jeudi, février 2, 2023
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L’incarnation de l’ombre sinistre de l’Iran : des missiles destinés au Hezbollah

L’incarnation de l’ombre sinistre de l’Iran : des missiles destinés au HezbollahDe ELAINE SCIOLINO

The New York Times – Le soutien de l’Iran aux actions du Hezbollah contre Israël semble avoir deux objectifs : détourner l’attention de l’impasse dans laquelle Téhéran, les Etats-Unis et cinq autres nations sont bloqués en raison de son programme nucléaire et s’imposer plus fermement en tant qu’acteur régional puissant.

« Les Iraniens comptent sur le fait qu’il n’y aura pas d’attaque militaire contre eux », a déclaré un haut responsable européen désirant rester anonyme, pour des raisons diplomatiques. « L’Iran essaie de dire : ‘Rien n’est possible sans moi’. Et en attendant, on oublie la question nucléaire. »

En effet, l’action au Conseil de Sécurité des Nations Unies sur une résolution contre l’Iran pour avoir refusé de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium est en suspens en raison de la crise au Moyen-Orient.

Le langage des dirigeants iraniens n’est pas plus dur qu’avant concernant Israël et leur approche pourrait échouer misérablement si Israël écrasait le Hezbollah. Mais la défense inconditionnelle de la milice par l’Iran a convaincu les Etats-Unis et un grand nombre de gouvernements européens et arabes que l’Iran était en train d’attiser la crise pour renforcer son pouvoir, que l’Iran ait ou non directement inspiré ou approuvé les actions du Hezbollah contre Israël dans un premier temps.

Mardi, l’Iran a proféré de nouvelles menaces contre Israël. Lors d’une manifestation à Téhéran soutenue par le gouvernement, Gholam Ali Haddad Adel, président du parlement, a averti : « Les villes situées au nord d’Israël sont à la portée des missiles du Hezbollah et aucune partie d’Israël n’est à l’abri ».

La foule de près de 2000 manifestants a répondu en scandant « Mort à l’Amérique ! » et « Mort à Israël ! ».

Lors de cette même mise-en-scène, le s manifestants ont lu une déclaration demandant au gouvernement de les aider à rejoindre les combattants du Hezbollah au Liban, a rapporté la télévision nationale iranienne.

L’ayatollah Ali Khamenei, guide spirituel de l’Iran et personnalité la plus puissante du pays, a déclaré dans un discours que les frappes israéliennes au Liban et dans les territoires palestiniens prouvaient combien « la présence des Sionistes dans la région constitue une présence démoniaque et cancéreuse et une tumeur infectieuse pour le monde de l’Islam tout entier ».

Tandis que le président Bush et les autres chefs d’Etat travaillent au sommet de St Pétersbourg, en Russie, sur la mise en place d’un plan visant à stopper le Hezbollah, l’ayatollah Khamenei a prédit que celui-ci allait échouer. « Le président américain dit que le Hezbollah doit être désarmé », a-t-il affirmé dans des commentaires diffusés à la télévision, « mais cela n’arrivera pas ».

Même l’ancien président iranien, Mohammad Khatami, qui pendant son mandat présidentiel de huit années a cherché à modérer la politique étrangère de l’Iran, a comparé le Hezbollah à un « soleil rayonnant qui illumine et réchauffe le cœur de tous les Musulmans et des partisans de la liberté dans le monde ».

Dimanche, dans une lettre au cheikh Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, M. Khatami, qui préside l’Institut pour le dialogue parmi les civilisations et les cultures, a qualifié « les atrocités scandaleuses des Sionistes » en Palestine et au Liban d’indication de « leur nature violente ».

Cependant, il est bon de noter que M. Khatami a également implicitement appelé à la modération, mettant en garde contre « une propagation de cette catastrophe et une amplification de la destruction en Palestine et au Liban ».

Soulignant la position de l’Iran en tant qu’acteur régional dangereux, le Premier ministre britannique Tony Blair a accusé l’Iran mardi de soutenir le Hezbollah avec des armes qui sont « très similaires sinon identiques à celles utilisées contre les troupes britanniques à Bassora » en Irak. M. Blair a également accusé la Syrie de soutenir l’Iran « de plusieurs façons » et les deux pays de fournir un soutien financier.

Israël, les Etats-Unis, les Européens et plusieurs Etats arabes ont toujours affirmé que le Hezbollah recevait ses armes de l’Iran, allégation que beaucoup de dirigeants iraniens confirment en privé. Le changement récent le plus significatif dans le soutien iranien au Hezbollah concerne le transfert de roquettes à longue portée pouvant frapper les principales villes israéliennes, selon une étude d’Anthony H. Cordesman, du Centre des études stratégiques et internationales.

Mais officiellement, l’Iran nie fournir des armes au Hezbollah, ce qui renforce la suspicion du reste du monde envers l’Iran.

Lorsqu’on il a été interrogé dimanche sur l’allégation d’Israël selon laquelle l’Iran fournit au Hezbollah des missiles, Hamid-Reza Asefi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que l’Iran offrait au Liban et à la Syrie « un appui spirituel et humanitaire ». Il a ajouté : « Ce n’est pas vrai, nous n’avons pas envoyé de missiles. Le Hezbollah est tout à fait capable ».

De plus, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a aggravé les menaces en jurant de soutenir la Syrie si elle était attaquée par Israël.

« Si Israël commet un autre acte d’idiotie et attaque la Syrie, ce sera pareil à une agression contre le monde islamique tout entier et il va rencontrer une réponse cinglante », a déclaré M. Ahmadinejad au président syrien Bashar al-Assad dans une conversation téléphonique jeudi dernier, selon la télévision d’Etat.

Aussi bien l’Iran que la Syrie se réjouissent de l’incursion du Hezbollah au nord d’Israël et de la capture de deux soldats israéliens, événement qui a déclenché l’offensive israélienne au Liban.

En dépit de sa vive rhétorique, l’Iran semble essayer de se positionner pour un rôle potentiel dans la résolution de la crise au Liban. Lundi à Damas, le ministre des Affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki, a affirmé qu’un cessez-le-feu et un échange de prisonniers serait une manière possible de résoudre dans le conflit israélo-libanais.

A la suite d’une réunion avec le vice-président syrien Farouk al-Sharaa, M. Mottaki a affirmé qu’il devait y avoir une résolution « acceptable et juste », ajoutant : « En fait, il peut y avoir un cessez-le-feu suivi d’un échange de prisonniers ».

Même certains des experts les plus chevronnés sur le soutien de l’Iran au Hezbollah restent mesurés dans leurs conclusions sur le rôle de l’Iran dans la crise actuelle. « L’Iran va certainement tirer avantage des frappes du Hezbollah », écrit M. Cordesman dans son analyse. Mais il a ajouté : « Jusqu’à ce que l’on ait des preuves concrètes, le rôle de l’Iran dans tout ça n’est que matière à spéculation, et les théories de conspiration ne sont pas des faits ni des informations ».

Nazila Fathi a contribué à la rédaction de cet article depuis Téhéran.

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