Agence France Presse – Le Haut représentant pour la politique extérieure de l’UE Javier Solana a estimé mercredi que l’annonce faite par l’Iran sur sa capacité à enrichir de l’uranium était "une très mauvaise nouvelle" allant "dans la mauvaise direction", selon sa porte-parole.
"L’annonce faite hier (mardi) par Téhéran va dans la mauvaise direction", a déclaré à l’AFP Cristina Gallach, estimant que ces déclarations allaient "contre la communauté internationale".
"Cette annonce est une très mauvaise nouvelle mais le +timing+ de l’action de la communauté internationale demeure celui établi par le Conseil de sécurité de l’Onu", a-t-elle ajouté.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a donné à l’Iran jusqu’au 28 avril pour suspendre toutes ses activités d’enrichissement, comme le lui avait demandé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Mais l’Iran a défié la communauté internationale en annonçant mardi avoir accompli un enrichissement substantiel d’uranium.
"Le processus va rester tel que prévu par le Conseil de sécurité, c’est-à-dire que la communauté internationale va attendre le rapport du directeur général de l’AIEA, Mohamed ElBaradei. Sur la base de ce rapport, la communauté internationale prendra une décision", a ajouté Cristina Gallach, sans se prononcer sur d’éventuelles sanctions.
Javier Solana avait indiqué lundi que l’UE pourrait étudier d’éventuelles sanctions contre l’Iran, y compris des interdictions de visa, si les efforts diplomatiques devaient échouer.
"Nous devons commencer à penser à cette possibilité" et "être prêts au cas où (les négociations) échouent", avait-il déclaré à la veille des déclarations de Téhéran.
Ces déclarations ont entraîné une vague de réprobation mesurée de pays étrangers.
"L’Iran va dans la mauvaise direction", a jugé Washington, alors que Londres a parlé d’une annonce iranienne "pas très utile".
"Un pas de plus dans la mauvaise direction", a estimé Berlin, à l’unisson avec Paris, où le chef de la diplomatie Philippe Douste-Blazy a jugé "préoccupante" l’annonce de Téhéran.
Tout en appelant l’Iran à suspendre son programme nucléaire, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a rejeté toute "solution par la force" pour régler la crise.

