jeudi, décembre 1, 2022
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Nucléaire: l’Iran bloque des inspections de l’AIEA à Natanz

ImageAgence France Presse – Les autorités iraniennes viennent d’empêcher des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’accéder à une installation souterraine dans le centre du pays, a-t-on appris de sources diplomatiques mardi à Vienne.

Bien que l’Iran mette des btons dans les roues des inspections ces derniers temps, limitant notamment les visas pour entrées multiples, l’agence de Vienne est quand même en mesure de surveiller le programme nucléaire de ce pays, ajoute-t-on.

Des inspecteurs n’ont pas eu droit ce week-end de visiter une usine souterraine en construction au centre d’enrichissement d’uranium à Natanz. Des centrifugeuses pour enrichir l’uranium sont déjà en cours de fonctionnement sur les installations en surface à Natanz.
 
La future installation en sous-sol est destinée à accueillir des dizaines de milliers de centrifugeuses dans un but d’enrichissement industriel, ce qui est soumis à des vérifications de l’AIEA "afin de garantir que le btiment ne permettra pas un détournement clandestin de matières nucléaires", selon plusieurs sources.

Les autorités iraniennes ont protesté contre la fréquence des inspections dans ce lieu, mais l’AIEA n’est pas limitée dans le nombre des inspections suivant les accords de garantie avec l’Iran, a déclaré un diplomate.

Le vice-président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Mohammad Saïdi, a cependant qualifié cette information d’"inexacte".

"C’est inexact (…) Les inspecteurs de l’AIEA (…) ont pu se rendre la semaine dernière à l’usine de Natanz et la semaine prochaine une nouvelle équipe d’inspecteurs doit venir à Téhéran pour s’y rendre à Natanz", a déclaré M. Saïdi, cité par l’agence semi-officielle Mehr. Il n’a cependant pas précisé si les inspecteurs avaient pu également se rendre dans la section souterraine du site.

Plusieurs incidents – qui ne sont "cependant pas considérés comme systématiques ni ressortissant de l’obstruction" – ont opposé ces derniers Téhéran aux inspecteurs de l’AIEA.
L’Iran s’est ainsi plaint auprès de l’Agence de la conduite jugée inappropriée d’un des experts, lui reprochant des propos tenus alors qu’il se trouvait en Iran, voire des tentatives d’espionnage, selon un diplomate occidental.

En mars et avril, l’Iran avait retiré les accréditations de deux inspecteurs de l’AIEA pour la première fois depuis le début des inspections en Iran en février 2003, selon des sources diplomatiques concordantes.

Si l’Iran a limité la surveillance de ses activités en refusant désormais d’appliquer le protocole additionnel du Traité de non-prolifération (TNP), il respecte toujours les accords de garanties avec l’AIEA.

De tels accords prévoient que l’AIEA "désigne" des inspecteurs, et les pays inspectés peuvent leur refuser l’agrément.

L’AIEA a plus de 200 inspecteurs "désignés" pour l’Iran, entrant et sortant régulièrement dans le pays, et les vérifications effectives sont menées par "une équipe d’une vingtaine de personnes", d’après un diplomate proche de l’agence.

Ces incidents sont survenus à l’approche de la date prévue, ce mardi, pour que Téhéran donne une réponse à l’offre des grandes puissances afin qu’il suspende son programme d’enrichissement d’uranium, sous peine de sanctions des Nations unies.

En fait, le négociateur en chef du nucléaire iranien Ali Larijani a invité mardi les grandes puissances à "négocier" dès mercredi sur leur offre, sans indiquer si Téhéran entendait accepter de suspendre l’enrichissement d’uranium.

 
 

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