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Conférence « Le leadership des femmes ; une nécessité pour un Iran libre et une république démocratique » à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes

Conférence « Le leadership des femmes ; une nécessité pour un Iran libre et une république démocratique » à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes

· En présence de Maryam Radjavi et des dizaines de personnalités politiques internationales de premier plan

· Maryam Radjavi : Sans leadership féminin, ni changement de régime ni transition pacifique du pouvoir ne sont possibles en Iran, pas plus que la démocratie, la justice, et le développement

· Les intervenantes ont salué le courage des Iraniennes et présenté le plan en dix points de Maryam Radjavi comme une feuille de route vers la démocratie. Elles ont exprimé leur opposition à toute forme de dictature, qu’elle soit religieuse ou monarchique.

La conférence internationale « Le leadership des femmes ; une nécessité pour un Iran libre et une république démocratique » s’est tenue à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, en présence de Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), et de dizaines de personnalités politiques et parlementaires de divers pays.

Dans son discours, Maryam Radjavi a déclaré que lors du soulèvement de janvier 2026, les femmes ont une nouvelle fois démontré qu’elles ne sont pas des victimes impuissantes, mais une force de changement : des jeunes femmes insurgées qui ont mobilisé la population, organisé les manifestations et porté secours aux blessés. Ce soulèvement a confirmé que l’Iran est à l’aube d’une transformation majeure. Elle a ajouté que le renversement de ce régime ne sera possible que si les femmes constituent la force motrice du changement, et que la liberté et la démocratie ne pourront être instaurée sans la présence des femmes à la direction politique de la société.

Le CNRI, à travers des programmes et propositions précis, insiste sur le principe selon lequel les droits humains sont les droits des femmes et doivent être reconnus dans tous les domaines: liberté d’élire et d’être élue, droit au libre choix de la tenue vestimentaire, liberté de travailler, droit à l’activité politique, sociale et économique, accès sans discrimination aux moyens artistiques et sportifs, salaire égal aux hommes à travail égal, liberté de choisir son conjoint, droit égal au divorce et interdiction de toute exploitation sexuelle des femmes sous quelque prétexte que ce soit. « Nous rejetons catégoriquement toute contrainte : ni voile obligatoire, ni religion obligatoire, ni gouvernement imposé », a-t-elle affirmé.

Elle a souligné que le leadership féminin est un indicateur décisif permettant de démasquer les prétendants au pouvoir se faisant passer pour une alternative politique, mais qui perpétuent un système patriarcal et une autocratie liberticide. Elle a invité à examiner, à l’aune de ce critère, une faction néofasciste se réclamant de la monarchie, qui se dit opposé au régime en place mais partage la même pensée misogyne et répressive que ce régime réactionnaire, sans pour autant porter le turban.

Maryam Radjavi a également souligné que l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), avec huit secrétaires générales successives ces trois dernières décennies et la présence d’un millier de femmes au sein de son Conseil central, issues de différentes générations et de villes de tout l’Iran, constitue un exemple de l’avant-garde féminine dans la lutte contre la dictature religieuse. Elle a affirmé que l’époque des régimes qui oppriment les femmes iraniennes est révolue, qu’il s’agisse de dictature monarchique ou religieuse. « Les femmes et le peuple d’Iran veulent la liberté, la démocratie, la justice et l’égalité, et ils se battront pour cela jusqu’au bout », a-t-elle précisé.

Elle a ajouté que sans le leadership des femmes, aucun changement démocratique en Iran ne sera possible et qu’après la chute du régime, aucune transition pacifique, ordonnée et démocratique du pouvoir ne pourra être envisagée. Sans ce leadership, il ne pourra y avoir de véritables démocratie, justice, ou développement. L’Iran de l’après-régime aura besoin d’une force unificatrice, et l’un des principaux atouts de la Résistance iranienne pour répondre à cette exigence réside dans son appui sur l’avant-garde des femmes.

Des femmes politiques de premier plan d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine sont intervenues lors de cette conférence, parmi lesquelles :

– Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre d’Etat, des Affaires étrangères et européennes, de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense en France ;
– Rosalía Arteaga, présidente de l’Équateur en 1997 ;
– Anneli Jäätteenmäki, ancienne Première ministre et ministre de la Justice de Finlande;
– Ana Helena Chacón Echeverría, vice-présidente du Costa Rica de 2014 à 2018 ;
– Carla Sands, ambassadrice des États-Unis au Danemark de 2017 à 2021 ;

– Ingrid Betancourt, ancienne sénatrice et candidate à la présidence de la Colombie ;
– Judy Sgro, députée canadienne et ancienne ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration ;
– Naike Gruppioni, membre de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des députés italienne ;
– Elisa Pirro, sénatrice italienne ;
– Linda Chavez, ancienne directrice de la communication de la Maison-Blanche ;
– Dominique Attias, présidente du CA de la Fédération des barreaux d’Europe et ancienne présidente du Conseil des barreaux européens ;

