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Transferts massifs et organisés d’argent et d’armes du régime de l’Iran en Irak

CNRI – Conférence de presse de Mohammad Mohadessine, président de la Commission des Affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne donnée à Paris le 26 janvier 2007 sur l’ingérence du régme iranien en Irak :

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de l’ingérence du régime des mollahs en Irak. A ce propos, je souhaite vous présenter un certain nombre de documents qui en montrent l’étendue, une liste de près de 32.000 individus en Irak qui reçoivent un salaire mensuel du régime des mollahs. Il s’agit de salariés de la Force Qods qui est très impliquée dans les actions terroristes en Irak. Ces documents ultrasecrets du corps des gardiens de la révolution (pasdarans), nous sont parvenus grâce aux sources de la Résistance iranienne à l’intérieur de l’Iran.

Quelques remarques sur cette liste :

1) Cette liste contient les noms de 31.690 Irakiens qui sont pour la plupart des membres de la Brigade Badr, un organe affilié au Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII). Vous verrez que chaque personne possède un nom irakien, mais aussi iranien. Ils font partie des effectifs de la force Qods des pasdaran entièrement affectée aux opérations à l’extérieur du territoire iranien.

2) Ce document indique pour chaque personne : son numéro de registre, le numéro de son compte bancaire et le montant de son salaire mensuel en rial iranien.

3) Ce document contient des informations sur les recrues de la Force Qods, leur date d’entrée dans la Brigade Badr, le nom de l’unité où l’individu travaillait en Iran, son grade militaire et son numéro dans le registre des effectifs de la Force Qods. Je précise que cette liste contient les noms des individus enrôlés par la Force Qods en Iran. Cette liste ne contient donc pas les noms des personnes enrôlées en Irak ces quatre dernières années. Le nombre des mercenaires qui travaillent en Irak pour le compte du régime iranien est bien plus élevé.

4) Depuis le retour de ces personnes en Irak et jusqu’à ce jour, le régime des mollahs n’a cessé de leur verser un salaire mensuel.

5) En observant cette liste, on constate que Téhéran compte des mercenaires dans toutes les provinces importantes de l’Irak et que ses agents sont actifs dans tout le pays. Peu après la chute de l’ancien régime en 2003, ces personnes ont franchi la frontière irano irakienne collectivement et de façon organisée, sous la direction de hauts commandants de la Force Qods : Ghassem Soleimani, Iradj Masdjedi, Ahmad Forouzandeh et Hamid Taghavi.

6) Ces individus ont beaucoup d’influence au sein des organes gouvernementaux et en particulier, au sein des services de sécurité. En août 2005, ce sont eux qui ont kidnappé deux membres de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (MM. Hossein Pouyan et Mohammad-Ali Zahedi). Après leur enlèvement, ils ont été transférés dans le bâtiment du ministère irakien de l’Intérieur. Ils ont ensuite été transférés vers un endroit inconnu et on est sans nouvelle depuis. Par ailleurs, les agents du régime des mollahs en Irak ont commis un attentat contre un autocar d’ouvriers irakiens travaillant dans la ville d’Achraf qui a fait onze morts et de nombreux blessés. Par ailleurs, les agents du régime iranien en Irak ont fait exploser à plusieurs reprises les canalisations d’approvisionnement d’eau potable de la Cité d’Achraf.

7) Un certain nombre d’individus mentionnés sur cette liste jouent des rôles politiques importants en Irak. Bien qu’ils soient des autorités et des responsables politiques hauts placés en Irak, ils reçoivent un salaire mensuel du régime des mollahs. A titre d’exemple, Abdelaziz Hakim qui entretient une relation spécifique avec le régime de Téhéran, reçoit régulièrement de l’argent sur des comptes bancaires spéciaux.

8) Le nombre des représentants du guide suprême au sein de la Brigade Badr s’élève à 481. Certains occupent des postes majeurs au sein du gouvernement ou du parlement irakien. Les noms de plusieurs d’entre eux figurent sur cette liste.

9) Certains individus sur cette liste ont été mutés. Après avoir été membre de la Brigade Badr, ils ont été transférés vers d’autres services, par exemple, vers le ministère des renseignements du régime iranien ou vers la Force Qods pour des activités extraterritoriales.

10) La Brigade Badr dispose de plusieurs centres en Iran. Ces centres sont chargés de coordonner les affaires des membres de la Brigade Badr, notamment l’organisation de leurs déplacements en Iran.

Pour obtenir ces informations et ces documents, les membres des réseaux de la Résistance iranienne ont dû faire face à d’énormes dangers. Nous avons jugé qu’il était très important de rendre publique ces informations pour dévoiler les complots du régime iranien en Irak.

Informations sur la procédure des transferts d’argent de l’Iran vers l’Irak.

1) Quand les membres de la Brigade Badr et d’autres partis irakiens se trouvaient en Iran, leur budget et leur salaire étaient payés par le commandement des Forces armées du régime iranien, par l’intermédiaire de la Banque Sepah, mais aussi de la banque Ansar-ol-Modjahidines. Depuis le départ des effectifs de la Brigade Badr vers l’Irak, leur budget et leur salaire sont payés par la Force Qods au titre de "Crédits, budget et salaires des forces extraterritoriales".

