CNRI – « Je pense que la raison pour laquelle nous sommes tous ici est de souligner la menace pour l’ordre mondial que pose le gouvernement iranien actuel et ses agissements, et sa menace pour la paix et la stabilité dans le monde », a déclaré le général James Jones.
L’ancien conseiller à la sécurité nationale du président Obama s’exprimait à Bruxelles le 25 janvier dans une conférence transatlantique intitulée « le camp d’Achraf et la politique vis-à-vis de l’Iran ». Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, y recevait de hauts responsables des administrations Clinton, Bush et Obama, ainsi que des leaders politiques européens et de grandes figures du droit international et de la défense des droits de l’homme. On peut nommer Bill Richardson, ancien gouverneur du Nouveau Mexique et ambassadeur au Nations Unies sous le président Clinton, Dell Dailey, coordinateur du contre-terrorisme au département d’Etat jusqu’en avril 2009, Michael Mukasey, ancien ministre de la Justice du président Bush, John Bolton, ancien Sous-secrétaire d’Etat, une haute délégation de parlementaires européens sous l’égide du vice-président du PE Vidal Quadras, ou encore Irene Khan, Secrétaire générale d’Amnesty International jusqu’en décembre 2009.
Voici l’intervention du général Jones:
J’aimerais remercier les organisateurs de m’avoir invité et de m’avoir jugé digne de venir.
J’aimerais vous remercier à tous ici dans l’assistance pour votre passion et votre engagement dans l’un des plus grands défis du monde et dans de nombreux cas, pour le courage et le sacrifice dont beaucoup d’entre vous ont fait preuve pour atteindre cet objectif qui en vaut considérablement la peine.
Je pense que la raison pour laquelle nous sommes tous ici est de souligner la menace pour l’ordre mondial que pose le gouvernement iranien actuel et ses agissements, et sa menace pour la paix et la stabilité dans le monde – pas uniquement la région, je veux bien dire dans le monde – ainsi que pour les droits de l’homme. Une menace pour les droits de l’homme et les chances d’une vie meilleure qui est à juste titre un privilège pour tous les Iraniens et ceux qui sont retenus otages dans les prisons iraniennes aujourd’hui, notamment trois Américains innocents, et tous ceux qui souffrent sous la tyrannie iranienne.
Le président des États-Unis, le président Obama, à mes yeux, a exprimé clairement les aspirations et l’objectif américains quant à la manière dont les États-Unis espèrent interagir avec toutes les autres nations et il l’a fait en 2009, avec, véritablement, trois grands discours.
Le premier était évidemment son discours d’investiture du 20 janvier 2009, le suivant fut celui du Caire plus tard la même année et le troisième lorsqu’il a accepté le prix Nobel de la paix, encore un peu plus tard cette année-là. Ces trois discours de déclarations politiques ont offert la possibilité d’un nouveau départ fondé sur la dignité humaine, le respect des autres cultures, la liberté religieuse et les droits de tout homme et toute femme d’être libre.
La quatrième déclaration présidentielle était aussi importante et je pense que je devrais mentionner et souligner de nouveau l’importance de cette déclaration. Le président des États-Unis a déclaré affirmativement, et je cite: « Nous empêcherons l’Iran de devenir un État capable de produire des armes nucléaires ». C’est aujourd’hui la base de la politique étrangère américaine concernant le programme nucléaire iranien et nous nous sommes engagés quant au succès de ce voyage et pas seulement pour notre propre sécurité nationale mais pour la sécurité du monde.
Ce n’est pas un problème d’arrière plan, l’Iran n’est pas simplement un problème local, ce n’est même plus un problème régional, comme cela a été déclaré à plusieurs reprises auparavant et je m’associe à cette vision. C’est un problème mondial. Et nous devons y penser et nous devons croire ceci : un Iran doté d’une capacité nucléaire est suffisamment grave à envisager pour le monde pour de nombreuses raisons évidentes, mais pire encore, cela déclenchera certainement une course aux armements nucléaires parmi les autres pays de la région et encore plus pire, l’Iran pourrait, s’il se dote de la technologie, l’exporter à des terroristes et leurs mandataires, et lorsque cela arrivera le monde tel que nous le connaissons sera transformé. Le moment est donc historique pour chacun d’entre nous, car ce changement ne sera pas bon.
