mardi, janvier 31, 2023
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Appel pour l’envoi d’une mission d’enquête internationale à Achraf

 Collection de mensonges répétés du Conseiller irakien à la Sécurité nationale pour complaire à la dictature religieuse en Iran et préparer le terrain à une catastrophe humanitaire

Appel aux organisations internationales et aux partis politiques, personnalités et dirigeants religieux de l’Irak pour l'envoi de missions d'enquête à Achraf

CNRI – Les actions du Conseiller irakien à la sécurité nationale Movaffah al-Roba’i contre les résidents du Camp d’Achraf ont soulevé un tollé chez les Irakiens et dans la communauté internationale. La nuit dernière, il est une fois de plus apparu à la télévision d'Etat al-Irakiya pour régurgiter toute une série de mensonges contre l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) et les résidents d'Achraf dans le but de plaire à la dictature religieuse au pouvoir en Iran et justifier la poursuite illégale des mesures de répression contre les résidents d'Achraf. Certaines de ces allégations sont les suivantes :

1) Al-Roba’i affirme que la majorité des pays dans le monde ont classé l’OMPI comme une organisation terroriste et que l'Irak les considère aussi comme tels.
Si ce qu’il dit est vrai, nous lui demandons de nommer dix pays ayant ajouté l’OMPI à leur liste terroriste. Il sait très bien que l’OMPI n'a jamais figuré sur la liste des Nations Unies et a été radiée de la liste du Royaume-Uni et de l'Union européenne et qu’elle a, en outre, lancé une procédure judiciaire contre cette désignation par le gouvernement des États-Unis. De plus, il sait parfaitement qu’à la suite d'une enquête de 16 mois et un dépistage de chacun des résidents d'Achraf, le gouvernement américain a annoncé qu'aucun résident d’Achraf n’a de liens avec le terrorisme, ni ne peut être accusé de quoi que ce soit.

2) Alors que les appareils de propagande du régime iranien et du gouvernement irakien sont à sa disposition sans la moindre restriction pour diffuser ses mensonges contre l’OMPI, il se plaint d'une « machine de propagande mondiale terrifiante gérée par l’OMPI et une campagne politique et de relations publiques » de cette organisation.

Il faudrait dire à M. Al-Roba’i que ce n'est pas la machine de propagande de l’OMPI qui a révélé la funeste résolution des mollahs de massacrer l’OMPI de la Cité d’Achraf et les services que rendent des individus comme Al-Roba’i au régime iranien. C’est plutôt la détermination de l’OMPI à Achraf et la légitimité de leurs revendications ainsi que le soutien honorable des hommes et des femmes en Irak et la solidarité internationale avec Achraf qui ont anéanti l'un après l'autre les complots du régime des mollahs.

3) Dans son interview, Al-Roba’i a dit plusieurs fois : « Il y a 5, 15, 20 ou 25 personnes qui contrôlent les autres. La majorité absolue des résidents du camp ont été endoctrinés et voudraient retourner dans leur pays. »

Il sait parfaitement aussi que diverses agences américaines ont interrogé en privé tous les résidents d’Achraf en 2003-2004, et qu’ensuite chaque année elles leur ont demandé s'ils souhaitaient partir ou rester à Achraf. La dernière fois c’était les 9 et 10 août 2008, quand une délégation des forces américaines a posé cette question à tous les résidents d’Achraf et a consigné toutes les réponses. De plus, une délégation de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Irak (MANUI / UNAMI), en juillet 2007 était venue à Achraf pendant quatre jours et avait interrogé en privé ses résidents. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a envoyé trois délégations à Achraf entre août 2008 et mars 2009 à chaque fois pour un séjour de trois jours, et a parlé librement et en privé à de nombreux résidents d’Achraf. Diverses délégations de pays européens, des États-Unis, du Canada et du Parlement européen se sont à maintes reprises rendues à Achraf où elles ont pu observer les choses de près. Les 25 et 26 février, des délégations officielles irakiennes ont commencé à interroger en privé les résidents d’Achraf en présence d’officiers américains en guise d'observateurs, mais, au bout de 168 entretiens, elles les ont interrompus, malgré le suivi de l’OMPI.

