samedi, novembre 26, 2022
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Le déplacement des résidents du Camp d’Achraf est absolument illégal

AchrafCela constitue un crime contre l'humanité et ouvre la voie à une catastrophe humanitaire

CNRI – Dans un effort pour complaire au fascisme religieux au pouvoir en Iran, Movaffagh al-Roba’i, le conseiller irakien à la sécurité nationale, a réitéré ses allégations illégales contre l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) et les résidents du Camp d’Achraf. S'exprimant lors d’une conférence de presse à Bagdad vendredi, il a dit qu'il envisageait d'envoyer des résidents d'Achraf dans des régions éloignées. La conférence de presse s’est déroulée au moment de la visite en Irak d’Ali Larijani, le président du Majlis (Parlement) du régime iranien.

Les propos d’Al-Rouba’i comme quoi les résidents d'Achraf doivent être transférés ailleurs sont absolument illégaux et préparent la voie à une catastrophe humanitaire. Les résidents d'Achraf ne quitteront jamais quitter leur foyer et la ville où ils habitent depuis 23 ans et où ils ont tout construit eux-mêmes.

Contrairement aux déclarations d’Al-Roba’i, la présence de l’OMPI en Irak est légale. Ce sont des réfugiés politiques et des personnes protégées en vertu de la quatrième Convention de Genève. Leur expulsion d’Irak ou un déplacement forcé à l’intérieur de l’Irak viole les principes internationaux reconnus, notamment le droit humanitaire international, et constitue un crime contre l'humanité. Conformément à l'article 7 du Statut de la Cour pénale internationale, le déplacement forcé d'une population est un cas manifeste de crime contre l'humanité.

Les propos d’Al-Roba’i contre l'OMPI et les résidents d'Achraf de ces dernières semaines sont entièrement dictées par la dictature religieuse en Iran. Le 28 février 2009, lors de sa rencontre avec le Président de la République irakienne, Ali Khamenei, guide suprême du régime iranien, avait déclaré sur un ton condescendant : «… On s'attend à ce qu’avec le Premier ministre irakien M. Al-Maliki, vous poursuiviez sérieusement les accords et arrangements bilatéraux (…) L'accord bilatéral sur l'expulsion d’Irak de l’OMPI doit être mis en œuvre et nous attendons qu’il le soit. »

À la suite des remarques de Khamenei, Hachemi Rafsandjani, chef du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat et ancien président du régime, s’est rendu en Irak pour une visite d’une semaine afin de discuter des modalités d'expulsion de l’OMPI. Larijani était en Irak ces derniers jours. Al-Roba’i a clairement indiqué à la conférence de presse que la suppression de l’OMPI était un pas important dans les efforts de l’Irak pour améliorer ses relations avec l'Iran voisin. «Nous voulons créer un réseau d'intérêts entre l'Irak et l'Iran», a-t-il ajouté.

Al-Roba’i a donné un chiffre de 30 Miles2 pour la superficie d'Achraf, ce qui est une exagération de 100 %. Dans sa déclaration du 16 mars et son interview du 21 mars, il a dit que la superficie d’Achraf était de 400 Km2. Le conseiller irakien à la sécurité nationale n'a pas expliqué la raison de ses mensonges de la semaine dernière et pourquoi il a opéré une réduction de 600 %.

Dans ses propos, Al-Roba’i a franchi un pas supplémentaire et a déclaré avec arrogance que les femmes [à Achraf] devraient retourner dans leur pays (TV Al-Hurra). Il faudrait recommander au conseiller à la sécurité nationale de réfréner quelque peu sa soumission aux dirigeants misogynes de l'Iran. Nous tenons à rappeler que les droits des femmes sont hautement respectés dans le cadre du droit humanitaire international et des Conventions de Genève et que la violation de leurs droits est considérée comme un crime majeur. Il convient également de souligner que tout manque de respect envers les membres féminins de l’OMPI ne sera pas pardonné par le peuple iranien.
 
