lundi, décembre 5, 2022
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Protéger les combattants de la liberté iraniens au camp d’Achraf (Time)

Par Louis J. Freeh et Michael B. Mukasey

Time magazine, 18 avril – Aux premières heures du vendredi 8 avril, alors que Washington et les médias se concentraient sur une possible mise à l’arrêt du gouvernement, l’armée irakienne a attaqué un camp de civils iraniens, nommé le camp d’Achraf, tuant au moins 28 résidents et en blessant des centaines d’autres. Bien que le gouvernement irakien ait affirmé que seules trois personnes avaient été tuées et décrit les évènements comme s’il s’agissait d’une tentative pour récupérer des terres agricoles, une équipe d’inspection des Nations Unies a trouvé 28 corps, notamment de femmes, et a déterminé que la majorité avait été tués par balles. Les autorités irakiennes n’ont pas autorisé les journalistes à visiter le camp.

Situé au nord-ouest de l’Irak, à 120 km (75 miles) de la frontière iranienne, le camp d’Achraf a abrité pendant plus de 20 ans 3 400 membres des Moudjahidin-e-Khalq (MEK, aussi connus sous  le nom de l’OMPI), un groupe d’opposition clé œuvrant contre le régime iranien. Les résidents du camp d’Ashraf se sont vus promettre légalement le statut de personnes protégées en vertu de la Quatrième Convention de Genève en 2003 par de hauts commandants américains en Irak. Le général David Petraeus, qui a été commandant adjoint des forces alliées de la coalition, a déclaré que le transfert de la responsabilité du camp d’Achraf au gouvernement irakien a été conditionné par une garantie directe de l’Irak que le statut de personnes protégées de ses résidents serait maintenu. Pourtant, l’assaut honteux de 2 500 soldats irakiens lourdement armés le 8 avril n’était pas le premier assaut délibéré à l’encontre des civils du camp d’Achraf. En juillet 2009, lors d’une visite du Secrétaire à la Défense américain Robert Gates dans le pays, l’armée irakienne avait envahi le camp et tué des résidents non armés.

A ces deux occasions, les États-Unis ont déploré la violence mais n’ont pas pris de mesures efficaces, peut-être dans leur hâte de quitter l’Irak. Jusque récemment, il y avait une base militaire américaine d’opérations avancée nommée FOB Grizzly attenante au camp d’Achraf. Mais elle a été fermée, et cela a également mené au retrait de la mission d’observation des Nations Unies. Lors du dernier assaut, les soldats américains se trouvaient à l’intérieur ou près du camp peu de temps avant l’attaque, mais se sont retirés avant que les forces irakiennes n’agissent.

Et malheureusement, dans chaque cas, le Président Obama et les Secrétaires d’État et de la Défense ont réagi maladroitement suite à ces violations du droit humanitaire par le régime irakien. Une déclaration du Département d’État reconnaît que la « crise et les pertes de vies humaines ont été initiées par le gouvernement irakien et l’armée irakienne », mais indique que le gouvernement américain n’a fait rien d’autre que « d’exhorter » le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki « à éviter la violence et à faire preuve de retenue ». Mark Toner, le porte-parole adjoint du Département d’État, a ajouté obligeamment le 12 avril que « nous devons être conscients que c’est une question de souveraineté pour le gouvernement irakien » – une position de déférence qui ramènera difficilement le gouvernement al-Maliki à la raison.

L’inaction américaine constitue une menace pour notre propre sécurité en jetant le doute sur notre volonté de respecter nos engagements. Une promesse a été faite aux résidents du camp d’Achraf selon laquelle leur statut en vertu de la Convention de Genève serait respecté, mais les États-Unis agissent désormais comme un spectateur vaguement intéressé.

L’OMPI est l’organisation politique la plus redoutée des ayatollahs et des dictateurs au pouvoir en Iran. Malheureusement, le gouvernement américain, sous les administrations républicaines et démocrates, s’est rendu complice en les menottant. En 1997, l’Iran a convaincu l’administration Clinton d’inscrire l’OMPI sur la liste conçue arbitrairement des Organisations Terroristes Étrangères (FTO) du Département d’État, dans l’espoir que ce geste normaliserait les relations avec un leader soi-disant modéré, à l’époque, le président Mohammad Khatami. Ce rapprochement ne s’est pas produit. L’administration Bush n’a pas retiré l’OMPI de la liste par crainte qu’en agissant ainsi elle enragerait l’Iran alors que nos soldats combattaient en Irak. Malgré cela, l’Iran a furtivement fourni des armes et des explosifs EEI aux insurgés pour attaquer insurgées contre nos troupes.

