jeudi, décembre 1, 2022
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USA : la question d’Achraf soulevée à la Chambre lors d’une audition sur l’Irak

CNRI – Deux hauts responsables américains ont été interrogés le 18 novembre lors d’une audition au Congrès sur l’Irak à propos de la situation au camp d’Achraf, près de Bagdad, qui abrite environ 3.400 opposants et réfugiés politiques iraniens, membres du principal parti d’opposition les Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI).

Le sous- secrétaire d’Etat américain aux Affaires du Proche Orient, Jeffrey Feltman, et le sous-secrétaire à la Défense, Colin Kahl, ont témoigné devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants à Washington le 18 novembre sur  la période de transition en Irak.

Membre éminente de la commission, la républicaine Ileana Ros-Lehtinen, et d’autres membres de premier plan les ont interrogés sur les violations des droits commises par le gouvernement irakien contre les résidents d’Achraf, y compris les restrictions sur l’accès aux soins médicaux, la torture psychologique et d’autres limitations et pressions imposées à la demande du régime iranien.

Les parlementaires ont appelé le gouvernement américain à prendre des mesures immédiates pour mettre fin à ces restrictions injustes. Certains ont également souligné l’ingérence de Téhéran  en Irak et l’impératif de contrer les pressions du régime contre ses opposants à Achraf.  Dans son intervention, la Représentante Ros-Lehtinen a appelé Washington à assurer la protection des Achrafiens. Le président actuel de la commission, Howard Berman, a soutenu son appel.

Voici un extrait des minutes de l’audition à la commission des Affaires étrangères de la Chambre le 18 novembre :

La Réprésentante  Ros-Lehtinen:
(…)  Monsieur le président, je tiens à exprimer ma préoccupation concernant le sort des résidents du camp d’Achraf. Monsieur le président, l’an dernier, vous et moi avons publié une déclaration commune demandant au gouvernement irakien de tenir son engagement à assurer le bien-être de tous ceux qui vivent dans le camp d’Achraf. Cependant, les rapports indiquent que les soins médicaux, y compris le traitement vital de patients cancéreux, sont encore refusés aux résidents d’Achraf.

Secrétaire Feldman, j’appelle le Département d’Etat à bien vouloir intervenir plus activement pour faire en sorte que la protection humanitaire, à laquelle les résidents d’Achraf ont droit et qui leur a été promise, soit tenue (…)

Le Président Berman :
(…) Je tiens à réaffirmer qu’à propos des engagements faits sur le camp d’Achraf par le gouvernement irakien et tout le reste, je partage les préoccupations sur le fait qu’ils soient tenus et nous n’oublions pas cette question (…)

Le Représentant Rohrabacher :
(…) Monsieur le Président, je voudrais simplement noter que nous entrons dans cette phase où les troupes américaines se retirent, nous ne pouvons pas nous débarrasser de ces gens qui sont nos amis, comme s’ils ne signifiaient rien pour nous (…) Nous ne devrions pas être mis dans une situation très dangereuse. J’ai parlé spécifiquement du Camp d’Achraf. Ce sont des personnes protégées selon notre propre définition. Nous ne devrions pas essayer de satisfaire ou de laisser les Irakiens bâtir une sorte de relations cordiales avec la dictature des mollahs en Iran en sacrifiant ces gens épris de liberté (…)

M. Kahl:
(…) Nous sommes d’accord avec vous et le président à 100 % que le gouvernement irakien doit respecter ses engagements à protéger les droits humains des résidents du camp d’Achraf (…) C’est quelque chose que nous surveillons de très près et nous ne sommes pas les seuls. Il s’agit aussi d’un effort international. Les Nations Unies et d’autres sont également impliquées à encourager le gouvernement irakien à tenir ses engagements.

La nourriture de base, les fournitures médicales de base, le carburant de base entrent au camp d’Achraf. Il y a beaucoup de provocations mutuelles entre les Irakiens et les résidents qui ne sont pas particulièrement utiles. Nous avons dit à tout le monde de réduire la rhétorique, car cela pourrait  conduire rapidement à une erreur de calcul échappant au contrôle. Quand des incidents nous ont été signalés, nous en avons parlé à la commission et au gouvernement irakien qui est en charge de ce dossier, et je pense que notre engagement a eu un certain succès dans l’esprit des Irakiens sur leur obligations en vertu de ( inaudible) la loi militaire pour assurer les droits fondamentaux des résidents du camp d’Achraf.

