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La campagne des mardis « Non aux exécutions en Iran »

La campagne des mardis « Non aux exécutions en Iran »

Une vague d’exécutions et d’attaques contre des prisonniers politiques marquent la 79e semaine des « Mardis contre les exécutions en Iran »

Dans une escalade dramatique et brutale, les autorités du régime iranien ont exécuté deux membres éminents de la campagne des mardis « Non aux exécutions en Iran », les prisonniers politiques Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani, le dimanche 27 juillet. Les exécutions ont eu lieu en secret, sans préavis ni possibilité de rendre une dernière visite à leurs familles, violant ainsi une nouvelle fois les droits humains fondamentaux et les normes juridiques. Les deux hommes participaient activement à la campagne contre la peine de mort en Iran.

« Malgré une violente répression visant le cœur de la campagne des mardis « Non aux exécutions en Iran » à la prison de Ghezel Hesar, le mouvement se poursuit avec détermination et résistance collective dans tout le système pénitentiaire iranien », ont déclaré les membres de la campagne dans leur dernier communiqué du 29 juillet, marquant la 79e semaine des « Mardis non aux exécutions ».

Juste la veille des exécutions d’Ehsani et d’Hassani, le samedi 26 juillet, plus de 100 gardiens armés et membres des services de renseignement ont pris d’assaut le quartier des prisonniers politiques de l’unité 4 de Ghezel Hesar, sous les ordres du directeur de la prison, Allah-Karam Azizi, et de ses adjoints, Hassan Ghobadi et Esmail Farajnejad. Tous les détenus du quartier ont été violemment emmenés, les yeux bandés, menottés et transférés à l’isolement. Parmi eux se trouvait Saeed Masouri, l’un des fondateurs de la campagne « Non aux mardis des exécutions », depuis exilé à la prison de Zahedan.

« Malgré cette violente agression, les prisonniers politiques de Qarchak et du pénitencier du Grand Téhéran ont organisé des cérémonies et scandé des slogans réaffirmant leur engagement à mettre fin aux exécutions », peut-on lire dans le communiqué.

La campagne a également averti que la semaine dernière, le prisonnier politique Yaqub Derakhshan, précédemment arrêté pour propagande anti-étatique présumée, avait été condamné à mort à la prison de Lakan à Rasht. Parallèlement, au moins 20 autres personnes ont été exécutées dans différentes prisons iraniennes.

Le dernier communiqué de la campagne révèle également des statistiques alarmantes : depuis l’accession de Massoud Pezeshkian à la présidence, « le nombre d’exécutions a bondi à au moins 1 477, dépassant ainsi les chiffres enregistrés les années précédentes, y compris sous le mandat d’[Ebrahim] Raïssi ». Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Eje’i, a publiquement confirmé l’intensification de la répression du régime lors d’une récente conférence de presse, se vantant de l’arrestation de plus de 2 000 personnes pendant la prétendue « guerre des 12 jours ».

Le communiqué de la campagne clarifie l’objectif de la violence de l’État : « intimider et réduire au silence une société qui continue d’exiger justice, liberté, dignité humaine et droit à l’autodétermination ».

La campagne met en garde contre le grave danger qui pèse sur les prisonniers politiques ayant joué un rôle de premier plan au sein du mouvement et qui ont été transférés vers des lieux inconnus. « Nous exhortons chacun à ne pas abandonner les familles des prisonniers exécutés ni les membres de la campagne », peut-on lire dans le communiqué. « La vie des prisonniers politiques de Ghezel Hesar et des autres prisons est gravement menacée. »

La déclaration appelle les détenus de tout le pays à s’inspirer de la résilience des prisonniers politiques et des femmes détenues dans les prisons de Qarchak et du Grand Téhéran, en organisant des cérémonies et en refusant que le sang des militants exécutés soit oublié.

La campagne se conclut par un message fort : « La victoire sur la tyrannie et la régression réside dans l’unité et la solidarité collectives.»

Grève de la faim nationale – 79e semaine de la campagne
Le mardi 29 juillet, des détenus de 48 prison du pays entameront une grève de la faim pour marquer la 79e semaine de la campagne « Non aux mardis des exécutions ». Les prisons participantes comprennent :

Région du Grand Téhéran : prison de Ghezel Hesar (unités 3 et 4), Karaj Central, Fardis

Karaj, pénitencier central du Grand Téhéran

  • Province de Téhéran : Qarchak, Khorrin Varamin
  • Région du Nord et de la Caspienne : Choobindar Qazvin, Azbar Lāhijān, Haviq Talesh,
  • Gonbad-e Kavus, Qaemshahr, Rasht (hommes et femmes), Rudsar
  • Provinces occidentales et centrales : Arak, Khorramabad, Yasuj, Asadabad Ispahan, Dastgerd Isfahan, Dizel Abad Kermanshah, Ardabil, Tabriz
  • Provinces du Sud : Sheiban Ahvaz, Sepidar Ahvaz (hommes et femmes), Shiraz Military, Adel Abad Shiraz (hommes et femmes), Firouzabad Fars, Borazjan, Ramhormoz, Behbahan, Bam, Yazd, Kahnooj, Tabas
  • Provinces de l’Est : Mashhad, Zahedan (quartier des femmes)
  • Provinces du Nord-Ouest et du Kurdistan : Ourmia, Salmas, Khoy, Naqadeh, Miandoab, Mahabad, Bukan, Saqqez, Baneh, Marivan, Sanandaj, Kamyaran

La campagne des mardis « Non aux exécutions », qui en est à sa 79e semaine, est devenue un symbole de la résistance croissante de l’Iran à la peine de mort et à la répression systématique.

Malgré l’intensification de la violence étatique, la voix collective de la défiance résonne chaque semaine plus fort.