mercredi, février 1, 2023
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Pourquoi restez-vous les bras croisés face à un nouveau massacre annoncé à Achraf ? – Maryam Radjavi

CNRI – « Il est temps que le Secrétaire général de l’ONU et la Haut Commissaire aux droits de l’homme installent au plus vite une équipe d’observateurs à Achraf et fassent annuler cet ultimatum. De même il est temps que les gouvernements occidentaux se mettent au côté de la résistance qui représente les aspirations du peuple iranien à la liberté, la démocratie, la séparation de la religion et de l’Etat, l’égalité des femmes et des hommes et un Iran sans nucléaire », a déclaré Maryam Radjavi à Bruxelles le 18 octobre.

La présidente élue de la Résistance iranienne s’exprimait dans une conférence internationale, organisée par le Comité belge des Amis d’un Iran démocratique, des représentants du Parlement européen et du parlement belge, ainsi que des personnalités internationales de premier plan des États-Unis et d’Europe. Sont notamment intervenus Struan Stevenson, président de la Délégation pour les relations avec l’Irak au Parlement européen (Présentateur de la proposition européenne pour résoudre la crise d’Achraf); Ryszard Czarnecki, député européen; le sénateur Peter Van Rompuy, président de la Délégation pour les relations avec l’Irak au Sénat belge et Gerald Kindermans, sénateur belge, ainsi que Le gouverneur Howard Dean, ancien chef du Parti démocrate (2005-2009) et ancien candidat à la présidentielle américaine, le gouverneur Tom Ridge, premier secrétaire américain à la Sécurité intérieure (2003-2005); le juge Michael Mukasey, ancien ministre américain de la Justice (2007-2009), le général James Conway, commandant du Corps des Marines américain (2006-2010); Nontombi Tutu, militante  des droits humains et la fille de l’archevêque Desmond Tutu (modératrice de la conférence), et le Colonel Wesley Martin, ancien commandant de la Coalition pour la lutte contre le terrorisme en Irak et commandant de la police militaire américaine à Achraf.

Voici l’intervention de Mme Radjavi :

Je suis heureuse de me trouver dans cette conférence en présence de personnalités honorables et de représentants élus du Parlement européen, de Belgique, de Grande-Bretagne, de France, d’Allemagne et des Etats-Unis. Une conférence pour examiner deux problèmes de première importance : en premier lieu la dictature des mollahs et son terrorisme d’Etat et en second lieu la situation d’urgence des habitants d’Achraf et les plans d’une nouvelle attaque lancée par le gouvernement irakien inféodé aux mollahs qui annonce une catastrophe humanitaire.

Je suis venue ici, dans la capitale de l’Union européenne, pour dire aux gouvernements européens et à celui des Etats-Unis que la poursuite de la politique de complaisance avec le régime des mollahs ne peut qu’engendrer des désastres.

Il faut cesser le silence et la passivité face au fascisme religieux au pouvoir en Iran qui, avec la complicité des dictateurs syriens et irakiens, plonge chaque jour davantage le Moyen-Orient dans le sang.

Et pourquoi restez-vous les bras croisés face à un nouveau massacre qui se prépare avec une date butoir fixée par le gouvernement irakien pour la fermeture du camp d’Achraf ?

Je suis venue pour mettre en garde les gouvernements occidentaux et leur dire que s’ils ne s’opposent pas aujourd’hui même aux violations par le gouvernement irakien du droit international et à son intention d’éliminer les Achrafiens, demain il sera trop tard.

Je suis venue leur dire de ne pas transformer les hommages que leur a valus le sauvetage de la population de Benghazi, en une tache de honte indélébile dans leurs livres d’histoire en raison du dossier d’Achraf.

Trois leçon à tirer du terrorisme des mollahs

La découverte du projet du régime du Guide suprême de commettre un vaste attentat à la bombe et un grand carnage à Washington, confirme une réalité déclarée à maintes reprises par la Résistance iranienne, à savoir que la dictature terroriste en Iran est non seulement l’ennemi du peuple iranien, mais aussi la principale menace à la paix et à la sécurité dans le monde. Aujourd’hui la pieuvre du terrorisme du régime du Guide suprême étend ses tentacules jusqu’à Washington. Les Etats-Unis devraient tirer un enseignement de cet événement majeur.

