lundi, juillet 22, 2024
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Les conséquences de la mort d’Ebrahim Raïssi – Éditorial

Les conséquences de la mort d’Ebrahim Raïssi - Éditorial

La mort d’Ebrahim Raïssi a provoqué une onde sismique à travers le régime despotique. Raïssi, à qui Ali Khamenei avait profondément confiance en raison de son rôle clé dans le massacre de 1988, a joué un rôle essentiel dans la consolidation du pouvoir du Guide suprême des mollahs. Sa disparition représente un coup stratégique dévastateur porté à Khamenei, ébranlant les fondements mêmes du régime qui évoquent les derniers jours du règne du Shah.

Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI l’a décrit comme un coup stratégique irréparable porté à Khamenei et à un régime connu pour ses exécutions et ses massacres. Elle a souligné que cet événement pourrait déclencher une série de crises au sein du système théocratique, renforçant les jeunes rebelles et les groupes d’opposition dans leurs actions. Mme Radjavi a rendu hommage aux victimes du massacre de 1988, réitérant l’engagement du CNRI à obtenir justice et à renverser le régime.

Khamenei avait précisément investi dans la personne de Raïssi, écartant de nombreuses personnalités influentes au sein du régime et centralisant le pouvoir autour de la présidence de Raïssi. Cette stratégie visait à créer une structure de pouvoir monolithique pour empêcher le soulèvement populaire. Avec la mort soudaine de Raïssi, les efforts de Khamenei ont été anéantis, intensifiant les divisions internes et déclenchant des troubles dans la société. L’état actuel du régime n’est qu’une réminiscence de la phase finale de la dictature du Shah.

Selon l’article 131 de la constitution iranienne, « le premier vice-président assume les pouvoirs et les responsabilités avec l’approbation des dirigeants, et un conseil composé du président du parlement, du chef du pouvoir judiciaire et du premier vice-président est tenu de faire élire un nouveau président dans un délai maximum de 50 jours.

C’est précisément cette situation que Khamenei tente d’éviter depuis des années en organisant des élections et en éliminant ses plus proches alliés. Cela ouvre la voie à une lutte de pouvoir féroce entre les plus hauts gradés du régime. De plus, cette situation non seulement intensifie les conflits internes, mais crée également un environnement favorable aux protestations et aux soulèvements publics.

La mort d’Ebrahim Raïssi, célèbre pour son implication dans le massacre en 1988 de 30 000 prisonniers politiques, pour la plupart des sympathisants de l’OMPI, et de 1 500 tués lors du soulèvement de 2019, a suscité un large soulagement dans l’opinion publique. Cet événement a revigoré le moral de la population et des familles des victimes, marquant un moment critique qui pourrait catalyser une nouvelle vague de protestations contre le régime. Anticipant ces troubles, ce dernier a mobilisé ses forces répressives pour maintenir le contrôle. Cependant, le mécontentement sociétal est si profond que ce n’est peut-être qu’une question de temps avant que des manifestations plus importantes et plus radicales n’éclatent, dépassant potentiellement les soulèvements de 2022.

Khamenei est maintenant confronté à une décision cruciale : il doit soit se retirer de la voie qu’il suivait avec Raïssi, soit redoubler d’efforts dans ses stratégies existantes de répression et de consolidation du pouvoir. Cette dernière voie, qu’il suivra probablement, implique une répression accrue, l’élimination d’un plus grand nombre de membres du régime, une escalade du terrorisme et du bellicisme dans la région, et potentiellement une accélération du développement des armes nucléaires. Cette approche pourrait temporairement éviter un effondrement interne, mais elle déclencherait sans doute davantage de soulèvements dans une société déjà instable et conduirait finalement à la chute du régime.

L’Iran se trouve à un moment critique. La mort d’Ebrahim Raïssi est plus que la perte d’un seul personnage ; il symbolise la vulnérabilité du régime et le potentiel croissant de changement. Les semaines et les mois à venir seront probablement témoins d’importants bouleversements alors que Téhéran est aux prises avec des luttes de pouvoir internes et une opposition revigorée. La position de Khamenei en tant que perdant stratégique devient de plus en plus évidente au milieu de crises croissantes.