hezbavi, Adel al-Boghbeish, Odi Handali, Saheb Zobeidi, Karim Majdam et Nader Zobeidi.
Ces affaires mettent en lumière la répression systématique menée par le régime contre toutes les minorités ethniques et religieuses iraniennes, les Arabes sunnites des régions à majorité arabe étant désormais les dernières cibles.
Luttes intestines au sein de l’élite et démentis d’unité
Face aux rumeurs de démission du président du régime, Massoud Pezeshkian, et à la fracture croissante entre le gouvernement et les Gardiens de la révolution, les médias d’État sont contraints de limiter les dégâts. L’agence ISNA a cité le porte-parole adjoint de Pezeshkian, Mehdi Tabatabai, qui a insisté sur le fait que le président « n’est pas du genre à démissionner » et que la situation actuelle ne le justifie pas. Le chef de cabinet de Pezeshkian, Haji Mirzayi, a quant à lui nié toute scission entre le gouvernement et les Gardiens de la révolution, affirmant que chaque réunion importante inclut les commandants des Gardiens et que toutes les décisions sont prises à l’unanimité.
La posture belliqueuse de #Téhéran masque la fracture du régime, l’étranglement économique et la fragilité sociale https://t.co/eQIdumMvgj #Iran pic.twitter.com/oJNRPTTpEL
— CNRI-France (@CNRIFrance) 4 mai 2026
Ces démentis publics répétés témoignent d’une profonde inquiétude au sein du pouvoir. Des médias radicaux proches du Front Paydari et des Gardiens de la révolution se sont mutuellement accusés de trahison au sujet de l’équipe de négociation nucléaire, Raja News et Tasnim échangeant de vives critiques. Même le prédicateur Meysam Moti’i, proche du pouvoir, a publiquement fustigé les « extrémistes », leur rappelant : « Ce n’est pas une période électorale, c’est la guerre. »
Difficultés économiques et promesses non tenues
L’agence ILNA a rapporté que les salaires moyens des employés du ministère de l’Agriculture du Jihad – essentiel à la sécurité alimentaire – n’ont atteint que 24 millions de tomans, bien en dessous du seuil de pauvreté urbain de 70 à 75 millions de tomans. Des militants syndicaux affirment que de nombreuses primes promises pour la sécurité alimentaire et les zones défavorisées n’ont jamais été versées, provoquant une vague de démissions. Cinq mois après la suppression du taux de change préférentiel de 28 500 tomans, le coût du panier alimentaire de base couvert par les coupons électroniques est passé de 2,18 millions à 3,78 millions de tomans.
Implosion économique d’après-guerre et spectre de la désintégration sociale https://t.co/tG9bDQuOlf #Iran #IranRevolution2026 pic.twitter.com/t0VulsWWnm
— CNRI-France (@CNRIFrance) 5 mai 2026
Le coupon gouvernemental reste gelé à 1 million de tomans, laissant… Les familles à faibles revenus devront faire face à un manque à gagner mensuel de 1,6 million de tomans. Les statistiques officielles font état d’une inflation alimentaire de 115 %. Le dollar, sur le marché libre, a plus que doublé en une dizaine de mois, atteignant environ 180 000 tomans. Parallèlement, la coupure d’internet a dépassé 1 656 heures – un record absolu – isolant davantage les citoyens, tandis que les proches du régime conservent un accès total à internet.
Impasse stratégique concernant le détroit d’Ormuz
Des signaux contradictoires concernant les négociations avec les États-Unis ont révélé des divisions au plus haut niveau. Le porte-parole Esmail Baqaei a insisté sur le fait que les questions nucléaires n’étaient pas à l’ordre du jour et que les discussions portaient uniquement sur la fin du conflit et la levée du blocus naval. Pezeshkian a qualifié les exigences de Trump d’« équation impossible ». Le député extrémiste Amir-Hossein Sabeti a ouvertement imputé l’échec diplomatique à ce qu’il a qualifié de « martyre » du Guide suprême Ali Khamenei et a exigé l’exécution des profiteurs économiques.
Il s’est vanté que la fermeture du détroit d’Ormuz avait fait de l’Iran une « puissance imposant des sanctions » et a menacé d’attaquer les navires américains si le blocus n’était pas levé aux conditions de Téhéran. Le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a admis dans un enregistrement audio que l’ennemi « nous affaiblit de l’intérieur » par des pressions économiques et a mis en garde contre d’éventuelles attaques terroristes. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni-Eje’i, a ordonné la répression de toute personne accusée de semer la division ou de « mettre de l’eau dans le moulin de l’ennemi ».
Pris dans leur ensemble, les documents dressent le portrait d’une direction qui peine à afficher son unité face à des crises simultanées. Les démentis publics de dissensions, les réfutations médiatiques frénétiques et les appels à l’austérité populaire révèlent un système économiquement exsangue, rongé par les divisions internes et stratégiquement acculé. La convergence de ces crises – toutes engendrées par le régime lui-même – a désormais poussé la dictature cléricale au bord du gouffre. Incapable de maîtriser la société explosive, le naufrage économique, les luttes intestines et l’impasse stratégique qu’il a lui-même provoqués, le régime a atteint sa fin.

