jeudi, février 2, 2023
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Un rapport fictif, trompeur et politiquement malveillant de la MANUI

Un feu vert pour la poursuite et l’escalade de la répression d’Achraf et de Liberty

(voir les photos) CNRI – Par le biais de la falsification et de la distorsion, le rapport semestriel de la MANUI tait l’évacuation forcée d’Achraf, la violation des droits fondamentaux des résidents, quatre années de siège et la transformation du camp Liberty en prison et glisse sur les crimes du gouvernement irakien et du régime iranien.

 

La MANUI, sous la direction de Martin Kobler, a publié le 21 décembre un rapport sur la situation des droits de l’homme en Irak pour le premier semestre de 2012 (de janvier à juin). Dans la section qui se rapporte à Achraf et Liberty, le rapport falsifie, méprise et déforme la réalité pour décrire le camp Liberty comme un paradis en Irak où les résidents bénéficient de privilèges par rapport aux citoyens irakiens.

L’objectif est de couvrir l’expulsion forcée des Achrafiens, de les priver de leurs droits de propriété, de taire quatre ans de siège tyrannique, la transformation du camp Liberty en prison, l’absence de droits humains et des normes humanitaires, la violation des droits fondamentaux des résidents et la violation des conventions internationales. Le but est également de passer sous silence les crimes contre l’humanité commis par le gouvernement irakien à la demande du régime iranien, avec la facilitation de Martin Kobler qui a eu lieu et qui continue. Aux yeux du gouvernement irakien et du régime iranien, ce rapport agit comme un feu vert pour continuer et intensifier leur politique répressive et inhumaine contre les habitants d’Achraf et de Liberty ainsi que leur blocus.

Comment ce rapport a été préparé
1 –
Tous ceux qui ont suivi les agissements de M. Kobler ces 15 derniers mois sont habitués à ses rapports fictifs débordant de malveillance politique. La Résistance iranienne a déjà et à plusieurs reprises dénoncé certains rapports fabriqués. Des photographies modifiées et sélectionnées du camp Liberty pour tromper les résidents d’Achraf en sont un exemple.

2 – Tahar Boumedra, conseiller du Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU (RSSG) pour les affaires d’Achraf, chargé du dossier d’Achraf à la MANUI pendant trois ans et demi, a démissionné en mai de cette année pour protester contre les agissements de Kobler. Dans deux témoignages choquants au Congrès américain le 13 septembre 2012 et au Parlement britannique le 11 décembre 2012, il a révélé la manière dont ces rapports étaient préparés. Prenant la parole au Parlement britannique, il a déclaré : « Pendant ces trois années et demi, je n’ai jamais reçu d’allégation des Achrafiens qui ne s’avère pas véridique et je n’ai jamais eu à traiter d’allégation du gouvernement irakien qui ne s’avère pas fausse (…) Nous allons chaque semaine rendre visite aux Achrafiens (…) Lorsque nous rentrons pour rédiger un rapport, il y a aussi le fait que nous sommes des employés de l’ONU et que la plupart d’entre nous essaient de garder cet emploi. Ils ne sont pas là pour défendre les droits de l’homme. Nous sommes là pour défendre nos emplois !  Donc, avant de faire quoi que ce soit, je dois m’assurer que mon rapport va satisfaire le RSSG. Et je sais que quelle que soit la teneur de mon rapport, il sera réécrit par ce que nous appelons la réception du RSSG. Il a donc son propre personnel qui n’est jamais sorti de ce bureau. Son personnel ne connait pas la situation sur le terrain, son équipe n’a jamais rencontré d’Achrafiens, et pourtant leurs mots dans ces rapports seront préférés à mon rapport en provenance du terrain. Donc, tout ce que je rapporte n’atteint jamais New York, le bureau du RSSG remodelant le tout et le mettant comme il se doit parce que nous sommes là pour rendre compte et rendre tout le monde heureux. Quand Al-Maliki est heureux, le Secrétaire général de l’ONU est heureux. »

3 – Dans sa lettre au Secrétaire général, le Vice-président du Parlement européen Alejo Vidal-Quadras écrit le 12 juin 2012 sur le rapport de la visite de M. Kobler au camp Liberty : « Le rapport de M. Kobler est totalement biaisé et ne laisse aucun doute qu’en ce qui concerne Achraf, il suit un programme politique particulier qui n’est absolument pas au service des droits des résidents. J’ai écrit dans ma lettre du 28 mai au Haut Commissaire António Guterres que ‘‘le mandat de M. Kobler semble être, d’abord et avant tout, la fermeture d’Achraf à n’importe quel prix et d’empiler les résidents dans la prison Liberty. Cela nous a tous frustrés et consternés.’’
Après ce rapport, je sentais que j’étais encore optimiste quant aux objectifs et au programme de M. Kobler. La visite de M. Kobler suivait son retour de Téhéran. En bref, les parties écrites ou non écrites du rapport donne l’impression que l’Irak se comporte avec compréhension et patience et répond suffisamment aux besoins, mais que les habitants sont maximalistes, ont des exigences irrationnelles, s’abstiennent de parler avec les responsables irakiens, créer des crises et des ennuis à ceux qui sont prêts à quitter le camp.
Ce n’est rien d’autre qu’une fabrication et une distorsion. C’est la première fois que j’utilise ces mots au sujet d’un responsable de l’ONU ou d’une autorité dans un Etat démocratique ; jusqu’à présent, je les avais uniquement utilisés pour les autorités des régimes totalitaires. Si vous dépassez ce qui est arrivé aux résidents d’Achraf ces six derniers mois, et si vous énumérez simplement les promesses que M. Kobler a violées, et si vous passez juste en revue ses rapports irréalistes, vous ne me réprouverez pas.
»