Si Movaffagh al-Roba’i est tellement préoccupé par un petit groupe de « 5, 15, 20 ou 25 personnes » en charge des résidents d'Achraf, pourquoi a-t-il coupé le contact des 3400 autres résidents avec le monde extérieur et ne permet-il pas aux personnalités politiques, aux délégations parlementaires et aux journalistes de visiter Achraf ? S'il est dans le vrai, il ferait mieux de lever l'interdiction pesant sur l'entrée des délégations et des journalistes étrangers à Achraf, afin que le monde sache ce que l'on appelle « endoctrinement » et la vraie nature des actions des « véritablement mauvais dirigeants » des résidents. Pour ce faire, Al-Roba’i devrait tout d'abord renoncer à son état d’esprit qui est emprunté à celui du guide suprême des mollahs.

4) Dans un autre mensonge flagrant, Al-Roba’i a affirmé que deux individus ont quitté Achraf et « l'un d'entre eux a dit qu’elle [l’OMPI] m'a renvoyé du camp en me donnant pour instruction de me brûler [dès que] j’arriverai à la [position] de l'armée irakienne. Ensuite, elle [l’OMPI] pourra prétendre que ce sont les forces irakiennes qui l’ont fait. »

Mais le menteur a la mémoire courte. Al-Roba’i a oublié que dans sa déclaration du 19 janvier 2009, il avait raconté cette fiction de manière différente. Il avait alors annoncé que «l'un des résidents d'Achraf s’est livré lui-même aux forces de sécurité irakiennes et a déclaré qu'il était envoyé par l’OMPI pour effectuer une mission suicide ». Il semble que puisqu’aucun explosif n’avait été trouvé et que les forces américaines l'avaient vu, M. Al-Roba’i a été contraint de changer son scénario.

5) Une fois de plus Al-Roba’i a fait valoir avec ridicule qu’Achraf mesurait 400 kilomètres carrés et que c’était une zone bien trop grande pour ses habitants. En exagérant 10 fois le chiffre, il cherche uniquement à justifier les restrictions et les mesures répressives imposées aux résidents et pour prétendre vouloir exercer la souveraineté de l'Irak.

6) En ce qui concerne le bâtiment actuellement encerclé, Al-Roba’i a dit, « il y a un bâtiment vacant dans le camp. Il n’est pas bien-sûr à l'intérieur du camp, mais il est adjacent au camp. L'armée irakienne est arrivée avec un bataillon. Il s’est installé dans plusieurs tentes et caravanes. Il veut disposer d’un bâtiment. Cette installation est située sur le sol irakien et appartient à ce pays (…) L'armée irakienne a pris des mesures pour se loger dans certains bâtiments et mess. Ces bâtiments et ces salles appartiennent à l'Irak et sont construits pour l'armée irakienne. Les résidents du camp ont occupé ce bâtiment et mené des émeutes urbaines et maintenant ils ne veulent pas quitter ce lieu. »

Il s’agit d’un mensonge absolu. Ce bâtiment n'a jamais appartenu à l'armée irakienne et a été construit par des résidents d'Achraf à leurs propres frais. L'installation en question n'était pas vacante et le Secrétariat du Conseil national de la Résistance d'Iran a annoncé dès le début qu’il abritait des centaines de résidents d’Achraf, dont beaucoup de femmes.
 
En ce qui concerne le bataillon irakien, dès le départ, les résidents d'Achraf ont dit aux autorités irakiennes qu’ils feraient tout pour faciliter les besoins du bataillon. À cette fin, les résidents d’Achraf ont fourni au bataillon deux bâtiments, plusieurs caravanes, des tours de surveillance, des générateurs de puissance, des installations sanitaires et de l’eau et des citernes d’eau.
 
En outre, le 12 mars, quand sur les ordres d’Al-Roba’i, on a dit aux résidents d’Achraf d’évacuer immédiatement le bâtiment, les résidents d’Achraf ont informé les forces irakiennes et les commandants américains, à la fois oralement et par écrit, que si les forces irakiennes avaient vraiment besoin d’un bâtiment, les résidents d’Achraf étaient prêts à en construire un rapidement et a en accepter le coût.

