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L’année persan 1400 sera difficile pour le peuple iranien

Dimanche prochain marquera le premier jour de l’année iranienne, Norouz, qui se traduit par « jour nouveau ». Cette fête est censée susciter l’optimisme. Or, l’année 1400 risque d’être encore plus sombre pour le peuple iranien.

En février, le Guide Suprême du régime, Ali Khamenei, a interdit l’importation de vaccins américains et britanniques en Iran, coupant ainsi une bouée de sauvetage qui s’ouvrait pour l’un des pays les plus touchés au monde. Cet ordre a en fait entraîné l’annulation de l’envoi de 150 000 doses que des philanthropes américains anonymes avaient déjà prévu de donner. L’ordre de Khamenei était l’un des exemples les plus clairs du mépris de son régime pour le sort des Iraniens ordinaires et soulignait que Téhéran permettait à l’épidémie de ne pas être contrôlées afin de contenir la société et contrer un éventuel soulèvement populaire.

Les premiers cas publiquement reconnus de Covid-19 en Iran sont apparus immédiatement après des manifestations que beaucoup ont identifiées comme étant les troisièmes d’une série de soulèvements nationaux. En janvier 2020, des étudiants universitaires et d’autres militants sont descendus dans les rues de plusieurs provinces afin de condamner l’abattage d’un avion de ligne au-dessus de Téhéran et la tentative de dissimulation de la responsabilité des Gardiens de la révolution (pasdaran). Les manifestations ont fait preuve d’une remarquable défiance à l’égard de cette force paramilitaire dure et du régime lui-même, les participants brûlant des effigies du chef de la force Qods affiliée aux pasdaran, Qassem Soleimani, qui avait récemment été tué dans une frappe aérienne américaine, puis adulé dans sa mort par les responsables gouvernementaux et les médias officiels.

Compte tenu de l’ampleur de ce massacre et de la barbarie qui y est associée, il n’est absolument pas exclu que les mêmes autorités tentent de s’appuyer sur la crise sanitaire mondiale pour atteindre leurs objectifs macabre, en assassinant par omission ou par négligence délibérée, plutôt que de tuer directement. De nombreuses preuves suggèrent que l’interdiction par Khamenei des vaccins de fabrication étrangère n’était qu’une des nombreuses actions par lesquelles les mollahs ont sciemment aggravé la pandémie de Coronavirus en Iran.

Khamenei bans import of Covid-19 vaccines

Cette tendance a commencé par un schéma précoce de désinformation, qui comprenait le déni pur et simple de l’existence du virus en Iran dès les premiers stades. La première reconnaissance publique d’une épidémie nationale a eu lieu en février 2020, quelques jours seulement avant les élections législatives du pays. Mais l’OMPI a par la suite obtenu des documents de l’Organisation nationale d’urgence du pays montrant que des cas suspects d’infection au Coronavirus avaient été enregistrés plus d’un mois auparavant, avant d’être balayés sous le tapis par les mollahs.

L’une des raisons de cette décision était que les autorités voulaient éviter que la peur de la maladie ne réduise la participation de la population aux élections, traditionnellement mises en avant par le régime comme un signe de sa propre légitimité. Bien que le président du régime, Hassan Rohani, se soit vanté que le gouvernement « n’a pas retardé d’un jour » l’annonce des premiers décès dus au Covid-19 malgré l’élection, les révélations de l’OMPI prouvent que ce n’était pas le cas et que Téhéran aurait probablement retardé encore plus longtemps sa déclaration publique si les responsables locaux et d’autres sources dans les zones durement touchées n’avaient pas commencé à émettre leurs propres avertissements.

Une fois la réalité de l’épidémie reconnue, les autorités ont continué à encourager activement chaque Iranien, quel que soit son âge ou sa vulnérabilité, à se rendre aux urnes, ce qui a causé de nombreux dégâts. Après les premières infections au Coronavirus non-divulguées, mais avant les élections, le régime iranien a célébré son 40e anniversaire par des défilés et des manifestations publiques, la participation étant obligatoire pour de nombreux responsables et fortement encouragée pour les citoyens ordinaires et pauvres. Ainsi, la pandémie du Coronavirus en Iran a commencé par des événements à forte propagation qui ont finalement conduit à un nombre de décès et à un taux d’infection bien supérieurs à ce que le régime a reconnu.

Sur la base d’une recherche exhaustive des dossiers hospitaliers, des registres d’enterrement et des témoignages, le CNRI a déterminé que le nombre de décès dépasse désormais 231 800, soit près de quatre fois le nombre officiellement enregistré par le ministère iranien de la Santé. L’expérience quotidienne de ces pertes a naturellement réduit la portée des soulèvements populaires – une situation clairement acceptée, sinon encouragée par le régime. Mais cette situation a donné au peuple iranien et au mouvement de la Résistance encore plus de raisons de s’insurger et d’exiger le renversement du régime qui leur a apporté cette misère crasse.

Alors que la pandémie continue de faire das ravages, la perspective d’un « nouveau jour » pourrait être retardée au-delà du début de l’année civile. Mais avec l’héritage des récents soulèvements, il y a peut-être plus de raisons d’être optimiste sur le long terme parmi le peuple iranien et ses partisans étrangers qu’il n’y en a eu pendant la majeure partie des quatre décennies de tyrannie du régime.