4 – Le rapport semestriel de la MANUI ne fait aucune mention d’environ 200 lettres et rapports quotidiens d’Achraf et des habitants de Liberty et de près de 120 lettres, courriels et rapports du représentant des résidents hors d’Irak envoyés à M. Kobler et de l’appareil qu’il a dirigé de janvier à juin 2012. Ils sont tous ignorés. De même, il n’y a aucune trace des questions soulevées par les représentants des résidents dans des dizaines de réunions avec M. Kobler et ses représentants. L’ensemble des lettres et des rapports de divers groupes parlementaires, d’éminents dignitaires politiques, de juristes et d’avocats des résidents ont également été écartés.

Le Protocole d’Accord
5 –
Le rapport semestriel de la MANUI tente de décrire la signature du protocole d’accord entre M. Kobler et le conseiller du gouvernement irakien à la sécurité nationale comme une réalisation grandiose du Représentant spécial. Cependant, il tait le fait que malgré les promesses du RSSG aux représentants des résidents faites à Bruxelles, Paris et Achraf qu’il ne signerait pas de protocole d’accord sans l’aval des habitants, il est allé de l’avant et l’a signé sans le consentement et même la connaissance des résidents ; un protocole d’accord qui ne répond même pas aux demandes minimales des résidents.

6 – Le rapport semestriel oublie même que ce protocole d’’accord a été continuellement violé par le gouvernement irakien et que la MANUI et le Représentant spécial lui-même ont gardé le silence là-dessus. Selon le protocole d’accord, le camp Liberty devait respecter les normes humanitaires et des droits humains ; or c’est tout à fait faux. Même la déclaration de M. Kobler de 31 janvier sur l’aptitude du camp Liberty à recevoir des habitants souligne seulement les normes humanitaires et oublie complètement les normes relatives aux droits humains ; sans mentionner qu’il est devenu clair par la suite que les allégations du RSSG sur le respect des normes humanitaires étaient elles aussi totalement irréelles.

7 – Le rapport dissimule le fait que le RSSG a placé explicitement les résidents devant le choix d’une nouvelle attaque des forces irakiennes et d’un massacre ou de quitter leur foyer depuis 26 ans pour aller à la prison « Liberty ». Ce n’est en aucune façon une relocalisation volontaire, il s’agit plutôt d’une expulsion forcée. Le niveau de vie des résidents à Achraf était de loin supérieur à celui du camp Liberty. La superficie d’Achraf est 70 fois plus grande que celle de Liberty. Initialement, la MANUI avait informé les habitants que le camp Liberty était de 40 kilomètres carrés et qu’il était entièrement à la disposition des résidents. Un peu plus tard, à Paris, M. Kobler a déclaré aux représentants des habitants que la zone faisait 2,5 kilomètres carrés. Il s’est avéré plus tard cependant que la section du camp Liberty donnée aux résidents est juste d’un demi-kilomètre carré.

La prison « Liberty »
8-
Il est surprenant que le rapport ne dise rien des trois déclarations du HCR des 1er février, 1er mars et 28 mars 2012 concernant Achraf et Liberty insistant sur la nécessité de liberté de circulation au camp Liberty, et ne fait aucune référence à l’interdiction de sortir et de rentrer à Liberty.

9- L’avis du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire publié en mai 2012 (c’est à dire pendant la période concernant le rapport de la MANUI) précise que les conditions au camp Liberty sont similaires à celles d’une prison et violent l’article 9 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et les articles 9 et 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le défaut de mentionner les déclarations du HCR et la mise à l’écart de l’évaluation de l’autorité internationale la plus crédible concernant la question des détentions et des centres de détention, et le défaut de prendre en considération ses instructions montrent clairement combien le rapport de la MANUI est fictif, trompeur, et manque de crédibilité.
 
10- Cependant, la vérité est encore plus amère et inquiétante. M. Kobler, non seulement n’a pas respecté son devoir de responsable onusien de mettre en œuvre les instructions de cet organe de l’ONU, mais il a fait de son mieux, directement ou indirectement, pour que le Groupe de l’ONU sur la détention arbitraire se rétracte sur son avis professionnel. Néanmoins, une fois de plus, dans son second avis récemment publié, non seulement le groupe réitère son premier avis, mais conclut qu’Achraf souffre aussi de conditions carcérales et que les mécanismes des droits humains devaient enquêter sur les allégations dont le gouvernement irakien est accusé.

