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L’Iran intensifie sa répression par des saisies d’avoirs, des arrestations massives et un contrôle accru de l’information

L'Iran intensifie sa répression par des saisies d'avoirs, des arrestations massives et un contrôle accru de l'information
Le 26 juin 2025, les médias d’État iraniens ont annoncé l’arrestation de personnes soupçonnées d’espionnage pour le compte d’Israël à Ispahan, dans le centre de l’Iran.

Ces derniers jours, les autorités iraniennes ont intensifié une vaste répression intérieure, combinant arrestations massives, exécutions, saisies de biens et renforcement du contrôle de l’accès à Internet, selon des déclarations des médias d’État et des institutions officielles.

Le 28 avril, Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire, a défendu la confiscation des avoirs appartenant à des Iraniens accusés de collaborer avec des adversaires étrangers, déclarant que de telles mesures se poursuivraient « avec toute l’autorité et la force nécessaires ». Il a qualifié cette politique de justice, déclarant : « Nous croyons fermement que la saisie des biens des traîtres et des collaborateurs des agresseurs est en soi un acte de justice. » Il a également rejeté l’idée de faciliter le retour des Iraniens vivant à l’étranger, affirmant que l’État ne leur déroulerait pas le tapis rouge.

Auparavant, le 18 avril, le centre de presse du pouvoir judiciaire avait annoncé que des mandats judiciaires avaient été émis pour identifier les personnes soupçonnées de liens avec des services de renseignement étrangers ou des réseaux d’opposition et pour procéder à la saisie de leurs avoirs et au blocage de leurs comptes bancaires. Ce communiqué, relayé par des médias tels que Mizan Online, indiquait que les personnes visées comprenaient un large éventail de personnalités, notamment des journalistes, des hommes d’affaires et des personnalités publiques.

Des témoignages provenant de l’étranger suggèrent que ces mesures ont été étendues aux membres des familles en Iran. Dans un cas rapporté, des proches d’une personne exilée ont déclaré avoir reçu des notifications officielles de transfert de propriété sans préavis ni procédure légale. Des observateurs juridiques ont qualifié de telles actions de violation du droit de propriété et des droits de la défense.

Arrestations massives continues

Parallèlement, les forces de sécurité iraniennes ont procédé à une série d’arrestations dans plusieurs provinces. Dans des déclarations récentes rapportées par l’agence de presse Tasnim, des responsables ont indiqué que des individus accusés d’espionnage et de coopération avec des États hostiles avaient été arrêtés. Un rapport précise que des « agents liés au Mossad ont été appréhendés » et accusés de transmission d’informations sensibles. L’ampleur des arrestations s’est considérablement accrue, les institutions de sécurité décrivant les détenus comme agissant « au service de l’ennemi ».

Cette répression s’accompagne du maintien de la peine capitale dans les affaires liées à la sécurité. Le 26 avril, l’agence Tasnim a rapporté l’exécution d’un homme reconnu coupable d’appartenance à un groupe militant. Il avait participé à des attaques contre les forces de sécurité et avait été condamné après son arrestation lors d’une opération de sécurité.

Les autorités ont explicitement inscrit ces mesures dans un contexte de guerre. Dans des propos relayés par les médias d’État, Ejei a appelé à traiter en priorité les affaires impliquant ce qu’il a qualifié d’activités anti-étatiques et a indiqué que les autorités judiciaires devaient accélérer les procédures. Des déclarations antérieures du pouvoir judiciaire ont laissé entendre que certaines normes procédurales pourraient être mises de côté dans le contexte actuel, renforçant les inquiétudes quant au respect des droits de la défense.

L’apartheid numérique officialisé

Parallèlement à la répression physique, les autorités renforcent également le contrôle de l’accès à l’information. Des articles parus dans les médias d’État et nationaux font état du développement d’un système internet à plusieurs niveaux, souvent appelé « Internet Pro », qui offre un accès de meilleure qualité et moins restreint uniquement aux utilisateurs agréés. Le 29 avril, Ejei a ordonné une enquête sur les modalités d’attribution de cet accès, reconnaissant des irrégularités et avertissant que des personnes non qualifiées ne devraient pas bénéficier de ces services.

Le cadre politique de ce système est supervisé par des institutions telles que le Conseil suprême du cyberespace, qui a joué un rôle central dans l’élaboration des restrictions numériques du pays. Bien que les autorités aient publiquement exprimé leur opposition à l’inégalité d’accès, des sources proches du gouvernement indiquent que le système est en cours de formalisation plutôt que de démantèlement, l’accès étant déterminé par des procédures d’approbation liées à la sécurité et à la publicité.

L’ennemi intérieur

La couverture médiatique de l’État, notamment celle de l’Agence de presse de la République islamique, a systématiquement présenté ces événements comme des réponses nécessaires aux menaces extérieures, liant la dissidence intérieure à des adversaires étrangers et insistant sur la nécessité d’une vigilance accrue.

Prises ensemble, ces mesures suggèrent non seulement une stratégie de contrôle coordonnée, mais aussi une inquiétude plus profonde au sein de l’État quant à la société qu’il gouverne. Le recours simultané à l’autorité judiciaire, aux forces de sécurité et aux restrictions numériques indique une volonté de prévenir et de contenir les troubles internes, plutôt que de simplement répondre aux menaces extérieures. La convergence des saisies d’avoirs, des arrestations, des exécutions et de l’accès sélectif à l’information révèle un système qui semble de plus en plus préoccupé par la gestion de sa propre population, ce qui indique que la principale préoccupation des autorités réside peut-être moins dans les adversaires étrangers que dans la mobilisation et la dissidence potentielles de la société iranienne elle-même.