mercredi, février 8, 2023
AccueilCommuniqués CNRICommuniqués CNRI: AchrafLes propos du ministre irakien des Affaires étrangères laissent présager d’un grand...

Les propos du ministre irakien des Affaires étrangères laissent présager d’un grand massacre à Achraf

CNRI – Hier, le 31 octobre 2011, dans un acte d’allégeance pitoyable,  Houchyar Zibary, le ministre irakien des Affaires étrangères, a promis à Salehi, son homologue de la dictature religieuse de Téhéran, de réprimer le camp d’Achraf.

« Nous avons déclaré que notre décision de fermer Achraf sera mise à exécution à la fin de l’année et nous avons insisté sur cette décision du gouvernement, dans des lettres envoyées au Secrétaire général des Nations Unies, au HCR et à l’UE », a souligné Zibary lors d’une conférence de presse commune avec Salehi, à Bagdad.

« Aucun gouvernement n’accepterait qu’un groupe ou une organisation reste sur son sol, contre sa volonté, son souhait, ses lois et sa souveraineté », a-t-il argumenté, avant d’ajouter : « Cela n’a été autorisé ni par les lois internationales, ni par les conventions internationales. »

« Nous avons même demandé à nos frères de la République islamique de prendre une position claire et nette pour accorder l’amnistie ainsi que des facilités à ceux des membres de l’organisation qui voudraient retourner volontairement auprès de leur famille dans la République islamique ou encore de faciliter leur installation dans un pays tiers », a affirmé le ministre irakien des Affaires étrangères.

Mohammad Mohadessine, président de la commission des Affaires étrangères du CNRI, a déclaré à cet égard :
1. L’ultimatum répressif de la fin 2011 pour fermer le camp d’Achraf constitue une violation flagrante des articles et des principes du droit international, des droits universels de l’Homme et du droit humanitaire international. Il s’agit d’un ultimatum dicté par le fascisme religieux au pouvoir en Iran. Cette date butoir ne peut absolument pas se justifier après que les Achrafiens aient renoncé à leur droit inaliénable de résider là où ils vivent depuis 26 ans, et accepter le plan du Parlement européen pour un transfert dans des pays tiers. Cet ultimatum ne traduit que la sinistre intention du gouvernement irakien de massacrer les habitants d’Achraf sur ordre du régime iranien.
2. Le HCR, ainsi que de nombreuses agences onusiennes et bon nombre d’acteurs internationaux ont appelé le gouvernement irakien à lever cet ultimatum, pour permettre de reconfirmer le statut de réfugiés politiques des habitants du camp et aboutir à une issue pacifique, en transférant les Achrafiens vers des pays tiers.

3. Les propos de Zibary constituent une violation flagrante des directives du Secrétaire général des Nations Unies stipulées dans l’article 66 du rapport du 7 juillet au Conseil de sécurité. Le Secrétaire général y exprimait sa préoccupation pour « la perte des vies humaines lors des incidents violents des 7 et 8 avril », avant d’ajouter : « J’appelle les autorités irakiennes à s’abstenir du recours à la force et à assurer aux habitants du camp un accès adéquat aux marchandises et aux services (…) J’encourage donc toutes les parties prenantes impliquées à accroitre leurs efforts pour explorer les options  et rechercher une solution consensuelle », avait dit M. Ban Ki-moon dans ce rapport, avant d’appeler « les Etats membres à soutenir et faciliter la mise en œuvre de tout arrangement  qui soit acceptable pour le gouvernement irakien et les habitants du camp ».

4. Contrairement aux propos du ministre des Affaires étrangères de Maliki, les habitants d’Achraf résident sur le sol irakien, conformément aux principes du droit international. Ils n’ont jamais enfreint la souveraineté de l’Irak et n’ont jamais occupé aucun territoire dans ce pays. Ces dernières années, plus d’une vingtaine de consultations juridiques ont été rédigées par les plus grands juristes internationaux qui ont souligné que les habitants d’Achraf bénéficient des droits des personnes protégées, prescrits par la quatrième Convention de Genève, et du droit au refuge politique. Il y a unanimité sur le plan international sur le fait que le déplacement forcé des habitants d’Achraf à l’intérieur de l’Irak est illicite et interdit, et qu’il constitue un crime contre l’humanité.

5. Les propos de Zibary préparent un grand massacre et constituent un justificatif pour les tueries du 8 avril 2011 et des 28 et 29 juillet 2009 contre les Achrafiens. C’est pour ces tueries qu’une Cour de justice espagnole a ouvert une instruction contre Maliki pour crime contre la communauté internationale, crime contre l’humanité et crime de guerre.

6. Nous rappelons au ministre irakien des Affaires étrangères, qu’en tant que l’un des principaux ministres du gouvernement Maliki, il est responsable de tous les grands crimes de ce gouvernement, notamment des massacres des habitants d’Achraf, et qu’il est pour cela passible de poursuites devant les tribunaux internationaux et peut être traduit devant la justice. Il va sans dire que ses propos qui servent de préparatifs à un plus grand crime, aggravent sa part de responsabilités dans ces tueries. Faut-il rappeler à M. Zibary que la Cour de Nuremberg a condamné tous les hauts officiels d’Hitler pour les crimes commis sous son pouvoir ?

7. Les membres et les sympathisants de la Résistance iranienne, dont les habitants d’Achraf, n’ont qu’une seule ligne rouge à ne pas dépasser qui est le refus de céder au fascisme religieux au pouvoir en Iran. Entièrement isolé à l’intérieur de l’Iran, le régime des mollahs tente en vain de sauver un pouvoir en pleine agonie, en massacrant les habitants d’Achraf. Ces derniers retourneront bientôt dans leur patrie comme tous les autres résistants, pour fêter le renversement de ce régime et l’instauration de la démocratie. M. Zibary ferait mieux de réfléchir aux retombées juridiques de sa participation aux crimes de Maliki.

8. Les propos ignobles de Zibary rappellent cependant à la communauté internationale la responsabilité supplémentaire qui est la sienne. La Résistance iranienne met en garde le Secrétaire général, le Haut-Commissaire pour les réfugiés et le Haut-Commissaire des droits de l’Homme des Nations Unies, l’UE et sa haute Représentante, Mme Catherine Ashton, l’ambassadeur Jean de Ruyt ainsi que les Etats-Unis, contre un nouveau carnage à Achraf. Elle appelle toutes les instances concernées à prendre une position claire et nette contre l’ultimatum et le déplacement forcé des habitants d’Achraf à l’intérieur de l’Irak. La Résistance iranienne appelle aussi les Nations Unies à entreprendre les démarches nécessaires pour assurer la protection des habitants d’Achraf et l’installation d’observateurs permanents de l’ONU dans ce camp.       

Commission des Affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 1er novembre 2011