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Pourquoi devrions-nous nous soucier du sort des opposants iraniens en Irak ?

Jens Christian Lund
 4 mai 2012 – Scoop Independent News – Le sort d’un groupe d’opposants iraniens en Irak peut sembler insignifiant comparé aux grandes questions sur la table au Moyen Orient et dans d’autres parties du monde.
Depuis que je suis devenu membre du Parlement danois, j’ai tenté de suivre la situation en Iran et les personnes originaires d’Iran vivant à l’extérieur du pays.

Selon moi, la manière dont le gouvernement de Bagdad traite l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) devrait constituer un facteur essentiel pour évaluer le degré auquel l’Irak veut être considéré comme un membre de la communauté démocratique internationale.

Mes conclusions sont malheureusement très sombres. Le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, est à un niveau inquiétant sous l’emprise du régime iranien, et son gouvernement montre le stricte minimum respect envers les États-Unis, l’Occident et les Nations Unies. En tant qu’ancien Colonel, je suis profondément désolé et déçu que tous les efforts de mes soldats en Irak se soient terminés en de tels résultats.

La situation douloureuse de l’OMPI est une preuve évidente que de bas en haut – du haut de la hiérarchie du pouvoir aux troupes irakiennes sur le terrain – il y a un mépris profond pour les droits humains fondamentaux.
L’horrible massacre perpétré il y a un an par les troupes irakiennes qui ont pris d’assaut le foyer des opposants dans le camp d’Achraf et abattu 36 hommes et femmes innocents et sans défense en est la preuve la plus manifeste. En outre, la persécution subtile et extrême des opposants dans le nouveau foyer qu’ils ont été obligés d’accepter, ironiquement nommé camp Liberty, continue toujours.

Les dernières informations provenant de l’intérieur du camp de réfugié devraient agir comme une sonnerie d’alarme pour les Nations Unies et les États-Unis, les deux s’étant engagés à protéger les opposants jusqu’à ce qu’ils soient établis dans des pays tiers. Cela doit également alarmer les nations ayant pris part à la Coalition durant la guerre en Irak.

Ne nous trompons pas : les besoins de ces personnes sont plus grands que jamais.
Dans les années qui ont suivi la révolution iranienne en 1979, l’OMPI s’est installée près de Bagdad et a transformé un morceau de terre aride en une ville moderne, connue comme le camp d’Achraf.

Pendant 26 ans, la communauté a prospéré – survivant malgré avoir été injustement et à tort étiquetée de terroriste par les États-Unis en 1997. Après l’invasion de l’Irak en 2003, les forces américaines ont assumé le contrôle d’Achraf et suite à une enquête, n’ont trouvé aucun terroriste parmi les 3400 membres de l’OMPI.

Ils ont reçu une protection officielle en Irak, en vertu de la Convention de Genève. Il y a trois ans, toutefois, cette protection a été confiée au gouvernement irakien. Depuis lors, les réfugiés vivent dans la peur. Après le massacre d’avril dernier – perpétré pour le compte du régime iranien – Maliki a exploité l’absence de réactions internationales et a planifié une atrocité d’une plus grande dimension encore en annonçant la brusque fermeture d’Achraf.

Qui sait quel sinistre sort était en réserve pour les opposants, si une campagne internationale d’ampleur n’avait pas sauvé la situation. Après les assurances données par la Secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, l’ONU et la dirigeante de la Résistance iranienne Maryam Radjavi, le gouvernement irakien a accepté le transfert des résidents au camp Liberty, une ancienne base militaire américaine. Le plan étant que les résidents seraient interrogés par le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies, avant leur transfert hors du pays.

Mais les Irakiens ont violé l’accord de manière quotidienne. L’Irak a créé une « prison », et non un camp de réfugié, dans laquelle la menace armée et physique est flagrante. Les officiers irakiens sont stationnés à l’intérieur et des véhicules blindés traversent le camp en crachant de la fumée de manière régulière.

À l’occasion du premier anniversaire du massacre du 8 avril à Achraf – où ces mêmes troupes et véhicules étaient utilisés pour anéantir les opposants sans défense – on m’a rapporté qu’un total de 29 résidents a été battu et blessé.

Le second danger est plus subtil – une guerre d’usure, une lente suppression et persécution de l’OMPI en laissant les opposants souffrir dans des conditions affreuses et inhumaines. Les besoins les plus élémentaires manquent. Une pénurie d’eau atteint un point critique, avec ceux qui sont logés au camp Liberty recevant désormais un tiers de moins d’eau que la personne moyenne en Irak – moins de 150 litres par personne. Les résidents appellent cela une forme de « torture ».

Toute demande d’assurer le strict minimum des normes humaines est rejetée d’après moi. Les demandes d’être connecté au réseau d’eau de la ville ainsi qu’au réseau électrique national, de transférer les matériels et les biens d’Achraf, qu’ils ont été forcés d’abandonner, ont été rejetées. Construire des abris parasols, poser des trottoirs en ciment pour que les résidents en chaise roulante puissent se déplacer, même tout simplement diffuser de l’insecticide dans la saison chaude où les serpents et les moustiques foisonnent, tout cela est rejeté. Les résidents sont ainsi laissés dans la souffrance.

Pendant ce temps, que fait Maliki ? J’ai entendu dire qu’il vient tout juste de rentrer de Téhéran, où j’ai bien peur qu’il se soit positionné encore plus profondément à la botte du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Il est inconcevable que l’OMPI n’ait pas été à l’ordre du jour, et en raison de cela, le reste du monde doit être prêt et mis en garde. L’ONU doit garantir les droits minimes des opposants au camp Liberty ainsi que leur protection contre tout nouveau désastre humanitaire.

En outre, les États-Unis devraient suivre le Royaume-Uni et l’Union Européenne en retirant l’OMPI de leur liste d’organisations terroristes désignées. Cette inclusion inique et injuste constituait tout simplement l’excuse dont l’Irak avait besoin pour lancer l’attaque contre Achraf, et représente un cadeau pour Téhéran, qui utilise la liste pour justifier sa répression de la résistance intérieure. L’étiquette terroriste complique également le processus de trouver des pays tiers où les résidents puissent à nouveau vivre en paix et dans la dignité qu’ils méritent.

En février, la Secrétaire d’État américaine a déclaré que « la coopération de l’OMPI dans la fermeture réussie et pacifique du camp d’Achraf » serait « un facteur clé dans toute décision » concernant le retrait de la liste.
Faites de cette décision une décision correcte, Mme Clinton, et faites-le rapidement. Il s’agit de la bonne décision Mme Clinton.

Jens Christian Lund a été militaire pendant 42 ans. Il a fini comme Colonel et comme commandant du Régiment à Vie du Prince au Danemark pendant 10 ans. Parmi ses devoirs, il était responsable de l’entraînement de plus de 3000 soldats provenant de Bulgarie, d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie. Il a été élu au Conseil de la Ville de Viborg en 1997 et en a été membre jusqu’en 2005. Il a été élu au Parlement danois en 2005 et en a été membre pour les Sociaux-Démocrates jusqu’en 2011.

 

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