lundi, décembre 5, 2022
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Selon les Américains, les Iraniens capturés sont responsables d’attaques

Par Sabrina Tavernise 
  
The New York Times – L’armée américaine a déclaré mardi qu’elle avait en sa possession des preuves crédibles établissant un lien entre des Iraniens et leurs associés irakiens, détenus depuis des raids menés la semaine dernière, et des activités criminelles, en particulier des attaques contre les forces américaines. Ces preuves révèlent également que certains détenus étaient responsables d’approvisionnement d’armes destinées à des groupes clandestins armés en Irak.
 

Dans le premier communiqué officiel confirmant les raids de la semaine dernière, l’armée a annoncé avoir confisqué des cartes, des vidéos, des photographies et des documents dans un des raids à Bagdad. L’armée a confirmé l’arrestation de cinq Iraniens et déclaré que trois d’entre eux avaient été libérés.
 
Le gouvernement de Bush présente les deux Iraniens encore détenus mardi soir    comme de hauts officiers militaires. Le général William Caldwell IV, porte-parole en chef du commandement américain, a affirmé que pendant le raid, l’armée avait « obtenu des informations spécifiques de sources très crédibles établissant un lien entre les individus et les sites et des activités criminelles contre des civils irakiens, les forces de sécurité et les membres de la force de coalition ».
 
Le général Caldwell a fait ces commentaires par e-mail en réponse à une interview sur ces raids qui ont été annoncés lundi dans le New York Times. « Certaines des ces informations spécifiques, a-t-il dit dans son e-mail, portaient explicitement sur des questions de protection, et même d’attaques contre les forces MNF-I. »
 
MNF-I veut dire Force multinationale – Irak, nom officiel donné aux forces étrangères menées par les Etats-Unis et présentes dans le pays.
 
Les dirigeants américains ont toujours pensé que le gouvernement iranien intervenait en Irak, mais ces arrestations, ayant eu lieu dans l’enceinte d’un des leaders politiques chiites les plus puissants d’Irak, étaient les premières depuis l’invasion américaine fondées sur des preuves établissant un tel lien.
 
Ces raids menacent de déstabiliser l’équilibre délicat de la relation à trois entre les USA, l’Irak et l’Iran. Ces derniers mois, le gouvernement irakien a entrepris d’énormes efforts pour obtenir la coopération de l’Iran en matière de sécurité et ces arrestations d’Iraniens ont des chances de gâcher ces efforts.
 
Certains Irakiens mettent en question le moment choisi pour ces arrestations, suggérant que l’administration Bush avait des motifs politiques. Ces arrestations ont eu lieu à peine quelques jours avant que le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopte une résolution imposant des sanctions contre l’Iran pour son refus de suspendre l’enrichissement d’uranium.
 
L’administration Bush refuse d’ouvrir des négociations avec l’Iran sur l’Irak.
 
Le gouvernement irakien reste silencieux à propos de ces arrestations, mais mardi soir, des hauts responsables ont parlé d’intenses négociations secrètes menées par le gouvernement irakien et son élite politique fragmentée sur la manière de gérer la situation.
 
Le président irakien, Jalal Talabani, avait invité ces deux Iraniens lors de sa visite à Téhéran, a affirmé son porte-parole dimanche, mais mardi, plusieurs officiels irakiens ont commencé à mettre en doute le fait que M. Talabani ait bien lancé cette invitation. Son bureau n’était pas disponible pour des commentaires mardi soir.
 
« Nous savons quand ils les ont arrêtés qu’ils étaient en train de faire quelque chose », a affirmé un haut responsable irakien, qui a ajouté que les Iraniens ne semblaient pas officiellement faire partie du gouvernement.
 
Certains dirigeants politiques ont suggéré que ces arrestations avaient pour but de saboter les efforts des Irakiens pour traiter avec l’Iran de manière isolée en faisant passer les Irakiens pour des gens faibles.
 
Mais l’armée semblait certaine de qui elle avait trouvé, et quoi.
 