Donc nous sommes d’accord avec vous. Nous devons poursuivre notre surveillance et nous sommes heureux d’avoir des partenaires internationaux impliqués (…)

Le Représentant Poe :
(…) Je voudrais me concentrer d’abord sur le camp d’Achraf et la situation telle qu’elle est aujourd’hui et sur ce qui se passe là-bas. Personnellement, je suis préoccupé par les résidents du camp d’Achraf, les 4000 personnes qui sont là-bas, j’ai reçu des informations des résidents sur plusieurs choses qui se passent.

Voici quelques photographies prises par des résidents du camp d’Achraf(…) Leur préoccupation porte sur environ 112 haut-parleurs postés autour de l’ensemble du camp qui hurlent dans le camp d’Achraf à tous les moments du jour et de la nuit, apparemment des propos comme : «Nous allons mettre le feu à Achraf, Ahmadinejad est un grand président et vous devez tous le suivre. Vous allez bientôt voir comment les Irakiens vont attaquer et détruire le camp, et nous pendrons chacun de vous. « 

Cela me paraît être un certain type de torture psychologique, de tourment, quelle que soit le nom qu’on veuille lui donner, des résidents du camp d’Achraf. Tout d’abord, je ne sais pas qui fait cela. Est-ce que ce sont des Iraniens avec la permission des Irakiens? Est-ce que ce sont les Irakiens? Est-ce que ce sont les deux? Est-ce que l’un d’entre vous sait quelque chose à ce sujet? (…)

Le Secrétaire Feltman:
Les résidents du camp d’Achraf et leur famille et des membres de leurs famille nous en ont certainement parlé. Nous sommes au courant de cela, oui.

Le Représentant Poe:
Et quelle est votre opinion à ce sujet? Pensez-vous que c’est la façon dont nous devrions traiter les gens du camp d’Achraf?

M. Feltman:
En premier lieu, monsieur le parlementaire, le camp d’Achraf est sous la souveraineté irakienne. C’est juste un fait. Nous devons accepter le fait que les Irakiens …

Le Représentant Poe:
Je comprends, mais pensez-vous que ce sont les Iraniens ou les Irakiens qui poussent ces … ces hurlements  …

M. Feltman:
Je ne sais pas qui hurle dans [ces hauts-parleurs], mais l’engagement que nous avons obtenu des Irakiens de tenir leurs promesses, et nous allons travailler à faire en sorte qu’ils tiennent leurs promesses, de ne pas les déporter dans un pays où ils pourraient être torturés pour leurs convictions politiques, où ils pourraient être arrêtés ou détenus pour leurs convictions politiques. Et c’est un engagement que les Irakiens nous ont donné. Cela fait partie d’une entente internationale (…)

Le Représentant Poe:
(…) Pensez-vous que c’est un engagement qu’ils peuvent ,  qu’ils vont tenir? Ou bien c’est juste que nous espérons qu’ils vont le tenir ?

M. Feltman:
Nous ne cessons de le surveiller …

Le Représentant Poe:
Je sais d’où ils venaient. Je sais qu’ils sont Iraniens …
Eh bien, croyez-vous que l’installation de 112 haut-parleurs qui marchent  jour et nuit, disant toutes sortes de propagande contre les résidents d’Achraf est quelque chose qui devrait préoccuper les États-Unis? Ou devrions-nous l’oublier, parce que maintenant ce n’est pas notre problème?

M. Feltman:
Non,  je pense que toutes ces versions fondamentalement dangereuse d’insultes provocatrices, etc., devraient toutes cesser, parce que vous ne savez pas quand les choses vont devenir hors contrôle là-bas.
Vous ne savez pas quand quelqu’un va franchir une ligne qui mène à la violence.

Le Représentant Poe:
Exactement. Êtes-vous inquiet, en tant que représentant des États-Unis, de l’influence iranienne non seulement au camp d’Achraf, mais aussi en Irak?

M. Feltman:
Oui. Bien sûr. Nous sommes préoccupés par l’influence iranienne dans la région. Je suis le sous-secrétaire au Proche et Moyen-Orient. Nous constatons le mauvais comportement de l’Iran dans beaucoup d’endroits différents.

La Représentante Sheila Jackson Lee :
(…) Permettez-moi de donner l’idée que je m’en fais. Nous sommes allés en Irak, à la recherche d’armes de destruction massive et de tout ce que nous avons fait a été de détruire et de faire pire, dans une certaine mesure.