11 – Le rapport ne parle pas de l’interdiction faite aux habitants d’avoir accès à leur famille, aux militants des droits humains, aux parlementaires, aux journalistes et à tout visiteur étranger à Liberty et à Achraf. Il ne mentionne pas que la direction gouvernementale du camp est confiée à un criminel nommé Sadeq Mohammed Kazem, qui est responsable d’avoir ouvert le feu sur les habitants lors des deux massacres à Achraf en 2009 et 2011. Il cache aussi le fait qu’il été cité à comparaitre par la justice espagnole pour crime contre la communauté internationale, et qu’il a été temporairement arrêté à Paris en juin 2012 pour son rôle dans la torture des habitants d’Achraf. Il reçoit tous ses ordres de répression du cabinet du Premier ministre irakien, les transmet aux agents du renseignement militaire, des ordres comme harceler et maltraiter les malades, exercer des pressions sur eux lors de leurs déplacements à Bagdad, et aussi empêcher l’entrée des produits dans le camp.

12 – Dans un très petit camp, il y a un poste central de police et au moins cinq autres postes et des patrouilles ininterrompues. Après des négociations prolongées et répétées avec le Représentant spécial, ce dernier a finalement annoncé dans une lettre officielle le 16 mars 2012, que désormais la présence policière serait limitée. Cependant, la plupart des points indiqués dans cette lettre, tout comme d’autres lettres et promesses de M. Kobler, n’ont jamais en fait été mis en œuvre.

13- Le 21 février 2012, le Conseil national de la Résistance iranienne a divulgué un document révélant que le cabinet du Premier ministre irakien avait garanti au régime des mollahs que « l’OMPI à Liberty sera sous le contrôle direct des forces irakiennes » après le transfert d’un certain nombre d’habitants d’Achraf, en ajoutant que ces conditions « paralyseront cette organisation et (…) à Liberty ; ils deviendront des morts-vivants ».  Le 21 février 2012, le Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne déclarait que la Force terroriste Qods et le ministère du Renseignement des mollahs – avec l’aide du gouvernement irakien – avaient installé des dispositifs d’écoute sur des tours de15 mètres de haut adjacentes au camp Liberty. Selon ce rapport, ces appareils ont été installés pour couvrir la zone des baraquements des habitants. De plus, des caméras d’espionnage ont été installées dans divers lieux du camp pour contrôler tous les déplacements à l’intérieur. Les signaux de ces appareils d’écoute et de ces caméras de surveillance ont été transmis au régime iranien, soulevant de graves menaces pour la sécurité des résidents et de leurs familles.

Kobler implique le fascisme religieux dans le sort de ses opposants
14 – Le rapport ne tient pas compte de la question la plus importante que sont les objections continues des habitants au cours de cette année. Les résidents, leurs avocats, des groupes politiques, et de nombreuses personnalités internationales ont souvent demandé à M. Kobler de ne pas impliquer le régime iranien dans leur sort. De multiples dialogues entre M. Kobler et Dana’i-Far, ambassadeur des mollahs en Irak et un des commandants de la Force terroriste Qods, sur les Achrafiens ont soulevé les protestations de ces derniers, mais qui n’ont jamais été prises en considération.

15 – Dans son témoignage sous serment devant le Congrès américain, M. Boumedra a déclaré : « Oui, monsieur le président, je confirme ici devant vous que la MANUI n’a pas la moindre indépendance, que chaque question traitée concernant Achraf se décide au cabinet du Premier ministre et, parfois, à l’ambassade d’Iran à Bagdad. » Il a ajouté qu’il avait participé à cinq réunions de Kobler et Dana’i-Far dont le sujet principal était le dossier d’Achraf.

16 – De retour de Téhéran et en suivant les rencontres avec les responsables de la sécurité du régime clérical, y compris Qassem Soleimani, chef de la force terroriste Qods, le 24 avril, le conseiller de Maliki à la sécurité, Faleh Fayaz Al-Ameri, a déclaré à la télévision d’État irakienne qu’il est naturel « de discuter de la question de l’organisation ‘terroriste’ des Moudjahidine avec la partie iranienne ». Le conseiller à la sécurité a ajouté : « M. Martin Kobler, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Irak, a parlé en détails avec les parties irakiennes et iraniennes par  le canal de l’ambassade d’Iran ou d’autres canaux de communication avec l’Iran, afin de fournir les conditions requises pour la mise en œuvre de l’accord convenu entre lui et l’Irak pour fermer le camp d’Achraf et mettre fin à la présence de cette organisation sur le territoire irakien. Les pourparlers comprenaient les mécanismes et le rôle de l’Iran dans ce qui doit être fait pour résoudre cette affaire. »

