
Un rapport choquant publié par le quotidien d’État Farhikhtegan le 19 août 2025 a révélé l’état déplorable des écoles publiques iraniennes : « Les élèves ayant une moyenne inférieure à 16 n’auront pas de place à l’école cette année.»
Il ne s’agit pas d’une décision isolée prise par un directeur d’école incontrôlable. Elle reflète une politique étatique bien plus profonde, où l’éducation n’est plus considérée comme un droit universel, mais comme un privilège réservé à l’élite.
Partout dans le pays, de Téhéran à Hormozgan, des grandes villes aux régions pauvres, les mêmes histoires se répètent. Des enfants sont exclus des salles de classe, soit parce que leurs notes sont inférieures à des seuils arbitraires, soit parce que leurs familles ne peuvent pas assumer les coûts cachés et les « frais » supplémentaires exigés par l’administration. Les familles qui devraient se concentrer sur l’avenir de leurs enfants sont contraintes à des négociations humiliantes en coulisses, confrontées à des excuses illégales et à des extorsions pour obtenir des paiements supplémentaires.
Politique de l’État et inégalités en matière d’éducation
Les responsables scolaires justifient ces exclusions par des capacités limitées et une forte demande. Comme l’explique Hossein Sistani, expert en éducation : « Si une école a une capacité d’accueil de 70 élèves mais que 100 élèves postulent, le directeur préférera accepter les 70 meilleurs.»
Pourtant, ces justifications ne font que masquer le programme délibéré du régime : forcer les familles à se tourner vers des écoles privées coûteuses et transformer l’éducation en marchandise. Même Sistani a admis : « La politique du pays s’est orientée vers le renforcement des écoles privées. »
Cet aveu montre clairement que l’expulsion silencieuse des élèves les plus faibles et les plus pauvres n’est pas un accident, mais le résultat logique d’une politique systématique visant à protéger les intérêts de classe et le contrôle politique. En canalisant les ressources vers des établissements privés, le régime a de fait privatisé l’éducation, marginalisant les plus démunis et transformant les écoles en instruments d’inégalité.
Ces politiques sont non seulement anti-étudiantes, privant les plus vulnérables de leur soutien le plus élémentaire, mais aussi anti-iraniennes, bafouant le droit universel à une éducation égale.
Conséquences sociales : Abandons scolaires et divisions de classe
Ce processus de sélection discriminatoire a des conséquences dévastatrices. Les élèves expulsés ou rejetés sont directement exposés au décrochage scolaire, à la démotivation et à une plus grande vulnérabilité aux préjudices sociaux.
Pendant ce temps, les familles aisées peuvent placer leurs enfants dans des écoles privées coûteuses, tandis que les plus pauvres sont condamnés à l’exclusion. L’éducation, censée être le grand égalisateur, devient au contraire un mécanisme de division, reproduisant les inégalités de classe et perpétuant l’injustice.
Le rapport Farhikhtegan révèle que l’exclusion des élèves n’est pas seulement un échec managérial, mais s’inscrit dans une politique délibérée, alignée sur les intérêts idéologiques et de classe du régime. Lorsque le droit fondamental à l’égalité en matière d’éducation est bafoué, le message est clair : ce régime ne cherche pas à former des citoyens informés, mais à façonner la société par la discrimination, le contrôle et l’élimination.
Chaque enfant laissé devant les portes de l’école devient un acte d’accusation vivant contre ce régime anti-peuple et anti-iranien. Il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais de preuves croissantes d’une attaque systémique contre l’avenir de la nation. En privant l’Iran d’éducation, le régime détruit le capital humain et sape sa jeunesse, la force même qui a toujours été à l’avant-garde de la résistance.
Cette discrimination structurelle est non seulement injuste, mais dangereuse pour le régime lui-même. Chaque élève exclu a le potentiel de devenir un rebelle, alimentant une nouvelle génération de résistance. L’histoire montre que les étudiants ont joué un rôle décisif dans la révolution anti-monarchique de 1979. Les scènes héroïques des soulèvements étudiants peuvent à nouveau se reproduire dans les rues iraniennes. La réalité est flagrante: un régime qui nie même le droit fondamental des enfants à l’éducation ne peut prétendre garantir la dignité et la justice au peuple iranien. Sa destruction délibérée de l’avenir de la nation ne fera qu’accélérer sa chute.