Le premier enseignement est qu’ils doivent tirer les conséquences de leur grande erreur de s’être écartés de la lutte anti-terroriste. Au lieu de prendre pour cible un régime qui est le banquier central du terrorisme, ils ont frappé son opposition, ouvrant ainsi la voie au développement du véritable terrorisme.

Il est temps d’ouvrir les yeux et de voir ce qu’à produit l’immense cadeau qu’ils ont fait aux mollahs en inscrivant l’OMPI sur la liste noire. Et voir comment la plus grande concession qu’ils ont faites à Khamenei, à savoir le transfert de la protection d’Achraf à un gouvernement irakien inféodé au régime de Téhéran, a ouvert l’appétit insatiable des mollahs. Si les Etats-Unis en tirent les conclusions qui s’imposent, ils devront des excuses au peuple iranien pour cette inscription dans la liste du terrorisme qui les rend complices de la répression.

Oui, c’est à cause de cette erreur que vous avez fermé la voie au changement en Iran et que vous avez ouvert la voie au massacre à Achraf. Présentez vos excuses au peuple iranien et corrigez au plus vite cette faute !

Le second enseignement, c’est que ce régime ne renoncera jamais au terrorisme. Dépourvu de base dans la société iranienne, miné par une corruption intrinsèque, et en contradiction fondamentale avec les revendications démocratiques des femmes et de la jeunesse iraniennes, le régime du Guide suprême n’a d’autre levier que la répression impitoyable de la population et l’exportation du terrorisme. Comme l’a souligné Massoud Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne : « Si un jour le régime renonce à l’exportation de l’intégrisme et du terrorisme hors de l’Iran et se limite à l’intérieur des frontières du pays, le système du Guide suprême perdrait son âme et le régime des mollahs s’effondrerait de l’intérieur ».

Oui, les mollahs s’en remettent au terrorisme pour éviter leur effondrement. Ils se sont lancés dans une course effrénée à la bombe atomique pour échapper à leur renversement. Chaque jour, d’heure en heure, ils exécutent nos enfants pour faire barrage au soulèvement. Mais nous leur disons qu’ils ne pourront échapper au sort de Kadhafi, de Ben Ali et de Moubarak.

Quant au troisième enseignement, c’est que face à une dictature terroriste religieuse, tenter de la ménager ou de l’apaiser relève de l’idiotie, voire du charlatanisme pour justifier sa soumission à ce régime.

Quoi qu’il en soit, le fait que les mollahs étendent leur terrorisme aujourd’hui jusqu’au cœur de Washington, que leurs missiles puissent atteindre l’Europe, et qu’ils soient sur le point de se doter de l’arme nucléaire, sont les conséquences directes de la politique de rapprochement et de complaisance avec ce régime.

Comme il est étrange que  les mollahs qui ont semé partout dans le monde des assassinats, des attentats sanglants et des prises d’otages, de Beyrouth au Caire, de Tokyo à Karachi et à Manille, et des capitales européennes à Buenos Aires, n’aient reçu en échanges que des récompenses et des mesures incitatives.

Il est encore plus étrange, qu’en Irak, les Etats-Unis ne se soient pas contentés de fermer les yeux sur les crimes terroristes de ce régime, mais ont également fait de cette dictature terroriste un partenaire du pouvoir irakien.

Ainsi donc, pour reprendre les paroles de Winston Churchill, nous disons : Oui, messieurs, après avoir accepté le déshonneur de céder au fascisme religieux, vous vous retrouvez aujourd’hui devant son terrorisme effréné au cœur de Washington.

Pendant toutes ces années, le régime des mollahs a continué à préparer et organiser des attaques terroristes en secret, alors que publiquement, il ne cesse d’accuser de terrorisme la Résistance dans le cadre d’une campagne de diabolisation. En Irak, alors qu’il a assassiné des milliers de pilotes, de juges, d’avocats, de scientifiques, de médecins, d’enseignants et des Irakiens patriotes, ce régime propage en parallèle des allégations mensongères pour faire croire que l’OMPI a massacré des Kurdes et des chiites irakiens.

