dimanche, février 5, 2023
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Repli du régime iranien : c’est le moment d’encourager le changement démocratique en Iran

Les critiques font remarquer, à juste titre, que l’accord nucléaire iranien présenté le 14 juillet recèle de nombreux défauts. Le pacte préserve l’importante infrastructure nucléaire iranienne ; il renonce à bloquer de manière convaincante l’ensemble des voies qui mènent à une bombe nucléaire ; Téhéran peut secrètement sous-traiter ses travaux nucléaires sensibles ; et l’accord reconnaît Téhéran comme un état du seuil nucléaire, gêné par des seules contraintes de temps qui s’appliquent exclusivement sur les sites déclarés, écrit Soona Samsami, représentante aux États-Unis du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI).

« Mais l’aspect le plus perturbant – et celui dont on parle le moins- de cet accord n’est pas la présence de défauts inhérents. Il provient du fait que l’accord est issu d’un vide stratégique politique qui méconnaît les autres menaces », a écrit Mme Samsami vendredi dans The Hill

« Les États-Unis sont toujours dépourvus d’une stratégie large, cohérente et efficace ; une stratégie qui reconnaît l’importance de la question nucléaire, mais la reconnaît conjointement – et non en l’envisageant de façon isolée- aux autres aspects menaçants de l’Iran et au désir grandissant de millions d’iraniens qui sollicitent sincèrement un changement de régime », écrit-elle. 

« L’accord nucléaire pourrait avoir de terribles conséquences imprévues : un régime enhardi dont les gains passeront dans des filières menaçantes, telles que le financement de l’extrémisme islamique. Par conséquent, l’allègement apparent d’une menace ne fait qu’en renforcer une autre. » 

« Rien que cette semaine, après le bombardement le plus meurtrier depuis des mois à Bahreïn, les médias d’état ont affirmé que les explosifs utilisés dans l’attaque étaient similaires à ceux introduits clandestinement d’Iran et saisis quelques jours plus tôt. » 

« En effet, magré tout le tapage mené par les apologistes de Téhéran à Washington, l’accord ne donne pas vraiment lieu de se réjouir dans une région déjà enlisée dans un conflit sectaire, conflit en grande partie encouragé par les mollahs. » 

« Une focalisation bornée sur la question nucléaire a eu pour conséquence de sous-estimer, voire d’ignorer les deux piliers du régime théocratique : la répression de la dissidence dans le pays, et l’exportation du terrorisme à l’étranger. » 

Les partisans de l’accord soutiennent qu’il n’y a aucune autre alternative viable. « Sans accord, le risque de guerre est encore plus grand au Moyen-Orient », a averti le Président Barack Obama en réponse au scepticisme du Congrès.

Samsami ajoute : « Mais la guerre est-elle la seule alternative ? NON ! Il y a une troisième option, que prône depuis longtemps le mouvement démocratique de résistance le plus organisé, le Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI) : c’est le respect du droit du peuple iranien à renverser le régime tyrannique. » 

« Cette option propose une politique complète et puissante qui vise le talon d’Achille du régime : la rancœur populaire à son égard. Elle ramènera le peuple iranien – et pas seulement une minorité de dictateurs fondamentalistes – et ses immenses ressources économiques au cœur de la communauté internationale, en facilitant une paix durable. » 

« Ne nous méprenons pas : Téhéran s’est rendu à la table des négociations sous la pression de sanctions économiques qui menaçaient sa capacité à maîtriser les dissenssions internes. » 

« L’accord a montré que le Guide Suprême du régime Ali Khamenei a capitulé à contrecoeur, et avalé une pilule empoisonnée stratégique, parce qu’il craignait l’agitation populaire. Sous la contrainte des sanctions et la gestion économique catastrophique, le ressentiment populaire envers le régime était déjà prêt à éclater. En 2009, des conditions similaires ont facilité les soulèvements populaires qui ont ébranlé les fondations du régime. » 

« Aujourd’hui, Khamenei est dans une position encore plus instable, face à des factions virulentes et divisées à l’intérieur même de son régime, qui se disputent le pouvoir pendant une période d’incertitude. Cela ouvre une brêche historique pour la troisième option, parce que chaque fois que le régime fait un pas en arrière, il ouvre la voie aux revendications populaires de progrès. » 

« Avec la perspective de querelles internes menaçant la stabilité du régime de Téhéran, Khamenei s’est rabattu sur ses principes fondamentaux. Quelques jours avant l’annonce de l’accord, il a enjoint aux subalternes du régime de « se préparer à continuer la lutte contre l’arrogance générale », faisant référence aux États-Unis. 

« L’allié du régime en Syrie, Bachar al-Assad, a fait l’éloge de l’accord et affirmé qu’il était sûr que l’Iran continuerait, « dans un plus bel élan encore », à soutenir de « justes causes » dans la région. Peut-être était-il tranquillisé par la concession américaine prévue par l’accord nucléaire de levée de l’embargo de l’ONU sur les armes. » 

« Les États-Unis et le reste du monde ont aussi leurs alliés : le peuple iranien et l’opposition organisée, qui, au passage, a révélé le programme nucléaire militaire clandestin de Téhéran en 2002. Ils sont prêts, et parfaitement capables de construire un Iran laïc, démocratique et non-nucléaire, si seulement l’Occident cessait de valoriser le régime. » 

« À ce tournant critique, on ne devrait pas laisser le régime retrouver de la stabilité. Après sa retraite nucléaire, et avant qu’il ne bénéficie de centaines de milliards de dollars d’avoirs dégelés, c’est l’occasion parfaite pour encourager le peuple iranien et son mouvement d’opposition organisé. Ils peuvent accomplir des avancées majeures vers un futur prometteur où le terrorisme, les violations des droits de l’homme et les armes nucléaires seront fermement et définitivement abandonnés. » 

Le CNRI cherche à établir une république démocratique, laïque, et non-nucléaire en Iran.