jeudi, juillet 25, 2024
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Mise au Point au journal Le Monde Hostilité avec l’OMPI ou blanchiment d’un régime sanguinaire ?

Monsieur le directeur de la publication, Louis Dreyfus

Monsieur le directeur délégué de la publication, Jérôme Fenoglio

Madame la directrice de la rédaction, Caroline Monnot

Le Monde

67-69 avenue Pierre Mendès-France

75013 Paris

                                                                                   Auvers sur Oise, le 10 juin 2024

 

Messieurs les directeurs, Madame la directrice de la rédaction,

Suite aux diffamations exécrables et détestables, parues dans votre journal, d’agents d’un régime qui se maintient en place par des exécutions et la torture en Iran, et, j’ai adressé le 8 juin une lettre expliquant que « relativement à l’article diffamatoire contre l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran paru dans la première page et dans les pages « Géopolitique » du journal Le Monde, daté du dimanche 9 et de lundi 10 juin, sous le titre « Les enfants-soldats des Moudjahidin du peuple iranien », signé Mme Ghazal Golshiri, je vous prie en ma qualité de porte-parole de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran pour la presse, de bien faire paraître à la première page du journal et dans les pages « Géopolitique », du prochain numéro, l’ensemble des lettres adressées à votre journal avant même la parution de l’article, en guise de droit de réponse, afin de relater l’impartialité du journal et que les lecteurs en soient juges ».

N’ayant reçu aucune réponse de votre part, je vous envoie la présente mise au point que je vous prie de bien vouloir publier au plus tôt dans votre journal papier ainsi que sur le site internet, conformément aux règles en vigueur du journalisme et de l’impartialité. Vous conviendrez que c’est notre droit de répondre à 4 pages d’une enquête à charge nous mettant en cause dans la rubrique Géopolitique et que la réponse d’une résistance légitime qui a tant sacrifié durant six décennies face aux deux dictatures du chah et des mollahs, doit être prise en compte.

1.Le Monde des dimanche et lundi 9 et 10 juin, paru le samedi 8 juin 2024, contenait une prétendue enquête intitulée « Nous, enfants-soldats des Moudjahidin du peuple », qui est un étonnant recueil de mensonges, de calomnies, de désinformations et d’informations inexactes figurant en première page et occupant quatre pages du journal.

L’accueil réservé à cet article par la succursale du ministère du renseignement, connue sous le nom d’Association Nejat, et son inclusion sur le site concerné sous le titre de « Grand rapport du Monde sur l’OMPI et son abus militaire des enfants » explique bien les objectifs et l’intérêt de cet article. Pour information, cette association Nejat a défini son mandat :  l’annihilation de l’OMPI.

Si vous cherchez à savoir quelles nouvelles informations cet article soulève contre les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI / MEK) et que les mollahs et leurs agents n’ont pas encore proférées, vous ne trouverez rien. L’intrigue, enrobée d’un nuage de poussière et d’une dose de faux romantisme pour titiller les sentiments du lecteur, est l’histoire de trois quadragénaires qui ont trouvé difficile de lutter contre les mollahs, et qui s’en prennent à ceux qui continuent de se battre.

Ces trois individus, instrumentalisés par le ministère du renseignement à Téhéran (VEVAK), accusent l’OMPI d’utiliser des enfants soldats dans sa guerre contre un régime tueur d’enfants. Etonnant que votre journaliste fasse croire que les autres qui ne s’expriment pas sont « tombés dans la toxicomanie ou l’alcoolisme, ou souffrent de troubles psychiques », ou vingt ans après, dans divers pays, craignent l’OMPI, sans aucune raison.

2.Au début de ce reportage qui n’a ni l’odeur d’une enquête ni un soupçon d’impartialité requis par la presse, l’auteure, Ghazal Golshiri, une Iranienne connue pour son animosité envers la résistance aux mollahs et dont les fréquents va-et-vient en Iran suffisent à dévoiler les affinités, laisse percer son inquiétude sur la crédibilité internationale de l’OMPI, inquiétude que ressent également la dictature religieuse. Ce « groupe (…), écrit-elle, se présentant comme une alternative pacifique, démocratique et non nucléaire au régime de Téhéran jouit aujourd’hui encore d’une influence considérable en Occident, notamment aux États-Unis et en France. » !

La fausse étiquette de marxiste-islamique

  1. Dès le début de l’article, en qualifiant l’OMPI de marxiste-islamiste, étiquette créée et promue par la Savak, police politique honnie du chah, reprise à l’envi par le régime des mollahs, Golshiri se met à relayer la propagande cléricale contre le mouvement pro-démocratie du peuple iranien. Dans une interview le 26 novembre 2023, Parviz Sabeti, chef du troisième département de la Savak, et le plus haut responsable de la torture et des exécutions sous le chah, a déclaré à propos de l’OMPI : « Dès le départ, au début du rapport que j’ai préparé pour Sa Majesté, j’ai dit qu’ils formaient un groupe islamique, maintenant ils sont devenus marxistes. Par conséquent, il est bien de leur coller le nom de marxiste-islamique (…) En 1971, lorsque nous avons arrêté ce réseau marxiste-islamique, eh bien, nous en avons arrêté 80% en une journée. » (Man-o-toTV).

Dans une interview au magazine Time en 1981, le dirigeant de la Résistance iranienne avait déclaré : « Tout lycéen sait que la croyance en Dieu, en Jésus-Christ et en Mahomet est incompatible avec la philosophie du marxisme (…) Mais pour des dictateurs comme Khomeiny, « marxiste-islamiste » est une expression très profitable contre toute opposition. Si Jésus-Christ et Mahomet étaient vivants et avaient protesté contre Khomeiny, il les aurait traités de marxistes. »

De nombreux experts n’ayant pas d’opinion favorable deà l’OMPI ont souligné ce point.

Selon Mehrzad Boroujerdi, professeur à l’Université de Syracuse, « Radjavi maintient son interprétation critique la plus large à l’épistémologie matérialiste marxiste (…) Ce groupe doutait des principes philosophiques du marxisme et en rejetait la doctrine principale du matérialisme historique. Il reposait sur la croyance en l’existence de Dieu, la révélation, la vie après la mort, l’âme, le salut, le destin et l’engagement envers ces principes intangibles. » Afchine Matine-Asgari, universitaire iranien, a décrit le marxisme islamique comme « une ingénieuse étiquette polémique » utilisée par le régime du chah pour discréditer ses ennemis.

Mission de 14 mois

4.Comme indiqué dans l’article, la mission de cette enquête fabriquée, très appréciée du fascisme religieux en Iran, a commencé au moins en avril 2023, soit il y a 14 mois. A ce moment, la journaliste a interviewé deux des « témoins » en Allemagne que Le Monde a photographiés en août 2023. Ce qui signifie que cette journaliste, qui se rend sans problème à Téhéran et y était pour la dernière fois en 2022, travaille sur ce reportage depuis avril 2023. Or, elle ne se souvient que le 3 juin 2024 d’enfiler son uniforme d’inquisitrice pour envoyer à l’OMPI un mail débordant d’accusations et de diffamations sous couvert de questions et posant un ultimatum de 48 heures pour y répondre. Le lendemain, soit le 4 juin, l’un de ces trois « témoins » annonçait, sur le réseau social X, la publication de l’article pour le samedi 8 juin. Autrement dit, tout avait été préparé et les questions adressées à l’OMPI n’avaient pour but non pas de découvrir la vérité, mais de la protéger elle et le journal de poursuites judiciaires.

Le lendemain de la parution de l’article, le site du ministère du renseignement a publié la biographie avec photos du « témoin », Amir Yaghmaï, parues dans Le Monde. Le rideau se lève ainsi sur la coordination entre la journaliste inquisitrice, le témoin et le Vevak.

  1. Il ne fait donc aucun doute que les mensonges publiés dans Le Monde sous le couvert d’une enquête sont prêts depuis longtemps, mais que les acteurs attendaient le bon moment et le feu vert pour les publier. Rappelons le contexte : les élections du régime de mars et mai 2024 boycottées par plus de 90 % des électeurs en Iran, le coup stratégique porté par la mort du président de ce régime, Ibrahim Raïssi, bourreau du massacre de 1988, et la prochaine mascarade électorale de la présidentielle du 28 juin. Nous ignorons pour l’instant quelles manigances se cachent, mais nous savons que cet article vient compléter le procès en cours par contumace de 104 membres de l’OMPI, dont la 14ième séance se déroulera demain à Téhéran, dans le cadre de l’appareil judiciaire des bourreaux. Le procureur, les témoins, les instructions du ministère du renseignement (VEVAK) et de la force terroriste Qods (des gardiens de la révolution), réclament l’extradition de l’OMPI en particulier depuis la France et l’Albanie et l’exécution de ses membres, conformément à la fatwa de Khomeiny en 1988 concernant les Moudjahidine du peuple restés fidèles à leurs idéaux. Dans le fond il n’y a aucune différence entre les propos entendus dans ce procès et ceux des témoins de l’article du Monde et de son enquêtrice.

