vendredi, décembre 2, 2022
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Violations des droits de l’homme en Irak

Par Struan Stevenson, Président de la Délégation du Parlement Européen pour les Relations avec l’Irak

Communiqué de presse, 11 mai – Des agences de presse du monde entier ont diffusé les images terrifiantes des cadavres de manifestants sans armes massacrés par les forces gouvernementales irakiennes dans l’enclave sunnite de Houweijah le 23 avril. Les vidéos montrent la profanation des corps des tués et les blessés gisant dans les rues. Ces images perturbantes ont provoqué la crainte et la consternation en Irak et ont laissé le reste de la communauté internationale sous le choc devant la reprise du chaos et de la violence en Irak. Le massacre aurait été mené sur les instructions directes du premier ministre irakien Nouri al-Maliki, causant la mort de 70 innocents et de 270 autres personnes grièvement blessées. Depuis le massacre de Houweijah, les attaques contre d’autres protestataires et manifestations ont continué et les manifestants ont été systématiquement assassinés.

La semaine dernière, 21 prisonniers politiques ont été exécutés. 33 autres ont été exécutés en avril. Les exécutions politiques pour cette seule année dépassent les 70. Seuls la Chine et l’Iran exécutent actuellement davantage. La Haut commissaire pour les Droits de l’Homme de l’ONU – Navi Pillay – a fermement condamné ces exécutions et déclaré : « Cela ressemble à la façon de traiter les animaux dans un abattoir. » Elle a par ailleurs déclaré que le système judiciaire en Irak « présente des défauts excessivement graves pour garantir une application même limitée de la peine capitale, encore moins des dizaines d’exécutions en même temps ».

Néanmoins, le ministre de la Justice de Maliki a confirmé qu’il y a encore 150 prisonniers dans les couloirs de la mort et que leur peine capitale sera sous peu exécutée !  Le traitement inhumain des réfugiés iraniens dans le camp d’Achraf et leur déplacement forcée dans le camp Liberty aux conditions similaires à celles d’une prison près de Bagdad, où ils même sont privés de l’accès aux besoins de toute première nécessité, mettent davantage en lumière la brutalité de la nouvelle dictature confessionnelle qui s’est enracinée en Irak. Malheureusement et honteusement, ce processus a été approuvé et soutenu par le représentant spécial de l’ONU en Irak, Martin Kobler.

Les récentes élections locales ont été influencées et contrôlées par Maliki et ses forces de sécurité. Il y a eu des manifestations d’ampleur contre les fraudes dans ces élections et j’ai reçu de nombreux rapports sur la mauvaise gestion des scrutins de vote. L’occasion de rétablir la démocratie en Irak a une fois encore été gâchée.

La politique dictatoriale et répressive du premier ministre Maliki conduit l’Irak vers une guerre civile confessionnelle qui pourrait engloutir la région toute entière. La dictature en expansion est clairement confirmée dans la mesure où la répression, le terrorisme, l’injustice, la discrimination et la partialité judiciaire se sont installés.

L’influence grandissante du régime iranien en Irak a également donné lieu à de l’inquiétude internationale. On croit désormais fortement que plusieurs attaques et attentats à la bombe terroristes dans les lieux publics ont été perpétrés par les forces de sécurité irakiennes en collaboration avec la Force Qods iranienne. Ces actes terroristes sont menés pour étendre le cercle d’influence du régime iranien en Irak et pour aider à conserver l’emprise précaire de Maliki sur le pouvoir.

Actuellement, l’Iran contrôle clairement la politique intérieure et étrangère de l’Irak. En collaboration avec Maliki, l’Iran a pu contourner le boycott international auquel il est soumis et a utilisé le sol et l’espace aérien irakiens pour approvisionner en armes et en hommes le régime meurtrier d’Assad en Syrie. Les gardiens de la révolution iraniens et les combattants du Hezbollah sont régulièrement envoyés en Syrie via l’Irak. L’ingérence iranienne dans les affaires irakiennes fait partie de la grande stratégie régionale des mollahs qui pourrait plonger la région dans une terrifiante guerre confessionnelle.

Si l’on veut éviter la guerre civile en Irak, on doit alors tenir compte du récent appel du président du parlement irakien, Oussama al-Noujaifi, avec de nombreux dirigeants religieux et politiques de l’opposition, à la démission du gouvernement actuel et à l’instauration d’une autorité provisoire pouvant superviser des élections nationales équitables et démocratiques. Les États-Unis et l’UE doivent activement encourager cet objectif.

Je crois aussi fermement qu’il est temps pour l’ONU d’honorer ses obligations envers l’Irak en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, en remplaçant son actuel émissaire spécial en Irak – Martin Kobler – par un représentant compétent et impartial qui cherche à œuvrer pour l’établissement de la paix et de la stabilité dans ce pays, tout en respectant les principes fondamentaux de l’ONU.

 

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