C’est ce même régime qui a fait avaler au Département d’Etat américain et aux ministères des Affaires étrangères des pays européens des allégations mensongères de sectes ou des mensonges comme l’entraînement des femmes kamikazes par l’OMPI pour des opérations dans la ville de Karbala ou des plans d’attaque de l’OMPI  contre la « Zone verte » à Bagdad. Tous les documents et informations classifiés que le Département d’Etat américain a rassemblés pour maintenir l’OMPI sur sa liste noire ne sont que des allégations venant des mollahs.

Une guerre ouverte contre la communauté internationale

Il ne fait aucun doute que pour mettre en œuvre son opération à Washington, la force terroriste Qods a uniquement pris ses ordres du Guide suprême des mollahs. Divers tribunaux en Europe et aux Etats-Unis, notamment à l’issue d’un procès à Berlin en 1997 et d’un autre à Rome en 2006, ont souligné le rôle de Khamenei dans les ordres délivrés pour commettre des crimes terroristes.

En vérité tout le pouvoir est concentré dans les mains de Khamenei. Il y a quelques jours il a même annoncé qu’il avait l’intention d’annuler la mise en scène de l’élection présidentielle et de confier le choix du chef de l’exécutif au Majlis, le parlement qui est à ses ordres. Que ce soit dans le domaine de la torture et des exécutions en Iran ou dans le domaine des attentats terroristes à l’étranger, c’est de Khamenei en personne qu’émane la décision principale. C’est pourquoi il doit être traduit devant la justice internationale pour crimes contre l’humanité.

Mais pour quel motif le chef de file des mollahs a-t-il recours à une guerre ouverte contre la communauté mondiale et les conventions internationales ? Parce qu’il veut trouver un échappatoire aux crises mortelles qui assaillent la totalité de son régime. D’un côté il y a le mécontentement explosif de la société iranienne qui s’est révoltée à plusieurs reprises ces deux dernières années pour renverser ce régime. Des révoltes dont les causes premières sont toujours vivaces et dont aucun des facteurs n’a disparu.

D’autre part, avec l’extension des soulèvements pour la liberté au Moyen-Orient, Khamenei et son régime se retrouvent pris dans un étau. La conclusion que Khamenei tire de la chute de Kadhafi et de la perspective de la chute de la dictature syrienne, le conduit à accentuer son extrémisme. Sa stratégie est constituée de plusieurs volets : Faire attaquer Achraf par ses affidés en Irak, multiplier les exécutions en Iran, de telle manière que le mois dernier, un condamné était pendu toutes les sept heures ; accélérer les efforts pour se doter de la bombe atomique et multiplier les actes terroristes en Occident, ce que certains de ses porte-parole ont qualifié de « jihad international ».

Ainsi Khamenei a voulu détourner à son profit tout le processus en cours au Moyen-Orient en organisant une opération terroriste d’envergure au cœur de Washington, mais il a échoué et a été pris la main dans le sac.

Mais ce n’est que le début. Si le régime du Guide suprême se trouve dans cet engrenage, c’est en raison de sa faiblesse inhérente et de sa nature ultraréactionnaire, qui lui rendent une sortie impossible. En fait, Khamenei n’a que deux voies devant lui : soit il cède, soit il persiste sur le chemin du terrorisme et de l’aventurisme parce qu’il s’y voit contraint. Mais qu’il choisisse l’une ou l’autre, il sera voué à être renversé par le peuple iranien et sa Résistance.

Dans ces conditions, il est extrêmement important que les Etats-Unis et l’Europe évitent de répéter les erreurs de ces trente dernières années face au terrorisme du régime des mollahs.

Je vous mets en garde de ne pas capituler devant la volonté de ce régime de se doter de la bombe atomique et pour une fois reconnaissez clairement le fait que les mollahs se sont lancés dans une fabrication effrénée des armes atomiques.

Je vous mets en garde de ne pas fermer les yeux sur le plan terroriste du régime à Washington comme vous l’avez fait pour l’attentat de Khobar ! Je vous mets en garde de ne pas vous contenter de vous plaindre ou simplement de critiquer comme vous l’avez fait jusqu’à présent en Irak. Je vous mets en garde de ne pas dissimuler la véritable ampleur du projet terroriste du régime iranien à Washington. Ne tentez pas de dédouaner le régime dans sa totalité et surtout Khamenei. Gardez-vous de tout réduire à une mise en scène dans l’unique but de préserver les apparences pour contenir l’aversion et la colère de l’opinion publique !

