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L’Occident devrait soutenir les Iraniens

Par la Baronne Gould of Potternewton

UPI, Londres, 1 février – L’Iran sous les mollahs est le seul pays au monde qui continue à pendre des enfants et qui a un passé tout aussi sinistre sur la manière de traiter les femmes.

Le 15 janvier, Amnesty International disait dans un rapport que neuf femmes et deux hommes en Iran attendent d’être lapidés, ajoutant que « cette pratique terrifiante » a été «spécifiquement conçue pour augmenter la souffrance des victimes».

« La majorité des condamnés à la lapidation sont des femmes. Les femmes souffrent de façon disproportionnée de ce châtiment. Une des raisons, c’est qu’elles ne sont pas traités de manière égale devant la loi et les tribunaux, en claire violation des normes internationales de procès équitable", dit Amnesty International.

Raheleh Zamani, 27 ans, a été pendue à la prison d’Evine à Téhéran en décembre. Son fils de 3 ans et sa fille de 5 ans sont désormais  orphelins.

Au moins 113.454 femmes ont été emprisonnées par les forces de sécurité de l’Etat pour "tenues indécentes" au cours de l’été dans la seule capitale iranienne, selon le chef de la police de Téhéran Ahmad-Reza Radan.

Le mauvais traitement des femmes est une doctrine de l’idéologie du régime. Le guide suprême des mollahs Ali Khamenei a dit en juillet dernier: "Nous voyons dans notre pays des femmes activistes et des hommes qui essayent de jouer avec des lois islamiques (…) pour les harmoniser avec les conventions internationales sur les femmes. C’est une erreur (…) Ils ne devraient pas voir la solution dans le changement des lois de jurisprudence islamiques."

Au début du mois, Ibrahim Lotfollahi, un étudiant de 27 ans de l’Université Payam Nour dans la ville iranienne de Sanandaj dans l’ouest, a été torturé à mort par les agents du sinistre ministère du Renseignement. Les autorités locales ont essayé de faire passer ce meurtre de sang-froid pour un suicide et elles ont refusé l’autorisation aux parents de Lotfollahi d’exhumer le cadavre de leur fils enterré sans qu’ils le sachent. Les révélations quant aux vraies conditions de la mort tragique de Lotfollahi sont venues des opposants iraniens.

Ce cas est un vif rappel de ce à quoi la vie peut ressembler en Iran pour les courageux qui ont choisi de dire ce qu’ils pensent et de s’opposer à la dictature théocratique. Mais, avec un cynisme  impardonnable, le gouvernement britannique a jusqu’à présent choisi de se tenir aux côtés des mollahs au lieu des millions d’Iraniens qui aspirent au changement.

Pendant des années, notre gouvernement a choisi de satisfaire le régime en échange d’accords commerciaux lucratifs dans le vain espoir  de convaincre les mollahs d’abandonner leur tactique terroriste à l’étranger. Le point culminant a été atteint en 2001, quand notre ministre de l’Intérieur Jack Straw a accepté la demande du régime d’interdire son principal mouvement d’opposition démocratique, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran.

Fermant les yeux sur l’exécution de 120.000 sympathisants de l’OMPI par le régime, notre gouvernement est allé jusqu’à persuader l’UE d’interdire aussi l’OMPI.

Quand en décembre 2006, la Cour européenne de Justice a annulé l’interdiction de l’OMPI par l’UE, notre gouvernement a honteusement exercé des pressions sur le Conseil des Ministres de l’UE pour ignorer le verdict de la plus haute cour de l’Europe. Mais en novembre 2007, après un appel de 35 parlementaires de tous bords, la Commission d’Appel des Organisations Proscrites du Royaume-Uni a jugé que l’interdiction dont le gouvernement a frappé l’OMPI était "viciée" et "perverse". Il a ordonné au nouveau ministre de l’Intérieur Jacqui Smith de soumettre immédiatement un ordre au Parlement pour lever l’interdiction du groupe.

Alors que l’on ne pouvait pas être blâmé de penser que la justice avait prévalu, le gouvernement a depuis annoncé qu’il ferait appel de la décision bien qu’il ait vu sa demande rejetée.

Le 23 janvier, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a qualifié le verdict de la POAC sur l’affaire de l’OMPI de « camouflet »pour le gouvernement et a appelé l’UE et la Grande-Bretagne « à mettre en oeuvre immédiatement les décisions des institutions juridiques nationales européennes compétentes affectant le statut des personnes ou des entités inscrites ».

On ne sait pas quelle sera la prochaine démarche du gouvernement. En attendant, à Téhéran, le régime continue de torturer et d’exécuter des prisonniers politiques. Quand on l’interroge sur ses pratiques brutales, il répond simplement qu’il tue ceux que l’UE et la Grande-Bretagne ont classés comme terroristes.

Le peuple iranien mérite la liberté. Alors que l’action militaire contre l’Iran est hors de question, nous devrions au Royaume-Uni aider le peuple iranien en dénonçant les pratiques barbares des mollahs et en pressant  le Conseil de sécurité de l’ONU d’imposer des sanctions commerciales au régime pour ses violations brutales des droits de l’Homme. Mais la première mesure pour se placer aux côtés du peuple iranien, c’est que le gouvernement lève immédiatement l’interdiction pesant sur l’OMPI.

(La Baronne Gould of Potternewton, travailliste, est membre de la Chambre des Lords dont elle est  vice-présidente depuis 2002.) 

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