lundi, novembre 28, 2022
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Sous Rohani, les violations des droits de l’homme sans précédent, ces 25 dernières années

TV Léman Bleu, Genève à chaud, 14 mars – Afchine Alavi du Conseil national de la Résistance iranienne. Il habite Paris. Le nom du CNRI fait penser au Conseil national de la résistance en 1943 à l’époque de Jean Moulin.

C’est une fédération de plusieurs courants qui contestent vivement le régime installé depuis 1979, c’est-à-dire le régime des mollahs. Il va nous parler des droits de l’homme dans son pays, l’Iran.

Il va nous parler de ce nouveau président qui s’appelle Hassan Rohani qui est en place depuis août 2013 et puis on va parler de ce fameux camp Liberty et d’Achraf, dont la situation humanitaire devient extrêmement inquiétante.

 

Pascal Decaillet : la dernière fois que vous êtes venu, c’était avant le changement de présidence, en Iran. C’est maintenant M. Rohani que l’on présentait comme quelqu’un qui allait changer les choses. Est-ce que vraiment de votre point de vue les choses ont changé ?

 

Afchine Alavi : justement, je voulais insister sur le fait que contrairement aux apparences et aux gesticulations de modération du régime iranien et de son président, je peux dire aujourd’hui que ces vingt-cinq dernières années, jamais les violations des droits de l’homme et la répression des opposants, n’a été aussi terrible en Iran que sous Rohani. C’est une réalité qu’il faut souligner. Jamais les opposants n’ont été aussi poursuivis ces vingt-cinq dernières années autant qu’aujourd’hui. Il ne faut pas oublier que depuis le début de l’année, il y a eu plus de 160 exécutions publiques ou non publiques en Iran sous Rohani et l’an dernier il y a eu plus de 700 personnes qui ont été exécutées, dont les deux tiers se sont passés sous cette présidence.

C’est aussi sous Rohani que l’attaque contre le camp d’Achraf a eu lieu le 1 septembre, où 52 opposants iraniens ont été massacrés par les forces irakiennes à la demande de Téhéran. Aujourd’hui, la situation au camp Liberty empire parce qu’il y a de très fortes pressions dans lesquelles on coupe les vivres, on coupe les besoins médicaux, on empêche qu’ils soient protéger par des murs en béton, précisément à la demande de Téhéran. Tout cela se passe sous le président de ce régime.

Question : ce que vous dites va surprendre beaucoup de monde, parce qu’on avait le sentiment quand on lisait la presse occidentale qu’après Ahmadinejad qui était considéré comme un dur à cause de ses propos sur Israël, notamment, un vent nouveau soufflait sur Téhéran. Vous nous dites que ce vent ne fonctionne pas sur les droits de l’homme à l’intérieur.

Afchine Alavi : Absolument et je pense qu’il y a une raison très précise là-dessus : aujourd’hui le régime des mollahs est aux abois au niveau économique, il est en faillite, au niveau social il est isolé. Il a peur d’une insurrection en Iran comme en 2009, donc il augmente la terreur. D’un autre côté il a peur des opposants donc il augmente la pression sur Liberty. Parallèlement aux négociations sur le nucléaire, le régime se dit qu’il ne faut pas lâcher du lest et être encore plus dur à l’intérieur du pays.

 

Question : Afchine Alavi, je le rappelle, c’est important, la structure, parce qu’il y a beaucoup d’opposition au régime des mollahs qui est là depuis 1979, ça fait 35 ans. Je m’en souviens comme si c’était hier. C’est une révolution qui a chassé le chah, qui est mort au Caire deux mois plus tard. Puis l’arrivée de l’ayatollah Khomeiny et du régime qui s’est mis en place. Votre conseil national de la résistance iranienne, dont vous êtes le porte-parole, c’est une fédération ? Il y a plusieurs courants différents.

 

Afchine Alavi : Exactement, c’est tous les démocrates iraniens qui aspirent à une république laïque en Iran, et c’est pour cela qu’ils se battent et c’est pour cela que nous pensons qu’il faut dénoncer une supercherie et une dérive qui voudrait faire apparaitre comme modéré des gens qui ne le sont pas. C’est pour cela que demain il y aura une conférence au Palais des Nations en présence de notre présidente, précisément pour dénoncer cela et appeler la communauté internationale à intervenir et à être ferme. Parce que finalement, face à cette situation que je viens de décrire, que fait l’ONU, que font les puissances occidentales ?

Par exemple je demande à Mme Pillay pourquoi il n’y a pas eu d’enquête indépendante sur le massacre des opposants iraniens à Achraf ? En refusant de faire une enquête on laisse dans l’impunité la dictature religieuse en Iran, on laisse dans l’impunité la dictature en Irak et de cette manière on encourage à faire d’autres massacres. C’est pour ça que nous voulons insister demain d’un côté que tous les Etats condamnent les violations des droits de l’homme en Iran, qu’on reporte de nouveau à son poste le représentant spécial de l’ONU pour les droits de l’homme et qu’il y ait une enquête indépendante sur ces massacres.

 

Question : une dernière question, Achraf c’est un camp où se trouvent des Iraniens, mais qui est sur territoire irakien. Souvent vous êtes venu ces dernières années nous expliquer que les chiites d’Irak étaient complices de l’Iran par rapport à ce qui se passait dans ce camp.

 

Afchine Alavi : Je corrige excusez-moi, pas les chiites, mais c’est le gouvernement irakien qui est effectivement chi’ite mais affilié au régime iranien. La majorité des chiites irakiens ne sont pas d’accord avec ces tueries et ces massacres. C’est le gouvernement.

 

Question : Alors qu’est-ce qu’on peut faire pour Achraf parce que même l’ONU … vous sollicitez son intervention depuis des années. Je passe régulièrement à la place des Nations. Il y a presque tous les dimanches des manifestations, mais rien ne se passe.

 

Afchine Alavi : Justement, ce qu’il faut faire c’est demander d’abord à l’ONU qu’il mène une enquête indépendante sur ce massacre. Parce que ça c’est ce qui empêchera d’autres massacres. Quand on ne le fait pas, ça veut dire vous pouvez y aller, vous pouvez continuer à massacrer. La deuxième chose, c’est que les Etats et particulièrement les Etats-Unis et l’Union européenne interviennent pour protéger les habitants qui sont dans le camp Liberty. Il y a 3000 personnes dans le camp Liberty qui ne sont pas à l’abri des attaque au mortier et n’ont aucune protection. Il faut intervenir pour cela. Il y a une responsabilité de l’ONU là-dessus, il y a une responsabilité des Etats qui se sont engagés à la protéger.

 

 

 

 

 

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