Les propos d’Al-Roba’i qualifiant l’OMPI d’organisation terroriste sont particulièrement hors sujet. L’OMPI n'a jamais figuré sur la liste des organisations terroristes des Nations Unies.  Les tribunaux britanniques et de l'Union européenne ont annulé la désignation de terroriste injuste touchant l’OMPI dans sept jugements différents. La Grande-Bretagne et l'Union européenne ont finalement radié l’OMPI de leurs listes terroristes. Le gouvernement des États-Unis, qui n'a pas encore retiré l’OMPI de sa liste noire, a annoncé en 2004 que suite à 16 mois d'examen minutieux de chacun des résidents d'Achraf, le gouvernement américain leur a reconnu un statut de personnes protégées en vertu de la quatrième Convention de Genève.

Al-Roba’i affirme de manière ridicule qu'ils ont été endoctrinés et qu’il peut les réinstaller dans de nouveaux endroits, séparés de 15 à 20 de leurs dirigeants et leur fournir une vie normale. Comme nous l'avons suggéré dans notre communiqué du 22 mars, si Al-Roba’i est préoccupé par le contrôle d'un petit groupe sur le reste des résidents du camp, il devrait laisser au monde extérieur un libre accès aux 3400 résidents d’Achraf. Al-Roba’i devrait laisser parlementaires, personnalités politiques et membres des médias accéder librement au camp pour le visiter et découvrir d’eux-mêmes la conduite des dirigeants.

Diverses agences américains en 2003 et 2004 ont mené des interrogatoires en privé et sans aucune tierce personne avec chacun des résidents d’Achraf. Ensuite, chaque année, elles ont posé la même question aux résidents d’Achraf pour savoir s’ils préféraient rester ou quitter le camp. De plus, ces derniers mois, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à trois reprises et, à chaque fois, a passé trois jours avec les résidents. Beaucoup ont parlé de façon indépendante avec le CICR. Une délégation de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'IraK (MANUI/UNAMI) a également passé quelques jours à Achraf en 2007. Des délégations d’Europe, des États-Unis et du Canada ainsi que des membres du Parlement européen ont visité Achraf et examiné la situation de près. Cependant, dès le début de cette année, les forces irakiennes ont interdit à toutes les délégations d’entrer dans le camp.

Les 25 et 26 février, une délégation irakienne a mené des entretiens privés en présence d’un officier américain présent au camp. Au bout de 168 entretiens avec des résidents, elle y a soudain mis fin, malgré l'insistance de l’OMPI pour continuer.

Nous tenons à dire Al-Roba’i que, contrairement à ce qu'il a affirmé à la conférence de presse, ce n'est pas l’OMPI dont les « jours sont comptés en Irak », mais les jours du régime des mollahs à Téhéran. C'est exactement la raison pour laquelle il a tellement peur de l’OMPI – sans armes et encerclée à Achraf – en Irak. Et c'est pourquoi le guide suprême du régime, son président et toutes les autres figures clés de ce régime mettent en garde contre la menace de l’OMPI et insistent sur la nécessité de la voir expulsée d'Irak.

Les mensonges d’Al-Roba’i suivent le même schéma que celui du régime des mollahs et n'ont pas d'autre but que de justifier les violations des droits des résidents d'Achraf. Cela prépare également le terrain à une catastrophe humanitaire. Ainsi, la Résistance iranienne appelle toutes les organisations compétentes des droits de l'homme en particulier le CICR, le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés, le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l'homme, la MANUI / UNAMI d'une part, et les chefs religieux, les partis politiques, les personnalités, les parlementaires chiites, sunnites et les communautés chrétiennes, ainsi que les Arabes, les Kurdes et les Turkmènes en Irak, d’autre part, d'envoyer leurs représentants au Camp d’Achraf pour mener leurs enquêtes indépendantes sur les mensonges d'Al-Roba’i. Achraf est transparente et les représentants peuvent en visiter tous les lieux et parler librement à qui ils veulent, au hasard. Nous demandons également à M. Al-Roba’i de ne pas empêcher ces délégations d’entrer à Achraf.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 28 mars 2009

 

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