mardi, novembre 29, 2022
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Décès de l’opposant iranien Hadi Ta’ali en Albanie (26e victime du blocus médical de Liberty en Irak)

Des dizaines de lettres ont été envoyées par Hadi Ta’ali, par le représentant des habitants de Liberty, ainsi que des rapports quotidiens sur la situation du camp aux autorités onusiennes et américaines

Le rôle criminel des forces irakiennes qui ont fait obstacle aux soins et à son transfert à Erbil

Appel de Maryam Radjavi aux Etats-Unis et à l’ONU pour mettre fin au blocus inhumain du camp Liberty

Hadi Ta’ali, membre des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), fort de 40 années de lutte contre les dictatures du chah et des mollahs, s’est éteint le 8 août dans un hôpital en Albanie. Il est décédé à la suite d’un cancer des poumons et des retards dans les soins en raison du blocus médical du camp Liberty. Le gouvernement irakien avait refusé son transfert à Erbil pour y être soigné dans un hôpital spécialisé. Hadi Ta’ali est la 26ème victime du blocus médical des camps d’Achraf et de Liberty.

Les médecins avaient diagnostiqué son cancer des poumons en 2013 et avaient conseillé son transfert en Europe ou à Erbil pour y recevoir des soins appropriés. Mais non seulement les efforts des représentants des habitants pour l’envoyer en Europe ou à Erbil sont restés vains, mais les restrictions inhumaines et les retards provoqués par les responsables irakiens pour le soigner à Bagdad, ont aggravé sa santé. 

Des dizaines de lettres envoyées par Hadi Ta’ali, par le représentant des habitants ainsi que des rapports quotidiens sur le camp liberty, aux autorités onusiennes et américaines, révèlent le sinistre rôle le gouvernement irakien dans la longue et douloureuse agonie de ce résistant.

 Le 2 avril 2014, dans une lettre à Nicolas Meladnef, Représentant du Secrétaire général des Nations unies en Irak, le représentant des habitants du camp Liberty a demandé le transfert immédiat de Hadi Ta’ali en Europe pour y être soigné. Il soulignait que si cela ne se faisait pas rapidement, il fallait au moins demander au gouvernement irakien de ne pas s’opposer à son hospitalisation à Erbil. Le représentant avait précisé que l’OMPI prendrait en charge les dépenses de ces deux éventuelles démarches. 

Le Comité international pour l’application de la justice (ISJ) avait écrit dans un rapport en juillet 2014 : « M. Hadi Ta’ali souffre depuis neuf mois d’un cancer des poumons. Les habitants ont demandé qu’il soit envoyé en Europe pour y être soigné, et dans le cas où ce ne serait pas possible, qu’il soit autorisé à se rendre à Erbil. Mais en dépit des promesses du HCR, il n’a toujours pas été transféré à Erbil. » Le 17 juin 2014, dans une lettre au HCR, le représentant des habitants citait Hadi Ta’ali comme faisant partie « des malades dont le transfert hors d’Irak est une urgence pressante (…) je vous demande de les transférer vers un pays européen, ne serait-ce que temporairement ». 

Le 25 juin 2014, dans une lettre au bureau des droits de l’homme de la MANUI, Hadi Ta’ali a écrit : « Cela fait deux semaines que mes soins ont été interrompus en raison des entraves créées par le gouvernement irakien qui nous interdit d’aller à Bagdad (…) avec ces restrictions imposées par le gouvernement irakien, mon état de santé se détériore et il y a chaque jour moins d’espoir que je puisse guérir. Je vous demande d’intervenir d’urgence. » 

Le 19 septembre 1014, il avait également écrit au Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU : « Je viens d’apprendre aujourd’hui que mon camarade Taghi Abbassian a été tué à petit feu à cause du blocus médical de Liberty. J’ai personnellement été témoin des souffrances qu’il a dû endurer pour aller à ses rendez-vous médicaux. Je suis moi-même soumis à ces tortures de la part des agents de l’ancien premier ministre irakien, toujours basés dans le camp. Pour moi il est évident que si Taghi Abbassian avait eu un minimum de liberté pour accéder aux services médicaux comme un citoyen ordinaire, il aurait pu vivre encore plusieurs années et n’aurait pas autant souffert (…) Est-ce que je dois subir le même sort ? Dans mes multiples lettres, j’ai souligné que la situation actuelle de ma santé et la progression de mon cancer sont les conséquences du blocus inhumain auquel nous sommes soumis. Tout d’abord il y a eu un tel retard dans le pronostic de ma maladie qu’elle a eu le temps de progresser. Ensuite, dans le processus de soins, j’ai été soumis à tellement d’intimidations et de pressions, que les soins que je reçois sont devenus pour moi plus mortels que le cancer. A titre d’exemple, chaque fois que j’allais à la chimiothérapie, nous étions tout d’abord confrontés aux entraves des agents du premier ministre pour sortir du camp et nous arrivions toujours avec beaucoup de retard à l’hôpital. Ensuite, pour ajouter à notre souffrance, les agents qui nous accompagnaient, insistaient pour que les perfusions soit réduites de 4 heures à 2 heures, ce qui avait pour conséquence de produire des chocs et des souffrances terribles, et qui était devenu pour moi une forme de torture (…) Je rappelle que vous aviez pris l’engagement que nous pourrions accéder librement aux services médicaux dans le camp temporaire de Liberty, où nous nous trouvons depuis déjà trois ans. Non seulement tel n’est pas le cas, mais on est en train de torturer et de tuer les malades à petit feu. Est-ce que le temps n’est pas venu pour que les auteurs de ce blocus inhumain soient expulsés du camp ? Je vous prie de ne pas vous permettre d’être le témoin passif d’une autre mort affligeante à Liberty à cause de ce blocus inhumain imposé par les agents de l’ancien gouvernement irakien qui sont toujours dans le camp. » 

Après avoir été transféré en Albanie, Hadi Ta’ali a été immédiatement pris en charge par des médecins qui n’ont pu le sauver, en raison de l’état avancé de sa maladie. 

Hadi Ta’ali, né en mars 1955, s’est engagé en politique en soutenant l’OMPI dans les années 1970 et a été arrêté par la Savak du chah. Cela lui vaudra plus tard d’être licencié de l’usine où il travaillait, et durant la révolution antimonarchique de 1979, il a été au premier rang des grèves et des luttes des travailleurs pour le renversement de la dictature. 

Hadi Ta’ali a continué son combat contre la dictature religieuse pendant trois décennies dans les rangs de l’OMPI à Achraf et a fait preuve d’une vaillante résistance dans tous les combats. Il a été parmi les blessés de l’attaque de juillet 2009 contre le camp d’Achraf. Les forces de Nouri Maliki ont détruit son véhicule et l’ont gravement blessé, lui causant des fractures à la tête, aux côtes, au poignet gauche et à la cheville gauche. 

Exprimant ses condoléances à tous les membres la Résistance et aux Achrafiens, Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a salué la persévérance et la résilience de ce combattant de la liberté. Elle a appelé le gouvernement américain, la MANUI, le HCR et le gouvernement irakien à empêcher que davantage de malades soient tués à petit feu, en agissant d’urgence pour mettre fin au blocus inhumain du camp Liberty, une situation qui relève du crime contre l’humanité.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne

Le 8 aout 2015

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