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Nayeri, le chef de la commission de la mort en 1988, défend le massacre des prisonniers

Nayeri, le chef de la commission de la mort en 1988, défend le massacre des prisonniers

Nayeri, le chef de la commission de la mort de Téhéran lors du massacre de 1988:

Si l’imam [Khomeiny] ne s’était pas montré ferme, nous n’aurions pas de sécurité, peut-être même que le régime n’aurait pas du tout survécu

À la veille du verdict du tribunal de district de Stockholm sur l’affaire de Hamid Noury le 14 juillet 2022, Hossein Ali Nayeri, le chef de la commission de la mort des prisons d’Evine et de Gohardacht en 1988, s’est exprimé pour la première fois sur le massacre des prisonniers politiques.

Dans une interview accordée au « Centre de documentation de la révolution islamique » dirigé par Mostafa Pourmohammadi, un autre membre de la commission de la mort de Téhéran, il a déclaré : A cette époque, « le pays vivait une situation de crise. Ce que je veux dire, c’est que si l’imam [Khomeiny] n’avait pas été ferme, peut-être que nous n’aurions pas du tout cette sécurité… que régime n’aurait pas du tout survécu (…) 50 à 60 assassinats se produisaient à Téhéran et dans d’autres villes par jour. Que fallait-il faire dans cette situation de crise ? Il fallait émettre un verdict décisif. Celui qui dirige le tribunal et connait les questions qui se posent, doit résoudre les problèmes. Dans cette situation, il n’est pas possible de diriger le pays en leur offrant des baisers et des soupirs. »

Il s’agit là d’une nouvelle reconnaissance choquante du fait que Khomeiny a empêché le renversement inévitable de son pouvoir en massacrant 30 000 prisonniers politiques.

Nayyeri a exprimé l’impuissance du régime devant les Moudjahidine du peuple et de leurs partisans restés sur leurs positions en prison : « Ils ont de nouveau agité les prisons. En milieu carcéral, ils avaient encore leur propre cohésion. Non seulement ils avaient une relation organisationnelle, mais ils avaient aussi mis sur pied une nouvelle structure organisationnelle à l’intérieur de la prison. Par les moyens qu’ils connaissaient, ils obtenaient des informations de l’extérieur. Ils contrôlaient l’atmosphère de la prison (…) et donc de nouvelles conspirations étaient à l’œuvre (…) Ils avaient conspiré et s’étaient coordonnés avec l’extérieur. C’est-à-dire qu’ils voulaient poursuivre leur hostilité. » De cette façon, Nayyeri admet que la cause du massacre était la solidarité et l’organisation des prisonniers et l’obtention d’informations de l’extérieur de la prison.

Il a poursuivi : « Ils disaient que qu’ils allaient causer des dommages économiques au système, couper le câble du téléphone, briser des lampes et… ce n’est pas avec ça qu’on peut renverser le régime. Un entêtement puéril ; quand, par exemple, une mère punit un enfant, l’enfant va dans un coin et fait un geste pour l’ennuyer. Un pays qui a autant de dépenses serait renversé par quatre lampes brisées ? »

Khomeiny a voué le plus de respect à Nayeri dans sa fatwa du massacre, et après le massacre, jusqu’à sa mort en juin en 1989, il lui a donné plusieurs ordres pour exécuter davantage. Deux de ces ordres étaient adressés conjointement à Nayeri et Raïssi.

Nayeri, en tant que chef de la commission de la mort, ainsi que trois autres membres de la commission, Ebrahim Raïssi, Mostafa Pourmohammadi et Morteza Eshraqi, ont été convoqués le 15 août 1988, en plein massacre, par Hossein-Ali Montazeri, alors successeur de Khomeiny. Montazeri leur a dit : « l’histoire vous enregistrera parmi les criminels » et leur a demandé d’arrêter le massacre, mais ils ont poursuivi ce grand crime sur les ordres de Khomeiny et d’autres dirigeants du régime.

Bien qu’il existe des milliers de documents et de témoins sur les crimes de Nayeri et que de nombreux témoins et parties civiles au procès d’Hamid Nouri ont déclaré des points indiscutables sur ses crimes, ses propres aveux ne laissent aucun doute sur le fait qu’il est l’un des plus grands criminels contre l’humanité et que lui et ses complices doivent être traduits en justice.

La commission judiciaire du Conseil national de la Résistance, parallèlement à l’annonce du verdict dans le procès d’Hamid Noury à Stockholm, mettra à la disposition des parties intéressées un rapport publié en anglais avec un résumé de la procédure judiciaire.

Commission judiciaire du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 12 juillet 2022