
Suite à l’adoption d’une résolution par le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le 20 novembre 2025, le régime iranien a eu recours à sa stratégie habituelle de chantage nucléaire. Au lieu de répondre aux préoccupations de la communauté internationale concernant ses activités nucléaires non documentées, Téhéran a réagi par une escalade immédiate, déclarant caducs les accords diplomatiques et ordonnant l’expansion de ses infrastructures d’enrichissement d’uranium.
Mesures de représailles : Annulation de l’« Accord du Caire »
Le 21 novembre, moins de 24 heures après l’adoption de la résolution, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du régime, Esmaeil Baghaei, a explicitement rejeté la décision de l’AIEA. M. Baghaei a qualifié la résolution de « politiquement motivée » et a annoncé la cessation formelle des mesures de coopération précédemment convenues.
S’adressant aux médias d’État, M. Baghaei a confirmé qu’une lettre avait été envoyée à l’AIEA pour mettre fin officiellement à l’« Accord du Caire ». Cet accord, conclu début septembre 2025 entre le ministre des Affaires étrangères du régime, Abbas Araghchi, et le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, visait à faciliter les inspections. M. Baghaei a déclaré : « De notre point de vue, le soi-disant Accord du Caire… est désormais considéré comme annulé. » Il a par ailleurs menacé d’envisager d’autres mesures.
Les centrifugeuses comme outil de coercition
Simultanément, Mohammad Eslami, directeur de l’Organisation de l’énergie atomique du régime, a ordonné la mise en œuvre immédiate de « mesures efficaces », notamment l’activation d’un « nombre significatif » de centrifugeuses nouvelles et perfectionnées.
L’agence de presse officielle Student News Agency a rapporté que la directive d’Eslami était une « réaction directe à cette résolution ». L’agence a décrit l’injection de gaz dans les nouvelles centrifugeuses comme un « message clair » adressé aux puissances occidentales, visant à accroître la pression sur elles. Cette réaction souligne la stratégie du régime, qui utilise son programme nucléaire non pas pour la production d’énergie civile, mais comme moyen de pression pour obtenir des concessions politiques.
Contexte de la censure : l’équivalent de 10 bombes d’uranium
Cette posture agressive du régime fait suite à une résolution adoptée par le Conseil des gouverneurs de l’AIEA par 19 voix pour. Seuls trois membres se sont opposés à la mesure, illustrant l’isolement diplomatique croissant de Téhéran.
La résolution exige que Téhéran fournisse des « informations précises » concernant son stock d’uranium enrichi à 60 %, un matériau qui, techniquement, est à deux doigts de produire de l’uranium de qualité militaire (90 %). Selon les estimations de l’AIEA, le régime détient actuellement 440,9 kilogrammes de cet uranium hautement enrichi, qui, s’il était encore enrichi, suffirait à fabriquer environ 10 armes nucléaires.
Par ailleurs, la résolution souligne une lacune critique dans le système de surveillance. Depuis les « douze jours de guerre » de juin 2025, durant lesquels les États-Unis et Israël ont ciblé des installations nucléaires, le régime refuse l’accès des inspecteurs aux sites concernés. Pendant plus de cinq mois, l’AIEA a été dans l’incapacité de vérifier l’état des stocks et des installations, ce qui constitue une violation flagrante des obligations du régime au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
Crainte intérieure d’un « cauchemar du Conseil de sécurité »
Malgré une attitude de défi, des rapports internes font état d’une profonde inquiétude quant à l’évolution de la crise. Le rétablissement des sanctions automatiques par l’ONU en septembre 2025 – réactivant six résolutions antérieures du Conseil de sécurité – a déjà exercé une forte pression économique et politique sur le régime.
Un journal d’État a publié une analyse le 20 novembre reconnaissant que cette résolution modifie fondamentalement l’équilibre stratégique au détriment de Téhéran. L’article soulignait que l’AIEA se retrouve une fois de plus au cœur de la crise politique et avertissait que les puissances occidentales préparent le terrain pour gérer durablement le dossier iranien par le biais du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le journal admettait que la simple menace de telles résolutions a effectivement modifié l’équilibre psychologique et stratégique entre l’Iran et l’Occident.
Les événements des dernières 48 heures démontrent que le régime de Téhéran considère le droit international et les garanties nucléaires non comme des obligations contraignantes, mais comme un moyen de pression négociable. En répondant à un appel à la transparence par l’accélération de l’enrichissement d’uranium et le rejet d’accords diplomatiques, le régime a confirmé que ses ambitions nucléaires demeurent un pilier central de sa stratégie de survie.