17 – Après l’expulsion forcée des deux tiers des résidents du camp d’Achraf et le cinquième départ pour le camp Liberty, le 4 mai, M. Kobler, après avoir attendu longtemps son visa pour l’Iran, a enfin reçu sa récompense des mollahs et s’est immédiatement rendu en Iran le 6 mai. Le 9 mai, le Comité international pour l’Application de la Justice (ISJ), qui fédère quelque 4000 parlementaires des deux côtés de l’Atlantique, soulignait dans un communiqué :
« La visite de M. Kobler à Téhéran exactement un jour après le départ du 5ème groupe d’habitants pose, plus que jamais, une série de questions et de préoccupations à tous les défenseurs de la liberté, d’autant plus que lors de sa venue en Europe en février, M. Kobler avait dit aux parties européennes que l’ambassadeur d’Iran en Irak avait fait du départ de l’OMPI d’Achraf la condition préalable à sa visite en Iran ». Et d’ajouter que l’ISJ « condamne les déclarations faites par le représentant du Secrétaire général de l’ONU sur le rôle constructif de l’Iran en Irak et en déconseille les négociations sur Achraf et Liberty avec le régime totalitaire de l’Iran ».

18 – L’ingérence flagrante du régime iranien dans le sort des résidents d’Achraf et de Liberty se poursuit à ce jour. Malheureusement, les avertissements de la Résistance iranienne, des Achrafiens, de leurs représentants et des défenseurs internationaux des droits humains ont été vains. Le 7 octobre 2012, l’ambassadeur iranien en Irak, commandant bien connu de la Force répressive Qods, a déclaré à la télévision d’Etat des mollahs à propos d’Achraf et de Liberty :
« Aujourd’hui, j’ai rencontré M. Kobler, le représentant des Nations Unies qui est en charge de ce dossier à Bagdad. Nous avons eu de longues discussions à ce sujet et soulevé nos attentes lors de la réunion. Le principal problème est que la majorité des pays du monde ne sont pas prêts à les recevoir en raison de ce qu’ils connaissent d’eux et de leurs actes criminels et terroristes. Mais jusqu’à présent, un certain nombre de pays ont déclaré qu’ils les recevraient. C’est conforme avec le bouclage de leur dossier de transfert vers certains pays européens. »

19 – Le 19 octobre, le Comité international pour l’application de la justice au Parlement européen (ISJ) a écrit au Secrétaire général de l’ONU à cet égard :
«Les discussions avec le régime iranien sur les membres de son opposition qui, en vertu de la 4ème Convention de Genève et comme l’a déclaré le HCR sont «demandeurs d’asile »et sont« des gens relevant de la compétence du HCR » est en soi un acte criminel. Les résidents d’Achraf, leurs représentants, de nombreuses organisations des droits humains ainsi que des parlementaires et des juristes vous ont exprimé directement leurs préoccupations à ce sujet, ainsi qu’au RSSG et à d’autres responsables de l’ONU à plusieurs reprises. M. Kobler a jamais répondu directement à ces préoccupations légitimes et a nié avoir eu la moindre discussion sur cette question et que, parfois, peut-être les responsables iraniens auraient sans doute mentionné ces questions ! Peut-être veut-il dire qu’il passait des renseignements au régime iranien plutôt que de négocier avec lui! Nous nous demandons pourquoi M. Kobler n’a pas démenti en public les déclarations de l’ambassadeur iranien à cet égard.
Les communications du RSSG avec le représentant du régime iranien concernant l’opposition iranienne aura des conséquences dévastatrices sur le plan de la sécurité et ouvrira la voie à un troisième massacre des résidents qui aura des incidences juridiques pour l’ONU et le Représentant spécial (…) C’est pourquoi nous sollicitons respectueusement votre intervention urgente dans cette affaire afin que cette question désastreuse puisse être close bientôt. En outre, pour disposer d’un tableau impartial et neutre de la situation là-bas, nous demandons de toute urgence que vous dépêchiez un envoyé personnel en Irak pour évaluer les conditions de vie dans les camps d’Achraf et de Liberty.
»
Le rapport ne mentionne rien au sujet les centaines de lettres et de contacts que le RSSG a reçues à cet égard.

Ecarter les enquêtes sur les massacres
20 – Le rapport ne dit rien sur un des devoirs cruciaux de la MANUI et du RSSG, et cherche à l’effacer de toutes les mémoires. Après le massacre du 8 avril 2011, le HCR a annoncé : « Une enquête complète, indépendante et transparente doit être menée et toute personne trouvée responsable de l’usage excessif de la force doit être poursuivie. »
M. Ad Melkert, ancien RSSG pour l’Irak avait insisté sur la nécessité de ces enquêtes. Cependant, peu de temps après le massacre (aout 2011), M. Melkert a quitté l’Irak pour de bon, car il refusait la demande de Maliki de recompter les bulletins de vote après les élections. Qui est responsable de ces enquêtes à l’ONU ? Qui aurait dû enquêter sur cette question ? Qui aurait dû faire un rapport sur cette question ? Qui aurait dû contraindre le gouvernement irakien de mener à bien ces enquêtes ? Pourquoi le rapport couvrant les six premiers mois de 2012 ne mentionne pas ce point ? Qu’est-ce que la MANUI et Martin Kobler ont fait pour ces enquêtes ?
M. Kobler connait très bien ce principe évident que pour éviter la répétition d’un crime, une enquête et le châtiment des coupables sont des éléments clés. Ecarter les enquêtes facilite au gouvernement irakien et au régime iranien la commission d’autres crimes.