L’expérience de ces dernières décennies nous enseigne que la propagande politique extrême, fondée sur de purs mensonges, contre notre mouvement ouvre la voie aux opérations terroristes du régime des mollahs. La tentative d’assassinat à Madrid en novembre 2023 du Dr. Alejo Vidal-Quadras, ancien vice-président du Parlement européen, en raison de son soutien à la Résistance iranienne, et deux attentats terroristes avec tirs de balles contre un bâtiment de sympathisants de l’OMPI en mai et juin 2023 à St Ouen l’Aumône (dans le 95), un attentat terroriste contre le bureau du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) à Berlin, ainsi que des tentatives d’attentats à la bombe en 2018 contre le rassemblement de la Résistance iranienne à Villepinte, au nord de Paris, et à Tirana en Albanie, pour en citer les plus récents, ont suivi ces diabolisations.

Des mensonges obsolètes

6.L’odeur rance de naphtaline qui imprègne l’article de Mme Golshiri vient des mensonges éculés qui ont fait l’objet d’enquêtes judiciaires en France. Au bout de 14 ans, un dossier de 100 000 pages lancé par le juge Bruguière suite à l’accord entre le gouvernement français de l’époque et le régime iranien, s’est révélé aussi faux que vide. Il est intéressant de noter que les témoins de cette affaire, qui a fait dépenser des dizaines de millions d’euros à la France, étaient semblables aux témoins de Golshiri, portaient le titre d’« anciens membres des Moudjahidin » et agissaient sur ordre des services de renseignement des mollahs.

Dans son livre « Si vous le répétez, je démentirai », Jean-Claude Maurice, directeur de la rédaction du JDD, qui a assisté en avril 2003 à la rencontre entre le ministre français des Affaires étrangères et son homologue à Téhéran, révèle les négociations en coulisses à la base des accusations contre l’OMPI. Yves Bonnet, l’ancien patron de la DST, dénonce l’ampleur de la conspiration dans son livre « Le grand complot – le gouvernement français fait le jeu des services secrets iraniens ». Dans un autre livre sur les tactiques du ministère du Renseignement contre l’OMPI, intitulé « Vevak », Yves Bonnet dénonce un agent du ministère du Renseignement qui a avoué avoir présenté de faux « témoins » dans le dossier fabriqué par le juge Bruguière.

Le juge d’instruction a clos cette affaire par deux non-lieux. L’un concernant les accusations de terrorisme et financement de terrorisme en 2011 et l’autre pour des accusations telles que le blanchiment d’argent en 2014. Mais Golshiri entend ignorer ce non-lieu pour terrorisme, dans lequel il est déclaré que la résistance de l’OMPI n’est pas du terrorisme, mais une résistance contre la tyrannie ; elle se contente d’écrire que « les accusations de terrorisme ne seront pas étayées », car si elle devait parler de ce non-lieu, le pilier central de son enquête s’effondrerait. Cela ne peut pas être une erreur involontaire car une simple recherche mène à la vérité. L’Agence France Presse écrit à ce propos dans une dépêche :

PARIS, 31 jan 2014 (AFP) : (…) Le juge Marc Trévidic, qui a hérité du dossier en 2009, a clos son enquête fin 2013 et le parquet doit prendre ses réquisitions. Mais dès 2011, le magistrat avait abandonné toute incrimination terroriste (…) Le non-lieu sur le terrorisme « avait mis fin à plus de huit ans d’instrumentalisation de la justice avec le consentement du juge Bruguière, pour des motifs politiques que personne ne peut plus contester », dénonce l’avocat Me William Bourdon.

S’en prendre à l’OMPI, l’acompte d’un deal avec les mollahs

7.Il est clair que les accusations et calomnies de Ghazal Golshiri du 3 juin ne méritaient pas de réponse. Cependant, j’ai écrit le 4 juin au directeur de la publication, au directeur adjoint de la publication et à la directrice de rédaction du Monde. Présentant des arguments et des documents probants, je démontrais que les questions de Ghazal Golshiri n’étaient absolument pas professionnelles. « Cet interrogatoire de Mme Golshiri n’est pas une méthode digne du Monde, ai-je précisé. Je suis disposé à apporter tout éclaircissement à votre journal, mais pas à une personne qui s’est compromise par son animosité et son parti pris sans limites. » Comme je savais clairement qui étaient les témoins de Ghazal Golshiri, j’ai joint des documents affichant leur discrédit et leur dépendance à l’égard du régime. Mais comme écrire un article contre l’OMPI était dicté par une décision politique, ces documents n’ont eu aucun effet sur l’article, l’auteure se contentant d’insérer des démentis généraux au nom de l’OMPI dans plusieurs endroits pour empêcher l’ouverture d’une procédure judiciaire.

Golshiri a écrit que l’OMPI a présenté les témoins comme liés au régime sans savoir qui ils étaient. Elle pense avoir découvert l’Amérique avec son enquête, alors que ses trois témoins ont été utilisés à plusieurs reprises par le régime des mollahs et par des journalistes fantoches ces deux dernières années. Si elle était sincère, elle pouvait écrire les noms des « témoins » et demander qu’on lui fournisse leurs antécédents. Elle a bien publié, le 8 juin, leurs photos sous toutes les coutures, alors pourquoi tant de mystère !

8.Ali Fallahian, ministre du renseignement du régime équivalent de la Gestapo, commanditaire des assassinats du Pr. Kazem Radjavi en Suisse, de Mohammad Hossein Naghdi, représentant du CNRI à Rome, de Mme Faezeh Radjabi, membre du CNRI, à Istanbul, et de dizaines de membres de l’OMPI au Pakistan et en Turquie,  déclarait sans ambages dans une interview le 9 juillet 2017 : « Le ministère du renseignement dispose de la couverture nécessaire pour collecter des informations tant dans le pays qu’à l’étranger. Nous n’envoyons pas un agent du renseignement en Allemagne ou en Amérique pour dire qu’il vient du ministère du renseignement. Il a besoin pour couverture d’un travail commercial ou de presse. De nombreux journalistes sont des agents du renseignement. »

S’en prendre à l’OMPI comme un acompte pour prouver sa bonne volonté aux mollahs, en vue de toute sorte de marchandage et de deal, est une méthode courante. Le Wall Street Journal du 7 mai 2008 relatait les propos d’un diplomate européen dans les négociations sur le nucléaire avec le régime, disant : « Durant des années, la répression des Moudjahidine du peuple a été la priorité dans les pourparlers des autorités iraniennes et dans leurs négociations avec les gouvernement occidentaux autour du programme nucléaire et d’autres sujets ».

Le transfert des enfants depuis l’Irak vers l’étranger ?

9.Avec l’occupation du Koweït par l’Irak en août 1990 et la première guerre du Golfe persique qui a suivi, le 17 janvier 1991, l’OMPI n’a pas été épargné par les dangers des attaques des forces de la coalition contre l’Irak.

Bien que cette guerre ne concernât en rien l’OMPI, dès août 1990, avec des sanctions paralysantes à tous les niveaux, notamment des pénuries alimentaires, la coupure de nombreux systèmes de communication et l’interruption des vols entre Bagdad et l’étranger, le manque de moyens médicaux et, plus important que tout, des bombardements intenses, la vie d’environ 900 enfants vulnérables de l’OMPI est devenue une grave préoccupation.

La menace de voir le régime iranien profiter de la situation pour attaquer les positions et les bases de l’OMPI s’est accrue très rapidement en mars 1991, quand le Corps des pasdarans est entré en Irak avec 7 brigades et divisions pour tuer et capturer des Moudjahidine du peuple.  Des dizaines de membres de l’OMPI ont été tués dans ces attaques ; deux d’entre eux ont été capturés par des mercenaires et remis aux gardiens de la révolution, avant d’être exécutés.

Dans ces circonstances, les parents voulaient que l’OMPI réfléchisse à une solution pour sauver la vie de leurs enfants et, si possible, de les évacuer d’Irak.

10.Dans un premier temps, l’organisation a tenté d’obtenir l’aide du Haut-Commissariat pour les réfugiés à Genève et à Amman pour transférer les enfants hors d’Irak. Le bureau du HCR qui avait été déplacé de Bagdad à Aman en raison des conditions de guerre, a déclaré à notre représentant M. Ali Safavi, avoir consacré tous ses moyens à l’évacuation de dizaines de milliers de ressortissants étrangers vivant en Irak et se trouvant à la frontière avec la Jordanie, et ne rien pouvoir faire pour ces enfants.