2) Pour le transfert d’argent, des agents de la force Qods transportent les fonds jusqu’à la ville de Mehran située à proximité de la frontière irakienne. Là bas, ils remettent les fonds à d’autres agents de la Brigade Badr. Pour ne pas éveiller de soupçons, les sommes en liquide sont transportées dans des sacs banalisés qui ressemblent à des sacs de vêtements. Les agents de liaison, transportent ces sommes jusqu’au bureau de CSRII dans le quartier de Jaderyieh à Bagdad.

3) Le responsable financier du CSRII s’appelle Abou Kowsar. Il est actuellement le responsable financier de Djaderieh et va personnellement au bureau d’Abdelaziz Hakim pour réceptionner des sommes d’argent.

4) Lorsque les fonds arrivent à Bagdad, les responsables des unités de la Brigade Badr en sont informés. Ils viennent réceptionner les fonds pour les emporter dans leurs provinces et les distribuer sous le contrôle des commandant de la Brigade Badr.

5) Le service des ressources humaines de la Brigade Badr a mis en place dans chaque ville d’Irak des centres de payement des salaires de ses membres.

6) Les services financiers de la Brigade Badr de la force Qods (dirigé par un général des pasdarans nommé Allah-Yari) entretiennent des relations étroites. L’agent de liaison s’appelle Naghdi. Egalement, le service des finances de la Brigade Badr reçoit de la Force Qods des sommes destinées à d’autres usages que le paiement des salaires.

7) Dans certains cas, lorsque de hauts responsables de la Brigade Badr et du CSRII vont de l’Iran en Irak, ils transportent les fonds directement avec eux. A titre d’exemple, en septembre 2003, les salaires de six mois du personnel de la Brigade Badr et du CSRII ont été remis à Téhéran par la Force Qods à Abdelaziz Hakim, Seyed Bagher Hakim et Abou Hassan Ameri (le commandant de la Brigade Badr).

8) Il faut savoir que par ailleurs, le régime des mollahs envoie chaque mois des millions de dollars en Irak pour y financer des réseaux terroristes que dirige le régime. Une grande partie des sommes destinées aux actions terroristes en Irak, transite par la ville d’Ahwaz et par le point de passage de la frontière située près de Chalamtcheh. Selon les informations qui nous sont parvenues, des sacs contenant plusieurs millions de dollars ont été introduits en Irak par ce poste frontalier.

Trafics d’armes et de munitions :

Des armes et des munitions destinées à ces réseaux sont introduites en Irak de différentes manières. Je vais vous présenter ici quelques unes des méthodes utilisées pour faire passer des armes depuis l’Iran jusqu’à ces groupes terroristes.

Par l’intermédiaire d’un centre lié à la Force Qods et situé dans la ville de Nadjaf:

Les armes sont transportées de la façon suivante : le général des pasdarans Modjtaba Abtahi définit les missions et les plans de transfert à partir de la caserne Fajr qui est un important centre de commandement de la Force Qods situé à Ahwaz au sud de l’Iran. Hamid Hosseini, le responsable d’un centre lié à la Force Qods à Nadjaf, envoie à la frontière de Chalamtcheh un véhicule spécial dans lequel des emplacements sont aménagés pour y cacher des armes. L’équipe charger de transporter les armes va jusqu’à la frontière à Chalamtcheh.

Au point de contrôle à la frontière, en coordination avec les agents du contrôle des frontières qui font partie du personnel de la Brigade Badr, le véhicule obtient l’autorisation d’entrer sur le territoire iranien et va jusqu’à la caserne Fajr. Là, des armes et des sommes d’argent sont cachées dans le véhicule qui est ensuite escorté par des forces armées du régime iranien jusqu’à la frontière. Grâce à la complicité des agents de la Brigade Badr, le véhicule ne rencontre aucune difficulté pour franchir la frontière et se déplacer en Irak.

Pour ces transferts d’armes, à chaque fois un véhicule différent est utilisé. La personne qui est actuellement responsable du point de passage de la frontière à Chalamtcheh s’appelle Ahmad Sami Abdelmadjid Al-Helali. Son nom iranien est "Ahmad Helali", on le surnomme aussi : "Abou Madjed Al-Basri". Dans le passé, il a été pendant longtemps en Iran membre de la Brigade Badr et de la Force Qods. Son numéro de registre sur la liste des salariés de la Force Qods est le 1202. Son salaire mensuel est de 2.407.261 rials iraniens.

Des "charges explosives directionnelles" sont introduites en Irak par les voies suivantes :

Des armes et des munitions sont introduites en Irak notamment en coordination avec la caserne Fajr et à partir des points de passage de la frontière à Boustan, Howeizeh et Hourolazim situé dans la province de Meissan (cf. la photo des points de passage de la frontière dans la province de Meissan et à proximité de Bassora).