21 – Ce rejet des enquêtes sur le massacre intervient alors que les victimes des massacres de 2009 et de 2011 continuent de souffrir de leurs blessures et qu’elles se sont aggravées. M. Hamdollah Rahmani était un blessé de 2009 ; le 23 juin 2012, après avoir enduré trois ans de douleurs et de souffrances sous le blocus d’Achraf, il est décédé lors d’une opération chirurgicale à Bagdad. M. Mohammad Ali Tata’i, également blessé et pris en otage dans le massacre de 2009, est décédé le 26 juin 2011 à la suite d’une opération à l’hôpital de Baquba, dans la province irakienne de Diyala. Tata’i était l’un des 36 résidents qui avaient été pris en otage, torturés dans une cellule de la base du bataillon irakien sous le commandement de Mohammed Sadeq Kazem. Après une grève de la faim de 72 jours, dont 7 sans boire, ils avaient été libérés au seuil de la mort.

Réinstallation et Lieu de Transit Temporaire
22 –
Martin Kobler a cédé à la demande du gouvernement irakien insidieuse de nommer le camp Liberty « Lieu de Transit Temporaire » sous le mensonge que les habitants de Liberty seraient rapidement transférés vers des pays tiers. Puis il a cruellement parqué à la hâte les habitants à Liberty. En nommant Liberty « Lieu de Transit Temporaire» (LTT), le gouvernement irakien et Kobler légitiment les mesures répressives, les conditions de détention et les violations des droits de ses habitants. Un LTT est un lieu où les réfugiés ou demandeurs d’asile passent quelques jours, quelques semaines, ou quelques mois. Or tout indique que les habitants resteront à Liberty pendant des années. Le rapport de la MANUI et de M. Kobler s’abstient, de manière malhonnête, de présenter les chiffres de leur réinstallation.

23 – Jusqu’à la fin juin 2012, pas même une seule personne n’a été transférée hors d’Irak par le HCR, et jusqu’à ce jour, à la fin de l’année 2012, le nombre d’individus transférés par le HCR n’est que de cinq. Le 14 décembre 2012, le communiqué du HCR souligne : « Jusqu’à présent, un petit nombre de résidents ont quitté l’Irak. » Pendant cette période, 42 personnes ont été en mesure de quitter l’Irak parce qu’ils étaient des citoyens de pays occidentaux ou en raison des efforts de la Résistance iranienne ou de groupes parlementaires de défense des droits des résidents d’Achraf.
Toutes les promesses de Kobler concernant le transfert des résidents dans divers pays sont restées vides à ce jour. Pourtant, il s’abstient toujours d’annoncer Liberty comme un camp de réfugiés et insiste sur le titre illégal de LTT.

Transfert vers les pays tiers
24 –
Le rapport souligne que «le premier transfert de (…) résidents, ainsi que leurs effets personnels, a eu lieu le 18 février. Pendant la période considérée, quatre autres transferts de résidents ont eu lieu sous la surveillance des Nations Unies.» Cependant, le rapport ne mentionne pas que pendant le transfert du troisième groupe, l’ingénieur Bardia Amir-Mostofian, après avoir enduré des pressions et des harcèlements des forces irakiennes lors du processus d’inspection, est décédé d’un arrêt cardiaque le jour du Nouvel An iranien, le 20 mars 2012, après son arrivée au camp Liberty. Les médecins irakiens ont confirmé qu’il était mort par manque de sommeil et en raison de fatigue excessive. Suite à l’insistance de M. Kobler, le troisième groupe avait été contraint de quitter Achraf à la hâte dans la nuit du Nouvel An iranien. Les demandes répétées des habitants de retarder le départ de quelques jours n’avaient eu aucun effet sur M. Kobler. Voilà 280 jours que le gouvernement irakien refuse de remettre cadavre de Bardia, mais le rapport ne le mentionne pas.

25 – Le 8 avril 2012, lors de l’inspection des biens du cinquième groupe, les forces répressives irakiennes SWAT ont attaqué des résidents à coups de pierres, de bâtons, de barres de métal et de matraque électrique, et les ont violemment battus. Vingt-neuf résidents, dont plusieurs femmes, ont été blessés. Ces agents ont brisé des pare-brise des véhicules des résidents à coups de pierres et de crosse de fusils. Ils ont éjecté un chauffeur de son camion pour le matraquer et l’ont emmené le front en sang. Ce n’est que plus tard qu’un officier irakien l’a libéré. L’équipe d’observateurs de la MANUI est informée des détails de cette attaque et a interrogé des blessées de cette agression.

Obstacle au transfert et à la vente des biens dans une tentative de pillage systématique
26 –
M. Kobler sait bien que c’est un mensonge que les personnes de ce groupe ou de ceux d’autres groupes ont transféré leurs effets personnels à Liberty. Les résidents ont été seulement en mesure de transférer 5% de leurs effets personnels à Liberty et le gouvernement irakien a empêché le transfert des 95% restants.

