mardi, janvier 31, 2023
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Permettre un changement de régime en Iran

David Amess, député conservateur britanniquePar David Amess *

The Washington Post, 29 août – L’arrogance dont fait preuve Téhéran lors des négociations nucléaires a été alimentée en partie par cette présomption jusque là correcte que l'Occident n’a pas la volonté de l'empêcher d'acquérir des armes nucléaires. L'erreur stratégique de l’occident se trouve dans sa détermination à faire pression sur le régime pour changer son comportement plutôt que de rechercher un changement de régime à long terme.

 

Il est dans l'intérêt de la communauté internationale et des marchés financiers que l'Iran dispose un gouvernement démocratique stable. Toutefois, cela ne pourra se faire par une intervention militaire étrangère ni le maintien du statu quo, car Téhéran accélère ses activités nucléaires illégales au mépris du Conseil de sécurité et du gendarme nucléaire de l’ONU.

Le régime de Téhéran s'est rendu compte que les armes nucléaires stratégiques sont un garant de sa survie et qu'à ce titre il ne peut renoncer à ses activités. L'Iran a clairement indiqué qu'il n'avait pas l'intention de suspendre son enrichissement d'uranium malgré les généreux paquets de mesures incitatives offerts le mois dernier par les grandes puissances. Le porte-parole du gouvernement iranien a déclaré le 10 août que la République islamique ne changerait sa position nucléaire « en aucun cas ».

Le guide suprême de l’Iran Ali Khamenei, qui a le dernier mot sur toutes les questions d’Etat, a déclaré en juillet que la République islamique a « clairement défini des lignes rouges » dans les pourparlers nucléaires avec les puissances mondiales. « Les acquis [nucléaires] appartiennent à l'ensemble de la nation iranienne et aucune puissance ne sera en mesure de la priver de cette technologie et d’un droit certain », a dit Khamenei.
 
Pendant ce temps, en tant que président du quatrième pays exportateur de pétrole, Ahmadinejad a ajouté une pression économique à la pression politique en déclarant le 14 juillet que les prix du pétrole brut continueraient d’augmenter. Les ténors des gardiens de la révolution en Iran ont même menacé de bloquer le détroit d'Ormuz, le passage stratégique où plus d'un tiers du pétrole mondial s’écoule chaque jour.

Beaucoup de dirigeants occidentaux évitent d’examiner sérieusement un changement de régime en Iran, de peur d'ouvrir la boîte de Pandore des problèmes dans son sillage. Cette crainte est basée sur un grave manque de connaissance de la situation dans laquelle se trouve la société iranienne, et, dans une certaine mesure, sur de fausses informations diffusées par les autorités iraniennes. La réalité c’est que l'écrasante majorité des Iraniens veut la fin des mollahs. Les conditions sont mûres pour un changement par le biais du peuple iranien lui-même. Le ressentiment de la population à l’encontre de la dictature théocratique iranienne est à son plus haut niveau, l'inflation a dépassé les 26 % en juillet, et le régime a mené une bruyante répression contre les étudiants et les femmes.
 
Pour résumer, la politique inepte actuelle de l'Occident vis-à-vis de l'Iran a conduit à des pénuries d'énergie dans le monde et a eu un effet négatif sur le mode de vie occidental en provoquant une augmentation rapide du prix du pétrole. La solution à ce bourbier dangereux réside dans notre soutien au peuple iranien et à sa résistance organisée.

L'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran, l’aile principale du mouvement de résistance démocratique iranien, a travaillé sans relâche pour stimuler le mécontentement public sous forme de vastes protestations contre le régime. Environ 5000 actes de protestations hostiles au gouvernement ont éclaté l'an dernier seulement.

Dans le cadre d'une politique erronée de complaisance, les États-Unis ont interdit l’OMPI en 1997. Depuis lors, cette interdiction a été le plus grand obstacle au changement démocratique en Iran. A Londres, en mai, le Lord Chief Justice a qualifié cette interdiction de « perverse » et a ordonné au gouvernement britannique de lever sa version de l'interdiction. Le Parlement a approuvé à l'unanimité le décret et a réhabilité l’OMPI. Quelques 70.000 Iraniens ont afflué à Paris en juin pour exhorter l'UE et les États-Unis à soutenir la présidente élue de la Résistance iranienne, Mme Maryam Radjavi, et à lever l'interdiction touchant l’OMPI.

Les Etats-Unis doivent suivre cet exemple et écouter leurs arguments. L'Occident doit permettre au groupe de concentrer l'ensemble de ses ressources sur la mobilisation de la population iranienne pour parvenir à un changement démocratique et transformer l'Iran en un partenaire de la paix.

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* David Amess est député conservateur britannique, et l'un des principaux membres du Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran

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