Tous les indicateurs réels sont devant vous : Remplissez vos engagements internationaux concernant la protection d’Achraf ! Renvoyez le dossier du terrorisme et des violations des droits de l’homme de ce régime devant le conseil de sécurité de l’ONU ! En adoptant un embargo pétrolier complet, cessez d’alimenter l’appareil de la répression et du terrorisme ! Et enfin reconnaissez la résistance du peuple iranien pour le renversement du fascisme religieux.
Oui le temps est venu de radier de la liste terroriste américaine la résistance victime de la complaisance des gouvernements occidentaux avec ce régime. Par contre, ceux qui démentent ou justifient ouvertement les complots terroristes des mollahs et qui apportent une assistance à leur machine terroriste, doivent être inscrits sur la liste noire. Ce sont des partisans farouches et des représentants politiques de la force terroriste Qds en Europe et aux Etats-Unis qui défendent le régime des mollahs sous de multiples couverts. Il faut les mettre sur la liste du terrorisme.

La situation de la société iranienne, avec la répression et le terrorisme perpétrés par ce régime et ses attaques contre Achraf, s’inscrit dans le cours des soulèvements de toute la région. C’est pourquoi, tout comme il est honteux et inacceptable de garder le silence devant la répression de la révolte du peuple syrien, il est tout aussi honteux et inacceptable de garder le silence devant les violations des droits de l’homme en Iran. 

Le blocus d’Achraf

Aujourd’hui, cela fait plus de vingt mois que les Achrafiens subissent un blocus inhumain du gouvernement irakien. Le 8 avril, 37 Achrafiens innocents et sans défense ont été tués lors de l’attaque du gouvernement irakien sur ordre du régime des mollahs. Ces derniers mois, cinq malades sont décédés à cause des obstacles posés à leurs soins. De son côté, la torture psychologique au moyen de 300 haut-parleurs continue sans répit.

Parallèlement, la force terroriste Qods avec le soutien du gouvernement irakien, a installé des mâts avec des appareils d’espionnage et de brouillage à proximité d’Achraf pour préparer la prochaine attaque.

Actuellement la Résistance iranienne a obtenu des documents et informations de l’intérieur du régime de Téhéran qui montrent que sur ordre de Khamenei, le gouvernement irakien prépare une nouvelle attaque contre Achraf sous couvert de l’ultimatum pour fermer le camp. C’est la raison pour laquelle le gouvernement irakien continue à mettre des bâtons dans les roues des instances des Nations Unies qui s’efforcent de résoudre cette crise. Il exerce notamment des pressions sur le travail du HCR pour l’empêcher de définir le statut des Achrafiens.

C’est pourquoi aujourd’hui, nous sommes réunis pour demander aux gouvernements européens et américain pourquoi ils gardent le silence face à la date butoir fixée par le gouvernement irakien pour fermer Achraf et dont le but est clairement d’exterminer les habitants du camp.

Nous leur disons qu’il ne faut pas rester les bras croisés devant le plan funeste de ce régime sous couvert d’une date butoir. L’ampleur des relations politiques, sécuritaires et économiques avec l’Irak, permet aux gouvernements occidentaux de contraindre l’Irak à respecter les lois internationales.

Suite à la prise de position du HCR déclarant les résidents d’Achraf des demandeurs d’asile ayant droit à une protection de base, et suite à l’initiative de la Baronne Ashton, la Haute représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère désignant l’ambassadeur De Ruyt comme son représentant personnel pour Achraf, il revient maintenant aux Etats-Unis et aux Etats membres de l’Union européenne de soutenir la mission du Représentant spécial, pour qu’il puisse se rendre en Irak, visiter le camp d’Achraf, rédiger des rapports directs et mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour la protection des habitants. Il ne faut pas permettre que l’on porte atteinte à ces efforts et à ces acquis.

Il est temps que le Secrétaire général des Nations Unies et la Haut Commissaire aux droits de l’homme installent au plus vite une équipe d’observateurs de l’ONU à Achraf et fassent annuler cet ultimatum.

De même il est temps que les gouvernements occidentaux se mettent au côté de la résistance qui représente les aspirations du peuple iranien, à savoir la liberté, la démocratie, la séparation de la religion et de l’Etat, l’égalité des femmes et des hommes et un Iran sans nucléaire.

 

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