C’est pourquoi, l’OMPI s’est tournée vers le gouvernement jordanien, qui depuis la rencontre, en 1985, entre le dirigeant de notre résistance et le Roi Hussein de Jordanie à l’hôtel de Marigny à Paris, (dont le monde a relaté), avaient des relations.  Par conséquent, après avoir obtenu l’accord du gouvernement jordanien, l’OMPI a décidé, avec ses ressources limitées et en prenant d’immenses risques, d’envoyer les enfants en Jordanie, pour ensuite les envoyer progressivement de Jordanie en Amérique et en Europe.

  1. Finalement, l’OMPI a réussi sans l’aide des gouvernements ni des Nations Unies, à évacuer en toute sécurité l’ensemble de ces enfants hors d’Irak. Les enfants ont été accueillis par des proches ou des familles iraniennes et, des années plus tard, une fois adultes, certains ont décidé de retourner dans leurs familles et auprès de l’OMPI à Achraf. Ils avaient adopté l’objectif et la cause de l’OMPI. D’autres sont restés en Europe et en Amérique, continuant à mener leur vie et leurs études et militent pour un Iran libre aux côtés des partisans de l’OMPI.

Enfant soldat ou résistant ?

12.L’article de Golshiri et les agents du régime iranien, veulent essentiellement accuser les Moudjahidine du peuple d’Iran d’avoir utilisé des enfants dans des batailles militaires. Utiliser le mot « enfant-soldat » à propos de l’OMPI est de la pure démagogie produite par la machine de diabolisation des mollahs. C’est ce régime qui a utilisé ce terme la première fois pour détourner l’attention de ses massacres d’enfants dans la guerre Iran-Irak, puis les exécutions des adolescents dans les prisons. Selon des commandants des gardiens de la révolution et le ministre de l’éducation de l’époque, entre 440.000 à un million d’écoliers ont été déversés comme avant-gardes des Pasdaran sur les fronts de la guerre, pour neutraliser les champs de mines.

L’accusation d’avoir fait usage d’enfants soldats dans les rangs de l’OMPI est de la pure démagogie parce que tout le monde au sein de l’OMPI et de l’Armée de libération nationale iranienne (ALNI) a toujours été volontaire depuis le début jusqu’à ce jour, et qu’il n’existe ni soldat ni conscription. Ce sont des combattants de la liberté. Dans un mouvement de résistance luttant depuis 45 ans contre le fascisme religieux sanguinaire, personne ne peut participer ni tenir, sans sa propre volonté.

De plus, jamais aucun membre, sur les ordres ou suite à la décision de l’OMPI ou de l’ALNI, n’a été envoyé dans des opérations militaires, avant l’âge de 18 ans. Si quelqu’un n’ayant pas cette condition voulait aller au front, l’OMPI l’en empêchait dès qu’elle l’apprenait.  Sans parler du fait que les individus évoqués dans le film « Les Enfants du camp d’Achraf » ont tous rejoint Achraf à la fin des années 1990, alors que l’ALNI et les habitants d’Achraf ne menaient plus aucune opération militaire à cette époque. Que ceux qui prétendent que l’OMPI a emmené des enfants à Achraf pour s’en servir comme soldats, fournissent ne serait-ce que le nom d’un seul enfant tué ou blessé dans ces opérations imaginaires…

Plus important encore, ces jeunes qui ont décidé d’aller à Achraf, vivaient tous dans des pays démocratiques et étaient pleinement conscients des conditions prévalant en Irak. Beaucoup ont parlé ou écrit sur les motivations les ayant poussés à aller en Irak pour rejoindre la résistance. Leur objectif était d’une part de retrouver leurs familles et d’autre part d’entrer dans les rangs de la résistance. Les enfants de moins de 18 ans devaient avoir leurs parents ou au moins l’un d’entre eux présents dans l’OMPI en Irak et avoir l’autorisation écrite de leurs parents pour être acceptés. Il n’existe pas un seul cas qui soit venu en Irak en dehors de ces conditions.

Depuis la guerre du Koweit, le gouvernement irakien n’avait plus les moyens de protéger les sites de l’OMPI, nous devions donc nous protéger nous-même. C’est pourquoi l’apprentissage et le maniement des armes afin de pouvoir se défendre en cas d’attaque du régime était nécessaire mais ne signifiait en aucun cas de participer à des opérations militaires.

Un mensonge scandaleux

13.L’article écrit qu’« après les entrainements militaires, Amir [Yagmai] est devenu soldat. En avril 2001, son unité tombe dans une embuscade tendue par l’armée régulière iranienne, près de Dehloran, en Iran. L’un de ses camarades, Shahram Jouyandeh, est tué (…) « Sa mort m’a changé à tout jamais », lâche Amir. »

Golshiri qui montre un faible pour ces collabos, utilise le mot « embuscade » pour sous-entendre la participation de son « témoin » dans une opération militaire qui n’a pas eu lieu.

Bien qu’Amir était alors âgé de 18 ans, sa participation à une mission à l’intérieur de l’Iran est absolument fausse et la plupart de ceux qui faisaient partie de cette unité sont encore en vie et en témoignent.

  1. De fausses déclarations sur les enfants ont été faites par le centre de recherche du ministère des Sciences du régime iranien sous la présidence d’Ahmadinejad en 2009, bien avant qu’elles ne soient reprises par ces individus. Dans une soi-disant enquête de 15 000 mots sur l’OMPI, le centre a abordé la question de la « violation des droits des enfants dans le camp d’Achraf » et de leur « déplacement forcé » ainsi que de l’emploi d’enfants dans des actions militaires et terroristes.

Cet article d’une instance de la dictature religieuse à Téhéran, regorgeant de mensonges écrit : « Afin de briser la relation émotionnelle entre parents et enfants, l’organisation a tenté de déplacer les enfants vers des pays européens en recourant à toutes sortes d’astuces. Le déplacement forcé est similaire à la traite des êtres humains. L’intention de l’organisation était de réutiliser les enfants comme soldats obéissants de la secte après les avoir élevés et leur avoir soumis un lavage de cerveau. » Et il ajoute bêtement que les organisations internationales « sont obligées de s’occuper du sort des enfants du camp d’Achraf en Irak ainsi que de la situation des autres enfants en dehors de l’Irak dans le cadre d’une action humanitaire ». Il poursuit : « Les abus contre les femmes et les enfants, ainsi que le déplacement forcé d’enfants hors d’Irak vers les pays occidentaux et l’usurpation d’identité de ces enfants (…) sont d’autres cas de violations des droits humains dans cette secte ». C’est bien la mission que l’article du Monde s’est engagé à poursuivre quinze ans plus tard.

Qui plus est, le régime iranien et ses mandataires politiques attaquent l’OMPI qui a évacué les enfants depuis l’Irak en 1991 et qualifient cela de signe de décision organisationnelle ou de l’absence d’affection des familles. Mais ces mêmes individus s’en prennent à l’OMPI qui a fait revenir d’Europe des enfants de moins de 18 ans en Irak pour disent-ils les utiliser comme « enfants soldats ». La question est de savoir pourquoi, si l’objectif de l’OMPI était de recruter des enfants, elle a dû les envoyer à l’étranger pour les faire revenir ensuite ?

Les normes internationales

15.Cette polémique autour des « enfants soldats » survient alors que les normes de l’ALNI et de l’OMPI concernant le service militaire des individus âgés de 18 ans sont conformes aux normes les plus prudentes au niveau international. En Angleterre, l’âge d’admission dans l’armée est de 16 ans.

La Deutsche Welle a annoncé le 31 mars 2024 que 10,6 % des soldats recrutés dans l’armée allemande en 2023 avaient moins de 18 ans. Ce chiffre était de 9,4 % en 2022.

Selon la définition des Nations Unies et de l’UNICEF, les garçons et les filles de plus de 15 ans formés dans les académies militaires ne sont pas considérés comme des enfants soldats. Parce que les académies militaires se concentrent sur la formation et l’éducation du personnel et non sur les conflits armés actifs ou le soutien à des conflits armés.

Dans leur définition du « conscrit », les Nations Unies soulignent que si un garçon ou une fille de plus de 15 ans rejoint volontairement et sciemment une académie militaire, cela n’est pas considéré comme une conscription forcée. Dans de nombreux pays, dont l’Amérique, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, la Belgique, etc., il existe des centaines d’écoles militaires où des garçons et des filles, âgés de 15 ans et plus étudient et reçoivent une formation militaire de base. Les académies militaires ne doivent pas employer de garçons et de filles de 15 ans et plus dans des conflits armés, sinon ils seraient considérés comme des « enfants soldats » et cela serait contraire au droit international.

https://childrenandarmedconflict.un.org/six-grave-violations/child-soldiers/#:~:text=Human%20rights%20law%20declares%2018,by%20the%20International%20Criminal%20Court

On peut nommer parmi les académies militaires américaines de renom qui acceptent les candidats de 15 ans et plus, la Citadel Academy de Charleston, en Caroline du Nord, le Virginia Military Institute, la Fork Union Military Academy et le Marion Military Institute en Alabama.

