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L’enrichissement iranien est inacceptable, selon les États-Unis

L’enrichissement iranien est inacceptable, selon les États-UnisThe Associated Press – De ANNE GEARAN, Rédactrice diplomatique pour AP –  L’administration Bush a déclaré  mardi que toute activité d’enrichissement du combustible nucléaire sur le territoire iranien était inacceptable, tandis que la Russie semble serrer les rangs avec les États-Unis concernant le programme nucléaire de Téhéran.

C’est la secrétaire d’État Condoleezza Rice qui a délivré ce message ferme, tout en répugnant à mettre l’Iran en garde contre des sanctions de l’ONU, après son entrevue avec le ministre des Affaires Étrangères russe, Sergey Lavrov.

A l’occasion d’une conférence de presse du département d’État, Lavrov a déclaré qu’il n’y avait aucun compromis en vue avec l’Iran. La Russie négocie avec l’Iran et propose d’enrichir son combustible sur le sol russe pour répondre aux besoins énergétiques de l’Iran.

L’Agence Internationale de l’Énergie Atomique a déjà renvoyé le problème nucléaire iranien au Conseil de Sécurité de l’ONU, initiative menée par l’administration Bush.

« Nous verrons au Conseil de Sécurité ce qu’il est nécessaire de faire », a déclaré Rice. Elle a ajouté que l’Iran avait encore le temps de changer d’avis mais : « les États-Unis sont très clairs : l’enrichissement et le retraitement sur le sol iranien ne sont pas acceptables ».

Lavrov a nié que la Russie avait fait une nouvelle offre qui permettrait éventuellement à l’Iran d’enrichir une quantité limitée de combustible nucléaire sur son propre territoire. Les dirigeants américains, qui craignent que cet élément soit ensuite utilisé pour la fabrication d’armes nucléaires, ont rejeté lundi un tel projet.
« Il n’y a aucune nouvelle proposition de compromis de la part des Russes », a assuré Lavrov.

Pendant ce temps, le vice président Dick Cheney, a déclaré mardi dans un discours à un lobby pro israélien qu’ils ne laisseraient pas l’Iran se procurer l’arme nucléaire et a annoncé que la question serait bientôt renvoyée devant le Conseil de Sécurité.

« Le régime iranien doit savoir que s’il conserve la même ligne de conduite, la communauté internationale est prête à imposer des conséquences significatives », a affirmé Cheney à la Commission américaine des affaires publiques d’Israël. « Nous nous joignons à d’autres nations pour envoyer ce message très clair au régime iranien : nous ne permettrons pas à l’Iran de se procurer l’arme nucléaire. »

Il a déclaré que les États-Unis « conservaient toutes les options à l’ordre du jour face à l’attitude irresponsable du régime ». Dans le passé, les USA avait affirmé qu’ils n’avaient aucunement l’intention d’utiliser la force militaire pour le moment, mais ont refusé d’exclure complètement cette solution.

Rice et Lavrov ont rencontré ensuite le président Bush à la Maison Blanche pendant environ une demi-heure. Lorsqu’on lui a demandé ensuite si la Russie accepterait des sanctions contre l’Iran, auxquelles Moscou semble opposé, Lavrov a répondu : « Avez-vous entendu parler d’une proposition de sanctions ? C’est une question hypothétique ».

Plus tôt dans la journée, le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, a déclaré que les États-Unis espéraient que le Conseil de Sécurité prenne des mesures contre Téhéran en raison de son programme nucléaire controversé.

« La communauté internationale a expliqué bien clairement ce que l’Iran devait faire, c’est-à-dire suspendre toutes ses activités d’enrichissement », a affirmé McClellan.

Les commentaires de McClellan surviennent alors qu’un diplomate à Vienne, en Autriche, où la réunion de l’AIEA a lieu, a appris à The Associated Press que l’Iran proposait de suspendre l’enrichissement de l’uranium à grande échelle pendant une durée maximale de deux ans. Cette proposition traduit la volonté de Téhéran d’échapper à une action du Conseil de Sécurité concernant ses activités pouvant être détournées pour développer des armes nucléaires.

Le diplomate, qui a souhaité rester anonyme car il n’était pas autorisé à s’exprimer sur cette affaire, a déclaré que l’offre de Téhéran avait été formulée vendredi par le négociateur en chef iranien Ali Larijani à Moscou dans le cadre des réunions entre l’Iran et la Russie ayant pour objet le déplacement du programme d’enrichissement de Téhéran en Russie. Mais l’ambassadeur de l’Iran auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a déclaré mardi que son pays n’était pas disposé à geler l’enrichissement à petite échelle.

A Washington, McClellan a affirmé que l’Iran « avait prouvé qu’on ne pouvait pas lui faire confiance ».
« Il a caché à la communauté internationale ses activités nucléaires pendant deux décennies. Il a refusé de se soumettre à ses obligations internationales. Le problème vient du régime et de son comportement. C’est ça le problème et c’est là l’objet de notre attention », a-t-il dit.

La Russie joue également un rôle fondamental dans l’initiative américaine visant à limiter l’aide apportée au groupe extrémiste, le Hamas, qui a pris le contrôle du corps législatif palestinien.

Le désir des États-Unis d’obtenir l’assistance de la Russie contre le Hamas ne représente qu’un des nombreux atouts entre les mains de Lavrov tandis que le Conseil de Sécurité se prépare à aborder le cas du programme nucléaire controversé de l’Iran.

La Russie, qui a un pouvoir de veto en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité, est peut-être l’allié et le partenaire commercial le plus important pour Téhéran.

La Chine qui a aussi un pouvoir de veto au Conseil de Sécurité, réclame de nouvelles négociations. « L’Iran doit coopérer étroitement avec l’AIEA afin de résoudre ce conflit nucléaire », a déclaré mardi le ministre des Affaires Étrangères Li Zhaoxing à Pékin lors d’une conférence de presse. « Il est encore temps de trouver une solution à ce problème dans le cadre de l’AIEA. »

Les États-Unis ont réussi un coup diplomatique en février lorsque la Russie a soutenu l’initiative américaine de renvoyer l’Iran devant le conseil, mais a dû accepter un délai d’au moins un mois avant que le conseil ne puisse agir. Cette opportunité disparaît sans la progression que la Russie espère annoncer dans sa proposition de compromis nucléaire.