– Pilar Rojo, présidente de la commission des Affaires étrangères du Sénat espagnol ;
– Rosa Romero Sánchez, présidente de la commission de l’Égalité du Sénat espagnol ;
– Helena Carreiras, ministre portugaise de la Défense de 2022 à 2024 ;
– Fiona O’Loughlin, vice-présidente du Sénat irlandais et présidente du parti Fianna Fáil au Sénat ;
– Dana Hughes, professeure en études de genre et des femmes aux Etats-Unis;
– Helen Goodman, ancienne députée britannique et ancienne ministre déléguée aux Communautés, ministre du cabinet fantôme chargée des Affaires européennes ;

– Eve Borg Bonello, députée maltaise ;
– Elly van Wijk, sénatrice néerlandaise ;
– Dorien Rookmaker, députée européenne néerlandaise de 2019 à 2024 ;
– Karen Smith, conseillère spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la « responsabilité de protéger » de 2019 à 2021 ;
– Elisabetta Zamparutti, membre de l’association « Ne touchez pas à Caïn » et ancienne députée italienne.

Sont également intervenues Sarvnaz Chitsaz, responsable de la commission des femmes du CNRI, Zinat Mirhashemi, rédactrice en chef de la revue Nabard-e Khalq et membre du comité central de l’Organisation des Fedayine du peuple d’Iran, ainsi que des membres de la cité d’Achraf et des représentantes de communautés de femmes iraniennes à l’étranger.

Les intervenantes ont salué le courage des femmes iraniennes lors des récents soulèvements et souligné qu’elles ne sont pas seulement des victimes de la répression, mais des facteurs capables de transformer en organisation et en espoir le prix payé face à la dictature religieuse. Elles ont présenté le plan en dix points de Maryam Radjavi comme un cadre et une feuille de route pour l’Iran démocratique de demain, appelant l’ensemble des démocrates du monde à le soutenir.

Elles ont réaffirmé leur opposition à toute forme de dictature, religieuse ou monarchique, estimant que l’avenir de l’Iran ne peut se construire ni dans la continuité du statu quo ni dans la reproduction de l’autoritarisme passé et de la dictature du chah.

Carla Sands, ancienne ambassadrice des États-Unis au Danemark, a déclaré qu’il existe une idée fausse selon laquelle les femmes jouissaient de droits et d’égalité sous le chah, qualifiant cette affirmation d’erronée. Évoquant des interviews et des propos profondément misogynes du chah, elle a conclu qu’une dictature ne peut, par nature, garantir l’égalité de genre. Selon elle, les femmes iraniennes ont compris que leur liberté personnelle est indissociable de la liberté de l’ensemble de la nation, et que cette prise de conscience les a transformées de victimes en dirigeantes du mouvement de Résistance nationale.

Michèle Alliot-Marie a affirmé que la Journée des femmes est l’occasion d’exprimer solidarité, soutien et affection aux femmes et aux hommes d’Iran qui, avec courage et détermination, affrontent l’un des régimes les plus patriarcaux et les plus brutaux de la planète.

Ingrid Betancourt, rejetant toute forme de dictature, monarchique ou religieuse, a déclaré que tout autoritarisme, quel que soit son habillage idéologique, est en définitive contraire à l’égalité. Sous la dictature du chah, l’égalité sans démocratie n’était qu’apparente, conditionnelle et fragile. Sous le régime religieux actuel, la discrimination de genre, la misogynie et la violence contre les femmes sont institutionnalisées dans la loi et la politique. L’autoritarisme iranien, quelle que soit l’idéologie qu’il revête, ne peut coexister avec l’égalité de genre, et c’est une réalité constante.

La députée canadienne Judy Sgro a décrit le leadership féminin au sein de la Résistance iranienne comme un acquis dépassant les frontières nationales et contribuant au mouvement mondial pour l’égalité. S’adressant à Maryam Radjavi, elle a déclaré que son action n’a pas seulement bénéficié au peuple iranien, mais aussi aux femmes du monde entier, soulignant qu’elle a œuvré plus que quiconque ces dernières années pour garantir l’égalité des femmes.

La conférence de Paris a mis en évidence que les femmes iraniennes se trouvent au cœur de l’équation du changement. Selon les intervenantes, l’avenir démocratique de l’Iran passe par le rejet de toute forme de despotisme, religieux ou monarchique, et par l’adhésion à des principes clairs de liberté, d’égalité et de séparation de la religion et de l’État. La solidarité internationale avec le peuple iranien doit dépasser la simple sympathie et se traduire par un soutien politique et en matière de droits humains efficace au droit du peuple iranien de lutter contre le fascisme religieux.

 

Commission des femmes du Conseil national de la Résistance iranienne

Le 22 février 2026

 

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