Pour l’admission dans les forces armées dans les académies militaires américaines les plus célèbres, y compris celle de West Point, qui est la plus renommée, ou dans d’autres comme l’académie navale d’Annapolis, l’académie de l’US Air Force et la US Coastal Defence Academy, tous les candidats ont 17 ans. Ils sont acceptés jusqu’à 23 ans.

Tout le monde sait que dans la Résistance française, des personnes de tous âges ont lutté contre l’occupation nazie et coopéré avec les forces alliées. Ces jours-ci, la Résistance est célébrée en France. Et les noms des jeunes résistants sont honorés. S’ils avaient été dans les rangs de l’OMPI, Mme Golshiri les aurait montrés du doigt comme des enfants soldats. Un grand nombre de jeunes Allemands de moins de 18 ans ont été exécutés pour des « actes subversifs » ou des actes armés contre les nazis.

Il est à noter que l’âge légal en Iran pour voter aux élections présidentielles ou législatives est de 16 ans.

Trois Témoins ou trois mercenaires ?

16.L’auteure écrit que l’Organisation des Moudjahidine du peuple lui avait envoyé un courrier électronique avant la publication de l’article, « discréditant par avance nos témoins dont ils ne connaissaient pourtant pas l’identité, les qualifiant « d’agents notoires du régime des mollahs « . » Les trois témoins qui constituent le pilier central de l’article de Ghazal Golshiri ont montré que ce que j’avais écrit dans la lettre du 4 juin et du 6 juin au Monde était tout à fait vrai. Ils font partie d’une demi-douzaine de vendus qui ces dernières années ont répandu les mêmes mensonges que ceux des questions de Ghazal Golshiri. Il n’y a pas une seule affirmation nouvelle dans l’article du Monde qui n’ait été reprise des centaines de fois par les médias du régime et par des journalistes amis du ministère du renseignement.

Non obstant l’absence d’impartialité journalistique, la moindre dignité humaine aurait suffi pour que Golshiri essaie de contacter, à Achraf ou ailleurs, quelques-uns des dizaines de gens présents dans sa propre clichée de photo de groupe, et qu’elle forcement identifié via ces trois mercenaires, Cela lui aurait évité d’apporter ainsi de l’eau au moulin du fascisme religieux au pouvoir en Iran.

 

En fait, l’entretien du Monde avec ces trois individus n’est pas un entretien exclusif car ils avaient déjà accordé des interviews à d’autres médias occidentaux pour alimenter le régime. Mais Golshiri voulait faire passer pour du neuf ou pour un scoop, un sujet déjà usé.

Un autre mensonge ignoble

  1. A la demande de sa mère et de son père, Amir Yaghmaï, comme beaucoup d’autres enfants, a été envoyé en Suède pendant la guerre en Irak et les bombardements du début 1991. Contrairement aux mensonges de son père Ismail Yaghmai, Amir, son père, qui vivait alors en France, ainsi que sa mère, qui se trouvait à Achraf, ont insisté pour qu’Amir retourne en Irak auprès de sa mère. Que Le Monde l’ait cité disant : « « Je me suis battu pour qu’il reste », assure son père aujourd’hui. Puis il s’est résigné, signant un formulaire qui autorisait le départ d’Amir », est un autre mensonge ignoble. La demande d’Ismail Yaghmai d’envoyer Amir en Irak avec sa signature et son empreinte digitale datée du 13 juillet 1998 n’a rien de commun avec un prétendu formulaire indiqué par la scénariste de la fable.

La réalité est qu’Esmail Yaghmaï, se met en couple avec une Anglaise qu’il épousera plus tard. Son fils était devenu encombrant et il ne voulait plus l’avoir dans les pattes, il voulait donc l’expédier en Irak chez sa mère.

  1. Asghar Adibi, ancien champion national iranien de football, membre du CNRI, a écrit à ce sujet en février 2024 :

« 10-12 ans plus tard, j’ai été témoin d’une autre scène où beaucoup de ces enfants, désormais adultes, voulaient retourner chez leurs parents et se battre. J’ai été témoin de la conversation d’Esmail Yaghmai, père d’Amir Yaghmai, avec M. Massoud Radjavi, président du Conseil national de la Résistance, à la fin de la réunion d’élection de la secrétaire générale de l’OMPI en septembre 1997. A cette époque, nous membres du CNRI en France communiquions avec les Moudjahidine du peuple lors d’une conférence téléphonique qui liait différentes bases de l’OMPI en Irak. L’ensemble de la conférence se déroulait simultanément avec des membres et partisans de l’OMPI dans plusieurs autres pays.

« Le sujet de la conversation d’Esmail Yaghmai, à l’époque membre du CNRI, avec M. Radjavi, est le même qui est maintenant au centre des calomnies contre les Moudjahidine du peuple et qui joue un rôle central dans un documentaire récent.

« Profitant de l’occasion pour contacter M. Radjavi à la fin de la même réunion, tandis que beaucoup de gens entendaient, Esmail Yaghmai a dit qu’Amir souhaitait venir en Irak chez les Moudjahidines du peuple et sa mère qui s’y trouvait. Concernant les réunions de famille, cela n’a jamais posé de problème et Yaghmai pouvait emmener son fils avec lui ou l’envoyer séparément chaque fois que nous allions à Bagdad pour une réunion du CNRI. Mais concernant l’adhésion aux Moudjahidine du peuple et à l’Armée de Libération national (ALNI), le président du CNRI a déclaré à Yaghmaï que son fils n’avait pas encore atteint l’âge légal et qu’il valait mieux qu’il soit avec son père à Paris. Mais Yaghmai a insisté pour qu’Amir soit accepté et a fait valoir que l’âge n’était jamais une condition pour se battre. Cependant, M. Radjavi n’a pas accepté. Jusqu’à ce que j’apprenne un an plus tard, que Yaghmai a insisté à nouveau et a fait une demande écrite et finalement son fils est allé chez les Moudjahidine du peuple et chez sa mère en Irak. A cette époque, d’autres enfants dont les parents se trouvaient en Irak, étaient déjà partis là-bas.

« Bien sûr, j’ai découvert plus tard la raison derrière cette insistance pour envoyer son fils en Irak : il s’agissait de se débarrasser du gamin devenu casse-pieds pour le père qui voulait « vivre librement ». Il y a beaucoup de choses à dire à ce sujet, que je passerai sous silence. »

18- Mohammad Seyedi Kashani, chargé du département de musique et d’hymnes de l’OMPI durant 40 ans (décédé en Albanie en décembre 2018), écrit dans le livre « Symphonie de la Résistance » (février 2018) à propos d’Esmail Yaghmai, qui était en fonction dans son département au sein de l’OMPI : « Lorsque avec les non-lieu de la justice, le dossier d’accusation du 17 juin 2003 contre l’OMPI est tombé à l’eau et que les efforts du régime pour revitaliser le dossier en 2014 et 2015, et toutes la litanie d’accusations fabriquées par les mollahs, furent rejetées,  Esmail Yaghmai est chargé par les services des mollahs de répéter des mensonges et des insultes à l’instar des bourreaux des mollahs sur le site-web « daritché-e-zard », allégeant que l’OMPI et la Résistance auraient extorqué de l’argent d’une femme anglaise que Yaghmai avait épousé plusieurs années auparavant en se présentant comme le poète de la Résistance iranienne, ajoutant ainsi une nouvelle à la litanie d’accusation sans fondements de « morts douteuses » ou « de divorces forcés » au sein de l’OMPI.

  1. L’article du Monde indique qu’Amir Yaghmai est né en 1983, mais lorsqu’il s’est rendu en Irak dans la seconde moitié de 1998, afin de peaufiner la tragicomédie de Mme Golshiri, il perd soudain un an pour n’avoir plus que 14 ans !

Comme d’autres adolescents, Amir Yaghmai n’a participé à aucune opération militaire après son arrivée en Irak. La seule instruction qu’il ait reçue a été un enseignement élémentaire des armes. Toutes les personnes qui se trouvaient au camp d’Achraf avaient reçu cette formation d’autodéfense en cas d’attaque.

Un autre mensonge est qu’Amir prétend que lors de son départ en Irak, il a été séparé de ses parents et placé dans une pension, un mensonge qui veut insinuer des séparations forcées parents/enfants, ce qui est complètement faux.

