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Interview de Gholam-Reza Khosravi en prison en Iran en septembre 2013

•    « J’ai été condamné à mort pour avoir dénoncé les sauvageries du Vevak et avoir refusé de collaborer et de faire une déclaration télévisée contre l’Ompi. »
•    « Qu’ils me pendent à cause de mon soutien à l’Ompi ! Nous, nous accomplissons notre devoir patriotique et moral. »

CNRI – Gholam-Reza Khosravi, prisonnier résistant en Iran, a été exécuté par les bourreaux du régime des mollahs à l’aube du dimanche 1er juin après 12 années de tortures et de réclusion à la prison de Gohardacht, près de Téhéran.

Au fil des ans, les bourreaux avaient exercé les pressions les plus dures et des tortures violentes à son encontre. Ils voulaient le briser et lui faire abandonner son soutien aux Moudjahidine du peuple d’Iran (Ompi). Mais jusqu’à la dernière minute, dans son cachot, en isolement, pieds et mains enchainés, il a refusé de capituler et de plier devant ses bourreaux.

Le 12 septembre 2013, il avait donné une interview dont le texte écrit a été sorti de prison dans la clandestinité. Il y disait qu’il avait été condamné à mort pour avoir refusé de collaborer avec les services de renseignement (Vevak), refusé de s’exprimer à la TV contre l’Ompi et pour avoir dénoncé les sauvageries du Vevak.

Il déclarait : « Dès le début de ma seconde arrestation, j’ai été confiné en isolement du 24 février 2008 jusqu’au 16 juillet 2011, pendant 40 mois dans plusieurs prison, sans le moindre moyen ni contact humain, avec deux visites par an et sans le droit de téléphoner (…) Ce criminel d’Alavi [le chef des bourreaux Reza Seradj, alias Alavi, interrogateurs des prisonniers de l’Ompi) avait dit à mon frère : « c’est moi qui ai changé la peine de trois ans de Gholam-Reza en peine de mort. » Les charges contenues dans la peine montrent la rancune et la haine du régime à notre encontre depuis les années 1980, parce qu’il a mis le dossier des années 80 dans ma condamnation. Une autre raison, c’est que j’ai dénoncé dans mon procès injuste à [la ville de] Rafsandjan les actes sauvages et inhumains du ministère du Renseignement et que j’ai refusé de collaborer avec ses services et de faire une interview télévisée contre l’Ompi (…) »

« Pour dénoncer la nature criminelle et belliciste anti patriotique de ce régime et dénoncer le développement de la pauvreté, de la corruption, et des destructions qu’il engendre, je menais des activités avec la chaine Sima-ye-Azadi (la chaine TV de la résistance) et je lui envoyais des informations et j’avais envoyé une aide financière à cette chaine. »

Gholam-Reza Khosravi racontait à propos de son passé : « C’est en 1979, alors que la révolution contre le chah s’accélérait, que j’ai connu l’Ompi. Et après la victoire de la révolution, j’ai entretenu un lien constant et je travaillais dans la branche des lycéens. Finalement en aout 81 j’ai été arrêté à cause de cela. J’étais actif dans les villes d’Abadan (sud-ouest de l’Iran), Nourabad, Mamassani et Kazeroun. En aout 1981, alors que j’avais 16 ans, j’ai été arrêté pour mon soutien actif à l’OMPI. J’ai passé quatre ans dans la prison des pasdaran à Kazeroun et une autre année en éloignement à la prison d’Adelabad à Chiraz (à 400 km au sud de l’Iran). Ça a été une période dure, pleine de tourment et de tortures. J’ai été libéré en août 1986. Après ma libération, j’ai réussi mon examen d’entrée à l’université, mais on m’a privé de continuer mes études et ils ont subordonné mon admission à l’université à une collaboration avec les services de renseignement, ce que je n’ai jamais accepté. »

Concernant ses convictions politiques, il expliquait : « Je n’ai aucune crainte de déclarer que je suis sympathisant de l’Ompi. Qu’ils me pendent à cause de ce soutien et de la haine et de la rancune du régime contre cette organisation et ses partisans. Que je sois l’étendard de l’honneur et de la libération du peuple héroïque d’Iran et que notre martyre conduise à renverser au plus vite ce régime inhumain. »

S’exprimant sur les conditions injustes de son procès, il confiait : « Ce régime sanguinaire m’a même refusé de parler seulement une minute avec mes avocats avant le procès. Les agents de sécurité et du renseignement et le personnel du tribunal faisaient tout pour m’interdire de parler ou d’établir un contact avec mes avocats. Il y avait un avocat [au procès], mais il n’y avait pas de jurés. De plus, les verdicts sont prédéterminés et transmis aux juges. »

Parlant des promesses de Rohani sur la révision des dossiers des prisonniers et de libérer les détenus politiques, Khosravi estimait : « De mon point de vue, si Hassan Rohani a promis quelque chose, c’est juste une tromperie et de la propagande pour tromper l’opinion publique et la communauté internationale afin de réduire les pressions de l’opinion publique interne et externe et pour éviter d’autres condamnations internationales et les sanctions qui s’ensuivraient. Aux yeux du régime, les prisonniers de conscience et les prisonniers politiques sont seulement ceux qui sont affiliés au régime et à ses bandes internes, et à personne d’autre. Ce sont tous des criminels de ces dernières décennies et ils ont dit à plusieurs reprises dans des interrogatoires et des procès qu’ils étaient désolés de voir que les conditions ne sont plus celle du passé ; sinon ils ne nous auraient pas laissé vivre même une minute de plus. Même s’ils affectent un changement, c’est dû aux pressions et aux turbulences qui les entraînent vers leur destruction. Ils cherchent juste à sauver le régime. »

“ Je suis tout à fait prêt à mourir, pour le peuple et les idéaux de liberté de l’OMPI. Je considère ma peine de mort comme la volonté du Seigneur et quoi qu’il arrive c’est pour le bien et je l’accepte de tout coeur et j’en suis honoré. Je ne cherche ni n’attends absolument rien des actes ni des slogans de Hassan Rohani. Nous accomplissons notre devoir patriotique et moral et nous sommes prêts à nous sacrifier et à en payer le prix à tous les nivaux. Mais qui représente Rohani ! Notre vision va bien au-delà. J’appelle mes interlocuteurs à se préparer à renverser ce régime criminel et inhumain et à n’épargner aucun effort pour se débarrasser de ce régime avec toutes ses factions pour ensuite instaurer la souveraineté populaire, la liberté, la démocratie, l’égalité et la justice pour tout un chacun dans notre pays. »

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 1er juin 2014

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