samedi, décembre 10, 2022
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Rapport du Conseil suprême de sécurité nationale du régime iranien sur la Syrie

La Syrie est une ligne rouge. Il faut sauvegarder et compléter à n’importe quel prix la chaine de l’Irak, de la Syrie, du Liban et du Yémen et de cette manière encercler les autres pays arabes.

Iraq SyrieCNRI – Après le déplacement en Syrie le 30 septembre du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN) des mollahs, Ali Chamkhani, et de sa rencontre avec Bachar Assad et d’autres autorités du pouvoir syrien, le CSSN a rédigé un rapport sur les événements en Syrie pour les dirigeants du régime iranien.

Ce rapport souligne notamment que la Syrie représente une ligne rouge pour Khamenei et que ces trois dernières années, il a consacré tous ses moyens pour sauver Bachar Assad. Il donne l’ordre de prendre toutes les mesures nécessaires pour compléter et sauvegarder la chaîne de l’Irak, de la Syrie, du Liban et du Yémen et qu’il faut par ce moyen encercler les autres pays arabes.

Parmi les points figurant dans ce rapport on peut noter :

1- La stratégie du régime iranien continue d’investir dans le régime de Bachar Assad pour le maintenir au pouvoir à n’importe quel prix. Khamenei insiste sur le fait que « l’axe Irak- Syrie-Liban-Yémen » est crucial « pour la république islamique d’Iran », qu’ « il ne faut pas reculer là-dessus », qu’il faut prendre à cet effet « toutes les mesures nécessaires » et qu’au moyen de cette chaîne « nous pouvons encercler le reste des pays arabes, en particulier l’Arabie Saoudite et la Jordanie » et faire pression sur des pays comme l’Égypte.

2- Il y a quelques mois le rapport de force en Syrie avait changé en faveur d’Assad et que ses ennemis s’étaient affaiblis. Les événements en Irak et particulièrement la mise à l’écart de Maliki et les problèmes internes de ce pays, ont créé des problèmes au régime (iranien) en Syrie créant des difficultés dans le transfert des troupes et des munitions à partir du territoire irakien. Le régime a aussi été obligé de ramener en Irak une partie des milices paramilitaires terroristes de Syrie comme Assaëb et Kataëb, les brigades Abolfazl-el-Abbas et Zolfaghar.

3- Cependant les événements les plus importants sont les frappes aériennes de la coalition qui ont changé la situation sur le terrain. Le rapport met s’inquiète du fait que si les États-Unis parviennent à mâter Daech et à renforcer l’Armée syrienne libre, le cours des événements changera au détriment d’Assad. Selon le rapport rédigé par Chamkhani, lors de sa visite il a discuté « en détails » avec Bachar Assad et d’autres responsables syriens sur « la manière dont le régime de Bachar Achad peut tourner les bombardements aériens à son profit ».

4- A la suite des frappes aériennes contre Daech en Syrie, le moral de Bachar Assad et de ses commandants s’est beaucoup fragilisé. La visite de Chamkhani pour leur remonter le moral s’est avérée bien nécessaire. De plus, avec ses visites, le régime iranien voulait « adresser ce message aux États-Unis et aux autres ennemis de la Syrie que l’Iran continuera à soutenir pleinement Assad ».

5- Le CSSN a souligné qu’il a besoin d’obtenir des informations sur les frappes aériennes de la coalition contre la Syrie par tous les moyens possibles car ces informations sont « vitales pour la sécurité de la république islamique d’Iran ». Les informations données par le gouvernement américain au gouvernement syrien sur les bombardements sont directement retransmises au régime, ajoute le rapport.

6- Depuis trois ans, alors que l’Armée syrienne libre est devenu un facteur sérieux et que l’opposition se s’est renforcée, les commandants et les conseillers militaires des pasdaran se sont rendus en Syrie pour y prendre en charge dans la pratique « la planification et le commandement opérationnels ». D’après le rapport, « le problème de la Syrie ne peut pas se régler avec une guerre conventionnelle. Les gardiens de la révolution ont donc utilisé toute leur expérience dans la guerre conventionnelle, urbaine et asymétrique, ils ont utilisé des tactiques de renseignements et de sécurité pour sauver la Syrie, car l’armée syrienne aurait été incapable de se battre contre l’opposition et Bachar Assad aurait été renversé dans les premiers mois ». Il y a deux ans les forces de Bachar Assad étaient cernées par les opposants et même les pasdaran et le bureau de Khamenei étaient encerclés par l’Armée syrienne libre.

