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Maintenir la pression sur le gouvernement irakien pour faire libérer les otages d’Achraf– Philip Crowley

CNRI – « Après 30 années passées à la sécurité nationale, vous apprenez que très peu de choses se produisent par hasard. Une chose peut être isolée, deux deviennent suspectes, nous avons désormais trois occurrences rien que pour cette année où les habitants du camp d’Achraf et du camp Liberty ont subi d’importantes attaques, en plus des précédentes tragédies qui se sont produites ces dernières années », a estimé Philip Crowley, ancien porte-parole du Département d’Etat américain à Genève le 20 septembre.

Crowley qui a aussi longtemps siégé au Conseil de sécurité national des USA, s’exprimait dans une conférence internationale autour de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, de José Luis Rodriguez Zapatero ancien premier ministre espagnol, de Giulio Terzi, ancien ministre italien des Affaires étrangères, de Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien et d’autres personnalités. Tous ont condamné le massacre de 52 réfugiés iraniens à Achraf le 1er septembre et appelé à la libération des otages aux mains des forces irakiennes.

Voici les moments forts de l’intervention de Philip Crowley : Cinq attaques ne représentent pas une coïncidence. Elles constituent une campagne militaire. Nous ne pouvons plus prétendre que le gouvernement de l’Irak n’est qu’un simple spectateur de ce déploiement de tragédies. Il ne s’agit pas de hasard. Il s’agit de décisions conscientes prises par l’Irak et ces choix placent les habitants du camp Liberty dans un grave danger persistant.

Le gouvernement irakien veut que nous pensions qu’il s’agissait d’un conflit entre les résidents eux-mêmes. Le gouvernement irakien veut que nous pensions qu’il y avait des explosifs dans le camp. Le gouvernement irakien veut que nous pensions qu’il n’avait rien à voir là-dedans. Le gouvernement irakien refuse même de reconnaître qu’il détient les sept otages. Comme nous le savons, ces assertions ne sont pas crédibles et nous avons les preuves qui le démontrent.

Ce serait aisé d’oublier qu’ici 52 vies ont été perdues en Irak lorsque nous entendons parler de chiffres comme 1000 vies perdues chaque semaine en Syrie. Mais la différence est que la communauté internationale emmenée par les États-Unis s’est engagée à aider ces personnes à quitter en sécurité l’Irak et hors de tout danger.

Premièrement, les sept individus en détention en Irak devraient être immédiatement libérés et réunis avec leurs camarades au camp Liberty. Tous les gouvernements et en particulier mon gouvernement devraient exiger aussi bien officiellement qu’en privé leur libération. Nous devrions écarter les dénis irakiens et accéder aux sept personnes afin que leur condition d’emprisonnement soit avérée et nous devrions maintenir la pression sur le gouvernement irakien jusqu’à ce qu’elles soient libérées. Le HCR s’est montré constant dans ses demandes et les sept personnes sont des demandeurs d’asile et sujets à la protection internationale. Nous devons demander à l’Irak de se soumettre aux normes internationales dans ce dossier.

Deuxièmement, la sécurité au camp Liberty n’est tout simplement pas suffisante dans un environnement où on doit s’attendre à d’autres attaques. Leur sécurité doit devenir une plus grande priorité. Je me joins à mes collègues pour demander à l’ONU de s’impliquer encore plus activement dans l’amélioration de la sécurité sur le terrain, notamment en plaçant des casques bleus à l’intérieur du camp Liberty.

Les faits sont indéniables. Avec le message sur le site internet du premier ministre Maliki, le statu quo est inacceptable. Les retards constants du gouvernement irakien pour autoriser les installations élémentaires de sécurité dans le camp, les murs de protection en T, les bunkers, les sacs de sable et autres mesures ne devraient plus être tolérés. La sécurité est un droit humain élémentaire. Les gens à Liberty sont désarmés. Les gens à Liberty ont accepté d’être transférés. Les gens à Liberty ont accepté les assurances internationales qu’ils seraient en sécurité. Les gens à Liberty sont maintenant sous attaque. Les gens à Liberty se font tuer. Les gens à Liberty restent en danger. Ce qui est mis en doute n’est pas le courage des gens à Liberty. Ce qui est mis en doute est ce que la communauté internationale est prête à faire pour les soutenir et les défendre.

Nnous avons vu ces derniers mois des civils tués par des armes chimiques en Syrie. La communauté internationale et les États-Unis ont tracé une ligne rouge et déclaré que cela viole les normes internationales et qu’en raison de cela, il devrait y avoir des conséquences. Ne devrait-il pas y avoir une ligne rouge concernant les attaques contre Liberty et Achraf également ? Ces attaques sont inacceptables et doivent cesser.

Nous devons faire respecter les droits de l’homme pour tous, y compris les droits de l’homme pour les gens au camp Liberty. Si nous affirmons une responsabilité internationale de protéger, cela doit avoir une signification dans ce monde, et si cela a une quelconque signification dans ce monde, cela doit s’appliquer au camp Liberty. Les portes doivent s’ouvrir en Europe et en Amérique. Les gens doivent être épargnés du danger, pas dans quelques jours mais aujourd’hui. Nous savons tous qu’il n’y a pas de temps à perdre.