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Iran : le scandale de la corruption des plus hauts responsables du régime aggrave les luttes intestines

Iran : le scandale de la corruption des plus hauts responsables du régime aggrave les luttes intestines

Rohani et Larijani dévoilent le rôle des factions rivales dans le détournement des 2,8 milliards de dollars de Babak Zanjani

Les luttes intestines du pouvoir des mollahs au sujet de détournements massifs et du pillage des richesses de la nation iranienne, ont atteint un nouveau palier avec de révélations et de contre-révélations des responsables du régime. La récente altercation concerne les relations douteuses des deux factions du régime avec l’ancien magnat du pétrole Babak Zanjani.

Ce dernier, arrêté en 2013, a été condamné à mort pour avoir volé 2,8 milliards de dollars en vendant du pétrole sur le marché noir. Zanjani prétend cependant avoir rendu l’argent.

Le président du régime, Hassan Rohani, a déclaré le 28 décembre à ce sujet : « Avec tous les systèmes de contrôle à travers le pays, comment une seule personne peut détourner trois milliards de dollars? Où était-il rattaché ? Qui le soutenait ? Qui étaient ses partenaires ? La question de savoir où est passé l’argent est le principal problème soulevé ».

Rohani a ensuite accusé le cabinet de l’ancien président des mollahs, Mahmoud Ahmadinejad d’avoir joué un rôle dans ces détournements de fond, mais a ajouté que le pouvoir judiciaire actuel, connu pour agir sur ordre du Guide Suprême Ali Khamenei, aurait prononcé une sentence de mort contre Zanjani pour couvrir les traces de ceux impliqués en coulisse. « Dès le début de cette affaire, j’ai suggéré que cette personne soit remise au ministère du Renseignement pour que toutes les informations à ce sujet soient révélées, pour que l’affaire soit traitée correctement et ensuite transmise au pouvoir judiciaire. Pour une raison ou une autre, cela n’a pas été approuvé », a déploré Rohani. (La chaîne IRIB, le 28 décembre 2016)

Le chef du pouvoir judiciaire, Sadegh Larijani, a répondu le 2 janvier, accusant le cabinet Rohani de collaboration avec Zanjani. « Bon nombre des griefs soulevés par Zanjani n’ont pas été rendus publics afin de maintenir le respect de certaines personnes (…) il dit avoir offert des millions pour l’élection présidentielle (en faveur de Hassan Rohani). » « Maintenant vous dites qu’il faut examiner cette affaire plus en détails, bien, nous n’avons aucune objection à cela », a-t-il menacé.

« Les traces de l’argent fourni peuvent être facilement trouvées à la Banque centrale et au ministère des Affaires étrangères. Le cabinet doit être tenu responsable. Nous sommes les plaignants et nous devons savoir où et dans quel pays ces argents ont été envoyées par la Société Niku, agissant sous l’autorité de la compagnie pétrolière de l’Etat ? Il y a trois ans nous avions dit cela au cabinet, pourtant ils n’écoutent pas », a ajouté Larijani, accusant le cabinet de Rohani de ne pas coopérer avec l’enquête. (Le journal Pars
, affilié à la faction de Khamenei, le 2 janvier 2017)

Le Mollah Mohseni Ejei, porte-parole et premier adjoint du pouvoir judiciaire, a tenu une conférence de presse deux jours plus tard, accusant le cabinet de Rohani de dissimuler la vérité. Dans ses déclarations, il a fait la lumière sur l’arrestation de « hauts responsables et leurs proches, dans une dette allant de six à dix milliards de rials (environ 170 à 285 millions de dollars) ». Il a ajouté qu’il ne pouvait malheureusement pas révéler leurs noms : « Ces individus cherchent à exercer une pression sur le pouvoir judiciaire pour nous obliger à mettre fin à notre lutte contre les hauts responsables. »

Babak Zanjani, 43 ans, est un homme d’affaires novice qui a récolté des milliards de dollars en richesses personnelles au cours d’une décennie de relations avec les responsables du régime. Les révélations et les contre-révélations des factions rivales montrent clairement qu’il était l’intermédiaire du régime pour la contrebande de pétrole, le blanchiment d’argent et le contournement des sanctions. Il a également facilité les détournements de fonds massifs des factions dirigeantes du régime. Il a reçu le prix de « meilleur entrepreneur » de la part des anciens présidents iraniens Rafsanjani et Khatami.

En 2013, le Département du Trésor américain a sanctionné Zanjani pour avoir aidé le régime à contourner les sanctions. Le Trésor britannique et l’Union Européenne leur ont également emboité le pas et sanctionné Zanjani en 2014.

Il convient de noter que l’affaire Zanjani n’est qu’un exemple des milliards détournés par les factions mafieuses au pouvoir en Iran. Rafsanjani a révélé que 800 milliards de dollars des richesses de la nation iranienne ont été pillés pendant le mandat d’Ahmadinejad.

« La corruption systématique et généralisée a engouffré tout le système, s’infiltrant dans tous les rangs et toutes les secteurs du pays comme des termites », a déclaré le premier vice-président des mollahs, Es’haq Jahangiri. (Médias iraniens, le 7 novembre 2016)

Ces pillages colossaux interviennent alors que ces derniers jours la diffusion d’images et de rapports sur des milliers de « squatteurs de tombe » et autres sans-abri iraniens dormant dans les cimetières et dans la rue, ou de parents incapables de joindre les deux bouts sont acculés à vendre leurs nouveau-nés, ont provoqué la colère générale de la population iranienne et les réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias ont terrifié le régime.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
7 janvier 2017