7) Dans une autre excuse ridicule, tout en reconnaissant que les résidents d’Achraf «ont remis leur arsenal terrifiant avec une liste aux Américains», Al-Roba’i a prétendu que « nous voulons fouiller le camp pour nous assurer qu'il n'y reste aucune arme. » Ceux qui font de telles allégations sont les mêmes qui, dans les années avant la guerre des Etats-Unis avec l’Irak, prétendaient que l’OMPI cachait des armes de destruction massive de l'Irak dans ses bases.

8) Al-Roba’i affirme que le gouvernement irakien n'est pas en possession des noms et des caractéristiques des résidents d'Achraf. Cette partie des remarques de M. Al-Roba’i contient deux erreurs. Tout d'abord, tous les résidents d’Achraf ont été interrogés par les forces américaines et leurs identités, avec tous les détails, ont été enregistrés en tant que personnes protégées en vertu de la quatrième Convention de Genève. De plus, les résidents d'Achraf n’étaient pas tenus de mettre ces informations à la disposition de l'Irak, notamment parce que rien ne garantissait que les noms ne seraient pas remis au régime iranien dans le cadre de « l’accord bilatéral » illégal et un pacte entre l'Irak et la dictature religieuse au pouvoir en Iran. Cependant, afin de montrer leur bonne volonté, les résidents d'Achraf mettent les noms et les détails des identités de tout le monde à la disposition du gouvernement irakien. Ainsi, les revendications d’Al-Roba’i ne sont que des efforts désespérés montrant clairement qu’il a les mains vides.

9) Al-Roba’i prétend que « le ministère des Droits de l'homme a distribué 3418 formulaires aux personnes pour déclarer leur choix [de retour en Iran ou pour aller vers un pays tiers], sur lesquels seuls 180 ont été retournés, et personne n'a été autorisé à renvoyer son formulaire pour indiquer ses choix. »

Cette allégation est un pur mensonge, car aucun formulaire n’a été distribué aux 3418 personnes, pas plus que 180 personnes y auraient répondu. Il y a un contexte à cette affaire. Un comité irakien dirigé par Al-Roba’i a demandé des entretiens avec chaque résident d’Achraf pour remplir et signer un formulaire. Cependant, une fois que les forces irakiennes ont empêché les avocats et les délégations internationales de se rendre à Achraf, le Comité international des juristes pour la défense d'Achraf (CIJDA), qui comprend environ 8500 avocats et juristes en Europe et aux États-Unis, y compris les avocats des résidents d'Achraf, a écrit le 28 janvier aux résidents d’Achraf. Dans sa lettre il précisait : « Après consultation avec le Comité européen pour l’application de la justice (ISJ), fort du soutien de 2000 parlementaires de toute l'Europe, présidé par le Vice-président du Parlement européen le Dr. Alejo Vidal-Quadras (…) le CIJDA tient à vous informer des points suivants comme directives judiciaires : Vous ne devez pas signer de document, questionnaire ou accord en l'absence de votre avocat. Dans tout pays démocratique où prévaut l’état de droit, les avocats ne peuvent être ignorés car cela saperait les droits fondamentaux de leurs clients. »

Soulignant ses recommandations, le CIJDA a déclaré : «Vu les remarques illégales ces derniers jours de M. Movafagh al-Ruba’i, à Téhéran et à Bagdad, soulignant que «la sécurité de l'Iran est notre sécurité » et que « plus de 3000 résidents d'Achraf doivent quitter l'Irak et ce camp sera fermé dans deux mois » (Reuters, 23 janvier, 2009) et que« certains membres du groupe seront remis aux autorités judiciaires en Irak et d’autres aux autorités judiciaires en Iran » (AFP, 23 janvier 2009) (…) le gouvernement irakien doit reconnaître les droits des résidents d'Achraf – comme le gouvernement américain l’avait déjà fait – et cela devrait être fait officiellement par écrit et soumis à tous les résidents d'Achraf. »