Après l’invasion américaine de l’Irak en 2003, Amir Yaghmai a paniqué, a renoncé à son engagement et a quitté l’OMPI. Il s’est rendu dans un camp sous le contrôle de l’armée américaine appelé Tif. Là, il a été recruté par des agents du ministère du renseignement de la dictature religieuse par le biais de son oncle qui est un agent du renseignement de la province de Yazd.

  1. La dépendance du père d’Amir, Ismail Yaghmai, aux services de renseignement des mollahs est telle que le 31 mai 2020, le site Rahiyaft, affilié à la faction de Khamenei, mentionne son nom parmi les individus employés par ce ministère: « Le fait que le groupe de M. Alavi (Honorable Ministre de l’Information) grâce à son travail 24 heures sur 24 ait recruté des repentis des Hypocrites [nom péjoratif pour l’OMPI] tels que Soltani, Khodabandeh, Ezzati, Hosseini, Yaghmai, Karimdadi, Mesdaghi, Pourhossein, etc. et a réussi avec un important investissement en matière d’activités et bien sûr de financement, à entrainer ces repentis à une confrontation psychologique avec les Hypocrites eux-mêmes, est excellent ; mais est-ce suffisant ? »

21.Le frère aîné d’Ismail Yaghmai, Abol Qassem Yaghmai, est un membre actif du ministère de du renseignement et chef de la branche de l’association Nejat de ce ministère dans la province de Yazd. Amir Yaghmai raconte : « Après le départ des Américains d’Irak, je suis retourné en Suède et j’ai appelé mon oncle. » L’association Nejat a été créée par le régime pour harceler et persécuter les familles et les proches des membres de l’OMPI.

https://www.youtube.com/watch?v=JBCERXnku4M

Sur la photo ci-dessous, on voit Abol Qassem Yaghmai en train de contacter les mercenaires connus du régime en Albanie. Certains de ces mercenaires ont ensuite été arrêtés et expulsés par la police albanaise.

https://www.nejatngo.org/fa/posts/49163

Amine Golmaryami

  1. Amine Golmaryami, autre vedette de l’article du Monde, a été en contact direct, au cours de ses 10 à 12 années passées en Irak, avec des officiers américains, des responsables de la MANUI, du HCR, du CICR ainsi que des officiers et responsables irakiens. Il a été interviewé par eux, souvent seul, sans la présence d’un tiers et leur a livré les informations qu’ils voulaient. Ces histoires ridicules selon lesquelles il aurait secrètement glissé un message à un agent de liaison des Nations Unies, feraient rire les poules même rôties. Neuf organes américains ont mené des enquêtes sur chacun des habitants du camp d’Achraf en Irak pendant 16 mois, et le New York Times l’a rapporté le 27 juillet 2004.

Malgré la présence de nombreux malades et de ceux sur qui pesaient plus que d’autres des menaces directes de sécurité, l’OMPI a privilégié de présenter au HCR ceux qui avaient rompu leur engagement ou ceux qui risquaient d’être exploités par les services de l’ennemi pour l’espionnage. Elle souhaitait les envoyer plus vite que d’autres vers le seul endroit à sa disposition, à savoir l’Albanie, afin que ces gens ne tombent pas dans le piège de la Gestapo des mollahs ou des agents de la force Qods de Ghassem Soleimani qui les guettaient en Irak. L’OMPI a ainsi évacué vers l’Albanie Amine Golmaryami et ses deux frères dans le deuxième groupe de 15 personnes.

Un jour avant de s’envoler pour l’Albanie, Golmaryami a noté dans une lettre écrite et signée de sa main le 31 mai 2013 : « Je voulais tout d’abord vous remercier, vous remercier d’avoir résolu tous mes problèmes pour que je puisse faire mon choix pour une nouvelle vie (…) Je voulais que vous soyez sûrs de moi et de mes deux frères que peut-être pour certaines raisons, nous n’avons pas pu rester [au camp] Liberty et nous avons choisi de partir à l’étranger, mais vous pouvez être sûrs que nous serons toujours des partisans de l’organisation. »

Prétendre qu’il s’est enfui d’Albanie est une autre affirmation burlesque. Cet individu qui prétend avoir fui l’OMPI, a reçu jusqu’au dernier jour de son séjour en Albanie, une pension de 500 dollars par mois de l’OMPI, dont on peut voir les reçus ci-dessous. De plus, à son départ de Liberty, il avait déjà reçu 1000 dollars d’aide financière de l’OMPI.

Dans une lettre datée du 7 juin 2014, il écrit : « considérant qu’un an s’est écoulé depuis mon arrivée en Albanie et compte tenu de la pension mensuelle fixe qui m’a été versée par la caisse financière de l’Organisation des Moudjahidine du peuple depuis le début d’août 2014 jusqu’à ce jour (…) Je demande à nouveau que le paiement de ma pension mensuelle soit prolongé par la caisse de l’OMPI. » Figurent ci-dessous des exemples de reçus de ces versements avec l’écriture manuscrite et la signature d’Amine Golmaryami :

Mohammad Reza Torabi

  1. Le troisième témoin de Golshiri est Mohammad-Reza Torabi, dont les positions hystériques contre l‘OMPI sont telles que même Golshiri est obligée de dire que « leurs déclarations sont utilisées par la République islamique d’Iran ». Ce qu’elle s’empresse de corriger immédiatement en précisant : « Mais ces hommes n’ont aucune sympathie pour le régime de Téhéran ». On ne sait pas vraiment ce qu‘entend Golshiri par sympathie pour le régime de Téhéran en Europe? Probablement elle s’attend à une défense explicite des pasdarans et de Khamenei en Europe!

Mohammad-Reza Torabi a quitté l‘OMPI le 2 mars 2017, et contrairement aux mensonges qu’il a livrés aujourd’hui au Monde, il a demandé dans une lettre une aide financière à l‘OMPI, tout en soulignant sa démarcation avec le régime.

De mars 2017 à septembre 2018, lorsqu’il a quitté l’Albanie, il a reçu un total de 720 000 Leks de l’OMPI, et les reçus sont disponibles mois par mois. Deux exemples figurent ci-dessous.

Diffamation contre l’OMPI

24- Golshiri écrit que Mohammad Reza Torabi, qui avait accès à Internet à Achraf, est tombé sur un court article du site de l‘association Nejat, écrit par Alireza Mirasgari (un agent du renseignement bien connu) affirmant que « le père de Mohammad Reza est mort en 1994, à la suite de tortures infligées dans un centre de détention du camp Achraf. », mais lorsqu’il a quitté l’OMPI, en 2017, il « a trouvé un rapport de l’organisation Human Rights Watch d’il y a douze ans, selon lequel « Abbas Sadeghinejad [un dissident] a déclaré à Human Rights Watch qu’il avait (…) été témoin de la mort d’un autre détenu, Ghorbanali Torabi, après que ce dernier [était] revenu d’une séance d’interrogatoire dans la cellule qu’il partageait avec lui.» Sa rupture avec l’OMPI devient alors totale. Golshiri parle de la découverte par Torabi du rapport de Human Rights Watch, 12 ans après sa publication, comme si il s‘agissait d’un document top secret de la Maison Khamenei ou de la Maison Blanche ! On ne sait pas comment il faut douze années à quelqu’un ayant accès à Internet pour découvrir le rapport de HRW, qui a été publié en persan par tous les médias du régime des mollahs. De quoi peut-il s‘agir sinon d‘une mission malveillante visant à diaboliser l‘OMPI? Et tout le monde sait que que la chaîne de télévision satellite de la Résistance, la Télévision nationale iranienne (IRANNTV / Sima-yé Azadi), a diffusé 6 mois durant en 2005, à la une de l‘actualité, le rapport de HRW qui visait à faire annuler le statut de personnes protégées des Moudjahidine du peuple. Ce rapport avait été obtenu essentiellement sur des entretiens téléphoniques avec 12 agents du régime en Iran et à l’étranger. Les officiers américains à Achraf ont également écrit de nombreux articles à ce sujet, connus de tous à Achraf, et témoigné lors de rassemblements de la résistance iranienne en Europe et en Amérique retransmis à la télévision. Autrement dit, il n’y avait rien à cacher et rien qui devait attendre d’être découvert douze ans plus tard ! Ce qui douze ans plus tard a changé, c’est simplement la mission dont Torabi a été chargé par  ses commanditaires du Vevak de relancer la fausse rumeur  des « morts suspectes ».

