CNRI – « L’aide que l’OMPI a apportée à la communauté internationale en révélant le terrorisme du régime iranien est certainement aussi importante que ses avertissements sur la prolifération nucléaire du régime », a noté Alejo Vidal-Quadras à Bruxelles le 19 octobre.
Le Vice-président du Parlement européen s’exprimait dans une conférence internationale au siège du PE organisée par le groupe interparlementaire des Amis d’un Iran libre. La conférence présidée par l’eurodéputé Jim Higgins, accueillait en invitée d’honneur Mme Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne.
Voici l’intervention de M. Vidal-Quadras :
La semaine dernière, suite à la révélation du complot d’assassinat de l’ambassadeur saoudien aux États-Unis et des attentats planifiés contre les ambassades d’Arabie Saoudite et d’Israël à Washington, le monde a encore été rattrapé par la surprise et l’horreur. Voilà des années que nous sommes continuellement choqués par le régime iranien.
Pourtant, tous ces événements ne sont rien à côté de ce que la résistance iranienne nous dit depuis le début. L’insensibilité des pays occidentaux face à ces avertissements a en réalité nui à la paix et à la sécurité au Moyen-Orient et dans le monde entier.
Le régime iranien, en 1979, a été le fondateur du terrorisme, de la prise d’otage et de l’intégrisme islamique. De la même façon, depuis ces mêmes jours, la résistance iranienne a révélé en permanence ces phénomènes.
Dès le début, l’OMPI a donné les trois caractéristiques de ce régime : le terrorisme, l’intégrisme et la tyrannie.
L’aide que l’OMPI a apportée à la communauté internationale en révélant le terrorisme du régime iranien est certainement aussi importante que ses avertissements sur la prolifération nucléaire du régime.
Elle comporte une large gamme de questions depuis la prise d’otage du personnel de l’ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979, à la détention des otages au Liban, en passant par l’ingérence terroriste en Irak, avant comme après 2003, ainsi que les complots terroristes fomentés par ce régime en Arabie Saoudite en 1986-1987, l’attentat à la bombe en Argentine, et nous pourrions continuer la liste jusqu’à la fin de la journée.
En 2005, la résistance iranienne a révélé en détail une liste très précise de milliers d’éléments du régime iranien en Irak dont le travail est de promouvoir le terrorisme.
Quelques heures seulement après l’attentat de 1996 en Arabie Saoudite, Mme Radjavi avait déclaré que le régime iranien en était en partie responsable, et plus tard, la résistance iranienne a divulgué d’autres détails. Le gouvernement américain, dans le but de complaire aux mollahs, avait tenté de camoufler le rôle du régime iranien. Le comportement de l’Europe et des États-Unis à l’égard de l’OMPI constitue la plus grande déviation dans le combat contre l’intégrisme et le terrorisme.
En plaçant l’OMPI sur la liste terroriste, nous avons porté atteinte à notre plus grand allié et ami dans la lutte contre le terrorisme, afin de plaire au régime iranien, un régime que la l’actuelle secrétaire d’Etat américaine comme le principal parrain et sponsor du terrorisme international.
La question est donc comment peut-on chercher à plaire à un régime qui, selon Mme Clinton que nous respectons beaucoup, qui est une femme avec une grande expérience, est le principal parrain et sponsor du terrorisme international ? Honnêtement, il n’y a pas beaucoup de logique dans cette approche du problème.
En croyant et en préconisant un islam moderne, démocratique et pacifiste, la résistance iranienne est, au contraire, l’antithèse de l’intégrisme et du terrorisme. En désignant l’OMPI comme terroriste, nous avons ouvert la voie au fondamentalisme et au terrorisme de la meilleure manière possible.
J’avais espéré, cette fois-ci, que le gouvernement américain, et en particulier la secrétaire Clinton, avaient tiré un enseignement de l’expérience passée, et de cette dernière attaque terroriste du régime iranien.
En retirant l’OMPI de la liste et en ôtant tous les obstacles de son chemin, on met fin au flux de l’intégrisme et du terrorisme du régime iranien, un point clairement opposé à l’intérêt essentiel des États-Unis et de l’Europe.
La protection d’Achraf, qui est notre sujet de discussion aujourd’hui, représente en effet notre première priorité en ce moment. Les résidents d’Achraf que beaucoup d’entre nous connaissent personnellement, sont donc des personnes qui ne sont pas juste des individus se trouvant loin d’ici, mais des personnes avec des visages et des personnalités que nous connaissons directement. Les résidents d’Achraf représentent la force démocratique anti-fondamentaliste la plus importante, la plus authentique et la plus organisée contre le régime.
Le régime veut détruire Achraf en coopération avec ses alliés dans le gouvernement irakien. De cette manière, ils essaieront d’éliminer tous les obstacles pour s’emparer du monde arabe et islamique.
Par conséquent, notre soutien à Achraf ne constitue pas uniquement une question humanitaire, qui est bien sûr brûlante, mais c’est aussi une nécessité pour la paix et la stabilité dans la région et dans le monde. Les États-Unis et l’Union européenne ont clairement négligé leurs responsabilités à l’égard d’Achraf.
Les débats et les combats louables de Mme Radjavi ont eu des résultats très significatifs pour la protection des résidents d’Achraf. L’engagement des Nations Unies, à la fois du commissariat aux droits de l’homme et du commissariat aux réfugiés, est très important et nous espérons qu’il sera efficace. La nomination d’un émissaire conseiller spécial pour Achraf par Lady Ashton a également constitué une démarche significative, ce dont je la remercie très sincèrement.
Mais le régime iranien comme la faction au sein du gouvernement irakien qui agit sous son influence, tentent tous deux vigoureusement de créer des obstacles contre les plans et les actions des Nations Unies et contre la bonne marche de la mission du conseiller spécial de Mme Ashton.
Comme Mme Radjavi l’a souligné, je répète que c’est maintenant au tour des États membres européens de soutenir fermement l’émissaire spécial de l’Union européenne et les plans des Nations Unies. Pour la réalisation de ces plans, le soutien politique et matériel est nécessaire. Les États membres doivent forcer l’Irak à annuler sa date butoir. C’est absolument crucial. La date butoir plane sur Achraf comme une ironie du sort qui peut provoquer à tout moment un désastre humanitaire.
Les hauts commissariats des Nations Unies, aussi bien aux droits de l’homme qu’aux réfugiés, doivent terminer leur mission à Achraf pour l’affirmation du statut d’asile des résidents d’Achraf et doivent garantir des dispositions pour que le conseiller spécial de Mme Ashton puisse se rendre à Achraf.
Les États membres doivent également soutenir les Nations Unies pour stationner des observateurs permanents à Achraf afin de fournir une aide urgente aux personnes malades et blessées dans ce camp.
Nous, en Europe, avons assez de poids pour accomplir ces actions. C’est une question de volonté politique. J’exhorte tous mes collègues à encourager leurs États membres, comme le Conseil et la Commission pour prendre ces mesures nécessaires. Aucun des pays en Europe, spécialement les plus grands, ne sera pardonné si un massacre, que nous annonçons, se produit à nouveau.
Nous appelons donc encore une fois l’Union européenne, le Conseil européen ainsi que les États membres à condamner publiquement la date butoir du gouvernement irakien pour fermer et attaquer Achraf avant la fin de cette année.
Le temps s’écoule, et de nombreuses vies dépendent de notre engagement.