Je ne suis pas une fan de l’actuel gouvernement. Je ne suis pas une fan d’al-Maliki, des chiites et d’al-Dawa, qui est un sunnite, dont je n’ai peut-être pas prononcé le nom correctement. Mais je le reconnais quand je le vois. Et c’est un sport de contact constant et continue de qui va dominer et qui va se remplir encore les poches.

Donc, nous avons moins de troupes là-bas, mais je ne pense pas que les États-Unis puissent abandonner leurs responsabilités en matière de droits de l’homme. Permettez-moi donc de poser nettement la question sur les gens du camp d’Achraf. Non seulement ils ont beaucoup de bruit assourdissants et de la torture et ont peur pour leur vie, mais les gens dans ce pays, des Irano-Américains, dont les familles sont restées au pays ou dont les familles ont pu sauver la vie d’autres de leurs membres, vivent dans une peur totale.

Pouvez-vous me dire de quel acte humanitaire il s’agit quand on laisse des malades et des mourants décéder parce qu’ils n’ont pas accès à des soins médicaux? Elham et Mehdi, souffrent tous les deux gravement d’un cancer, et se voient refuser une possibilité, l’une avec un cancer de la thyroïde, et l’autre avec un cancer aigu du rein, dans un état critique, il a déjà perdu un rein, et ils ont besoin de subir une opération. Et ils ne semblent pas pouvoir entrer dans un hôpital. Où est notre position sur les droits de l’homme? (…)

Je crois que si nous ne laissons pas derrière une société civilisée, à leur façon – Ils n’ont pas à suivre la voie américaine (…)  Mais à leur manière, ils ne peuvent traiter les gens de façon humanitaire, s’ils ne peuvent pas former un gouvernement en moins de 100 ans, ce qui semble être le cas, qui n’est pas encore stable et nous ne l’avons pas encore accepté, alors nous avons échoué.

Et si nous continuons à dire qu’ils sont une nation souveraine, souveraine de quoi? Ils ne sont pas une nation souveraine. Ils sont un gouvernement qui s’est effondré (…)

Mais, M. Feltman, je ne peux pas vous laisser quitter cette pièce sans m’avoir dit ce que vous allez faire dans notre Département d’Etat sur les conditions au camp d’Achraf ? Je viens ici chaque fois qu’il y a une audition et je dis les mêmes choses. Et ce que nous comprenons, c’est que ce sont les soldats irakiens qui intimident ces gens (…)

M. Feltman:
(…) Nous nous sommes penchés sur les cas individuels que vous avez soulevés. Moi-même,  Jeff Feltman, je ne connais pas les cas individuels que vous avez soulevés. Mais je vais vous dire que chaque fois que je suis allé en Irak – et je suis allé en Irak assez régulièrement, une semaine par mois, pendant une longue période.  Je ne ‘lai pas fait dernièrement. Je vais y voir le ministre des droits de l’homme (…) parce que je veille aux mêmes valeurs que vous avez décrites et parce que cela fait partie de notre politique de promouvoir les normes universelles et le respect des droits de l’homme.

Et c’est donc un élément important de notre dialogue afin de rester en contact avec le ministre des droits de l’homme. Et, oui, nous parlons du camp d’Achraf avec le ministre des droits de l’homme. Nous parlons des prisons. L’Irak a un long chemin à parcourir.

La Représentante Lee:
Qu’allons-nous faire? Nous devons aller au Camp d’Achraf. Nous ne pouvons pas écouter le directeur de droits de l’homme. Il ne dit pas la vérité. Que pouvons-nous faire? Les États-Unis?

M. Feltman:
Je pense qu’elle, la ministre des droits de l’homme, c’est une femme, a été effectivement très efficace en travaillant avec nous sur quelques questions concernant le camp d’Achraf. Et je pense qu’elle a aussi été un très bon défenseur des valeurs que vous décrivez dans tout l’Irak.

La Représentante Lee:
J’ai besoin d’un rapport écrit, parce que mon temps est écoulé, un rapport écrit, non pas sur ces cas, mais sur les conditions dans le camp d’Achraf et de ce que les États-Unis et elle, la directrice, la secrétaire aux droits de l’homme, est en train de faire concernant la suspension de la torture de ces gens au camp d’Achraf. Elle ne fait rien (…)

 

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