25-  Voici à propos de l’accusation mensongère ci-haut l’extrait du rapport de la délégation de l’intergroupe du Parlement européen (Friends of a Free Iran – FOFI) ayant visité le camp d‘Achraf en 2005, portant sur l’allégation de HRW sur la mort de Ghorbanali Torabi, page 63 :

Zahra Seraj (l’épouse de Ghorbanali Torabi) a déclaré que Ghorbanali avait passé sept ans dans les prisons du régime iranien et qu’elle avait été emprisonnée pendant cinq ans. En prison, elle a déclaré que son mari avait été soumis aux tortures les plus graves. Zahra Seraj a rappelé qu’en 1989, le couple s’était rendu aux bureaux de l’ONU à Genève pour témoigner devant le rapporteur de la Commission des droits de l’homme, Reynaldo Galindo-Pohl, sur la torture physique et psychologique subie dans les prisons du régime iranien. Zahra Seraj, émue, a déclaré que Ghorbanali Torabi avait des cicatrices visibles sur ses pieds et ses jambes à la suite des tortures qu’il avait subies dans la sinistre prison d’Evine, qui ont finalement causé sa mort (…) Elle dit qu’en raison des graves tortures qu’il a subies pendant son séjour en prison, « il n’avait ni abdomen, ni estomac » et que « lorsqu’il est arrivé ici [Achraf], il souffrait énormément et il a consulté de nombreux médecins. En 1995, il est décédé des suites d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral … »

Elle a ajouté : « Ghorbanali est mort à cause des tortures qu’il avait déjà subies en prison en Iran, c’est pourquoi il est mort (…) en tant qu’épouse de cette personne et en tant que membre de l’OMPI, je dois me demander pourquoi ils [HRW] ne m’ont pas interrogée à son propos ? Moi, ma belle-sœur et son fils aurions dû être interrogés en premier »

La sœur de Ghorbanali Torabi, Masoume Torabi, réside également au camp d’Achraf. Elle a passé trois ans et demi en prison en Iran et était attristée que la mémoire de son frère soit ainsi déshonorée. Elle a déclaré qu’elle avait pris connaissance de ces allégations pour la première fois lorsque son autre frère était venu d’Iran lui rendre visite. Son frère lui avait dit que sa famille en Iran avait été informée par le régime que l’OMPI avait tué Ghorbanali. « C’était très étrange pour moi. Il semble qu’il y ait un lien. Je lui ai dit que j’étais là [quand Ghorbanal est mort] et que c’était un mensonge. »

Lars Rise, député norvégien et membre de la commission des affaires étrangères, qui a mené sa propre enquête indépendante sur les allégations contenues dans le rapport de HRW, a déclaré à propos de sa rencontre avec Masoumeh Torabi et Zahra Seraj : « Toutes deux ont été choquées par cette allégation. Elles ont témoigné que Ghorbanali était décédé des suites d’un accident vasculaire cérébral. Tous les documents médicaux pertinents étaient disponibles. »

26- Le mercenaire transfuge Alireza MirAsgari mentionné par Golshiri comme source de ce mensonge concernant Torabi, est également l’un des 7 témoins du juge Bruguière qui a participé à la fabrication du dossier du 17 juin 2003 contre l‘OMPI, sur la base d‘une foule de renseignements mensongers. La procédure a tourné en scandale pour ses auteurs. La Résistance iranienne a dénoncé depuis 2003, cette affaire et ses géniteurs, parmi lesquels ce mercenaire du Vevak. Si Le Monde le souhaite, un rapport détaillé pourra lui être remis à son sujet.

Référence à des rapports discrédités ou contestés

  1. Citer les deux rapports contestés de Human Rights Watch de 2005 et du Rand Institute en 2009 sans faire référence aux contre-rapports existants et notoires constitue une violation de la neutralité journalistique et indique clairement des intentions politiques. Même si l’on suppose que Ghazal Golshiri n’était pas au courant des contre-rapports en raison de négligence au cours de l’année où elle travaillait sur l’article, comme elle le dit, j’ai envoyé ces contre-rapports au Monde le 4 juin. Mais que faire quand quelqu’un sert un objectif politique sous le couvert de journalisme ? La première victime est la vérité.

A propos de Human Rights Watch (HRW)

  1. En juillet 2005, une délégation du Parlement européen, comprenant le socialiste portugais Paulo Casaca, l’Allemand André Brie de Die Linke, a visité le camp d’Achraf et mené des entretiens privés avec des centaines de membres de l’OMPI. Leurs recherches ont montré que les accusations portées par HWR, notamment les mythes tels que « des membres de l’opposition ont été envoyés dans les prisons d’Abou Ghraib pour y être surveillés, certains ont également été envoyés en Iran pour être échangés avec des prisonniers irakiens », sont totalement infondés. Ces conclusions sont documentées dans un rapport de 132 pages intitulé « Les Moudjahidines du peuple d’Iran, rapport de mission d’enquête », qui fournit une description détaillée des observations et des conclusions de l’équipe. Ce rapport a été publié par l’Harmattan à Paris en anglais, en français et en suédois et est facilement disponible sur Internet :

https://www.editions-harmattan.fr/livre-les_moudjahidine_du_peuple_d_iran_rapport_de_mission_d_enquete_paulo_casaca_andre_brie-9782747593847-20363.html

29.Ghazal Golshiri cite le rapport de Human Rights Watch datant de mai 2005, il y a 19 ans, et qui à l’époque avait été fortement critiqué par ceux qui connaissaient Achraf, notamment les commandants de l’armée américaine chargés de protéger le camp pendant six ans de 2003 à 2009.

L’auteur de ce funeste rapport de HRW est un individu qui a siégé au conseil consultatif de la sinistre organisation NIAC, lobby des mollahs à Washington. Le tribunal de Washington a déclaré qu’il y avait suffisamment de raisons de considérer la NIAC comme un agent du régime iranien aux Etats-Unis. En outre, les allégations contenues dans ce rapport reposent entièrement sur des entretiens téléphoniques avec 12 mercenaires connus du ministère iranien du renseignement. L’auteur n’a fait référence à aucun autre document ou élément de preuve. Lors de la préparation de ce rapport, il n’a pas eu le moindre contact avec l’OMPI et aucune référence n’a été faite aux documents publiés par l’OMPI à ce sujet. Ce rapport visait à amadouer les  « réformistes  » au sein du régime iranien. Comme l’avait déjà fait, Martin Indyk, conseiller du Secrétaire d’Etat américain aux affaires du Proche-Orient qui avait précisé au Los Angeles Times le 8 octobre 1997 que l’objectif de la mise sur liste des entités terroristes, l’OMPI, n’était qu’un geste de bonne volonté vis-à-vis le nouveau président modéré iranien Mohammad Khatami.

30- Après la parution de ce rapport, dans une lettre datée du 27 mai 2005, le général David Phillips, chargé de la protection de milliers de membres de l’OMPI au camp d’Achraf en Irak, a écrit à Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, critiquant l’ONG pour avoir publié ce texte qu’il a qualifié de complètement faux. Sa lettre a été publiée dans le Congressional Record, le journal officiel du Congrès américain. Il a écrit :

« Je suis le commandant de la 89e brigade de police militaire et, à ce titre, j’étais responsable de la sûreté et de la sécurité du camp d’Achraf de janvier à décembre 2004. Au cours de cette période d’un an, j’ai été informé de nombreux cas de torture, d’armes dissimulées et de personnes retenues contre leur gré (qui aurait été perpétré) par les dirigeants des Moudjahidine e-Khalq. J’ai demandé à mes unités subordonnées d’enquêter sur chaque allégation. Dans de nombreux cas, j’ai personnellement dirigé des équipes d’inspection lors de visites inopinées dans les installations du MEK / OMPI où les abus présumés avaient été signalés. À aucun moment au cours de cette période de 12 mois, nous n’avons découvert de preuves crédibles étayant les allégations formulées dans votre récent rapport. Je n’aurais pas toléré les abus décrits dans votre rapport, pas plus que je n’aurai approuvé les actes du MEK / OMPI visant à retenir des personnes contre leur gré. Chaque rapport de torture, d’enlèvement et de dépravation psychologique s’est avéré infondé. »

Référence au rapport de la Rand Corporation

31- Pour certaines de ses fausses affirmations, l’article cite le rapport de la Rand Corporation publié en juillet 2009. Ce rapport, comme il l’écrit lui-même, a été commandé par le ministère américain de la Défense pour se déresponsabiliser de la protection de l’OMPI et les laisser à la merci des loups en leur retirant le statut des personnes protégées par la 4ème Convention de Genève. Il ouvre la voie à la manière dont le gouvernement américain a confié la protection d’Achraf au gouvernement fantoche du régime iranien en Irak, ce qui a clairement conduit à un crime contre l’humanité. Lors d’un symposium à Paris le 27 avril 2011, Elie Wiesel a décrié cette démarche : « Non à un autre génocide, non à un autre crime contre l’humanité, non à un autre crime de guerre. » (Clip-vidéo disponible)

32- L’auteur principal du rapport de la Rand était un certain Jérémie Goulka, qui à l’époque se qualifiait d’associé scientifique comportemental/social chez Rand. Rien dans son dossier ne montre qu’il avait une quelconque connaissance ou expertise sur l’OMPI. La personne qui a supervisé la production de ce rapport et ses résultats est un dénommé James Dobbins, qui était à l’époque directeur du Centre pour la sécurité internationale et la politique de défense de l’Institut RAND. En tant que représentant de l’opposition afghane, avant la chute des talibans, il était l’un des ardents défenseurs de l’interaction avec le régime iranien, et pendant longtemps, il a été en contact étroit avec La Campaign for a New U.S. Policy on Iran (CNAPI), qui n’a cessé de promouvoir l’annulation des sanctions contre le régime iranien et l’interaction du Congrès et du gouvernement américain avec ce régime.

