jeudi, décembre 8, 2022
AccueilActualitésActualités: AchrafNous avons besoin des casques bleus à Achraf - Louis Freeh

Nous avons besoin des casques bleus à Achraf – Louis Freeh

CNRI – « Nous avons plus qu’il ne faut de raison de nous alarmer, des preuves et des prédicats pour agir rapidement. Nous avons besoin d’avoir les Casques bleus des Nations Unies sur le terrain au camp d’Achraf, et besoin d’un processus immédiat qui mène les entretiens et la procédure de sélection qui donnera aux résidents le choix d’aller en sûreté là où ils ont besoin d’aller », a dit Louis Freeh au Parlement européen à Bruxelles le 19 octobre dernier.

l’ancien directeur du FBI s’exprimait dans une conférence  organisée par l’intergroupe parlementaire des Amis d’un Iran Libre. La conférence sous le patronage de l’eurodéputé Jim Higgins, recevait de nombreux responsables de haut rangs américains et européens, ainsi que Mme Maryam Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne. 

Voici les moments forts de l’intervention de Louis Freeh :

Je veux encore vous remercier, Mme Radjavi, pour votre leadership et votre organisation de cette situation désormais très urgente et très dangereuse. Mme Rajavi, les informations très alarmantes et très dangereuses que vous nous fournissez par le biais de vos collègues ce matin sont en effet consternantes et méritent une attention redoublée et des initiatives immédiates. L’objectif ici est la protection et la sûreté de ces 3400 résidents. L’objectif immédiat est la protection de ces innocents et très courageux hommes et femmes.

L’urgence, d’un point de vue à la fois humanitaire et légal ici, est absolument incontestable. Par conséquent, je veux parler quelques instants de l’Histoire et, plus encore, de nos objectifs ici. Les objectifs, comme ils ont été stipulés, ou les démarches immédiates pour protéger, secourir, sauver et empêcher un autre holocauste de se produire au camp d’Achraf.

Nous avons plus qu’il ne faut de raison de nous alarmer, des preuves et des prédicats pour agir et agir rapidement. Nous avons besoin d’avoir les Casques bleus des Nations Unies sur le terrain au camp d’Achraf, et besoin d’un processus immédiat qui mène les entretiens et la procédure de sélection qui donnera aux résidents le choix d’aller en sûreté là où ils ont besoin d’aller. Je suis d’accord que cela n’a plus de consistance d’aller quelque part à l’intérieur de l’Irak.

Nous avons besoin que l’OMPI soit radiée de la liste aux États-Unis, ce qui est un objectif pour lequel mes collègues américains et moi-même nous sommes particulièrement engagés. Ils ne sont pas représentés ici aujourd’hui, mais c’est une immense initiative de la part d’un incroyable déploiement d’anciens hauts responsables gouvernementaux, au sein de notre Congrès plus de 100 sénateurs et de congressman républicains et démocrates, il ne s’agit pas d’une question partisane, l’ancien ministre de la Justice que vous venez tout juste d’entendre, d’anciens directeurs de la CIA, d’anciens conseillers de la sécurité nationale auprès du président des États-Unis, deux ambassadeurs des États-Unis aux Nations Unies, deux commandants du Corps des Marines, l’ancien chef de l’OTAN, je pourrais continuer longtemps comme ça. Il ne s’agit pas d’un groupe d’experts que quelqu’un pourrait rejeter.

Chacun d’eux en est venu à la conclusion, incontestable aux États-Unis par notre Département d’État et par notre Maison Blanche, que l’OMPI n’est pas une organisation terroriste. Elle n’aurait pas dû être mise sur la liste en 1997, et par toute considération légale et factuelle, il ne devrait pas y avoir de liste ici aujourd’hui. L’acte politique de la mettre sur la liste comme vous avez entendu en 1997 était en vue de créer un dialogue avec ce qui était vu comme un président modéré en Iran. Cela n’a manifestement pas fonctionné.

Une avance rapide de quelques années dans l’administration Bush – cette mise sur la liste a eu lieu durant l’administration Clinton – il y a eu encore un mouvement pour la radiation de la liste, parce que les faits contredisaient clairement les raisons de considérer cette organisation comme un groupe terroriste, et les représentants iraniens ont fait pression très fortement sur Washington et dit qu’ils pourraient garantir que les soldats américains ne seront pas attaqués ni pris pour cibles si l’OMPI restait sur la liste. Elle est donc restée sur la liste.

Cette organisation a été la victime d’une désignation politique. Lorsqu’elle a été mise sur la liste en 1997, j’étais directeur du FBI. J’ai refusé d’assigner quelqu’un pour travailler sur la désignation de l’organisation, parce que les raisons pour l’y avoir mise étaient clairement politiques. Toutes les preuves, aussi bien lorsque j’étais dans le gouvernement que maintenant en dehors, sont en accord avec la conclusion très évidente que le groupe à l’heure actuelle n’est pas une organisation terroriste, mais que ses charte et programme ainsi que son leadership par une dirigeante très charismatique et défenseur des droits de l’homme contredisent toute idée qu’il s’agit d’une organisation terroriste.

D’un point de vue historique, notre Département d’État a malheureusement fait ce type politique de choix. Chose curieuse, l’armée du Mahdi d’al-Sadr ainsi que le réseau d’al-Kani qui tuent et assassinent en ce moment non seulement des Américains mais également d’autres, ne sont pas sur la liste, parce qu’il y a des raisons politiques qui font hésiter le Département d’État.