Le Département d’État américain s’accroche toujours à ce marché unilatéral, en maintenant l’OMPI sur la liste FTO, même si l’Union Européenne en 2009, et le Royaume-Uni en 2008, ont retiré l’OMPI de leurs propres listes d’organisations proscrites. Cette inscription est utilisée par l’Iran comme une excuse pour la torture impitoyable et les exécutions sommaires de membres de l’OMPI, et les actes moyenâgeux qui les ont d’abord conduits à s’exiler. Même maintenant, l’Iran et l’Irak utilisent l’inscription sur la liste terroriste américaine comme une prétendue excuse pour attaquer les résidents du camp d’Achraf.

L’OMPI n’est pas une organisation terroriste. Il est largement reconnu que le processus du FTO est des plus déficients. La Corée du Nord ne figure pas sur la liste et ni l’IRA ni les Talibans n’y ont jamais figuré. L’appel public pour retirer l’OMPI et protéger les résidents du camp d’Achraf a été soutenu par des dizaines de membres du Congrès, dont le Président et le membre le plus haut placé de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre, de même que par un ancien Procureur général américain, un ancien conseiller à la Sécurité nationale, deux anciens chefs d’état-major des armées, un ancien Secrétaire à la Sécurité nationale, un ancien directeur de la CIA, deux anciens ambassadeurs américains aux Nations Unies, un ancien commandant du Commandement Central et deux anciens chefs du contreterrorisme du Département d’État.

L’Iran est le partisan le plus fanatique du maintien de l’oMPI sur la liste terroriste. Il est du domaine public que l’objectif de l’Iran est de détruire le camp et ses résidents. Mouwafak al-Ruba’i, l’ancien conseiller à la sécurité nationale d’al-Maliki, a déclaré qu’il avait l’intention de rendre la vie « insupportable » aux résidents du camp d’Achraf. En février 2009, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors de la divulgation d’un accord avec al-Maliki visant à « éliminer Achraf », s’est publiquement plaint que l’Irak « avançait trop lentement ».

Bien que dans le passé l’OMPI se soit engagée dans des actions que nous ne cherchons pas à approuver, durant la dernière décennie l’OMPI a cessé toute activité militaire. Elle a abandonné toutes ses armes et a compté sur la promesse des États-Unis selon laquelle en tant que civils, ils avaient, en vertu de la Quatrième Convention de Genève, le statut de personnes protégées. Tous les résidents de l’OMPI au camp d’Achraf ont signé un engagement écrit à cette époque renonçant à la violence. La dirigeante de l’OMPI, Maryam Radjavi, a publié un programme en 10 points de l’OMPI sur les droits de l’homme, qui soutient la démocratie, notamment la liberté de religion et l’égalité des sexes. Et l’OMPI a continuellement partagé de précieux renseignements avec le gouvernement américain sur le programme d’armement nucléaire de l’Iran.

En 2003, quand nos troupes sont entrées en Irak, le gouvernement américain a promis aux adhérents de l’OMPI que s’ils abandonnaient leurs armes, nous les protègerions. L’OMPI a été autorisée à recevoir des visites des familles et des amis et pouvait quitter le camp pour des soins médicaux.

Tout cela a changé. Nous avons rompu notre promesse. Notre gouvernement demeure silencieux face à ces violations flagrantes et brutales de la Quatrième Convention de Genève. Le Département d’État devrait retirer immédiatement l’OMPI de la liste et reconnaître ces courageux combattants de la liberté comme la plus importante résistance organisée contre du régime iranien. Nous avons une obligation légale et morale de protéger les résidents du camp d’Achraf. L’administration ne doit plus obéir aux ordres de Téhéran dans une vaine idée fantaisiste de parvenir à un compromis. Notre refus d’agir ne fera qu’entrainer davantage de martyrs pour la liberté iranienne.

Michael Mukasey a été ministre de la Justice des États-Unis de 2007 à 2009. Freeh a été directeur du FBI de 1993 à 2001. Freeh et Mukasey se sont exprimés sur la question du camp d’Achraf et de l’OMPI lors de conférences publiques organisées par l’organisation américaine Near East Policy Research (Recherche sur les Politiques au Proche-Orient).

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