27 – Sur leurs 1200 véhicules de passagers, les habitants n’ont été autorisés à en transférer que 30. Or en décembre 2011 et en janvier 2012, M. Kobler avait constamment demandé aux représentants des résidents d’accepter le transfert de 10 voitures en même temps que le premier groupe de sorte que davantage pourrait être transférées avec les groupes suivants. Mais le gouvernement irakien a au contraire interdit le transfert de tous les véhicules après le quatrième groupe.
 
28 – En outre, il avait été un premier temps convenu qu’à chaque convoi, des véhicules utilitaires (camions citernes d’eau, de carburant et d’évacuation des eaux usées) seraient transférés à Liberty. Mais pendant le transfert du 5e convoi à Liberty, le 4 mai 2012, le gouvernement irakien, a renvoyé en toute illégalité, les six véhicule utilitaires à mi-chemin sous les yeux des observateurs de l’ONU. Après quoi, il a été interdit de transférer des véhicules utilitaires à Liberty.

29 – Le rapport ne mentionne pas que les habitants ont été privés de transférer la plupart de leurs réfrigérateurs, 90% de leurs unités de climatisation, la plupart de leurs groupes électrogènes, la plupart de leurs ordinateurs, beaucoup de leurs systèmes de communication, tout leur équipement médical, y compris un dispositif de scanner lié à la santé des habitants, et des centaines d’autres articles nécessaires. Ce sont tous des biens personnels qu’ils ont acheté à leurs propres frais.

30 – Deux conteneurs appartenant aux quatrième et cinquième convois (de la mi-avril et du 4 mai) ont été confisqués par les forces irakiennes sans la moindre raison. Malgré de nombreuses lettres et demandes des résidents et de leurs représentants, ainsi que les nombreuses promesses du Représentant spécial et des responsables de la MANUI, ces deux conteneurs remplis de marchandises légales et non-militaires d’une valeur d’environ 120.000$, restent confisqués par les forces irakiennes.

31 – Les habitants ont non seulement été privés du transfert de leurs biens, mais ils ne sont pas non plus autorisés à les vendre. Dès le début, de nombreux commerçants irakiens ont tenté d’aller à Achraf pour acheter ces biens. Mais les forces irakiennes ont empêché leur entrée dans le camp, et certains ont même été battus et arrêtés. Les représentants des résidents ont à maintes reprises, ainsi que pendant la période de discussion dans ce rapport, fournit au RSSG une liste de marchands désireux d’acheter les biens des résidents. Mais tous ces efforts sont restés vains.

32 – On n sait pas pourquoi le rapport garde le silence sur les efforts systématiques du gouvernement irakien pour voler les biens des habitants. Le 11 octobre 2012, M. Kobler écrivait : « Le gouvernement irakien ne permet que la vente des biens – meubles – (pas de biens immobiliers ni amovibles) si légalement détenus par les habitants. » Cette phrase est tout à fait en violation du droit international et même des lois irakiennes. Ce n’est rien d’autre qu’une formule fantaisiste pour voler les biens des résidents. Se référant à des droits bien connus, les représentants des résidents ont rappelé à M. Kobler et ses collègues que même dans le droit civil irakien, on ne peut nier les droits des résidents d’Achraf sur leurs biens meubles et immeubles. Est-ce que cette question, qui a fait l’objet de centaines de lettres et d’appels téléphoniques avec le RSSG, ne mérite pas une mention dans ce rapport ?

L’eau et l’électricité
33 –
Le rapport a été préparé comme si le gouvernement irakien fournissait 200 litres d’eau par jour à chaque personne dans le camp, et que l’électricité y est fournie 24/24 par 19 générateurs. Or la population civile en Irak n’a qu’à 9 heures d’électricité par jour et chaque Irakien reçoit une moyenne quotidienne de 70 à 90 litres d’eau. Le rapport tente de détourner les efforts inlassables et les dépenses des résidents – qui ont dû affronter les obstacles du gouvernement irakien – pour blanchir la véritable image du gouvernement irakien et du Représentant spécial.

34 – Le gouvernement irakien à ce jour n’a pas fourni aux résidents une seconde d’électricité ni même une seule goutte d’eau. Les résidents ont acquis leur eau et électricité en assumant des coûts montant en flèche. Toutes les promesses verbales et écrites de M. Kobler de connecter l’eau et l’électricité de Liberty au réseau national (y compris les lettres datées du 24 avril et du 28 mai 2012) se sont avérées des promesses purement vides et de véritables mensonges.

35 – Au cours de la période de discussion, alors qu’il faisait une chaleur accablante en Irak, plus de 80 résidents, livrant de pénibles efforts, devaient utiliser un nombre limité de camions-citernes, dont le gouvernement irakien avait autorisés le transfert depuis Achraf, pour aller chercher à 12 km de l’eau pour le camp, ce qui prenait de longues heures.

36 – En ce qui concerne l’électricité, les résidents ont à ce jour versé 3,5 millions de dollars pour acheter du carburant pour maintenir les générateurs usés de Liberty en état de marche – qui consomment deux fois plus de carburant et ne fournissent que 40% de la production – pour les besoins en électricité de Liberty.