33- Dans un rapport de 133 pages publié en janvier 2010, Executive Action, une agence de recherche, de lutte contre le terrorisme et de renseignement basée à Washington, a dénoncé les mensonges, les contrefaçons et les allégations contenues dans le rapport Rand.

Neil Linvingston, le directeur de cet institut, explique que la raison de l’existence du rapport RAND était de remettre en question la Quatrième Convention de Genève sur les Moudjahidine du peuple résidant à Achraf. Le gouvernement américain en avait besoin pour se passer de ses obligations de protéger Achraf. Il a donc fallu un rapport complètement faux pour nier le statut juridique des « personnes protégées selon la Quatrième Convention de Genève » afin de négliger la responsabilité de la protection et de s’en remettre au gouvernement irakien, sous l’influence de Téhéran, avant de prendre la fuite. Les mensonges malveillants et bien sûr totalement infondés de « Rand » n’étaient que des justifications à cet effet. Le résultat fut que 177 Moudjahidine du peuple ont perdu la vie au cours de ces années (27 à cause du blocus médical et le reste sous des tirs à balles réelles et de roquettes), 1500 ont été blessés dont des centaines handicapés et 9 pris en otages, dont on ne connaît toujours pas le sort.

Hostilité avec l’OMPI ou blanchiment d’un régime sanguinaire ?

34.Se prenant comme la tutelle de la résistance d’un peuple enchainé, Golshiri  écrit que l’opération Forough Javidan de l’ALNI « a eu des répercussions dramatiques en Iran, d’abord, où des milliers de prisonniers politiques – parfois sans rapport avec les MEK – sont exécutés » ; Il s’agit d’un gros mensonge qui a été démenti par l’ayatollah Montazeri, dauphin déchu de Khomeiny, par Amnesty International et par de nombreuses autorités réputées en matière de droits humains. Il s’agit de répéter sans aucune vergogne la justification du régime pour le plus grand crime contre l’humanité commis après la Seconde Guerre mondiale, dont les auteurs ne sont toujours pas jugés.

La Baroness Betty Boothroyd, ancienne présidente du parlement britannique a affirmé, lors d’une conférence de la Résistance iranienne le 29 janvier 2013: « Vous vous souvenez certes, tout comme moi, de l’année 1988, où Khomeiny a été obligé d’accepter le cessez-le-feu dans la guerre irano-irakienne. Des milliers de prisonniers, hommes, femmes et enfants innocents ont été massacrés au cours de quelques semaines sur une fatwa de Khomeiny en cet été de 1988. Il s’agit du plus grand crime contre l’humanité après la seconde guerre mondiale resté non-puni. Mais comme a précisé le Lord Carlile, un jour viendra où nous verrons rendre la justice. » (Clip-vidéo disponible)

35- Le même mensonge a été répété par Golshiri le 3 mai 2022, lors du procès du bourreau Hamid Noury en Suède, meurtrier d’un grand nombre de prisonniers appartenant à l’OMPI et d’autres militants. Mon collègue Behzad Naziri, ancien prisonnier politique, torturé dans les prisons de Khomeiny (1982-1985), et ancien journaliste de l’AFP à Téhéran, a répondu dans une lettre à Golshiri, le 5 mai 2022 : « Le rapport d’Amnesty International de décembre 2018 indique que l’exécution massive, c’est-à-dire l’extermination de prisonniers politiques affiliés aux Moudjahidine du peuple d’Iran, était un plan planifié dans les années précédant l’été 1988, et non une réaction du pouvoir en place à l’invasion de l’Armée de libération nationale iranienne (ALNI) et l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran. Les prisonniers avaient été classés bien avant cela en vue d’un tel règlement. » Le verdict de la justice suédoise et les témoignages de dizaines de prisonniers politiques ayant survécu au massacre de 1988, qu’ils soient partisans de l’OMPI ou marxistes devant ce tribunal, indiquaient tous que ces exécutions avaient étaient planifiées depuis longtemps.

36- Il est indiqué dans l’enregistrement audio de la réunion de la commission de la mort (comprenant Ebrahim Raïssi, le président du régime mort dans un accident, et Mostapha Pourmohammadi, actuel candidat à la présidentielle) :

« M. Pourmohammadi, il est vrai, est désormais un responsable du renseignement. Mais avant d’être un responsable du renseignement, il est un religieux. Son côté religieux éclipse son côté du renseignement. À mon avis, cela (les exécutions massives) est quelque chose que les services de renseignement recherchaient et dans lesquelles ils avaient investi, et Ahmad Agha, fils de M. Khomeiny, dit depuis trois ou quatre ans que « les Moudjahidine, même ceux qui ne font que lire leur journal, qui lisent leur magazine, qui lisent leurs communiqués – tous doivent être exécutés. »

37- Le rapport d’Amnesty International indique que :

« D’anciens prisonniers d’Evin et de Gohardasht témoignent d’un processus de menaces, d’interrogatoires et de processus de classification et de transfert des prisonniers entre Evin et Gohardasht et d’autres prisons dans les mois précédent juillet 1988 et bien avant l’attaque armée des Moudjahidines le 25 juillet 1988. Rétrospectivement, beaucoup d’entre eux pensent qu’il s’agissait là d’une préparation au massacre des prisonniers. Les recherches d’Amnesty International montrent la même tendance dans certaines prisons régionales. Les survivants de ces prisons ont déclaré à l’organisation qu’entre fin 1987 et mi-juillet 1988, les prisonniers ont été soumis à des interrogatoires inattendus, tant verbalement que par le biais de longs questionnaires écrits, axés sur leurs opinions politiques et leur engagement continu envers les groupes d’opposition. Les survivants ont également rapporté qu’au cours de cette période, les responsables de la prison et les interrogateurs ont menacé qu’ils seraient « abordés » à un moment donné et que les prisons seraient « nettoyées ».

C’est un gros mensonge de dire que Golshiri n’était pas au courant. Pourquoi répéter ce mensonge, intentionnellement ou non, si ce n’est pour engendrer de l’hostilité contre l’OMPI et alimenter ainsi la machine de mort du régime des mollahs ?

 

L’animosité connue à l’égard de l’OMPI

38- La question du massacre des prisonniers politiques n’est pas le seul cas de l’animosité sans fin de Mme Golshiri avec l’OMPI. Dans les articles qu’elle écrivait depuis l’Iran, elle soutenait les mollahs soi-disant réformistes comme Rohani. Le 2 janvier 2018, en pleine confrontation entre les manifestants et les forces de répression durant le soulèvement, et alors que de nombreux militants de l’OMPI se font tuer ou emprisonner, elle attribue à une déçue, comme elle, de Rohani, la phrase suivante : « Je regrette d’avoir voté pour Rohani. Je n’ai pas d’espoir dans l’avenir et je vais continuer à manifester. Mon seul malaise, c’est de voir que cela plaît aux Moudjahidin [du peuple, organisation d’opposition en exil] et au fils du chah [déposé par la révolution de 1979], que je déteste tant. »

En un mot, le sosie de Ghazal Golshiri explique qu’il n’y a pas d’espoir, et peu importe puisque le malaise n’est pas le régime, il est ailleurs. Et cependant elle met sur un pied d’égalité l’OMPI (qui résiste depuis quarante ans contre la tyrannie religieuse avec de si grands sacrifices) et l’héritier de la dictature monarchique.

Lors du soulèvement de 2022, alors que les Iraniens de la diaspora défilent massivement en démontrant une solidarité impressionnante, Ghazal Golshiri, qui préfère diviser, comme le veulent les sbires de Téhéran, écrit le 24 octobre 2022 : « Ce groupe d’opposition (l’organisation des Moudjahidin du peuple – MKO) est détesté par beaucoup d’Iraniens, qui ne lui pardonnent pas d’avoir mené une attaque militaire contre l’Iran depuis l’Irak à la fin de la guerre entre les deux pays (1980-1988) ».