A titre d’exemple, en novembre 2006, un des chefs de réseaux en relation avec un commandant de la Brigade Badr à Bagdad a reçu une de ces charges explosives. Elle a été utilisée dans un attentat qui le 12 novembre 2006 à 10 heures du soir dans une rue principale, la rue Choleh (en face des rue Djavadieh et Rahmanieh). Cet attentat a visé une colonne des forces de la coalition et causé la mort de cinq soldats de la Coalition.

Il est à noter que beaucoup de ces charges explosives sont expédiées vers l’Irak depuis la caserne Fajr.

Les charges directionnelles sont produites en Iran sur un site de l’industrie d’armement  situé à Lavizan (au nord de Téhéran). Ce site est composé de trois unités de production : l’unité industrielle Sattari, l’unité industrielle Sayyad Chirazi et l’unité industrielle Chiroudi. Chacune de ces unités est spécialisée dans la fabrication d’une catégorie de bombe.
 
La Force Qods a des relations directes avec l’unité de production Sattari et lui adresse ses commandes. Pour des raisons de confidentialité, le nom de la Force Qods n’est jamais mentionné sur les carnets de commande (sur les autres carnets de  commande, on précise que le matériel a par exemple été commandé par l’armée de terre, l’armée de l’air, etc.). Il y a des noms de code pour les armes ou explosifs commandés.

Les charges directionnelles avec une puissance de destruction élevée sont commandées à l’unité de production Sattari par la Direction des opérations de la Force Qods. Ces bombes sont fabriquées en plusieurs modèles et par plusieurs procédés de fabrication. La personne chargée de coordonner ces projets au sein de l’unité de production Sattari est un ingénieur qui s’appelle Rahimi. Il s’agit  du directeur adjoint de cette unité de production.

Des armes sont également introduites en Irak sous couvert des activités de construction et de restauration des lieux saints chiites. Après la chute de l’ancien régime en Irak, le régime iranien a créé un organe dont la couverture est la restauration des lieux saints chiites. Beaucoup de commandants de la Force Qods et des gardiens de la Révolution utilisent cette couverture pour se déplacer en Irak sans difficulté. Cet organe travaille en coordination étroite avec des autorités locales liées au régime iranien. Elles délivrent des autorisations qui permettent à ces convois de circuler librement depuis l’Iran, jusqu’à Nadjaf, Karbala et Bagdad. Sous cette couverture, la Force Qods transporte sans encombre en Irak des chargements contenant des armes destinés aux groupes qui lui sont liés. Beaucoup d’armes sont ainsi transportées sous la coordination du général des pasdaran Mansour Haghighatpour, commandant de la "Brigade des Lieux Saints" au sein de la Force Qods. Cet individu a longtemps travaillé dans des réseaux terroristes du Hezbollah en Turquie. Sous couvert d’activités de reconstruction, il fait passer des armes vers l’Irak en les dissimulant sous les chargements des camions qui transportent des matériaux de construction.

Un des responsables de ce réseau est un membre des pasdarans nommé Khosravi. Il est notamment en charge des relations avec les autorités irakiennes. Une unité appelée "Centre de soutien au peuple opprimé d’Irak" a été installée dans la ville de Karbala. Ce centre dispose de 30 à 50 agents basés aux points de passage de la frontière à Mehran et à Chalamtcheh. Les activités concernant le passage de la frontière. Les activités de contrebande des pasdarans en Irak sont notamment menées par ces agents.

La Brigade des Lieux Saints est utilisée comme une couverture pour faciliter les déplacements des agents de la Force Qods dans les principales villes d’Irak, notamment : Bassora, Amareh, Nasseriya, Divaniya, Nadjaf, Karbala, Kout et Bagdad.

Quelques remarques sur la situation politique :

Il ne s’agit là que d’une infime partie de l’ingérence du régime des mollahs en Irak.

Le régime des mollahs est de plus en plus confronté à des crises à l’intérieur de l’Iran et à une isolation sans précédent à l’intérieur de la société iranienne. Pour assurer sa survie, ce régime doit étendre son intégrisme à toute la région. La première étape de son projet consiste à installer en Irak une théocratie satellite. Le régime des mollahs veut réaliser ce projet en Irak en ayant recours à tous les moyens. Beaucoup de personnalités politiques irakiennes ont souligné que ce pays souffre de deux occupations et que le véritable occupant en Irak, c’est le régime des mollahs.

A l’heure actuelle, l’Irak est la scène d’une confrontation entre deux forces : d’un côté une alternative démocratique, et de l’autre une alternative intégriste et extrémiste, organisée, dirigée et soutenue financièrement, militairement et politiquement par le régime iranien.

En été dernier, plus de 5,2 millions de citoyens irakiens issus de diverses communautés et couches de la société irakienne ont signé une déclaration dans laquelle ils ont affirmé que la seule solution pour sortir de cette situation était l’instauration d’une véritable démocratie en Irak et l’expulsion de tous les agents du régime iraniens de ce pays. Les signataires de cette déclaration ont par ailleurs exprimé leur soutien à l’égard de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran en soulignant qu’ils sont le meilleur rempart contre l’intégrisme et le terrorisme des mollahs en Irak
 

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