mercredi, janvier 21, 2026
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Iran : pression internationale croissante à la conférence de l’AIEA

Iran : pression internationale croissante à la conférence de l'AIEA

La 69e Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne est devenue un point focal de la pression internationale sur le régime en Iran. Les États-Unis et l’Union européenne ont exigé que Téhéran rétablisse immédiatement sa pleine coopération avec les inspecteurs et mette fin à ses activités d’enrichissement sans précédent.

Les États européens durcissent le ton
Des délégations européennes, dont la Belgique, l’Autriche, la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni, ont profité de cette tribune pour déclarer que le régime en Iran ne doit jamais être autorisé à développer des armes nucléaires. Le ministre belge de l’Intérieur et de la Sécurité a souligné que la mise en œuvre des garanties prévues par le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) « ne saurait jamais être conditionnelle » et a insisté sur le fait que l’Iran ne devait pas être autorisé à franchir le seuil de prolifération.

L’Autriche a exprimé ses « profonds regrets » face au non-respect par Téhéran de ses engagements au titre du Plan d’action global commun (PAGC) de 2015. Elle a exhorté l’Iran à entamer « sans délai » une coopération pleine et entière avec l’AIEA sur les questions de garanties non résolues, avertissant que la crédibilité des normes de non-prolifération était en jeu.

La France, faisant écho à ses partenaires du E3, l’Allemagne et le Royaume-Uni, a déclaré que l’enrichissement de l’uranium iranien à plus de 60 % et ses stocks – bien au-delà de la limite de 3,67 % fixée par le PAGC – ont atteint des « niveaux sans précédent » sans aucune justification civile crédible. Paris a rappelé aux délégués que le E3 avait déclenché le mécanisme de « snapback » le 28 août, notifiant au Conseil de sécurité de l’ONU le non-respect des engagements du régime. Un délai de 30 jours, prévu par la résolution 2231, court désormais jusqu’à fin septembre, après quoi les sanctions de l’ONU, suspendues en 2015, pourraient être rétablies.

L’Allemagne a qualifié le stockage d’uranium hautement enrichi par l’Iran de « sans précédent pour un État sans armes nucléaires », tandis que l’Espagne a déclaré que la situation se trouvait « à un moment critique » et s’est déclarée favorable à un retour à la normale de l’application des sanctions. Le Royaume-Uni a averti que la surveillance du programme nucléaire de Téhéran par l’AIEA était « proche de zéro », qualifiant l’accumulation d’uranium enrichi par l’Iran de « sérieux défi » pour le régime mondial de non-prolifération.

Washington exige le démantèlement de l’enrichissement
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a réitéré l’exigence de Washington de réduire complètement les capacités nucléaires du régime. « La voie de l’Iran vers l’arme nucléaire – y compris l’enrichissement et le retraitement – doit être entièrement démantelée », a déclaré M. Wright aux délégués le 15 septembre. Il a ajouté que seul un accès sans restriction aux inspecteurs permettrait à l’Iran d’espérer réintégrer l’économie mondiale.

La délégation de l’Union européenne a également exhorté Téhéran à reprendre immédiatement et « sans conditions » le contrôle intégral des garanties, invoquant la perte de « continuité des connaissances » sur les stocks de matières nucléaires iraniennes depuis juin.

Téhéran résiste à tout contrôle
Les responsables iraniens ont adopté un ton provocateur. Mohammad Eslami, directeur de l’Organisation de l’énergie atomique (OIEA), s’est exprimé lors de la conférence en accusant le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, de « partialité » et en dénonçant ce qu’il a qualifié de « silence » de l’agence face aux attaques israéliennes et américaines contre les installations iraniennes. Il a insisté sur le fait que l’Iran maintenait une « étroite coopération » avec l’AIEA, mais a également mis en garde contre le retour des sanctions de l’ONU, accusant le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne de « mauvaise foi ».

Malgré les protestations de Téhéran, le Secrétariat de l’AIEA a confirmé que les inspecteurs n’ont pas pleinement accès aux sites clés et que l’Iran continue d’enrichir de l’uranium à 60 %, avec des stocks de plus de 400 kilogrammes – une matière qui pourrait être raffinée pour la fabrication d’armes.

Une échéance approche
La confrontation entre désormais dans une phase décisive. Si Téhéran ne se conforme pas aux exigences de l’AIEA et aux conditions fixées par les E3, le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait ordonner le rétablissement des sanctions internationales levées en vertu du JCPOA il y a dix ans.

Des diplomates à Vienne ont souligné que Téhéran n’avait plus d’excuses. Alors que des sanctions de retour à la normale se profilent à l’horizon fin septembre, des responsables occidentaux ont averti qu’une attitude de défi persistante ne ferait qu’accentuer l’isolement de l’Iran et aggraver la crise du régime.