7- Dans les opérations les plus complexes, les forces opérationnelles et les commandants des pasdaran étaient directement présents sur le terrain pour commander les opérations. De nombreux anciens officiers et commandants des pasdaran et de la force Qods à la retraite ou mutés dans d’autres branches du pouvoir, ont à nouveau repris du service ces deux dernières années dans le corps des pasdaran et ont été envoyés en Syrie. Les drones des pasdaran recueillent beaucoup de renseignements sur les positions de l’opposition pour permettre aux forces d’Assad de les attaquer.

8- Toutes les mesures en Syrie sont coordonnées par Khamenei et son bureau, et c’est lui qui donne directement des ordres à la force Qods et à ses commandants à ce sujet. Khamenei a ordonné à Ghassem Soleimani, le commandant de la force Qods, de mettre la Syrie en tête de ses priorités. De plus « le commandant Hamedani dont vous connaissez tous le rang et la réputation, se consacre totalement à la Syrie ». Soleimani se rend constamment en Syrie et parmi les officiers syriens circulent le dicton « quand Hadj Ghassem Soleimani est là, nous dormons tranquilles ».

9- Khamenei « consacre à la Syrie le budget et les dépenses militaires et politiques d’un pays et c’est pour cela que Agha [Khamenei] a annoncé que la Syrie est notre ligne rouge. Si nous n’avions pas la sagesse de notre leader, tout serait terminé ». De cette manière « en Irak et au Liban nous serions face à une catastrophe » et « cela affecterait Téhéran ».

10- Dans la plupart des secteurs militaires et opérationnels et à chaque point de contrôle dans les rues et sur les routes, il existe des parcours spéciaux que les militaires, les pasdaran et les agents du régime qui se trouvent en Syrie peuvent emprunter en montrant leur « carte nationale iranienne ». Les militaires et les agents de sécurité du régime syrien se comportent avec les pasdaran avec beaucoup de respect et les considèrent comme leurs propres commandants.

11- En plus de la présence des forces des pasdaran et de leurs commandants en Syrie, ainsi que de l’entrainement des forces d’Assad sur place, les pasdaran transfert un grand nombre d’hommes d’Assad pour la plupart des Alaouites à Téhéran par groupes entiers où ils suivent des entraînements rigoureux (entre une à sept semaines). Ils sont ensuite ramenés en Syrie, où ils sont organisés en groupes opérationnels comme les forces de la milice du Bassidj en Iran pour se battre contre l’Armée syrienne libre. Au début ils engageaient des combats sous le prétexte de défendre le sanctuaire de Zeynabieh et ensuite ils se sont battus pour la défense du régime d’Assad. Les forces syriennes sont entraînées en Iran dans la garnison imam Ali.

12- La participation de la Turquie à la coalition, le vote du parlement turc en faveur de cette participation, et en particulier la possibilité de l’implication des troupes terrestres de la Turquie en Syrie représentent un véritable danger pour l’avenir d’Assad. Le régime iranien doit empêcher une intervention plus active de la Turquie en utilisant toutes ses ressources.

Le rapport ci-dessus montre clairement que la crise syrienne, les tergiversations dans ce conflit et le bain de sang en Syrie sont des conséquences directes de l’intervention du régime iranien. Autrement le régime d’Assad aurait été renversé depuis longtemps et il n’y aurait pas eu de place pour l’émergence et le développement de forces extrémistes comme c’est le cas actuellement. L’intégrisme et l’extrémisme sous le couvert de l’islam sont apparus dans la région il y a 35 ans avec la création du régime des mollahs et disparaîtront de la région avec la chute des mollahs. En tant que telles, la création et l’expansion de Daech en Syrie et en Irak sont les conséquences de l’ingérence funeste et de la domination des mollahs dans ce pays. La défaite totale de Daech dépend de l’éviction totale du régime des mollahs d’Irak et de Syrie.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 12 octobre 2014

 

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