lundi, novembre 28, 2022
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L’Occident induit en erreur sur le Moyen Orient – il suffit de regarder l’Iran

Notre incapacité à saisir les réalités des politiques au Moyen-Orient est nulle part plus évidente que dans notre attitude qui consiste à nous leurrer nous-mêmes vis-à-vis de la théocratie en Iran

Par Christopher Booker

Sunday Telegraph, 17 aout – Une fois encore le monde occidental contemple avec perplexité et impuissance les bouleversements plus tragiques que jamais qui s’étendent au Moyen-Orient. L’euphorie du vœu pieux qui a accueilli le « printemps arabe » il y a deux ans semble à des millions de kilomètres tandis que l’Égypte plonge dans un chaos sanglant ; une catastrophe plus grande encore continue d’engloutir la Syrie ; la violence revient au Liban avec un énorme attentat contre le Hezbollah, allié d’Assad ; des milliers meurent dans les conflits confessionnels hérités de l’Occident dans l’Irak «libéré» ; et les nouveaux « pourparlers de paix » négociés par les États-Unis entre Israël et les Palestiniens semblent plus vains que jamais.

Pourtant, l’incapacité de l’Occident à saisir les réalités des politiques du Moyen-Orient est nulle part plus évidente que dans son attitude qui consiste à se leurrer lui-même vis-à-vis du régime le plus puissant et le plus menaçant, la dictature théocratique au pouvoir en Iran.

A côté de la répression impitoyable de sa propre population, le régime de Téhéran met son mauvais grain de sel quasiment partout dans la région– en tant que bailleur de fonds en chef du régime d’Assad en Syrie et des groupes terroristes palestiniens comme du Hezbollah ; dans l’ombre du régime corrompu de Maliki en Irak ; et même en allié supposé des Frères Musulmans en Égypte.

Une fois encore, nous venons d’observer l’éternelle naïveté de l’Occident face à l’Iran dans la réaction des politiciens et des médias devant l’élection de Hassan Rohani à la présidence, acclamé comme un « modéré » et un « réformateur » capable d’ouvrir de meilleures relations entre l’Iran et l’Occident, notamment sur la question toujours épineuse de l’ambition de l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

Ce que tant de personnes en Occident semblent incapables de saisir est que Rohani, comme son prédécesseur Ahmadinejad, n’est qu’une créature du pouvoir réel en Iran, centré entre les mains du « guide suprême » du pays, l’ayatollah Khamenei. Rohani peut avoir été l’un des huit candidats (sur un ensemble de 800 candidats à l’origine) autorisés à se présenter à une élection affreusement truquée par le guide suprême, mais pendant plus de 20 ans, il a été un apparatchik clé du régime, œuvrant au cœur de son armée, sa sécurité et son système de renseignement.

Déjà dans les années 1980, Rohani était sous-commandant en chef des forces armées d’Iran, avant de servir seize ans comme secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. En 1999, il a dirigé la répression sans pitié d’un important soulèvement étudiant, conformément, comme il l’a dit, à un « ordre révolutionnaire d’écraser de façon implacable et monumentale toute action de ces dissidents ». Entre 2003 et 2005, il a mené ces célèbres et vaines négociations nucléaires, se vantant (comme cela a été révélé par le Sunday Telegraph en 2006) de la manière dont il avait berné l’Occident en « tirant profit des pourparlers avec la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France pour continuer le programme atomique clandestin ». Aussitôt élu en juin, il a fait clairement comprendre qu’il n’y avait pas moyen que l’Iran cesse son programme nucléaire.

Il a également fait clairement comprendre que l’Iran continuera de fournir tout soutien possible aux efforts meurtriers d’Assad pour éradiquer le soulèvement syrien. Son nouveau ministre de la Défense, Hossein Dehghan, est un membre fondateur des gardiens de la révolution, l’équivalent iranien du KGB soviétique, responsable via sa Force Qods de propager la terreur à travers le Moyen-Orient, et il a été l’un des responsables en 1979 du siège de l’ambassade américaine et de la prise de 44 otages.
Son ministre de la Justice, Mostafa Pourmohammadi, a joué un rôle majeur dans les années 1980 dans le massacre de 30 000 prisonniers politiques, la plupart membres de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) et faisant partie du plus grand mouvement d’opposition du pays, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).

Depuis l’élection de Rohani, des milliers d’autres Iraniens ont été emprisonnés et des dizaines pendus, beaucoup en public, comme un avertissement à tous les autres dissidents éventuels. Pourtant, c’est l’homme que l’on nous dit être « modéré » et « réformateur ». En tant que présidente du CNRI, Mme Maryam Radjavi a déclaré en juin lors d’un rassemblement à Paris de 100 000 Iraniens exilés qu’on ne pourrait pas dire que leur pays se dirige vers une « modération » tant que son peuple ne jouit pas de la liberté d’expression et du droit de former des partis politiques, que tous les prisonniers politiques n’ont pas été libérés, qu’il n’est pas mis fin à « l’ingérence belliciste en Syrie et en Irak » et au souhait d’acquérir arme nucléaire. Mais les mollahs ne peuvent rien autoriser de tout cela, a-t-elle continué, parce que cela amènerait leur chute. Ainsi, le régime le plus dangereux et le plus diabolique du Moyen-Orient continue de flotter, propageant la terreur à l’intérieur et à l’étranger, mais dénaturé en Occident comme un nouveau gouvernement « modéré »avec lequel nous pouvons espérer faire des affaires – notamment au sujet de ses plans pour acquérir ses propres armes nucléaires, à propos desquels Rohani nous a d’ores et déjà dupés une fois et pour lesquels il sans aucun doute toutes les intentions de continuer.

 

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