37 – Cummins, le fabricant de générateurs d’électricité existants à Liberty, a visité le camp et inspecté les groupes électrogènes, le 30 mai 2012 – soit durant la période concernée par le rapport de la MANUI – et a publié les résultats de son inspection le 28 juillet 2012 sur les 17 groupes électrogènes dans les sept sections de Liberty. Son rapport indique : «Nous avons inspecté 14 générateurs. Cinq générateurs ont des problèmes de moteur ou manque de pièces détachées et sont en panne et ne peuvent être utilisés. Sept générateurs ont besoin d’une révision du moteur et leur efficacité et leur puissance est très faible. La plupart d’entre eux fonctionnent à moins de 50% de potentiel bien que leur utilisation en carburant et huile soit très élevée. Deux générateurs, en raison de problème de radiateur, ne peuvent être utilisés qu’à certaines heures du jour ou de la nuit. »
 
38 – Le rapport ne parle absolument pas du fait que le gouvernement irakien ne permet même pas aux résidents d’acheter du carburant en Irak, et qu’ils sont obligés d’en acheter à des prix beaucoup plus élevés hors pays. De plus, le rapport ne mentionne pas que le gouvernement irakien empêche le transfert de 6 générateurs de 1,5 MW appartenant aux résidents. Ces six groupes électrogènes – avec tous les documents de propriété disponibles et maintes fois envoyés à M. Kobler et à la MANUI – peuvent fournir une plus grande quantité plus sûre d’électricité à Liberty, à des frais beaucoup plus réduits en carburant. Toutefois, le gouvernement irakien est explicitement sur le point de voler ces générateurs puissants, comme d’autres biens des résidents d’Achraf.

Conditions médicales
39 –
Le rapport se dit satisfait des conditions médicales des résidents alors que le blocus médical au cours de cette période a continué à Achraf et Liberty, en plus des nombreuses restrictions mises en place. Dès le départ en 2009, lorsque les Etats-Unis ont transféré la protection des résidents d’Achraf aux forces irakiennes, ces forces se sont emparées de l’hôpital d’Achraf – dont les bâtiments et tout l’équipement ont été acquis aux frais des habitants – et l’ont pratiquement transformé en un centre de torture physique et psychologique pour les malades. Entretemps, elles ont privé les résidents de l’accès libre aux services médicaux en Irak.

40 – Ces conditions se sont détériorées à Liberty. À Achraf, les résidents pouvaient utiliser une partie de l’équipement médical disponible dans leur propre clinique à l’intérieur du camp et grâce aux efforts des médecins d’Achraf, pour dispenser un minimum de soins médicaux aux malades. Toutefois, lors de la réinstallation à Liberty, le gouvernement irakien n’a pas autorisé les résidents à transférer leur matériel médical. Or la lettre de M. Kobler datée du 15 février 2012 aux résidents disait clairement : « Les résidents emporteront leurs équipements médicaux au camp Liberty. » Cependant cette lettre, comme toutes ses autres lettres et promesses, est restée lettre morte sans aucune démarche entreprise.

41 – Les résidents et leurs représentants ont maintes fois demandé à M. Kobler et aux responsables de la MANUI de prendre les dispositions nécessaires pour le transfert d’un scanner périphérique d’Achraf à Liberty, qui est sérieusement nécessaire à leurs patients et aux résidents blessés, d’autant plus que la plupart des 1130 blessés des attaques des forces irakiennes continuent de souffrir de graves douleurs. Les résidents ont même dit qu’ils feraient don de cet appareil au ministère irakien de la Santé une fois qu’ils seraient transférés de Liberty vers des pays tiers. Cependant, leur proposition légitime, logique et humaine a été rejetée.

42 – Le 8 mars 2012, un résident du nom de Nour Mohammad Biranvand, souffrant d’hépatite, a perdu la vie à Achraf en raison du manque d’accès aux services médicaux. Sans aucun doute, si les résidents bénéficiaient d’un accès ouvert aux services médicaux nécessaires et appropriés, comme l’accès aux hôpitaux et aux médecins spécialistes à Erbil, ou étaient autorisés à ce que des médecins d’Achraf et deux infirmières accompagnent les malades, de nombreuses pertes auraient pu être évitées, comme Mohammad Ali Tata’i et Hamdollah Rahmani. Depuis novembre 2009, l’OMPI demande à la MANUI de transférer un certain nombre de résidents gravement blessés et malades, y compris Mohammad Ali Tata’i, en Europe pour des soins médicaux. Aucune mesure n’a été prise.

43 – Des officiers du renseignement de l’armée irakienne accompagnent toujours les malades transportés dans les hôpitaux de Bagdad. En plus du harcèlement, ils interviennent aussi dans divers problèmes médicaux. Ces agents, agissant sous le contrôle du cabinet du Premier ministère irakien, ont le plus souvent entraîné des retards dans le transport des malades de façon à ce que dans de nombreux cas, les malades arrivent tard à leur rendez-vous pour les voir annuler. En outre, dans de nombreux cas, ces agents empêchent les malades d’acheter des médicaments et font irruption dans le cabinet des médecins en pleine visite d’un patient – même de femmes. Les détails de ces conditions sont envoyés à M. Kobler de manière quotidienne. Toutefois, il n’est pas dans son intérêt de soulever ces questions dans le rapport de la MANUI.