Ce qui s’est passé aujourd’hui n’est pas négligeable. Permettez-moi de mentionner certaines choses.
Tout d’abord, les États-Unis en matière de politique ont affirmé leur rôle de dirigeants sur la nécessité d’inverser la prolifération d’armes nucléaires et se sont, avec succès, engagés avec la Russie à voter la ratification du traité START en décembre, ils ont également mené une conférence internationale très réussie destinée à souligner la menace de la propagation des armes nucléaires et ont nettement et patiemment donné au gouvernement iranien une chance de révéler ses vraies intentions par ses actes et pas uniquement par ses paroles.
Au cours des deux dernières années, nous nous sommes engagés dans l’envoi ouvert et caché de messages pour tenter de voir si la possibilité de logique et de raison pouvait prévaloir. Une nouvelle administration nationale mérite la possibilité d’évaluer le contexte international pendant un moment et face au peu de preuves sur une quelconque intention de l’Iran de changer son programme de développement d’armement nucléaire, les États-Unis ont à la fois mené et participé à l’adoption des sanctions les plus importantes peut-être jamais imposées à un pays, avec la participation significative de la Russie et de la Chine, et bien-sûr de l’Union Européenne, le plein impact de ces sanctions ne se fera pas ressentir pendant un certain temps.
Les agissements de l’Iran ont été jusqu’à leur créer probablement des conséquences involontaires. Et leurs mauvais calculs ont eu les résultats suivants : le premier est un alignement américain, russe et chinois, que personne n’aurait pu prévoir il y a juste un an ou deux. Les Russes ont effectivement annulé une vente d’armes de 200 missiles à l’Iran. Qui aurait pensé cela possible il y a tout juste quelques mois encore ?
Deuxièmement, la solidarité américaine, européenne et arabe sur cette question particulière a augmenté de façon significative. L’Iran, pour des raisons qu’eux seuls pourraient expliquer et que personne d’autre ne peut accepter, a tout simplement insulté gravement et de manière délibérée la Turquie et Istanbul. La Turquie, le seul grand pays, outre le Brésil, à avoir cru, à tort, aux intentions iraniennes en 2010.
En bref, l’Iran est désormais plus isolé que jamais, mais tristement, alors que le régime essaie de survivre, c’est le peuple iranien qui souffre. Trois hommes ont été exécutés, leur seul crime était la passion d’être libre, d’être avec leurs familles et de rendre visite à leurs proches au camp d’Achraf.
Le peuple iranien n’est pas le seul à souffrir de ce régime. Les tours Khobar, son soutien au Hamas et au Hezbollah, des attaques en Israël et ailleurs au Moyen-Orient, de nombreux morts dans les forces américaines et de la coalition en Irak sont survenus en raison de la technologie iranienne en armement; les prises d’otages en tant que tactique d’intimidation qui se poursuivent aujourd’hui. Il faut reconnaître et relancer l’inquiétude légitime de tous les résidents du camp d’Achraf, et les promesses de sûreté et de sécurité irakiennes faites aux États-Unis. Il a été dit que le temps nous est compté concernant l’Iran mais laissez-moi suggérer que le temps du gouvernement iranien est également compté.
La communauté mondiale a envoyé son message. À Istanbul, il a été rejeté par l’Iran. Les sanctions sont une des nombreuses façons de provoquer un changement dans le comportement iranien. La souffrance du peuple iranien ne peut pas continuer. Les États-Unis continueront à être très attentifs et à s’engager sur tous les aspects de cette question allant des droits de l’homme à l’obtention d’une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, droit légitime de toutes les nations.
C’est donc le chemin à suivre si nous aurons à regarder nos enfants et nos petits-enfants dans les yeux, car ils nous poseront sûrement un jour la question de savoir ce que nous avons défendu et ce que nous avons fait en 2011, quand nous avons eu l’opportunité de rendre le monde meilleur et plus sûr. Alors travaillons ensemble afin de pouvoir leur donner la réponse qu’ils méritent parce qu’ici, sur ce sujet, et avec ce gouvernement, l’échec n’est certainement pas une option.