39- Le 28 octobre 2022, le CNRI répond à l’article : « Il est étrange que l’auteur utilise pour nommer l’OMPI, une abréviation employée exclusivement par la dictature religieuse des mollahs et ses acolytes : MKO ». Nous avons répondu à son argument ridicule que l’opération de l’OMPI en 1988, visait le renversement du régime des mollahs, aujourd’hui désiré par l’ensemble des Iraniens. Comment croire Golshiri disant que les Iraniens ne pardonnent pas à l’OMPI d’avoir tenté de renverser la dictature dont ils veulent tous aujourd’hui se débarrasser ?!  Ceux qui ne pardonnent pas à l’OMPI d’avoir résisté, sont dans le camp du régime et de ses bourreaux.

Laisser un massacre dans le flou

40 – L’article écrit à propos du massacre des habitants d’Achraf le 1er septembre 2013 en Irak : « des violences aboutissent à un massacre. Les enquêteurs des Nations unies dénombrent cinquante-deux cadavres, pour la plupart exécutés. Montré du doigt, le gouvernement irakien nie toute responsabilité dans ce bain de sang. »

Ce jour-là, des agents de la Force Qods et des commandos du gouvernement de Nouri al-Maliki en Irak, dont la dépendance à l’égard de Téhéran est notoire, ont attaqué le camp d’Achraf. En plein jour, 52 des 100 membres sans défense de l’OMPI ont été massacrés les mains liées dans le dos. Ils étaient restés sur place conformément à un accord quadrilatéral entre l’OMPI, les États-Unis, les Nations Unies et le gouvernement irakien, pour protéger les biens d’une valeur de plus de 550 millions de dollars des Moudjahidine du peuple à Achraf. Les autorités et la presse officielle de Téhéran ont affirmé à plusieurs reprises que ce crime contre l’humanité avait été commis par le gouvernement irakien, à la demande du régime des mollahs. L’agence de presse Mehr (affiliée au ministère du renseignement) écrivait le jour même : « Mahmoud Alavi, le ministre du renseignement du 11ème gouvernement, a déclaré en marge de la réunion de la délégation gouvernementale avec des journalistes, en réponse à une question  sur l’assassinat des membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple au camp d’Achraf : Pendant longtemps, il y a eu des conflits entre le gouvernement irakien et ceux qui possèdent le camp d’Achraf, et ces gens se sont toujours heurtés au gouvernement irakien. Il est donc possible que dans ce cas, le gouvernement irakien ait été obligé d’affronter les terroristes vivant au camp d’Achraf. »

Notons que l’agence Mehr a supprimé cette information quelques heures après sa parution.

41- Le 28 janvier 2022, Fatemeh Irlu, la fille du général de brigade Hassan Irlu, ancien ambassadeur du régime au Yémen, a déclaré lors des cérémonies du 40e jour de la mort de son père, tout en précisant que ce dernier était un camarade de Qassem Soleimani (l’ancien commandant de la Force terroriste Qods): « De nombreuses actions nobles de mon père n’ont pas été mentionnés pour des raisons de sécurité, et même que nous ne connaissons pas, dans la mesure où nous avons découvert après sa mort que lors de l’évacuation de l’OMPI d’Achraf il faisaient partie des principales forces opérationnelles. »

42- Tahar Boumedra, chargé des droits de l’homme à la Mission des Nations Unies en Irak (MANUI) et responsable direct du dossier d’Achraf à l’ONU, a témoigné à plusieurs reprises que le gouvernement irakien préparait ce massacre depuis longtemps.

Un autre commentaire de l’article insinue que l’OMPI ne permettait pas aux habitants du camp Liberty de contacter les agents du HCR. C’est un mensonge pour abuser des lecteurs qui ne sont pas au courant de la réalité sur le terrain. Comment l’OMPI pourrait-elle empêcher quiconque d’approcher dans un environnement où la distance entre chacun et les voitures du HCR et de la MANUI est inférieure à 10 mètres. Je vous renvoie aux annonces répétées du commissariat, qui a remercié l’OMPI pour sa coopération dans l’évacuation des Achrafiens hors d’Irak.

43-  L’article du Monde mentionne à plusieurs reprises l’interview d’Amir Yaghmai avec Mihan TV, exécrée par les Iraniens et parfois qualifiée de « télévision sans principe ». La personne en charge de cette TV est un mercenaire nommé Saeed Behbahani, qui n’a d’autre mission que de répandre des insanités contre de l’OMPI et la Résistance iranienne. Il offrait tribune pendant un certain temps à un personnage nommé Heshmat Raïssi. Quand il s’est avéré que Raïssi dépendait du corps des gardiens de la révolution, le directeur de la chaîne a fait la déclaration suivante pour d’éviter les conséquences juridiques de cette liaison qui a fait scandale : « J’ai rompu ma relation avec lui [Heshmat Raisi] (parce que) j’ai compris qu’il utilisait des sources des pasdarans et du régime » (23 avril 2019). Par un acte d’exhibitionniste odieux, Behbahani a voulu détourner l’attention lors de la première audience du procès d’Hamid Noury en août 2021 en se déculottant devant les mères et les familles des martyrs rassemblées devant le tribunal. Son geste odieux a suscité une forte réaction des Iraniens sur place.

44-  En fait, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, dont j’ai l’honneur d’être membre, est un mouvement démocratique. Il croit à l’islam tolérant et à la séparation de la religion et de l’État. Il croit en la démocratie et à la légitimité des urnes. Comme indiqué dans le plan en 10 points de Maryam Radjavi, il s’engage à garantir les libertés individuelles et sociales ainsi que la Déclaration universelle des droits de l’homme et veut abolir la torture et la peine de mort. L’OMPI n’est pas là pour s’emparer du pouvoir à tout prix, mais pour établir la souveraineté populaire et la démocratie à tout prix. Elle en a payé le prix avec plus de 100 000 martyrs et des centaines de milliers de prisonniers torturés. 30 000 prisonniers politiques ont été pendus en quelques semaines en 1988 pour avoir dit non au régime et maintenu leurs convictions. Des milliers de prisonniers de guerre capturés lors des batailles contre le corps des pasdarans par l’OMPI et l’Armée de Libération nationale iranienne ont été rapidement libérés sous la supervision de la Croix-Rouge, sans avoir subi le moindre mal, alors que certains d’entre eux avaient tué plusieurs Moudjahidines.

45-  Les membres de ce mouvement ont renoncé à tout pour atteindre leur objectif. Un renoncement impossible à comprendre par ceux qui courent derrière leurs intérêts égoïstes. Mais des gens comme Lucie et Raymond Aubrac, l’Abbé Pierre et Danièle Mitterrand l’avaient bien compris pour l’avoir vécu et c’est pour cela qu’ils soutenaient la résistance iranienne. Ils savaient qu’on ne peut pas contraindre un résistant bénévole et volontaire. Les Moudjahidines appartiennent à plusieurs générations d’intellectuels de la société iranienne que ni le régime, ni Le Monde, ni aucun pouvoir ne peut contraindre à agir contre leur noble cause.

46-  Il est idiot de parler de divorce forcé. Quiconque répète ces propos fait la promotion des objectifs des mollahs. Vous vous attendiez à ce que nous laissions mourir nos enfants sous les terribles bombardements en Irak pendant la guerre en 1991 ? Nous n’avons pas besoin de vos larmes sur nos enfants. Les résistants français et étrangers, comme Olga Bancic, n’ont-ils pas un jour dû prendre la dure décision de se séparer de leur conjoint et leurs enfants ? N’est-ce pas ce que les Londoniens ont fait lors des bombardements nazis pendant la seconde guerre mondiale ? Et ce qu’on dû faire récemment les Ukrainiens qui ont choisi de défendre leur patrie ?  Contrairement à ce que vous pensez, dans les rangs de l’OMPI, les sentiments les plus profonds existent entre les enfants et leurs parents.

47-  L’OMPI est le seul mouvement au monde à avoir choisi l’hégémonie des femmes comme condition pour lutter contre le régime misogyne des mollahs. Ce qui semblait être un rêve inaccessible, nous l’avons réalisé dans nos rangs. Les femmes dans l’OMPI ne sont pas discriminées mais occupent une position hégémonique et nous, les hommes, en sommes fiers.

Nous voulons un pays libre, indépendant, prospère et pacifique, et nous en paierons le prix, quel qu’il soit. Il est naturel que de nombreuses parties prenantes n’en soient pas satisfaites, mais pour nous, seule compte la satisfaction du peuple iranien et rien d’autre.

 

Très cordialement,

Afchine Alavi

Porte-parole pour la presse de l’OMPI