10) En ce qui concerne les entretiens avec les résidents d'Achraf, comme l’évoquait des communiqués précédents du Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne, ces derniers ont offert toute la coopération possible avec la délégation du ministère des Droits de l'homme les 25 et 26 février. La délégation a disposé de bâtiments et de caravanes appropriées pour des entretiens à l'endroit qu’elle voulait. La délégation a interrogé en privé 168 habitants d'Achraf deux jours sans problèmes. Aucun autre membre de l’OMPI n’était présent à ces entretiens. Des officiers Américains étaient présents dans les entretiens en tant qu’observateurs et une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui se trouvait à Achraf à ce moment, a observé les entretiens et la façon dont ils étaient mené. La Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Irak (MANUI / UNAMI) était aussi au courant. Les entretiens étaient censés se poursuivre après le week-end qui a suivi le 26 février. Tous les résidents d’Achraf ont exprimé leur volonté d’y prendre part. Mais ils ont été interrompus sans préavis et à présent Al-Roba’i déforme la vérité. Les responsables américains et irakiens basés à Achraf et les organismes internationaux concernés ont tous été informés des demandes répétées des résidents d’Achraf de poursuivre les entretiens. Selon nos dernières informations, le ministère irakien des Droits de l'Homme a prévu de les redémarrer le 28 mars.

11) Les mensonges d’Al-Roba’i suivent le même schéma que celui du régime des mollahs et ne servent qu’à justifier les violations des droits des résidents d'Achraf. Cela prépare également le terrain à une catastrophe humaine. C’est pourquoi la Résistance iranienne appelle toutes les organisations compétentes des droits de l'homme, en particulier le CICR, le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés, le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l'homme et la MANUI, d'une part, et les chefs religieux, les partis politiques et les personnalités et les parlementaires de chiites, sunnites et communautés chrétiennes, ainsi que les Arabes, les Kurdes ou les Turkmènes d’Irak, de l'autre, d'envoyer leurs représentants au Camp d’Achraf pour mener leurs enquêtes indépendantes sur les mensonges d'Al-Roba’i. Achraf est transparente et les représentants peuvent visiter tous les lieux et parler librement à qui ils veulent, au hasard. Nous demandons également à M. Al-Roba’i de ne pas empêcher ces délégations d’entrer à Achraf.

12) Contrairement aux allégations d’Al-Roba’i, le problème n'a rien à voir avec le soi-disant manque de «coopération des résidents d'Achraf avec les forces irakiennes », ni qu'ils veulent «créer une crise » ou en relation avec la superficie d’Achraf et le bâtiment actuellement encerclé. Le problème est clair. Il touche aux pressions exercées sur le gouvernement irakien par la dictature religieuse au pouvoir en Iran qui n'a pour objectif que d’effacer Achraf et ses résidents. Cette question a été soulevée à plusieurs reprises par les résidents d’Achraf, le Comité international de juristes pour la défense d'Achraf, le Comité international pour l’application de la Justice (ISJ), les commissions parlementaires de divers pays européens, la Fédération internationale des droits de l'homme, Amnesty International, le Parlement européen et le Conseil de l'Europe avec les autorités américaines et irakiennes et les organismes internationaux. Pendant un an ils ont averti que le transfert de la protection d’Achraf de l'armée américaine au gouvernement irakien ferait courir des risques graves aux résidents et que ce ne serait pas dans l'intérêt du jeune gouvernement irakien qui est constamment mis sous pression par le régime iranien sur cette question. Le transfert de la responsabilité de la protection d’Achraf au gouvernement irakien ne fait qu’encourager la dictature religieuse dans ses terribles intentions contre les résidents d'Achraf. L’augmentation des mesures répressives et des restrictions illégales contre les résidents d’Achraf depuis le 20 février, date à laquelle Al-Ruba’i a dit que le transfert de la protection du gouvernement irakien à Achraf était achevé, indique clairement que les estimations internationales étaient exactes. L’agression actuelle a été déclenchée par les déclarations de Khamenei, lors d'une réunion avec le président irakien le 28 février, une semaine à peine après l'achèvement du transfert de la protection aux forces irakiennes.

Par conséquent, comme le mentionne la lettre de l'ISJ au Président des Etats-Unis le 15 mars, la seule solution est « conformément aux obligations internationales des Etats-Unis, dans le cadre de la responsabilité de protection (RtoP) et sur la base des obligations découlant de l'accord entre les résidents d'Achraf et les forces américaines, la protection des résidents d'Achraf doit être restaurées à ce qu’elle était avant janvier 2009, lorsque les forces américaines protégeaient les résidents d'Achraf. 

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 22 mars 2009

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