jeudi, décembre 8, 2022
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Iran – Les déclarations contradictoires des officiels iraniens et américains sur l’avancement des négociations nucléaires

Les officiels du régime iranien et ceux du gouvernement américain ont publié le mardi 17 mars des commentaires contrastés sur leur progrès vers un accord visant à limiter le programme nucléaire de Téhéran.

Ali-Akbar Salehi, le chef de l’Organisation de l’énergie atomique du régime iranien, a déclaré que 90 pourcent des questions techniques ont été traités.

Un officiel américain de haut rang a été beaucoup plus prudent dans ses commentaires qu’il a livrés aux journalistes mardi matin. Cet officiel – qui a requit l’anonymat – a déclaré: « Nous avons certainement fait des progrès en termes d’identification des options techniques pour chacune des questions majeures, mais nous avons encore du chemin à faire et nous avons plusieurs questions difficiles à régler. »

A la suite des dernières négociations qui ont commencé en Suisse, la Maison Blanche a déclaré mardi que les chances de parvenir à un accord nucléaire avec l’Iran sont 50/50 « dans le meilleur des cas ».
Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a déclaré à Washington : « Dans l’esprit du président, les chances n’ont évolué. Certains des problèmes les plus difficiles doivent encore être résolus. »

Le New York Times a rapporté mardi :
« Les déclarations contradictoires des officiels iraniens et américains pourraient êtres les éléments d’une tactique. En décrivant l’accord comme quelques choses qui est quasiment à portée de main, les Iraniens veulent essayer d’exercer une pression publique sur le gouvernement américain et ses partenaires européens afin de les forcer à faire des concessions sur les questions restantes, notamment : des restrictions qui devrait être mises en place concernant les activités de recherche et développement relatives aux centrifugeuses avancées, la difficile question de la rapidité de la levée des sanctions, et la nature des mesures de vérification à mettre en place. »

« Les responsables américains – qui pour la plupart ont été prudent dans leurs déclarations – savent qu’ils devront défendre l’accord face à un Congrès sceptique et face à des experts extérieurs qui soupçonnent l’Iran de vouloir développer la capacité de produire des armes nucléaires. »

« John Kerry a dit que l’on se rapproche vers un accord avec l’Iran sur son programme nucléaire, mais il a ajouté que les dirigeants du régime iranien doivent encore faire ‘des choix très difficiles et nécessaires’. Kerry a dit que l’absence d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord. »

« Mais ce qui compte ce n’est pas de conclure un accord, ce qui compte c’est d’empêcher l’Iran d’obtenir une bombe. Un accord avec Téhéran est juste une promesse et c’est un sourire pour les caméras. Un accord ne donne aucune assurance – aucun – que l’Iran n’obtienne pas des armes nucléaires dans 10 ans ou dans 10 mois. Un accord aurait un sens si les mollahs étaient fiables. Or, le problème est qu’ils ne sont pas fiables. »

« En fait, c’est uniquement parce que l’Iran a triché dans le passé que nous sommes dans la situation actuelle. Les pourparlers sont en réalité une récompense pour leurs tricheries. »

A Washington, le président de la Commission des Relations extérieurs du Sénat, Bob Corker (élu républicain de Tennessee) a dit mardi qu’il est optimiste concernant l’approbation dans le courant de la semaine prochaine d’un projet de loi donnant au Congrès la possibilité de dire son mot sur un accord nucléaire avec l’Iran.

« Je espère que nous pourrons réussir à faire adopter ce projet de loi. Si les parlementaires restent sur les positions qu’ils ont déjà exprimées, je ne voie aucun élément qui puisse empêcher l’adoption de ce projet de loi », a-t-il déclaré.

Corker a dit qu’il envisage de programmer pour le mercredi 24 ou le jeudi 25 mars un vote sur ce projet de loi au sein de la Commission des Relations extérieurs du Sénat. Il convient de rappeler que les négociateurs internationaux s’était imposés la date butoir du 24 mars pour conclure un accord-cadre avec l’Iran visant à restreindre le programme nucléaire de ce pays.

La Commission des Relations extérieur du Sénat des Etats-Unis compte 19 membres (10 républicains et 9 démocrates). L’adoption de ce projet de loi par la Commission fera avancer les choses et l’étape suivante sera l’examen et le vote de ce projet de loi par le Sénat. Celui-ci a été soutenu par la majorité des membres républicains de la Commission et par au moins quatre membre démocrates de la Commission.

« Ce projet de loi est conçu pour inciter les membre du Sénat et de la Chambre des Représentant à réclamer un contrôle approprié sur un sujet aussi important. Le but de ce projet de loi n’est pas de faire une chasse aux sorcières », a-t-il précisé.

Jozef Liberman (ancien représentant de l’Etat de Connecticut auprès du Sénat pendant quatre mandature) a écrit dans un article publié par le Wall Street Journal : « Le projet de loi qui est actuellement en cours d’examen par le Sénat et qui peut être envoyé dès la semaine prochaine au Congrès permettrait aux parlementaires d’assumer pleinement leur rôle, de façon responsable et pondéré. Si un accord avec l’Iran prend la forme d’un traité, son adoption nécessitera la ratification formelle par les deux tiers des sénateurs. L’adoption d’un projet de loi se fait par un processus moins exigeant. »

M. Lieberman a déclaré : « Le Congrès devrait aussi examiner un accord avec Iran en raison du rôle inhabituellement large et direct qu’il a déjà joué dans la formulation des politiques qu’un éventuel accord nucléaire avec l’Iran serait susceptible de modifier et de défaire. En 2010, le Congrès a conçu et adopté un projet de loi, intitulé ‘Comprehensive Iran Sanctions, Accountability and Divestment Act’. Ce projet de loi visait à sanctionner les entreprises et les individus qui ont fait des affaires avec le secteur pétrolier de l’Iran. Une autre loi approuvée en 2012 a renforcé ces sanctions. »

« L’objectif de tout accord nucléaire est d’assouplir les sanctions et soulager les Iraniens, en échange de certaines restrictions sur activités nucléaires de l’Iran. La majorité de ces sanctions ont été décidés par le Congrès et par des lois soutenues par les élus des deux bords. Étant donné que ces sanctions ont été décidées par le Congrès, l’éventuelle levée de ces sanctions ne peut être envisageable sans la supervision du Congrès. »

« Le Congrès a le droit d’examiner tout accord que l’administration Obama conclurait avec l’Iran » a souligné M. Lieberman.

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