jeudi, janvier 26, 2023
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Qu’est-ce qui arriverait si les Etats-Unis mettaient les pasdarans sur la liste du terrorisme ?

Par Reza Shafa*

CNRI – Il y a eu une explosion de joie la semaine dernière quand pour la première fois, les Etats-Unis ont annoncé leur intention de mettre les corps des gardiens de la révolution de l’Iran (le CGR) sur la liste du terrorisme.

On a pu entendre des déclarations comme « le moyen avec lequel les mollahs font leur sale boulot sont désormais sous le feu des projecteurs », « de l’Irak à Afghanistan et du Liban à la Palestine, la Bosnie, l’Afrique et les Etats-Unis, le régime iranien utilise le CGR pour faire avancer ses buts terroristes », « le régime suit ses ambitions nucléaires avec le CGR », dont l’empire financier s’étend des gisements pétroliers à l’apiliculture », « Il a confisqué d’énormes propriétés dans le nord Téhéran à leurs propriétaires originaux », « il possède des dizaines de sociétés industrielles », « la liste peut continuer à l’infini ».

Les médias aux Etats-Unis ont cité des autorités disant que « si une telle inscription entrait vraiment en vigueur, ce serait  la première fois qu’une branche d’un gouvernement souverain serait inscrite ».

Ce qui a été dit est simplement la pointe de l’iceberg du CGR. Mais ne vous trompez pas ; le CGR est la force la plus mortelle quand il s’agit de réprimer les Iraniens ordinaires.

L’histoire montre que depuis sa création, le CGR a agi comme un obstacle majeur dans la voie des soulèvements populaires contre les religieux en Iran. Sa première épreuve est venue le 20 juin 1981 quand sur l’ordre de Khomeiny lui-même, les gardiens de la révolution ont ouvert le feu sur une foule de plus de 500.000 manifestants paisibles dans les rues de Téhéran. Plus tard en 1991, le CGR a écrasé les soulèvements populaires à Machad, dans le nord-est et à Arak, au centre du pays. En 1999, une manifestation d’étudiants de trois jours a pris fin quand la milice du CGR, le Bassidj, est intervenue pour réprimer violemment  et arrêter 4000 étudiants, dont certains sont restés en prisons durant des années.

Le CGR est le seul décideur dans le régime des mollahs

• Au moins neuf membres du gouvernement actuel et 14 gouverneurs de province du gouvernement d’Ahmadinejad ont été des membres élevés du CGR ;

• Au Conseil suprême de sécurité nationale (le CSSN), à commencer du sommet, mis à part Ahmadinejad lui-même, le secrétaire, Ali Larijani, le négociateur nucléaire en chef avec l’occident a un long passé dans le CGR comme général de brigade. Il y a six directoires au conseil, dont trois sont dirigés par le général Seyyed-Ali Hosseini-Tash, un des hauts responsables du programme nucléaire des mollahs, Mohammad Sahraroudi, responsable de la sécurité au CSSN, (Sahraroudi a été impliqué dans l’assassinat en 1989 du Secrétaire général du parti Démocrate Kurde iranien à Vienne. Au cours de l’opération, il a été blessé et arrêté par la police autrichienne. Cependant, il a été rapidement libéré de prison et renvoyé en Iran) et Ali Monfared, un des fondateurs du CGR.

• Le ministère des Renseignements et la Sécurité (le VEVAK), recrutaient dans ses premiers jours plus de 90 % de ses membres dans le CGR. Sous le mandat d’Ahmadinejad tous ceux qui avaient été licenciés sous l’ère de Khatami ont été rappelés pour travailler;

• Le ministère de l’Intérieur : Mostafa Pour-Mohammadi qui dirige le ministère est en fait le cerveau “des meurtres en série” de 1999 en Iran qui ont tué de nombreux écrivains, poètes et intellectuels ont été brutalement assassinés par des agents du VEVAK. Le vice-ministre de l’Intérieur est Mohammad Baqher Zolghadr, autrefois vice-commandant du CGR. Quand il a été transféré à son nouveau poste, il a amené avec lui une douzaine d’autres commandants du CGR pour le seconder. Le plus récent au ministère est Alireza Afchar, un des plus hauts officiers du CGR, décoré par Khamenei pour ses services. Il est un des fondateurs du CGR, a commandé ses forces terrestres, a été président de l’état-major joint du CGR,  commandant de la milice paramilitaire du Bassidj, président de l’université du CGR Imam Hossein et commandant-adjoint pour la culture et l’information des forces armées.

• La Radio et la Télévision d’Etat : Pendant des années, avant sa nomination au poste de Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Larijani a dirigé le conglomérat des médias doté d’un budget monumental. Plus tard, le général de brigade Ezatollah Zarghami a pris la relève à la tête de la Radio et de la Télévision. 

• Les Forces de sécurité de l’Etat (FSE), à l’époque de la présidence d’Ali-Akbar Hachemi Rafsandjani, les trois forces de la police, de la gendarmerie et des Comités Révolutionnaires nouvellement formés ont été dissous pour former les FSE. Depuis sa création, la force a toujours été dirigée par des commandants du CGR. Bien qu’au cours des années les FSE aient formé ses propres forces, tous ses officiers supérieurs viennent du CGR.

• Le CGR contrôle tous les responsables en leur donnant des gardes de corps personnel. Pour surveiller les responsables gouvernementaux, les députés et toutes les personnes comptant pour le régime. C’est Khamenei qui a ordonné au CGR de les protéger. Cependant, c’est un service coûteux pour tous ceux qui sont protégés puisque les membres du CGR assignés à cette mission ont pour ordre de rapporter leurs moindres faits et gestes, même les plus privés.  

• Dans le reste du pays, le CGR utilise le Bassidj dans les secteurs publics et privés, dans les écoles, les banques, les usines, les fermes, les villages… Les membres du Bassidj sont partout pour recueillir des informations sur des citoyens ordinaires, contrôler la soi-disant morale dans la société et faire pratiquement tout ce que le CGR lui dit de faire.

On ne sera jamais capable de décrire la terreur que le CGR a imposée au peuple iranien ces trois dernières décennies. Il est temps que le monde extérieur lui vienne en aide et dans un premier temps, remette le CGR à sa véritable place : la liste du terrorisme.

*Reza Shafa est un expert des réseaux de renseignements du régime iranien, en Iran et à l’étranger. Il a mené des recherches poussées sur le VEVAK, les services secrets du CGR et la force Qods. Il contribue actuellement au site du CNRI.

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