Nous avons donc exhorté notre gouvernement, par lettres, dans des tribunes libres – j’en ai écrit une pour le New York Times la semaine dernière –, dans des programmes télévisés, à radier immédiatement l’OMPI, et nous n’avons toujours pas obtenu de réponse satisfaisante, ni même de réponse tout court. Lorsque j’ai écrit ma tribune libre la semaine dernière, j’étais assez sévère envers le Département d’État et notre secrétaire. J’aurais bien accueilli qui que ce soit qui aurait dit : M. Freeh ne sait pas de quoi il parle. Il n’est plus au gouvernement depuis dix ans. Nous avons des informations que nous ne pouvons divulguer. Mais c’est le silence absolu, le silence complet. La raison de ce silence est qu’il n’y a pas de réponse factuelle.

Nous n’avons pas obtenu de réponse. Nous avons obtenu des retards et des excuses de la part du Département d’État. Il y a plus de 14 mois, la cour d’appel qui est plutôt une haute cour à Washington, a estimé que le Département d’État avait enfreint la loi par rapport à la procédure pour avoir maintenu l’OMPI sur la liste des organisations terroristes étrangères. Ils ont estimé que le Département d’État a enfreint la loi. Ils ont ordonné à notre secrétaire d’État de non seulement réexaminer la désignation mais de dire à la cour quels étaient les faits, et sur quelles sources, que le Département d’État doit fournir pour maintenir cette désignation. Le Département d’État, plus de 14 mois après, n’a pas donné de réponse. Nous obtenons du silence et du retard, et encore une fois, je suis fermement convaincu, il n’y a pas de réponse factuelle. Il n’y a pas de réponse légale.

Il y a des raisons politiques qui exigent, malheureusement, ce très dangereux maintien. Mes collègues ont fait allusion à ces raisons politiques, et il s’agit de complaisance. Il s’agit de complaisance qui nous renvoie à la prise d’otage. Cela nous renvoie aux attentats à la bombe à Khobar que Mme Rajavi a évoqués. Il s’agit d’un sérieux problème pour nous. Bien sûr, c’est un gros problème, parce que le problème exige que les États-Unis affrontent ce qui est le principal fournisseur et exportateur du terrorisme. Nous n’avons pas fait cela depuis 1979. nous ne l’avons pas fait après les tours Khobar. Il sera intéressant de voir si quelque chose se produit concernant cette inculpation, que le juge Mukasey a soulevé la semaine dernière. Une opération d’attentat par le CGRI, non seulement pour assassiner l’ambassadeur saoudien, mais peut-être le commettre dans un restaurant où des dizaines ou des centaines d’innocents seraient tuées ou blessées. Il était intéressant d’entendre un haut responsable du gouvernement dire la semaine dernière : nous ne savons pas jusqu’à quelle hauteur remonte la chaîne du commandement. En tant que quelqu’un qui a analysé le CGRI et la force Qods, je peux vous dire qu’il ne s’agit pas d’une opération solitaire. Ce n’est quelque chose qui se serait produite bon gré mal gré par le biais d’un voyou errant en bas de l’échelle. Tout comme l’opération Khobar, elle a été approuvée au plus haut niveau, et bien sûr, le CGRI fait son rapport directement auprès du guide suprême.

Nous avons donc besoin que notre Département d’État agisse. Nous avons besoin que notre secrétaire se concentre sur ce danger. C’est extrêmement frustrant.

Donc, ils ne sont pas juste en retard. Ils ont 14 ans de retard sur la désignation de l’OMPI. Nous savons que cette complaisance n’a pas fonctionné. Cela n’a pas fonctionné avec ce régime. Cela n’avait pas fonctionné en 1933 avec l’Allemagne nazie. Si vous regardez les drapeaux tout autour de ce bâtiment, la plupart des pays représentés ici ont été les victimes d’une vaine politique de complaisance. Les États-Unis l’ont essayée ; les puissances occidentales l’ont essayée ; et elle a échoué. Nous avons donc besoin de mesures urgentes ici. J’aurais souhaité que mon pays prenne la tête, et non pas du retard et hésite, ce qui est malheureusement le cas. Nous ferons tout ce que nous pouvons pour maintenir la pression sur Washington D.C.

Vos rencontres ici et votre action, particulièrement dans l’Union européenne, sont extrêmement décisifs et très importants pour nous. Il y a une immense quantité de tâches compliquées à entreprendre pour, pour mettre en application cette procédure et la mener avec succès. Cela ne se fera assurément pas avec ce délai artificiel approuvé par l’Iran du 31 décembre. Nous devons agir ici.

Je termine juste en disant que les États-Unis ne sont pas exempts de responsabilité d’un autre Srebrenica ici, parce qu’ils n’ont pas pris de décision sur la radiation. Ils ont des obligations écrites, morale et légale, envers chacun des résidents de les protéger. Cette obligation n’a pas disparu lorsque nous avons transmis la protection aux Irakiens, ce qui, avec le recul, a horriblement été une mauvaise décision et une décision dangereuse.

Mais les États-Unis, notre président et notre secrétaire d’État, que je respecte hautement, sont clairement avertis ici. Il est important pour la secrétaire d’aller à Tripoli, nous le comprenons. Mais elle doit se concentrer sur cette question immédiatement. Les Nations Unies ont besoin du soutien des États-Unis pour accomplir cette tâche. L’Union européenne, j’en suis sûr, pourrait employer le soutien et les ressources des États-Unis pour accomplir cette tâche. Nous avons donc très peu de temps. Nous affrontons des dangers immédiats ici. J’applaudis encore une fois le leadership européen et de Mme Radjavi.

 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe