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sanctions: Le système financier toujours dans la ligne de mire de Washington

L’Orient-Le Jour – 28/04/2012 – L’administration Obama redoute que le Hezbollah, l’Iran et la Syrie utilisent les banques libanaises pour contourner les sanctions internationales, et le système bancaire libanais reste dans la ligne de mire, rapporte le Wall Street Journal dans son édition du 27 avril.
« L’administration Obama a renforcé sa surveillance du système financier libanais, s’inquiétant du fait que la Syrie, l’Iran et le groupe militant Hezbollah utilisent les banques de Beyrouth pour contourner les sanctions internationales et financer leurs activités », rapporte le quotidien conservateur américain.
Alors que Beyrouth et Washington ont pris des mesures, ces derniers 14 mois, pour fermer plusieurs banques et sanctionner certains individus, le Trésor américain et le Drug Enforcement Administration (DEA, Bureau fédéral de lutte contre la drogue) poursuivent leur enquête sur de présumées opérations de blanchiment d’argent de la part du Hezbollah, ont déclaré des responsables américains au WSJ. Le Trésor presse également les autorités libanaises de contrôler de plus près les banques locales opérant avec Damas et Téhéran, poursuit le quotidien. « Nous sommes inquiets du fait que le Liban puisse être utilisé par les Syriens en tant que canal pour échapper aux sanctions » internationales, explique un responsable du Trésor américain en charge du Moyen-Orient au WSJ.

Rappelons que de nombreux responsables du Trésor américain se sont rendus à Beyrouth ces derniers temps. Parmi eux, David Cohen, sous-secrétaire américain au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme et du renseignement financier, qui avait rencontré en mars dernier plusieurs responsables ainsi que le conseil d’administration de l’Association des banques, présidée par Joseph Torbey. Selon des sources américaines, M. Cohen tenait à voir de près dans quelle mesure les banques libanaises se conformaient aux sanctions occidentales à l’encontre de la Syrie.
« L’atmosphère était sereine », avait indiqué à L’Orient-Le Jour, sous couvert d’anonymat, un responsable du secteur bancaire libanais après la visite de M. Cohen. « C’était une simple visite. Le secteur bancaire libanais respecte à la lettre ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale », avait-il insisté. Selon lui, la Banque du Liban (BDL) avait déjà émis une circulaire dans laquelle cette dernière demandait à l’ensemble des institutions bancaires du pays d’éviter tout transfert d’argent de Syrie ou d’Iran vers le Liban et de respecter les engagements envers la communauté internationale.
Les gouvernements ont renforcé leurs efforts ces dernières années pour lutter contre le blanchiment d’argent via Beyrouth, rappelle, pour sa part, le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, dans un mail adressé au WSJ. Les dépôts syriens dans les banques libanaises, en Syrie et au Liban, ainsi que les prêts accordés à des Syriens par des banques libanaises ont baissé de 40 % sur les derniers 15 mois, souligne M. Salamé.
David Cohen suit également le dossier de la Banque libano-canadienne. Les autorités américaines avaient porté plainte contre cet établissement le 15 décembre 2011, l’accusant d’avoir aidé au blanchiment d’argent lié au trafic de drogue et de fournir des services financiers au gouvernement iranien. Les États-Unis ont accusé le Hezbollah d’être impliqué dans ce trafic. Des accusations rejetées par le parti chiite qui a dénoncé un complot visant à l’affaiblir. L’affaire de la Banque libano-canadienne s’est achevée avec le rachat de cette banque par la Société générale et le retrait de sa licence du marché bancaire libanais.

« Le Trésor et la DEA s’inquiètent néanmoins du fait que des centaines de comptes de la Banque libano-canadienne qu’ils considèrent comme suspects aient été transférés à d’autres institutions financières basées à Beyrouth », affirme un responsable américain au WSJ. Washington s’inquiète également du fait que d’anciens cadres de la banque incriminée continuent d’opérer au sein du système bancaire libanais, y compris au sein de la SGBL.
Au WSJ, Riad Salamé a assuré que les autorités libanaises continuaient d’enquêter sur l’affaire de la Banque libano-canadienne, et des responsables à la SGBL ont déclaré avoir pris des mesures fortes, l’année dernière, pour s’assurer qu’aucun compte suspect de la banque incriminée ne soit transféré à la SGBL. Pour ce faire, la SGBL a fait appel aux services des cabinets Ernst and Young LLP, Deloitte and Touche LLP et au groupe Ashcroft, dirigé par l’ancien procureur général américain John Ashcroft. Interviewé par le WSJ, M. Ashcroft a assuré que « la priorité de la SGBL est d’être en conformité avec les principes de la lutte contre le blanchiment d’argent, au-delà même des standards américains et européens ».

 

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