lundi, décembre 5, 2022
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Négociations nucléaires entre l’UE et l’Iran : les deux parties ont des avis très divergents

Image"En dépit de la reprise des négociations, l’UE et l’Iran semblent aller vers une confrontation car le régime de Téhéran est toujours soupçonné d’avoir l’intention de se doter de l’arme nucléaire" ont déclaré jeudi à l’AFP des diplomates et des analystes.

Les représentants de l’UE et ceux du régime iranien ont repris mercredi leurs négociations au sujet du programme nucléaire de Téhéran. Le régime iranien insiste qu’il considère avoir le droit de produire du combustible nucléaire sur son sol. Les pays occidentaux soupçonnent que ce combustible puisse être employé pour la fabrication de la bombe atomique. Les deux parties ont donc des points de vue très divergents.

En cas de l’échec des négociations, l’UE – qui dans ce domaine peut compter sur le soutien des Etats-Unis – a l’intention de saisir le Conseil de Sécurité de l’ONU. Cela peut conduire à la mise en place de sanctions à l’encore de l’Iran. Le régime iranien a menacé qu’en cas d’envoi de son dossier nucléaire au Conseil de Sécurité, il adoptera des mesures de représailles contre les protagonistes d’une telle initiative.

"Accepter de reprendre les négociations est une façon de dire que l’UE va éviter la confrontation tant que l’Iran n’a pas encore repris ses activités d’enrichissement" a affirmé Mark Fitzpatrick, un spécialiste des questions relatives à la non-prolifération nucléaire à l’Institut International des Etudes Stratégiques, basé à Londres.

"Pour l’instant, les Européens font preuve de patience et je suis certain qu’ils ont voulu retarder ainsi les échéances en évitant une confrontation en pleine période de fêtes de fin d’années, mais ils reviendront sur cette question dans un avenir pas trop lointain" a ajouté Fitzpatrick.  

François Heisbourg, un analyste politique français, a dit pour sa part que les récentes déclarations du président iranien, Mahmoud Ahmadinéjad, où ce dernier avait nié l’Holocauste et avait dit que l’Israël devraient être rayé de la carte ont réduit sa marge de manoeuvre.

"Je pense que les négociateurs iraniens doivent faire attention et éviter une rupture de négociation avec les Européens d’autant plus les déclarations quelque peu folles d’Ahmadinéjad ont fragilisé la situation" a affirmé Heisbourg. Il a ajouté que si les Européens continuent de faire davantage de concessions au régime iranien, ils risqueraient d’être accusés de complaisance envers ce régime.

Un diplomate européen a dit que les négociateurs de l’UE avaient averti le régime iranien qu’ils ne changeront pas de position en ce qui concerne "la fabrication des composants de centrifugeuses et l’activités de recherches sur les centrifugeuses (les machines qui permettent d’enrichir l’uranium)". Mais un diplomate du régime iranien a déclaré à Vienne à l’AFP que son gouvernement considère que les questions relatives aux centrifugeuses "ne font pas partie des sujets de discussion".

"Les Iraniens prétendent qu’ils sont en train de négocier mais leur vrai objectif est de gagner du temps. C’est ainsi que dans le passé, pendant que les négociations continuaient, ils ont réussi à faire avancer leurs programmes nucléaires" a affirmé un diplomate occidental.

Pour l’instant, les pays occidentaux hésitent à saisir le Conseil de Sécurité car ils veulent préalablement s’assurer que la Russie soutiendrait une telle initiative. Néanmoins, Fitzpatrick pense que les pays occidentaux pourraient agir sans se référer au Conseil de Sécurité. Ils pourraient par exemple exercer collectivement une pression économique sur l’Iran, comme cela a déjà été proposé par les Etats-Unis.

CNRI – Un diplomate de l’UE a dit que les divergences de points de vue entre les pays occidentaux et le régime iranien étaient si grandes qu’il ne voit pas comment les deux parties pourraient arriver à un compromis.

Ce jeudi, les représentants du régime iranien se sont dits satisfaits de la reprise des négociations. Ils ont indiqué que "les négociations ont pu sortir de l’impasse sans que les occidentaux aient demandé à l’Iran la suspension de ses activités sensibles en matière de fabrication de combustible nucléaire".

"Le fait même que le processus dangereux, commencé par la résolution du 24 septembre, soit arrêté constitue en soi une victoire diplomatique" a affirmé jeudi Hossein Entézami, porte-parole du Conseil Supérieur de la Sécurité Nationale de l’Iran, en charge des négociations nucléaires.

En novembre dernier, les pays occidentaux membres du Conseil des Gouverneurs de L’AIEA se sont gardés d’exiger que le dossier nucléaire de l’Iran soit envoyé au Conseil de Sécurité. Ainsi, ils ont voulu laisser une dernière chance aux négociations.

Lors de ses déclarations qui ont été publiées ce jeudi, Entézami a estimé que "la détermination iranienne a donné des résultats".

"A la veille de la réunion de novembre, quelques politiciens nous avaient conseillé d’arrêter les activités de conversion de l’uranium sur le site d’Ispahan pour éviter une réaction trop forte de la part de la communauté internationale" a ironisé Entézami. "Mais nos positions basés sur des principes ont donné des résultats et les Européens ont acceptés de retourner à la table de négociation sans qu’ils posent aucune condition préalable à la reprise des négociation. Ceci constitue un succès diplomatique pour l’Iran" a-t-il ajouté.

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