mardi, décembre 6, 2022
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Lucie Aubrac et le fabuleux Simorgh

Par Afchine Alavi

Quand je l’ai rencontrée pour la première fois il y a une quinzaine d’année, j’ai été étonnée par sa soif d’apprendre, que l’on peut comparer à ces enfants d’école auxquels elle s’était fixée pour mission d’enseigner les valeurs de la Résistance.

On a longuement parlé de son héroïsme et de son courage à cette époque. Un courage hors du commun, mais qui par la simplicité de sa vie, celle d’une femme, celle d’une enseignante comme les autres, prouvait que chaque être est capable de se transformer en flamme de courage et d’humanité à condition de choisir la dignité. 

Par Afchine Alavi

Quand je l’ai rencontrée pour la première fois il y a une quinzaine d’année, j’ai été étonnée par sa soif d’apprendre, que l’on peut comparer à ces enfants d’école auxquels elle s’était fixée pour mission d’enseigner les valeurs de la Résistance.

On a longuement parlé de son héroïsme et de son courage à cette époque. Un courage hors du commun, mais qui par la simplicité de sa vie, celle d’une femme, celle d’une enseignante comme les autres, prouvait que chaque être est capable de se transformer en flamme de courage et d’humanité à condition de choisir la dignité. 

Mais je pense que Lucie Aubrac n’aurait pu être ce symbole, cette icône de la Résistance,  si elle s’était arrêtée à la fin de l’occupation. Son combat, lui, n’a jamais pris fin. Elle est en fait toujours restée une résistante jusqu’à sa mort. Tous ceux qui l’approchaient ne pouvaient qu’être frappés par son énergie et son courage à défendre la justice pour les plus opprimés.

Du vote à la lutte des femmes, de la défense de la Paix au combat contre le colonialisme, jusqu’à la défense des droits de l’homme et sa mobilisation  en faveur des sans-papiers, elle était partout une référence.

Elle s’est insurgée contre la perte des valeurs dans le monde contemporain, je dirais "la confusion des valeurs" pour prendre l’expression de Laurent Joffrin. Cette coutume cruelle de notre époque qui interverti le rôle du bourreau et de la victime. Coutume qui a fait tant souffrir la résistance iranienne. Coutume  dont elle a été elle-même victime ainsi que son courageux époux Raymond. A nouveau, elle a dû se battre, mais cette fois contre la calomnie.

C’est contre cette perte des valeurs qu’elle avait lancée avec d’autres compagnons de route en 2004, l’appel des résistants pour rappeler les fondements du programme du Conseil national de la Résistance forgés dans l’épreuve. Un rappel des valeurs et un retour aux sources.

Elle était elle-même fontaine intarissable de joie, de vie et de Jouvence. Parce qu’elle était tout simplement en paix avec elle-même. Une paix intérieure que l’on retrouve chez tout résistant authentique qui a consacré sa vie au monde extérieur, c’est-à-dire aux autres, à ces inconnus, à ces étrangers.

Forte de cette paix et de son humilité, elle a soutenu avec vigueur un autre combat, une autre résistance, celle de peuple iranien. Je me souviens très bien lors de sa rencontre avec Maryam Radjavi à Auvers-sur-Oise, des mots d’encouragement et de sympathie qu’elle a eu pour elle et son long combat tout en rappelant : "Mais notre résistance en France n’a duré que quatre années alors que la vôtre dure depuis si longtemps." 

Elle n’a cessé depuis de soutenir ce combat pour la justice, la liberté, et les droits humains en Iran. Elle a vivement condamné la rafle policière du 17 juin 2003 contre le siège du Conseil national de la Résistance iranienne qui sacrifiait les résistants pour satisfaire les mollahs. Avec son mari Raymond Aubrac et quelques autres esprits libres en France, elle a été de ceux qui ont lancé l’appel du 2005 pour la Constitution du Comité de défense pour une pratique démocratique en Iran. Dont je vous invite à relire l’appel.

