AccueilActualitésActualités: EconomiePourquoi l’économie iranienne est-elle entrée en récession malgré la levée des sanctions...

Pourquoi l’économie iranienne est-elle entrée en récession malgré la levée des sanctions ? – partie 1

Pourquoi l’économie iranienne est-elle entrée en récession malgré la levée des sanctions ? – partie 1

CNRI – Un an après la signature de l’accord sur le nucléaire, alors que des problèmes importants tels que les restrictions d’exportation et l’interdiction de transaction (SWIFT) des banques internationales ont été résolus, une atmosphère transparente est créée pour identifier les problèmes économiques radicaux en Iran.

En d’autres termes, la question est pourquoi le pays s’enfonce-t-il dans la récession alors que les sanctions sont levées et que les transactions internationales avec l’Iran ont été ouvertes ? Il ne fait aucun doute que la baisse significative du prix du pétrole a réduit le revenu de l’État et a également mis la pression sur l’économie iranienne ces dernières années. En y regardant de plus près, les autres problèmes fondamentaux sont également identifiés, ce qui jugule les politiques du gouvernement iranien.

Ces problèmes peuvent être divisés en deux catégories :

1. Problèmes internes

Le 7 juin 2016, le ministère des Affaires étrangères en Iran a envoyé un rapport officiel au parlement concernant les résultats de la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire. Dans ce rapport, il est écrit avec une clarté sans précédent que le plus gros problème dans le pays est le manque de sécurité et de stabilité. Le rapport stipule : « Les plus grands défis et problèmes auxquels doit faire face le plan d’action conjoint sont la création d’une atmosphère de confiance et d’assurance pour les parties étrangères. La confiance dans les interactions et l’atmosphère est le facteur le plus important dans le calcul des coûts et des bénéfices pour les entreprises qui font affaire avec l’Iran. »

Si les entreprises se rendent compte que le marché ne leur fournit pas un environnement sécurisé pour les investissements, pour faire affaire ou pour n’importe quelle autre interaction économique, il ne faut aucun doute qu’elles n’investiront pas ou ne transfèreront pas leurs technologies et elles ne s’engageront pas dans un gros projet d’investissement. Dans la situation turbulente du Moyen-Orient et dans une atmosphère d’incertitude concernant l’engagement de toutes les parties de l’accord sur le nucléaire iranien, il est normal que les entreprises réagissent avec hésitation. »

Le ministère iranien des Affaires étrangères cite « le manque de sécurité et de stabilité », le manque de « confiance et d’une atmosphère rassurante » dans « une situation chaotique » et l’existence de « la peur de l’interaction avec l’Iran et la méfiance vis-à-vis de celui-ci » comme les principales causes de l’échec de l’attraction des investissements étrangers tout comme la coopération avec les entreprises internationales. Il y a un aspect politique, légal et économique.

Explication des facteurs les plus importants :

A. Domination de la tutelle juridique islamique

L’entreprise d’audit économique « Control Risks » (contrôle des risques) a publié un rapport affirmant que malgré la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire entre l’Iran et des puissances mondiales, le marché iranien reste risqué. À part le danger d’imposer de nouvelles sanctions, la structure opaque de propriété et l’interférence imprévisible des institutions gouvernementales dans l’économie sont mentionnées dans le rapport comme des enjeux économiques.

Concernant l’engagement des institutions gouvernantes, il ne faut aucun doute que le facteur majeur est la tutelle juridique islamique, ses subdivisions comme les Pasdarans, la police, les Bassidjis, la fondation nommée « quartier général des exécutions des ordres de l’Imam Khomeiny, la fondation Mostzafan et Astan Quds Razavi. Ces institutions ont mis la main sur l’économie iranienne, notamment sur les usines de produits manufacturés, les banques commerciales, les institutions monétaires et le marché économique. La domination de ces institutions qui financent les opérations militaires en Syrie, en Irak, au Liban et qui fournissent les coûts énormes pour le contrôle de la sécurité en Iran, a fait d’eux l’homologue des échanges internationaux.

Pierre Fabiani, l’ancien président de « Total » en Iran et l’actuel vice-président de GEP-AFTP (association française d’entreprises et de professionnels dans le pétrole et le gaz) ont déclaré : « Je recommanderais à toutes nos entreprises d’enquêter en profondeur pour savoir si nos partenaires potentiels iraniens sont affiliés aux gardiens de la révolution islamique (Pasdaran) ou non et s’ils le sont, ils devraient arrêter leur association avec eux. »

Le quotidien « Le Monde » a cité un ambassadeur en Iran qui avait enquêté sur le problème et tiré la conclusion de son observation objective comme : « Il n’y a pas d’entreprise importante en Iran qui ne soit pas contrôlée par les fondations des gardiens de la révolution. »