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La marche des Iraniens vers un Iran démocratique – La seule réelle solution à la crise

Par Roger Gale

HUFF POST – 23/01/2012 – S’il y a une chose sûre pour avoir intensifier les échanges récents entre les États-Unis et l’Iran, c’est la question du pétrole.
Comme les États-Unis ont fait pression pour des sanctions plus sévères contre les tentatives de Téhéran de faire avancer son programme nucléaire, l’Iran s’est alors vengé en menaçant de fermer le Détroit d’Ormuz.
Leon Panetta, le Secrétaire d’État à la Défense américain, a déclaré que bloquer les voies maritimes par lesquelles est livrée la majorité du pétrole au monde constitue « une ligne rouge », et il a été dit que des communications diplomatiques secrètes s’étaient directement déroulées avec les dirigeants iraniens à Téhéran.
Aussi bien la Grande-Bretagne que les États-Unis ont prudemment fait du bruit, de manière orchestrée et identique, plaidant pour une résolution pacifique sans toutefois exclure une éventuelle future action militaire.

Cette nouvelle partie dans la guerre diplomatique a prouvé deux choses. Premièrement, l’idée d’entreprendre une autre tentative d’ « engagement » avec le régime de Téhéran a échoué – ils continuent tout simplement de jouer les durs et émettent même des menaces davantage belliqueuses.
Deuxièmement, le durcissement des sanctions qui doivent être imposées contre la banque centrale de l’Iran ainsi que l’embargo de l’UE planifié sur le pétrole iranien ne sont pas assez. Ils doivent évoluer vers une politique de plus longue durée et de plus large pensée.
Pour les Iraniens ordinaires, regarder le Printemps arabe se déployer autour d’eux et réaliser combien leurs dirigeants les ont condamnés à une isolation internationale délivrent un message : il est maintenant temps de prendre le pouvoir ; il est maintenant temps d’être galvanisé.
Pour que cela se produise, l’opposition au régime doit être autorisée à trouver son porte-parole. Dirigée par Maryam Rajavi, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) espère un jour remplacer le régime brutal par une démocratie. Le manifeste de l’OMPI prône un avenir non nucléaire pour le pays, des droits égaux entre les hommes et les femmes, une presse libre pour l’Iran, et enfin la possibilité d’embrasser d’autres politiques avant-gardistes.
Mais pour que la résistance iranienne puisse dire ce qu’elle a à dire, ils doivent tout d’abord vaincre le fardeau sous  lequel ils sont entravés. La désignation comme organisation terroriste, conformément au droit américain, doit être révoquée.
Le geste aurait dû être fait depuis longtemps. Le Royaume Uni a retiré l’OMPI de sa liste en 2008, et l’année suivante, le Conseil de l’Union Européenne l’a retirée de la liste des organisations désignées.
 Les soutiens sont également massifs aux États-Unis. Le Congrès américain et des dizaines d’anciens hauts responsables de la sécurité nationale, dans une campagne bipartite rare, sont tous pour son retrait de la liste. Mais seul le Département d’État peut autoriser l’action, et pour d’inexplicables raisons, il traîne les pieds. Le seul outil que semblent vouloir utiliser les États-Unis pour le moment au sujet de Téhéran consiste en les sanctions. Pourquoi les responsables ne réalisent-ils pas quel message cela enverrait de reconnaître la légitimité de l’opposition ? Il ne s’agit pas de partisanisme politique. Il y a plus de 3000 personnes dans un camp réfugié en Irak pour lesquelles il s’agit d’une question de vie ou de mort.
Le camp d’Achraf, à 60 km au nord de Bagdad, est le foyer de 3400 exilés membres de l’OMPI depuis plus de 25 ans, mais récemment le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a semblé soutenir le désir du régime iranien d’éliminer ses principaux opposants.
En deux attaques meurtrières en 2009 et 2011, les forces armées irakiennes ont tué 47 résidents sans défense du camp d’Achraf et en ont blessé plus d’un millier. Maliki s’était juré de fermer le camp avant la fin de l’année dernière, soulevant des inquiétudes quant à une éventuelle autre catastrophe humanitaire. Une campagne internationale massive dans les derniers jours de 2011 a écarté le désastre possible et Maliki a été forcé de repenser ses plans et d’accepter de déplacer les opposants iraniens vers une ancienne base militaire américaine appelée camp Liberty.
Toutefois, les développements se sont bloqués et l’Irak a encore une fois commencé à créer des obstacles – dont des mesures pour rendre le camp davantage comme une prison que comme quelque part offrant la « liberté ».
Les premiers mois de 2012 seront cruciaux pour décider du sort des réfugiés, qui comprennent près de 1000 femmes. Mais un élément qui pourrait changer la perspective entière, et leur offrir le plus grand espoir, serait de changer le statut de l’OMPI.
L’ensemble des 3400 opposants ont demandé l’asile politique. L’organisme pour les réfugiés de l’ONU veut procéder à leurs requêtes depuis des mois, mais le gouvernement irakien a bloqué une telle action.
L’objectif est de permettre aux réfugiés du camp d’Achraf d’être réinstallés dans des pays tiers, mais tant qu’ils sont sur la liste terroriste, une telle réinstallation serait improbable.
Après tant d’atermoiements, 2012 doit être l’année où le Département d’État prend une mesure décisive. Téhéran n’est pas un ami à satisfaire, et son régime craint tout ce que l’OMPI représente.
Les États-Unis doivent à présent défaire les chaînes et permettre à la résistance de trouver son propre chemin, loin du camp d’Achraf, et vers un Iran démocratique.

Sir Roger Gale est un membre conservateur du Parlement pour le North Thanet et ancien vice-président du Parti conservateur. Il est un haut membre de la Commission du Parlement britannique pour un Iran Libre.

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