Lefigaro.fr – Le département dEtat Américain pèse fortement depuis des mois sur quatre des plus grandes banques européennes, qui annoncent avoir ralenti ou cessé leurs activités en Iran.
Après des mois de discussions, de pressions et de pourparlers, Washington parvient à son but: quatre des plus importantes banques européennes ont commencé à ralentir ou à cesser leurs activités en Iran. Il sagit des banques helvétiques Crédit Suisse et UBS, du groupe Néerlandais ABN Amro et du britannique HSBC.
Selon Suart A. Levey, chargé du terrorisme et de lintelligence financière au sein du Trésor Américain, «ces banques reconsidèrent leurs liens avec lIran. Elles ce demandent si elles veulent vraiment faire des affaires avec des institutions dépendant dun gouvernement qui sest engagé dans la prolifération darmes de destruction massive et qui supporte le terrorisme».
LUBS, par exemple, annonce avoir cessé toutes ses transactions avec des ressortissants, des entreprises ou des banques iraniennes, et quelle ne financera ni exportations, ni importations pour un de ses clients en direction ou depuis ce pays. Mais la banque précise quelle narrêtera pas de faire des affaires avec un client qui aurait des relations avec lIran par dautres biais. Un porte-parole du Crédit Suisse, interrogé par le New York Times, explique que son établissement a décidé «depuis janvier» de «ne plus entamer aucune affaire avec des entreprises iraniennes». Il précise que cette décision sapplique également à la Syrie et dautres pays, en raison dun «risque économique accru pour notre banque et nos clients».
La banque britannique HSBC, en revanche, na pas été sensible à la pression américaine. Elle annonce lundi soir quelle ne dispose que «d’une représentation de quelques personnes à Téhéran, qui sert de point de contact pour des clients qui se trouveraient en Iran pour affaires» et quelle na « aucune intention de la fermer». De plus, cet établissement nie formellement avoir reçu une « notification formelle » de la part de Washington, et navoir «fait lobjet daucune enquête» quant à ses «opérations en Iran».
Un blocus aux effets limités
Concrètement, la nature des pressions exercées par Washington reste confidentielle. Ladministration Bush annonce quelle a demandé aux pays dorigine de ces établissements de laider dans ses efforts, mais aucune annonce publique na été faite quant à laspect pratique des sanctions. UBS et ABN Amro ont cependant déjà eu à subir des taxes pour leurs activités avec des pays classés comme terroristes par les Etats-Unis. La filiale américaine dUBS a subi 100 millions de dollars damende en 2004 pour des mouvements monétaires non autorisés en direction de Téhéran et de la Libye, tandis quABN Amro était taxé de 80 millions de dollars pour les mêmes raisons en décembre 2005. Autre manière de limiter les échanges financiers avec Téhéran, Washington a obtenu de lOCDE quelle augmente lindice de risque économique de ce pays au mois davril.
Pour contrer ce blocus économique, Téhéran a tenté ces dernières semaines de rappeler aux pays avec lesquels ses liens commerciaux sont les plus forts à quel point il pouvait être profitable davoir des échanges commerciaux. Parmi les premiers partenaires économiques de Téhéran, on compte le Japon, la Chine, lItalie, lAllemagne et la France.
Les pressions américaines auront-elles un effet sur léconomie de lun des plus gros producteurs de pétrole au monde ? Karim Sadjadpour, analyste pour lInternational Crisis Group, ny croit pas : «Ils gagnent 300 millions de dollars par jour de revenus pétroliers, ils ont donc les moyens daffronter la tempête». Une solution plus efficace, selon les experts, serait de déclarer un embargo sur le pétrole iranien. Mais le prix à payer pour la communauté internationale serait une nouvelle augmentation du prix du baril. Cornélien.

