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Pour confronter l’Iran, délier les mains de l’opposition

Par Wesley Martin

Buffalo News – 22 janvier 2012 – Les relations États-Unis-Iran depuis la révolution de 1979, toujours tumultueuses, ont peut-être atteint leur point critique.
Ne serait-ce que depuis les six derniers mois, Téhéran a été réprimandé par les observateurs nucléaires de l’ONU pour sa quête d’acquisition d’armes nucléaires, il a été lié à une tentative d’assassinat contre un diplomate étranger sur le sol américain, il a menacé de bloquer le Détroit d’Ormuz, il a émis des bruits de sabre dans le Golfe Persique, il a pris en otage trois randonneurs américains enlevés et il a condamné un citoyen américain à mort.

Pendant que Washington se dispute sur un plan d’action, la Secrétaire d’État Hillary Clinton a l’opportunité d’énerver les tyrans de Téhéran avec un coup de crayon, et cela ne coûterait rien aux contribuables ni ne mettrait en danger aucune troupe américaine. Le Département d’État devrait révoquer la désignation des Moudjahidine du Peuple (OMPI) comme organisation terroriste.
La cour d’appel américaine a dit au Département d’État qu’il avait tort de maintenir le groupe de résistance iranien laïc et démocratique sur la liste terroriste étrangère FTO et elle a ordonné que la situation soit rétablie dans les six mois. C’était il y a 19 mois.
Pourquoi tant de temps pour défaire les liens de l’opposition iranienne ? La politique et les politiques ne pourraient être plus opportunes. Dans une initiative bipartite rare, quelques 100 membres du Congrès américain ont exhorté le Département d’État à retirer l’OMPI de la liste ; de même que des dizaines de responsables de la sécurité nationale, des Renseignements, de la diplomatie et de l’armée parmi les plus qualifiés et les plus éminents issus des quatre dernières administrations.
Conformément au mandat du Congrès américain, une organisation terroriste doit être étrangère, doit représenter une menace pour les États-Unis ou ses citoyens et doit avoir la capacité de mener des attaques. Le Département d’État refuse d’admettre que l’OMPI n’a pas l’intention de nuire aux États-Unis. Mais ses membres dans le camp d’Achraf, en Irak, ont rendu leurs armes à l’armée américaine en 2003. La désignation du Département d’État est en violation de la loi. Fait ironique, le gouvernement américain ne désigne pas l’Armée du Mahdi de Moqtada Sadr comme une organisation terroriste étrangère, même si, selon ses propres aveux, il a mené des milliers d’attaques en Irak et tué des centaines de militaires américains.
Les terribles conséquences de cette injuste inscription ne se ressentent nulle part plus que dans le camp d’Achraf, la base irakienne de l’OMPI où j’ai servi comme commandant. Je connaissais les dirigeants et beaucoup des membres de base parmi les 3400 résidents du camp qui, en échange de leur désarmement volontaire, ont obtenu individuellement des assurances écrites de « personne protégée » de la part du gouvernement américain. Le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki leur a fait du mal, recevant des ordres de Téhéran. L’armée irakienne a attaqué les résidents sans défense d’Achraf à deux reprises, en 2009 et en 2011, tuant 47 d’entre eux et en blessant plus d’un millier d’autres. Le gouvernement irakien s’était juré de fermer Achraf avant la fin de 2011, dressant le spectre d’un bain de sang. Dans les derniers jours de l’année, le gouvernement irakien a offert un prolongement de quelques mois.
Personne ne méprise la guerre plus qu’un guerrier. Personne ne déteste la violation d’un traité de capitulation ou d’un accord de cessez-le-feu plus qu’un combattant qui s’est battu pour cela. Cela me brise le cœur d’assister comme témoin à la tragédie à Achraf depuis que je sais que les États-Unis ont violé l’accord de reddition des armes signé avec les gens d’Achraf. Ils n’ont désormais plus d’armes, mais ils sont menacés sur les lignes de front pour la démocratie en Iran.
La situation peut ne pas sembler aussi grave qu’il y a un mois, lorsque le camp d’Achraf était sur le point d’être fermé de façon imminente. En vérité, la situation devient davantage désespérée. L’accord de l’ultime effort exhortait les résidents d’Achraf de partir pour le camp Liberty, l’ancien camp militaire américain près de Bagdad, pour que l’organisme humanitaire de l’ONU puisse les interroger pour leur réinstallation dans des pays tiers. Mais ce qui était auparavant le camp Liberty sera pour ces personnes un camp de concentration. Tandis que le camp d’Achraf est bien tenu et indépendant, dans l’ancien camp Liberty les résidents seront sous le contrôle des Irakiens aux ordres du régime iranien. Ils seront dépendants des Irakiens pour tout et soumis même à davantage de mauvais traitements psychologiques que ceux qu’ils ont déjà endurés.
Quel est le chemin devant nous ? La première et plus essentielle étape est de retirer l’OMPI de la liste terroriste étrangère (FTO). Elle n’aurait jamais dû y être placée en premier lieu. Deuxièmement, protégeons les résidents d’Achraf en garantissant leurs droits jusqu’à ce qu’ils puissent sortir d’Irak. Les États-Unis doivent être part de la solution et non pas du problème, lorsqu’il en vient à remplir ses engagements envers les résidents d’Achraf. Soyez assuré que Téhéran regarde pour évaluer notre fermeté. Le Département d’État devrait arrêter de faire exactement le jeu du président Mahmoud Ahmadinejad et de l’ayatollah Khamenei en permettant que cette inscription erronée et illégale se poursuive.

Wesley Martin, est un Colonel de l’armée américain (retraité). Il a servi en tant qu’officier supérieur de l’anti-terrorisme et de la force de protection pour les forces de la coalition en Irak durant l’Opération Iraqi Freedom et en tant que commandant du camp d’Achraf en 2005 et 2006.

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