A environ 7 heures du soir mercredi, l’armée a stoppé une voiture à Bagdad et appréhendé quatre personnes, trois Iraniens et un Irakien. L’armée a relâché deux d’entre eux vendredi et les deux autres dimanche soir, selon le général Caldwell. L’ambassade iranienne a confirmé ces libérations.
 
Mais le raid le plus significatif a eu lieu avant l’aube le matin suivant, lorsque les forces américaines ont fait une deuxième descente à un autre endroit, a affirmé le général. L’armée l’a décrite comme « un site à Bagdad », mais a refusé de fournir plus de détails sur sa localisation exacte.
 
Les dirigeants irakiens ont affirmé la semaine dernière que ce site était le repaire d’Abdul Aziz al-Hakim, un des plus puissants leaders politiques chiites en Irak, qui a rencontré le président Bush à Washington il y a trois semaines. Le porte-parole de M. Hakim a déclaré qu’il n’était pas informé de ce raid.
 
Une lecture attentive du communiqué du général Caldwell indique clairement cependant que la localisation elle-même revêtait une importance capitale. L’armée a réuni « des informations spécifiques de sources très crédibles établissant un lien entre les individus et les sites et des activités criminelles ». Les victimes de ces crimes étaient des civils irakiens, les forces de sécurité et les Américains.
 
Dans ce raid, les forces américaines ont appréhendé dix hommes, deux d’entre eux étant des Iraniens. Ils ont saisi des documents, des cartes, des photographies et des vidéos sur le site, selon l’armée. Mais celle-ci a refusé de dire précisément ce que ces objets montraient et n’a pas non plus spécifié si les Iraniens eux-mêmes étaient suspectés d’avoir attaqué des Américains, ou si les Irakiens arrêtés avec eux étaient suspectés, ou si les deux groupes l’étaient.
 
Certains Irakiens ont mis en doute les motifs des Américains, affirmant que l’opération semblait destinée à embarrasser M. Hakim, force motrice d’un nouveau groupe politique soutenu par les Etats-Unis, afin d’éloigner les militants du processus politique.
 
Un dirigeant irakien a suggéré que le tuyau à l’origine du raid ait été donné par une source interne au propre parti de M. Hakim, connu sous le nom de Sciri, dans le but de l’affaiblir ou de le sortir.
 
Bien que le raid ait eu lieu à cet endroit, l’armée affirme avoir trouvé des preuves de méfaits. En interrogeant les détenus et en enquêtant sur les objets saisis, l’armée a trouvé la preuve liant certains des prisonniers à « des cargaisons d’armes livrées à des groupes armés en Irak », selon le général Caldwell.
 
L’armée n’a pas spécifié de quels types d’armes il s’agissait.
 
Ces allégations, si elles sont vraies, feraient de ce raid le premier incident depuis l’invasion américaine dans lequel des officiers militaires iraniens sont découverts en pleine préparation d’une action à l’intérieur de l’Irak. Les dirigeants américains les ont toujours accusés de fournir des armes et des fonds provenant d’Iran, mais jamais de venir en Irak et d’y orchestrer des actes violents.
 
Les dirigeants américains ont accusé l’Iran à l’été 2005 de concevoir et livrer en Irak de nouvelles bombes puissantes capables de percer les blindages.
 
Les hauts responsables américains ont à plusieurs occasions fourni la preuve de l’implication du gouvernement iranien : une cargaison d’armes portant des numéros de série qui appartiendraient à un fabricant iranien officiel a été interceptée l’année dernière. Ces accusations plus récentes, si vraies,
montrent directement l’Iran du doigt.
 
Le général Caldwell a déclaré que les détenus étaient toujours sous garde américaine et que l’armée « était engagée dans des discussions avec le gouvernement », à propos de leur statut. Un haut responsable de l’ambassade iranienne à Bagdad a affirmé que ses diplomates avaient tenté de voir les prisonniers mais que l’autorisation leur avait été refusée, refus en violation des règles internationales, selon le haut responsable.
 
James Glanz a contribué à la rédaction de cet article depuis Bagdad, ainsi que Michael R. Gordon depuis Washington.

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