44 – Le 23 décembre 2012, exactement deux jours après la publication du rapport semestriel de la MANUI, un habitant de Liberty, Behrouz Rahimian, a perdu la vie à la suite d’un arrêt cardiaque, un mois après que les services de renseignements de l’armée irakienne l’ait empêché d’être hospitalisé à Bagdad. Le 25 novembre 2012, Behrouz avait été hospitalisé d’urgence à Bagdad après une vive douleur à la poitrine. Les médecins avaient voulu le placer en réanimation, mais les agents de renseignement irakiens s’y étaient opposés et avaient fait pression sur les médecins pour qu’ils s’abstiennent. Behrouz, souffrait de puis longtemps d’une maladie cardiaque. Il était suivi par des médecins et prenait un traitement. Il a connu d’autres problèmes en raison du blocus médical inhumain commencé il y a quatre ans. Cependant, grâce aux équipements disponibles à la clinique à l’intérieur d’Achraf et aux efforts des médecins de l’OMPI, Behrouz et de nombreux autres patients bénéficiaient de soins médicaux. Malgré tout, après le départ à Liberty et les obstacles du gouvernement irakien pour le transfert des équipements médicaux des résidents, l’état de Behrouz et de beaucoup d’autres s’est gravement détérioré. Le traducteur de Behrouz avait appelé depuis l’hôpital le chef des observateurs de la MANUI à Liberty pour l’informer de l’état critique de Behrouz, et qu’on l’empêchait d’être hospitalisé. Malheureusement, aucune mesure n’a été prise et Behrouz a été renvoyé à Liberty en proie à une grave douleur cardiaque avec quelques médicaments.

Possibilités de construction, installations récréatives
45 –
Le rapport déclare que Liberty dispose de « nombreux espaces de loisirs ». Quiconque est allé au camp Liberty sait qu’il est dépourvu de toute sorte d’aménagement de loisirs, comme des terrains de sport. Pour construire un mini terrain de football, les résidents ont dû ramasser toutes les pierres et le gravier et creuser le terrain environnant pour déplacer 25 mètres cubes de terre afin de la répandre sur le sol et de l’élever de 10 centimètres au-dessus du gravier.

46 – L’entrée d’engins d’ingénierie dans le camp, même de pelles et de tenailles, pour ce genre activités est interdite. Ce travail qui avait été effectué avec des engins appropriés à Achraf en seulement deux ou trois jours, a pris plusieurs mois à Liberty. Les protestations et les efforts des résidents, et leurs demandes à la MANUI pour avoir ces machines transférées d’Achraf à Liberty, ont toutes été vaines.

47 – Dans un autre mensonge, le rapport affirme que «les résidents sont libres d’entreprendre des projets de rénovation avec l’approbation de la direction du camp» et «ils sont également libres d’amener des entrepreneurs externes pour mettre en œuvre ces projets, avec l’accord de la direction du camp ». Or au bout de près d’un an, les habitants n’ont pas été autorisés à construire des bâtiments ou des installations pour les malades. Le gouvernement irakien empêche même la construction d’une verrière. Après les premières pluies d’automne en novembre cette année, l’eau a littéralement englouti tout le camp et les déplacements sont devenus très difficiles pour la plupart des habitants, en particulier pour les malades. Ne pas permettre le transfert des camions-citernes et des véhicules des eaux usées d’Achraf à Liberty a rendu l’élimination de l’eau de pluie du camp beaucoup plus difficile.

48 – Le rapport ne mentionne pas non plus les nombreux cas où les aliments achetés par les résidents sont maintenus hors du camp. Ces mesures rendent une grande partie de la nourriture avariée et la rendent immangeable.

Tout ceci n’est qu’une petite partie des réalités irréfutables démontrant combien ce rapport semestriel de la MANUI est partial, combien il blanchit le gouvernement irakien et ses forces répressives et comment il a été préparé pour justifier le transfert forcé des résidents d’Achraf et leur envoi à la prison de Liberty. Ce rapport se moque de toutes les normes des Nations Unies et toutes les valeurs sur lesquelles cette organisation a été édifiée pour les défendre. Il ouvre la voie à l’intensification de la répression des résidents d’Achraf et de Liberty et aux violations de leurs droits.

La Résistance iranienne appelle à nouveau le Secrétaire général de l’ONU à empêcher un autre massacre par les forces irakiennes à la demande du régime iranien et à éviter la violation des valeurs des Nations Unies pour des objectifs politiques en nommant un représentant impartial et compétent pour Achraf et Liberty, acceptable par toutes les parties et à ne pas laisser les Nations Unies et son Représentant spécial préparer davantage le terrain à la répression des opposants au fascisme religieux au pouvoir en Iran.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 25 décembre 2012

 

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