De David R. Sands
The Washington Times Un haut diplomate américain auprès de lorgane de surveillance nucléaire de lONU a déclaré hier quil y avait peu despoir que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad abandonne ses programmes pouvant mener au développement de larme nucléaire.
« Nous ne devons pas nous faire dillusions. Le président dIran nest pas quelquun qui se laisse influencer par les démarches diplomatiques normales », a affirmé lambassadeur Greg Schulte, représentant des Etats-Unis à lAgence internationale de lEnergie atomique (AIEA) située à Vienne, en Autriche.
Mais M. Schulte, qui sest adressé à des journalistes et des experts pendant une visite à Washington, a déclaré que le régime islamique dIran était lui aussi divisé au sujet du conflit nucléaire et que les USA et ses alliés devaient montrer clairement à lIran la voie pour revenir sur sa position.
Bien que le président radical iranien « veuille une crise », le gouvernement américain et ses partenaires « doivent bien lui faire comprendre à lui et au gouvernement quune voie meilleure existe », a dit Schulte.
Les diplomates dAllemagne et des cinq puissances membres permanents du Conseil de Sécurité de lONU (les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine) doivent se réunir une fois de plus la semaine prochaine en Europe afin de se mettre daccord sur une stratégie alternant le bâton et la carotte et visant à pousser lIran à abandonner ses ambitions nucléaires, a déclaré hier le porte-parole du département dEtat, Sean McCormack.
Des émissaires canadiens, italiens et japonais doivent aussi se joindre aux négociations.
Les hauts responsables américains affirment que des progrès ont été faits lors du meeting de mercredi à Londres sur les grandes lignes de loffre à Téhéran, mais que des discussions supplémentaires étaient encore nécessaires. Cette série de mesures et de sanctions a pour objectif de faire cesser lenrichissement duranium en Iran, pouvant mener à la production soit dénergie électrique, soit de la bombe nucléaire.
Hier soir, le président Bush a déclaré quil prévoirait des mesures avantageuses pour lIran sil acceptait de revenir à une suspension de ses activités denrichissement nucléaire, qui selon les Etats-Unis sont destinées à la production darmes atomiques.
M. Bush, lors dun point presse à la Maison Blanche aux côtés du Premier ministre britannique Tony Blair, a affirmé quils avaient passé beaucoup de temps à discuter dune stratégie pour résoudre la crise nucléaire iranienne.
LIran insiste sur le fait que son programme a pour unique objectif de répondre aux besoins en énergie civile et pacifique du pays, mais le conseil des 35 nations de lAIEA a estimé que Téhéran avait refusé de coopérer avec les inspections et la vérification des programmes nécessaires pour valider ces allégations.
Le chef de lAIEA, Mohamed ElBaradei, qui a briefé les hauts responsables de ladministration Bush cette semaine, va informer également les membres du conseil de lAIEA lors dune réunion le 12 juin à Vienne sur la coopération de lIran, a annoncé M. Schulte.
« A ce stade, je ne pense pas que [M. Elbaradei] ait beaucoup de choses à nous apprendre », a-t-il dit.
Sur dautres questions, M. Schulte :
A nié quun projet daccord nucléaire civil entre les USA et lInde, qui na jamais signé le Traité de Non-prolifération, ait nui à la campagne de Washington contre lIran. « Jentends cet argument beaucoup plus souvent à Washington quà Vienne », a-t-il dit.
Il a déclaré que les 30 nations membres du Groupe de fournisseurs nucléaires, qui doivent approuver certaines parties de laccord spécial avec lInde, ont exprimé leur soutien pour cet accord lors de leur dernière réunion.
A affirmé que les Etats-Unis et ses alliés espéraient présenter un projet au meeting du conseil de lAIEA en juin qui garantirait un approvisionnement en combustible nucléaire pour les pays qui acceptent de ne pas enrichir duranium sur leur propre sol, avec un assentiment éventuellement avant la fin de lannée.
A déclaré que les inspecteurs de lAIEA avaient jugé les scientifiques nucléaires iraniens « techniquement compétents » et « motivés », mais a ajouté quils ne pouvaient déterminer de manière définitive et rapide quand lIran serait capable de produire larme nucléaire.
« Toute personne donnant un calendrier exact à ce sujet ne sait probablement pas de quoi elle parle », a-t-il dit.
Nicholas Kralev a contribué à la rédaction de cet article.