Mme Radjavi a eu raison de dire que le peuple iranien avait perdu une grande protectrice et une amie. Elle reste cependant, comme elle l’a dit, « un exemple à suivre ».

Oui, Lucie Aubrac restera à jamais un phare qui guidera le chemin de nombreux hommes et femmes qui prendront à l’avenir le chemin de la Résistance à l’oppression et la barbarie.

Comme le mythe persan du fabuleux oiseau Simorgh qui dans sa quête de la vérité s’est accompli au fil des épreuves, Lucie Aubrac est elle aussi devenue un accomplissement.

DECLARATION DE LA CONSTITUTION
DU COMITE DE DEFENSE
POUR UNE PRATIQUE DEMOCRATIQUE EN IRAN

Les récents développements de la situation en Iran et l’arrivée au pouvoir du président Ahmadinejad rendent de plus en plus nécessaires l’existence et le soutien des forces d’opposition démocratique au régime actuellement en place à Téhéran.

Il apparaît en effet indispensable que le dialogue avec l’Iran se développe avec les forces démocratiques iraniennes éprises de liberté.

Le Conseil national de la Résistance iranienne représente une des alternatives démocratiques sérieuses et sa voix se doit d’être entendue.

Pour des raisons qui apparaissent aujourd’hui très éloignées de la réalité, le 17 juin 2003 des membres et sympathisants du Conseil national de la Résistance iranienne ont été arrêtés et emprisonnés, sous le prétexte de « lutte contre le terrorisme »

Force est de constater que très rapidement, toutes les personnes concernées ont été relâchées et la plupart des charges portées contre elles, abandonnées.

Cependant ces poursuites maintiennent des restrictions multiples aux activités politiques légitimes et légales de ce mouvement d’opposition et ce malgré le soutien sans défaillance de nombreuses personnalités politiques, de juristes internationaux, d’artistes, d’ONG et de défenseurs des Droits de l’Homme lesquels ont tous pu constater le sérieux et la nécessité pour le débat démocratique en IRAN du soutien au Conseil national de Résistance Iranienne

Des parlementaires européens, notamment lors de la réception officielle à Strasbourg de Madame Radjavi, Présidente élue du Conseil national de Résistance, en décembre 2004, des sénateurs et membres du Congrès américain, ont déjà déclaré leur soutien

Nous, soussignés, nous appuyant sur les Principes Fondamentaux de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et nous référant aux traditions françaises de  défense des libertés, déclarons constituer un Comité dénommé « Comité de Défense pour une pratique démocratique en Iran »

Ce comité a pour principal objectif de permettre, en clôturant rapidement la procédure pénale actuellement en cours, et en faisant en sorte d’obtenir la radiation de l’organisation des Moudjahidine du peuple iranien de la liste des terroristes, d’encourager le débat démocratique en Iran

Il appelle toutes les personnes de bonne volonté à les rejoindre dans cette démarche

Premiers signataires :

– Mouloud Aounit : Secrétaire Général du MRAP
– Lucie Aubrac, Ancienne résistante
– Raymond Aubrac, Commissaire honoraire de la République
– Préfet Yves Bonnet, préfet honoraire, ancien directeur de la DST, président du CIRET-AVT 
– François Colcombet, ancien magistrat, ancien député PS de l’Allier
– Georges Flecheux, ancien bâtonnier de Paris, président de l’institut des droits de l’homme du barreau de Paris
– Jean Ferrat, auteur compositeur
– Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien
– Mario Stasi, ancien bâtonnier au barreau de Paris
– Jean-Pierre Michel, sénateur socialiste, membre fondateur du Syndicat de la Magistrature
– Gilles Paruelle, ancien bâtonnier du Val d’Oise
– Marc Reymann, député UMP, Membre de la commission des Affaires Etrangère
– Alain Vivien, ancien secrétaire d’Etat aux affaires étrangères ; ancien président de la commission interministérielle de lutte contre les sectes 

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